Daniel Thiery

Dictionnaire historique

 

 

 

 

 

 

SAINT-VALLIER-DE-THIEY

 

DICTIONNAIRE HISTORIQUE

 

Présentation

 

Cet ouvrage est le fruit de quinze années de recherches historiques dans les archives et de prospections dans le terroir de la commune de Saint-Vallier-de-Thiey. Il n’est pas un aboutissement, car il reste encore des zones d’ombre, des questions sans réponses et des thèmes en attente. Il n’est qu’un résumé très succinct de certains aspects de l’histoire de la commune qui demanderaient des tomes entiers impossibles à publier.

 

Le volume présentait en deuxième partie huit « Promenades historiques » qui ne figurent pas dans cette mise en ligne.

 

Ouvrage édité en juin 2001. 175 pages en format A 5, à compte d’auteur.

 

Ajout de photographies en 2014 pour le site Internet.

Note :

Les mots en caractères gras renvoient à l’article correspondant,

Les dates et les noms d’auteurs suivis d’un * dirigent vers la bibliographie

 

 

 

Garde Dico

 


 

A

 

AGRICULTURE

 

La ressource principale de Saint-Vallier fut, autrefois, la culture des céréales. Le terroir, situé entre 700 et 1500 m d’altitude ne pouvait produire que cette culture, celle de la vigne et de l’olivier étant impossible ou sinon très aléatoire. En 1609*, l’affouagement relate que « la terre labourable estre dasses bon rapport, ung sestier bled rendant communément cinq à six. Les habitants dudit lieu ayants vingt cinq ou vingt six araires, avec lesquels ils sèment annuellement environ mil sestiers bled, et quelque peu de légumes, mais le tout avec beaucoup de despanse, attandu la multitude des hommes qu’il fault tenir pour cultiver ladicte terre, entremellée de rouchers » ; « et quand à la terre labourable, a dict qu’elle est d’asses grande estandue, si elle n’estoit interrompue par la multitude des rouchers et de mourceaux de pierre qui sont par le milieu. Dont la culture pour raison de ce est bien chaire, attandu le nombre de gens et du bestail qu’il faut tenir. Estant aultrement d’asses bon rapport si la terre est souvent arrosée du ciel, ung sestier de bled communément en rendant cinq ».

En 1817*, le cadastre recense 1083 hectares de « terres labours », c’est-à-dire consacrées aux céréales. Il faut y joindre les terres dites « essarts » qui ne sont ensemencées que tous les 5 ou 10 ans, soit 1400 hectares. Au total, 50% du territoire est livré à cette culture et procure 70% des revenus. En 1913*, il ne subsistera plus que 9% de « terres labours », les « pâtures » ayant remplacé les anciens « labours ».

Bien que le rapport ne soit que du « cinquain », c’est-à-dire de 5 grains récoltés pour 1 semé, les habitants reconnaissent que c’est une bonne moyenne et s’en satisfont. C’est le chiffre moyen de production avancé pour cette époque en Provence. Mais la culture est difficile car les pierres remontent sans cesse à la surface et il faut les stocker sur les tas d’épierrements. En 1817, le contrôleur indique pour la préparation d’un hectare de terre labour : 3 ouvriers pendant 4 jours pour trois labours, 4 journées d’homme pour le hersage, 15 journées de femme pour le sarclage. La moisson demande 12 journées, le transport des gerbes à l’aire de battage 2 journées. s’ensuivent le foulage, le vanage et le transport du blé et des pailles au grenier.

Saint-Vallier a une production excédentaire lui permettant de vendre aux « habitants de la rivière de Genes », c’est-à-dire les riverains du bord de mer. C’est ce que confirme le rapport de 1609*, « estant ledit lieu proche dudit lieu de Grasse, de cinq lieues d’Antibes et quatre de Cannes, où les habitants trafiquent et ont commodité d’aller vendre et débiter leur bled ». Ce blé est de bonne qualité, car il est qualifié « de garde », qu’il peut se conserver. Il faut dire que les cultivateurs lui apportaient un soin particulier en le lavant, puis en le séchant, méthode alors ignorée hors de Provence.

 

AIRE DE BATTAGE

 

Rouleau à dépiquerLes cadastres indiquent seulement « aire », du latin area, « surface, aire, emplacement à battre le blé ». Avant 1527*, les habitants étaient tenus de fouler, battre et vanner leurs productions de céréales sur les « aires » du « vénérable chapitre », seigneur du lieu. Ce dernier devait fournir les juments nécessaires à ce travail et recevait en contrepartie le droit de calcade ou de caucade (foulaison des grains), en plus du droit de tasque (prélèvement sur les récoltes). A partir de 1527*, le seigneur abandonne ses droits à la Communauté contre une redevance annuelle. Les habitants sont alors libres de fouler leur blé où ils veulent et chaque propriétaire aménage une « aire », près de son cabanon. Le cadastre de 1742* en dénombre 27, celui de 1817* 68. Le foulage ou dépiquage consistait à séparer le grain de la paille en faisant fouler les gerbes par les pieds des animaux. Pour certaines céréales comme l’avoine, la paumoulle et le seigle, on se servait d’un fléau. Puis, au moyen de cribles, sas ou tamis, on purifiait le grain de ses impuretés. Cette opération était ensuite suivie du lavage du blé, du séchage et enfin du stockage. Ce n’est qu’à partir de la fin du 19e s. qu’apparurent les rouleaux à dépiquer sur des aires plus vastes et empierrées, ainsi que le tarare, machine à vanner. Un quartier porte encore le nom de cette activité L’Aire de Treillou. Un autre, signalé en 1657*, était dit l’aire de l’evesque.

