Daniel Thiery

Devis de réparation

 

 

L'aménagement du milieu rural.

Contribution à l’étude de la pierre sèche.

 

Les terrasses de culture.

 

D'après un devis de réparation, de 1749, des terres de Faissolade

 

à Saint-Vallier-de-Thiey (AM)

 

Article tiré du Bulletin du GRHP n° 9, janvier 1997

Paru dans le T XXII, 1998, du CERAV

 

Une nouvelle fois, nous allons avoir recours à un texte d'archives pour mieux comprendre comment devaient être construites les terrasses de culture. Il s'agit d'un "Devis instructif et estimatif sur les réparations des terres de St Paul et Faissoulade que le chapitre a fait mettre aux enchères". Le texte est rédigé par Jean-Baptiste Camatte, en septembre 1749, commis par !e chapitre de Grasse pour mettre aux enchères le devis estimatif des réparations à faire aux terres du chapitre situées dans les quartiers de Saint-Paul et de Faissolade à Saint-Vallier. Le devis présente d'abord quelques notions générales sur la façon de procéder pour !a construction ou la réparation des terrasses de culture. Puis suit le détail des 50 murailles à réparer, à reconstruire ou à construire, totalisant 1070 cannes et demie, soit 2141 mètres (la canne équivalant à 2 mètres). Enfin, pour terminer, est indiqué le prix indicatif total, avec le détail du prix pour chaque hauteur de muraille. Le texte d'une dizaine de pages étant trop long pour le transcrire entièrement, nous n'en donnons ci-dessous que les extraits les plus significatifs. On peut !e consulter aux Archives Départementales des A.-M., G 897.

 

Ensemble des travaux

 

I! est décrit quatre portions de terre pour lesquelles sont détaillés les travaux à effectuer :

• Une terre à Saint-Paul où subsiste 1 « muraille ancienne bonne » qui ne demande aucune réparation, 1 autre de 22 cannes à refaire à moitié et 5 autres dont il faut relever quelques abattements ou "fondudes", sur 13,5 cannes. Enfin, il faut construire 13 murailles nouvelles sur 473 cannes. On constate pour cette terre un aménagement nouveau à 93 %. L'ensemble comprend 21 murailles sur 508,5 cannes.

• Une autre terre à Saint-Paul où il n'existe aucune muraille ancienne. On établira 5 murailles neuves sur 164,5 cannes.

• Une terre à Faissolade où subsistent 12 murailles anciennes dont 6 à refaire entièrement sur 106,5 cannes et relever 6 abattements sur 34,5 cannes. Un fossé de 20 cannes et 8 esquives pour les eaux de 52 cannes seront créés, ainsi qu'une muraille neuve de 35 cannes. L'ensemble comporte 22 murailles pour 248 cannes.

• Une autre terre à Faissolade où parmi les 6 murailles anciennes 4 sont à refaire sur 62 cannes et 2 dont il faut relever 8 cannes d'abattements. Seront construites 3 esquives pour les eaux sur 18 cannes ainsi que 3 murailles neuves sur 61,5 cannes.

 

On constate donc deux cas particuliers : un aménagement presque complet des deux terres de Saint-Paul à 98 % et un réaménagement des deux terres de Faissolade où sont construits 33% de murailles neuves. Fossé et esquives sont des éléments neufs. Au total, il y aura 77% de murailles neuves et 33% de réhabilitation, i! s'agit donc d'un réaménagement complet de deux terres et création de deux autres.

 

Commentaires

 

Les fondements. L'insistance que met l'estimateur du devis sur les fondements des murailles laisse transparaître l'importance de cette règle. Elle est si primordiale que l'entrepreneur ne peut élever une muraille quelconque sans avoir d'abord montré à un responsable du chapitre que les fondements ont été bien réalisés. Que la muraille soit plus ou moins haute, longue, droite ou en coude, les fondements, invariablement, doivent avoir quatre pans de largeur et trois pans de profondeur. Une seule exception est tolérée : si l'on se trouve sur des "pierres fermes", soit sur le rocher. Ces fondements doivent être "bien enclappés", c'est-à-dire avec de grosses pierres, clapas signifiant en provençal une grosse pierre. Mais le terme signifie également, par contraction du mot enclava, enchâssé. On pourrait traduire "enclapper" par "de grosses pierres bien enchâssées". C'est pourquoi on profite de toutes les petites pierres que l'on trouvera aux alentours pour les incorporer dans la muraille et servir de calage.

 

Le faîte des murailles sera "c!avé" de "grosses pierres d'un gros fardeau" pour empêcher qu'elles ne tombent quand le bétail passe dessus. C'était le cas quand on utilisait des bœufs ou des mulets pour tirer l'araire dans des planches larges ou lors de l'année de repos où brebis, moutons et chèvres pouvaient pâturer sur la planche laissée en "chaume".

 

La première muraille est "en coude" parce que nous sommes dans un terrain en pente et en forme de cirque. Il est naturel alors que la muraille soit plus élevée en son milieu, 7 pans, pour se rétrécir ensuite à 6 ou 5 pans et enfin se terminer à 4 pans.

 

Des termes "ou soit une pierre posée avec une bêche en terre" indiquent à l'entrepreneur la direction et la longueur de la muraille. Le terme "bêche" vient du provençal bec signifiant "qui pointe", "qui sort". !l s'agit d'une pierre longue, plantée en terre, remarquable par sa forme plus ou moins pointue ou crochue. On en remarque encore signalant d'anciennes limites de parcelles.

 

Le fermier, celui à qui le chapitre remettra les terres pour les cultiver, devra laisser pousser les chaumes sur 50 cm. de largeur sur le faîte des murailles afin "que le terrain venant à durcir, l'eau ne puisse pas l'emporter et causer des éboulements". C'est une recommandation importante qu'il était nécessaire de relever, correspondant au principe du gazonnement signalé en Toscane, en Lozère et dans l'Hérault.

 

Les Fondudes.

Dans la suite du texte, l'estimateur constate que plusieurs murailles anciennes présentent des abattements ou fondudes :

"La troisième muraille du coté du couchant joignant le gueré est bonne à la reserve d'un abbatement ou fondude qui se trouve au milieu et qui équivaut à une canne de muraille; on relèvera seulement la fondude ou abbatement. La muraille qui est au dessus la précédente est aussi bonne excepté un abbatement ou fondude d'environ cinq cannes et demi que l'on relèvera"

Le terme "fondude" est régulièrement employé dans l'amère-pays grassois. Un quartier de Saint-Cézaire porte d'ailleurs ce nom. Lors d'un arrentement du 14 avril 1755 (ADAM 3E 75/53, f° 516), le rentier "sera obligé de réparer quelques fondudes ou soit murailles abattues". C'est un dérivé du verbe provençal "foundre" signifiant, fondre, amollir, démolir, ruiner, abattre, du verbe latin "fundere".

 

Muraille d'épierrement.

Nous avons déjà relaté, dans nos précédentes publications, la construction de murailles servant uniquement à entasser les pierres inutiles. C'était le cas de murailles enterrées en terrain plat construites à Saint-Cézaire et à La Malle. Le texte d'aujourd'hui présente un autre cas remarquable :

" A la faisse qui se trouve immédiatement en dessus du plus haut du pred, i! faut faire une petite muraille pour employer les pierres que les eaux y ont apportées; et afin qu'on puisse les y loger toutes, on faira ici seulement un fossé pour fondement qui aura cinq pans de large et quatre pans de profondeur. La muraille n'aura que deux pans de hauteur sur terre. Elle a vingt cannes de long".

Nous avons affaire ici à un pierrier au 3/4 enterré, de 40 mètres de longueur. Si !a muraille n’a que 2 pans de hauteur, par contre le fossé est plus important que les fondements des murailles des terrasses : 5 pans de large et 4 pans de profondeur, au lieu de 4 et 3 pans, ceci "afin qu'on puisse loger toutes les pierres". La muraille se présente donc ainsi : 40 mètres de longueur, 1,25 m. de large, 0,50 m. de hauteur et 1 m. de profondeur, représentant 75 m cube.

 

Les esquives pour les eaux.

Une autre technique de murailles est employée afin de régulariser et diriger le cours des eaux lors des orages et intempéries :

" Dans le terrein qui se trouve au dessus de celuy qui vient d'être indiqué, le valon qui y passe a fait bien du dégât et y apporté quantité de pierres et de gravier. Pour remédier à ces inconvénients et les prévenir pour l'avenir, Il faut y faire huit esquives. Les trois premières qui commenceront à l'embouchure du valon venant de la Gardette et entrant dans la terre du chapitre seront bien fortifiées, de la hauteur d'environ quatre pans et de la longueur de quatre ou cinq cannes; les cinq autres seront de la hauteur de trois pans et de la longueur d'environ huit cannes. Elles seront faites de façon qu'elles se renvoient l'eau de l'une à l'autre, afin d'en empêcher la rapidité. La quantité de cannes des susdittes esquives sera en tout d'environ cinquante deux cannes".