  • ♠ MARCHANDIAU Jean-Noël. Outillage agricole de la Provence d’autrefois. Edisud, Aix, 1984.

Photo : rouleau à dépiquer

 

ARBOIN

 

PoignardAujourd’hui, ce quartier est désigné sous le nom de Quartier des Arboins. En 1569* et 1655*, est cité Darbon, puis en 1742* Derboin Darboin, en 1817* Arboin. On peut reconnaître un nom d’homme d’origine germanique Arbowin. C’est dans ce quartier qu’en 1817*, deux bastides sont habitées toute l’année, appartenant à Court Joseph Fontmichel et Gazagnaire.

En 1872, Casimir BOTTIN découvre et fouille par la suite un dolmen, dit Dolmen d’Arboin, situé dans la maison du « Clot de Ricard » et servant de cave. Construite avec de grandes dalles, la chambre était recouverte de plusieurs dalles. On y a découvert des ossements humains, des pointes de flèche en silex, une hache polie, des perles et quelques tessons de poteries, ainsi qu’un grand poignard en bronze (ci-contre). Le dolmen a été détruit au début du 20e s. et tous les objets ont été dispersés. Le monument se situait dans l’actuelle propriété dite « Villa Ricord ».

  • ♠ GASSIN Bernard. APMM. CNRS, Paris, 1986. n° 54, p. 69-71
  •  

ARRENTEMENT

 

Il s’agit d’un contrat établi entre le possesseur d’un bien et celui à qui il le loue pour le faire fructifier. Ce contrat concerne toutes sortes de biens, fours, moulins, tuileries, pâturages, forêts, animaux, etc… Il est passé devant notaire et peut être conclu entre personnes physiques ou morales, ainsi entre la Communauté et le seigneur. Les textes latins offrent le mot arrendamentum, puis les textes français arrentement, mais également, au fil des siècles, bail, ferme, fermage, délivrance, adjudication, location.

 

AVERAGE

 

C’est un mot provençal formé sur le bas-latin averagium « l’espèce ovine », du latin habere, « avoir », le troupeau de moutons étant, pour des pasteurs, leur seul « avoir ». Il était d’habitude de compter les moutons par trenteniers, soit par trente.

 

 

B

 

BANALITE

 

Pour le Larousse, la banalité est, « à l’époque féodale, une servitude consistant dans l’usage obligatoire et public d’un objet appartenant au seigneur ». Selon le Lexique historique de la France d’ancien régime, il s’agit d’un « droit érigé par le seigneur à son profit grâce à son pouvoir de commandement et consacré, après un long usage, par les coutumes ». Ce droit du seigneur s’étendait sur les fours, moulins, tuileries, pressoirs et autres « usines ». Il se chargeait de la construction et des réparations, espérant que cet investissement serait profitable. Il confiait la gestion de l’usine à un fermier ou rentier qui lui versait la somme convenue lors d’un contrat passé devant notaire. Les habitants étaient tenus de venir traiter leurs récoltes uniquement dans ce lieu et laissaient au rentier le pourcentage convenu également par contrat. Ainsi, pour la cuite du pain, 1 sur 40, pour la farine traitée au moulin, 1 mesure sur 32.

A lire les contrats et arrentements, on constate un parfait équilibre entre ces trois acteurs. Le propriétaire a intérêt à tenir l’usine en état de bon fonctionnement, sinon il se fait rappeler à l’ordre par le rentier qui voit ses bénéfices fondre par manque d’entretien. Les usagers reçoivent alors un service de qualité. Si l’usine tombe en panne et n’est pas réparée au bout de trois jours, les habitants peuvent aller ailleurs, propriétaire et rentier perdant alors leur bénéfice. Chacune des parties tire profit, à condition que chacune respecte ses engagements. Il s’agit donc de droits et de servitudes réciproques et non de droits exclusifs du seigneur et de servitude pour les habitants. La communauté, se sentant brimée par cette banalité, obtient de son seigneur sa suppression en 1527*. Désormais, c’est à elle de gérer les usines et elle applique les mêmes principes d’arrentements et d’exclusivité. Mais, elle se rend compte que cette gestion est onéreuse et, en 1720*, délaisse ses droits et ses usines à des particuliers. Saint-Vallier présente ainsi 3 formes de banalité, d’abord seigneuriale, puis communale, enfin roturière.