Le principe est clairement décrit : il s'agit de construire des murailles "bien fortifiées", disposées de façon que l'eau soit ralentie, renvoyée d'une muraille à l'autre et l'empêchant de dévaler trop vite, emportant pierres et graviers pour les répandre plus bas sur les terrasses.

 

Construction de bas en haut.

La description de Jean-Baptiste Camatte commence toujours par le bas du terrain. !l décrit d'abord la première muraille, puis passe à celle qui est au-dessus et ainsi de suite. Il semble bien que l'entrepreneur doive suivre la même démarche puisqu'il est dit "par dessus la première muraille, on en faira une autre qui...... par dessus !a précédente on en faire une autre qui....". Parmi les quelques articles consacrés à la construction des terrasses de culture en milieu pentu, rares sont ceux qui indiquent ce processus, c'est-à-dire que les murailles des terrasses seront construites de bas en haut.

Une phrase du texte confirme ceci :

"il n'y a aucune ancienne muraille dans cette partie de terre, il ne sera pas pourtant difficille de trouver des pierres pour construire celles qu'on va indiquer parce qu'on en trouvera de touts cotés facilement et qu'on ne les portera pas bien haut".

L'information est d'importance, car les auteurs décrivant la construction des terrasses de culture passent habilement sur cette question. Seuls, Pierre FRAPPA et Sébastien GIORGIS, avancent prudemment que "l'aménagement était vraisemblablement entrepris par le bas".

 

Durée des travaux.

Si le délai n'est pas explicitement fixé, on peut cependant l'estimer grâce à ces trois phrases :

" réparations à faire dans les parties de terres de St Paul qui sont actuellement en guéré et que le fermier prochain ne sèmera qu'à la seconde année de sa ferme"- "Réparations à Faissoulade dans la partie de terre qui se trouve en chaume que le fermier suivant commencera à semer la première année" - "Réparations à Faissoulade dans la partie de terre qui se trouve actuellement en guéré et que le fermier prochain ne sèmera que la seconde année de sa ferme".

On constate d'abord que les quatre terres sont en chaume ou guéret, c'est-à-dire en jachère. Le fermier pourra commencer à semer une seule terre la première année et les trois autres la deuxième année. Sachant que les premiers labours s'effectuent fin septembre-début octobre, et que le devis est établi en septembre, l'entrepreneur a une année pour mettre en état la première terre et deux ans pour les trois autres.

 

La haie servant de muraille.

Une autre donnée fournie par le texte consiste à laisser un rideau d'arbrisseaux pour servir de muraille : « en dessus de la précédente muraille on en refaira une grosse et haute que l'on commencera au dernier agast allant vers le couchant, et qui est à la haye d'arbrisseaux que l'on laissera subsister pour servir de muraille". Cette pratique, courante dans le nord de la France, n'a été que rarement observée dans le midi, ou l'on tend à privilégier uniquement le mur en pierre sèche.

 

Arbres et arbrisseaux.

Au cours de sa description, l'estimateur signale, outre la haie d'arbrisseaux qu'il recommande de laisser comme muraille, d'autres "buissons que l'on déracinera avec soin", il note également un "poirier moitié bon, moitié sauvage", un autre poirier, deux gros poiriers blancs et trois poiriers sauvages. Il cite en outre un "gros chaine", "un grand ormeau" et "un agast", mot provençal pour désigner un érable. Cette description correspond tout à fait à celle faite en 1760 où, au cours d'un recensement des arbres existant dans les montagnes de Saint-Vallier, les experts remarquent à Faissolade seulement deux chênes, quatre érables, quelques poiriers sauvages, des "avaux" (chênes nains), du thym, romarin et petites ronces. A Saint-Paul, Ils notent trois noyers, quatre érables et six ormeaux, ils concluent alors "qu'il n'y a aucuns arbres que ceux cy dessus et qu'il n'y a aucun vestige qu'il y en ait eu auparavant".

 

Fonction des "faisses» et état ancien.

La fonction des terrasses est clairement indiquée, elles sont destinées à être d'abord labourées, puis ensemencées. Ce sont les céréales, blé froment (anonne), seigle, blé méteil (mélange de froment et de seigle) qui sont communément cultivées dans les montagnes de Saint-Vallier. En 1710, un texte (ADAM G 931) rapporte précisément la qualité et la quantité des produits ensemencés au terroir de Feissolade : 14 setiers de fusille, blanche ou rouge, 4 panals de méteil, 1 pana! de gaisons, 4 panals d'avoine et 2 sivadiers de lentilles. Le rapport varie entre 3 et 5 fois la semence selon la qualité de la terre. L'assolement biennal était pratiqué, l'année de repos procurant fourrage et légumes secs. Le cadastre de 1817 (section C, 3ème feuille) dénombre dans le quartier de Faissolade, 9 terres labours, destinées aux céréales totalisant 22 ha 55, soit 64,5 % du quartier. C'est une belle proportion étant donné qu'il est situé à 1.000 m. d'altitude, mais sur le versant bien exposé au soleil et en forme de cirque ou de corbeille. Le terme employé dans le texte pour désigner les terrasses est celui de "faisses". D'ailleurs, le quartier de Faissolade tire directement son nom de ce vocable avec un qualificatif de laide, faisso laido. Ce toponyme, reconnu dès 1655, laisse envisager que le terrain et les terrasses étaient mal entretenues depuis longtemps. Il semblerait, d'après le texte et le nombre important de murailles "nouvelles", qu'effectivement le quartier de Faissolade présentait un état de dégradation important méritant un tel qualificatif. Les anciennes terrasses datent alors de quelle époque ?

Quelques pistes s'offrent cependant. C'est le 16 janvier 1727, en usant de son droit de prélation, que le chapitre de Grasse, seigneur temporel de Saint-Vallier, acquiert les terres de Feissolade. Elles appartenaient auparavant à une Damoiselle Mougins et lors d'une proposition de vente, en date du 16 juin 1710, en faveur de Jacques Augier, bourgeois de Saint-Vallier, suivi d'un long procès, les terres revenaient alors au chapitre. C'est dire qu'entre 1710 et 1749, elles restèrent en jachère et sans entretien. Nous pouvons peut-être évoquer également les premières constructions de terrasses dès le Xlème siècle. Sur une arête rocheuse dominant le cirque de Faissolade, est cité, en 1061, la Villa Cavagna et très mansos (manses), appartenant à l'Abbaye de Lérins et données à cette date à l'évêque d'Antibes. Et le texte cite même les anciens possesseurs, dont Pons Rodoard, premier prince d'Antibes, en 961. Le site de Cavagne, vocable dérivé du gentilice latin Cavanius, offre également les restes de présences pré-romaine et romaine. S'il est possible, sur le terrain, de reconnaître les terrasses édifiées en 1749, ii est par contre difficile d'attribuer une date d'édification aux autres, à cause des remaniements et des abandons successifs.

 

Prix de !a canne de muraille.

" Et de suite procédant à l'estimation du présent devis, après mûre et longue reflexion sur chaque espèce de muraille, et juste calcul d'icelles, avons fait monter toutes les susdittes réparations à ta somme de huit cent deux livres dix sols. Au moyen de laquelle somme les murailles se trouvent payées, une comportant l'autre, à raison de quinze sols la canne courante. Ou si l'on veut encore un plus grand détail pour voir tout au clair et d'un seul coup d'œil, au moyen toujours de la ditte somme de 802 ll 10 s., les différentes murailles portées par le devis se trouvent payées, sçavoir celles de sept pans de hauteur, sans y comprendre les fondements, et à compter comme dans toutes les autres murailles du plan du terrain ainsi qu'on a dit d'abord au commencement du devis, à vingt quatre sols la canne, celles de six pans à vingt sols, celles de cinq pans à dix sept sols, celles de quatre pans à treize sois, celles de trois pans à dix sols et enfin celles de deux à huit sols. Ainsi a été ordonné et estimé par nous Jean Baptiste Camatte commis pour cela le ....... 7bre 1749".

 

Si l'on veut d'abord vérifier le calcul de l'estimateur, on constate qu'il ne s'est pas trompé. Sachant qu'une livre comporte 20 sols, la somme indiquée atteint 802 livres 10 sols x 20 sols = 16.050 sols. Le prix moyen de la canne de muraille étant de 15 sols, le total des murailles atteignant 1070 cannes et demi, nous trouvons : 1070,5 x 15 sols = 16.057,5 sols, converti en livres, soit 16.057,5 sols divisés par 20 = 802 livres 875, soit 802 livres 10 sols.

 

Mais une indication supplémentaire nous est donnée par Jean-Baptiste Camatte. Non seulement, il fournit !e prix moyen de construction d'une canne de muraille en longueur, mais il précise également le détail de chaque prix par hauteur de muraille. Ainsi une muraille d'une canne de longueur pour 7 pans de hauteur, soit 2 mètres sur 1,75 m, !e pan équivalant à 0,25 m., revient à 24 sols. Une muraille de 3 pans de hauteur revient à 10 sols la canne. Dans le devis de réparation de la terre de la Malle de 1750 que nous avons cité, le prix pour une muraille de 3 pans est de 8 sols la canne, soit un prix à peu près équivalant.

 

L'analyse du cadastre de 1742, établie par Myriam VACHER, a fait reconnaître que le chapitre de Grasse, à cette date, tirait 27.000 livres de rentes de ses propriétés foncières de Saint-Vallier, totalisant 38,2 hectares. Il s'agit ici du produit brut, auquel il faut soustraire les impôts royaux, de la viguerie et communaux, ainsi qu'également les frais des fermiers et d'entretien. A titre de comparaison, pour estimer la somme de 802 livres, un devis de 1768 (AC/ADAM DD 8) propose 662 livres pour des réparations à effectuer à l'église de Saint-Vallier : au toit de l'église et de la sacristie, ce dernier à refaire entièrement ; enlever tous les vieux blanchissages des murs intérieurs et de la voûte, les refaire à mortier et à plâtre, puis blanchir au plâtre blanc; réparer l'intérieur de la sacristie de la même façon; remplacer !a chaire à prêcher par une neuve en bois noyer avec son cie! en cul de lampe; remettre quelques carreaux de vitre qui manquent aux fenêtres.

 

Vers d'autres textes.

Ce devis est fort instructif puisqu'il dévoile différents éléments majeurs sur la construction des terrasses de culture : importance et détails des fondements, relèvement des "fondudes", créations de pierriers enterrés et d'esquives pour les eaux, utilisation de haies d'arbrisseaux, technique du gazonnement. Mais il laisse cependant dans l'ombre quelques aspects également essentiels. Ainsi, il ne dit pas s'il faut appliquer un certain fruit aux murs et dans quelles proportions, il n'indique pas également le nombre d'ouvriers employé à cette tâche colossale de relever et de construire plus de deux kilomètres de murailles et à combien revient le prix d'une journée d'un travailleur spécialisé. Le 27 prairial de l'An Il cependant, II nous est indiqué qu'un « faiseur de murailles ou paretaire » est payé 40 sols la journée, qu'un laboureur ou boyier touche 4 livres et 10 sols et un moissonneur 45 sols (A.C. Délibérations municipales, BB 12 F 352).

 

Nous découvrons avec ce texte que 77% des terrasses de culture des quartiers de Faissolade et de Saint-Paul ont été créés au milieu de 18ème siècle. Le renseignement est d'importance, tant notre connaissance sur la date d'édification des terrasses de culture est limitée et où il habituel de dire qu'elles remontent à la nuit des temps !

 

Le cirque de Faissolade. Photo aérienne n° 350

Mission 1977 (77 FR 1833 / 100 C)

 

Cirque Faissolade

Signalé par une flèche blanche, le site de Cavagne sur l’arête rocheuse

Au Nord et au pied, les terrasses aménagées en 1749

 

 

Bibliographie

 

Archives.

- ADAM, G 897 : "Devis instructif et estimatif sur les réparations des terres de St Paul et de Faissoulade que le chapitre à fait mettre aux enchères".

- AC/ADAM HH 3 : "Commissions pour examiner les montagnes de la Commune afin de savoir si on peut y introduire des chèvres" (1760).

- ADAM, 34799 : Cadastre de 1817, Etat des sections.

 

Historique,

- BLANCHEMANCHE Philippe. Paysages ruraux et techniques agricoles (XVIIè-XIXè siècle). In "Pour une archéologie agraire". Colin, Paris, 1991. Chapitre 8, p. 259 à 278.

- FRAPPA P. et G!ORG!S S. "Terrasses de culture", in Pierres en Provence. Edisud, 1987, pp. 138 à 152.

- PERREIN Christian. "Archéologie des bocages : phytohistoire de la haie vive". In "Pour une archéologie agraire", chapitre 7, p. 223 à 257.

- RAYBAUT Paul. Technique du montage d'un mur en pierres sèches; son rôle dans l'économie rurale (Provence orientale), in De la voûte céleste au terroir, du jardin au foyer,.... Paris, 1987, pp. 159- 169.

- THIERY Daniel. La pierre sèche et le milieu rural dans les textes anciens. Mémoires de l'IPAAM, T. XXXIV, 1992, pp. 3 à16.

- VACHER Myriam. Un village provençal au XVIIIe siècle, Saint-Vallier-de-Thiey, d’après le cadastre de 1742, Mémoire de maîtrise Université Panthéon-Sorbonne, juin 1976.