Voir articles arrentement, fours, moulins, tuilerie, privilèges, transaction

 

BASTIDE

 

BastideLe provençal bastido, formé sur la bas-latin bastire désigne une « bastide », « maison de campagne », « ferme ». D’abord, terme de fortification, il désigne les villes neuves du Midi de la France du 12e au 14e s. Au 16e, il désigne une maison de campagne. En 1655*, il est en cité 2 au quartier d’Arboin. En 1742* il en est dénombré 20, dont 7 à Arboin et 12 à Nans. Elles remplacent les granges* citées au 17e s. En 1817*, on en rencontre 38, mais seulement 4 d’entre elles sont habitées toute l’année.

                Photo : Bastide du Marinon (Juin 1997. DT 1118)

 

BASTIDON

 

OudidesLe terme est le diminutif de bastide, en provençal bastidoun, bastidouno, « petite bastide », « petite ferme ». Il apparaît avec le cadastre de 1817* pour désigner des petites constructions rurales à usage agricole, qu’elles soient des cabanes rectangulaires avec toit de tuiles en appentis ou des constructions au toit en encorbellement, dites bories. Le cadastre en recense 122 sur tout le territoire et elles sont imposées au même taux qu’une maison de village. Ces constructions apparaissent encore avec le cadastre de 1913, mais la plupart sont alors dites sols, c’est-à-dire abandonnées et ne sont plus imposées. Leur fonction est clairement indiquée par SENEQUIER en 1885* : ce sont des cabanes où les cultivateurs s’abritent par le mauvais temps et déposent momentanément leurs petites récoltes de blé ou de légumes secs. Ils n’y passent là que quelques semaines pendant la belle saison ».

 Photo : Borie/Bastidon aux Oudides (Mars 1991)

 

 

BAUME OBSCURE

 

Le quartier de Baume obscure est situé à l’Ouest du village et traversé par le Vallon de la Combe. Il tire son nom d’une petite grotte, long couloir étroit qui, été comme hiver, laisse suinter de l’eau. GUEBHARD en 1895* avait remarqué ce phénomène, mais n’avait pas observé que la grotte avait été aménagée afin de mieux canaliser l’eau souterraine. Le sol de la grotte supporte un canal fait de tuiles rondes recouvertes de pierres plates et l’eau, à la sortie de la grotte s’écoulait dans un bassin creusé dans un gros bloc de rocher. Le 29 octobre 1854*, le Maire, Pierre Laugier, demande une expertise pour tenter de rétablir la source dite Baume Obscure. Finalement, les travaux ne seront pas exécutés « vu la médiocrité de la source ». Le vocable apparaît pour la première fois en 1569* sous le nom de Vallon de Baume Obscure.

 

BLAQUEREITTE

 

Au Nord de la RN 85, cet ancien quartier est situé près de Pra Redon et a donné son nom à un chemin dit de Blaqueirette. Le nom apparaît en 1655* et signifie en provençal « petit bois de chênes », blaquiero, blaquièiro désignant un « lieu planté de chênes » avec le diminutif -ette. Le 9 août 1857*, le conseil municipal fait venir de Nice le sieur Beglia « hydroscope reconnu » qui déclare « qu’il y a une source au quartier de Blaqueirette dont l’eau serait suffisante pour faire facilement deux fontaines ». Il doit s’agir de la Source de Pra Redon.

 

BORNAGE

 

BornageC’est au cours du Moyen-Age et particulièrement sous le règne de Charles Ier d’Anjou que furent constituées définitivement les limites communales. Saint-Vallier, sous le règne de son fils Charles II, voit donc arriver des experts qui vont procéder « à la limitation desdits lieux de Saint-Vallier et de Cabries ». Nous sommes le 13 novembre 1292*. Les « arbitres et amiables compositeurs » vont poser 38 « termes ». Ils choisissent des repères remarquables, clapiers, rochers, avens, source et gravent une croix « manuellement faite ». Le texte de 7 folios, rédigé en latin, apporte des enseignements de tous ordres. Ainsi, il cite un clapier « anticum », dans lequel pousse un sorbier ; il s’agit de l’un des tumulus de la Croix de Cabris. Il décrit également « une pierre longue plantée et en ladite pierre y a quelques piqures manuellement faites », désignant ainsi une pierre gravée de cupules artificielles. Il dénombre une trentaine de clapiers de défrichement et également quatre clots, significatifs d’une coutume ancienne.

Le 1er janvier 1806*, comme pour toutes les communes de France, a lieu à Saint-Vallier le « Procès verbal de délimitation du territoire de la commune de Saint-Vallier et de sa division en sections ». Les experts font le tour de la commune avec les maires des autres communes concernées et gravent, le plus souvent sur un rocher, des numéros. Parfois, ils plantent une borne. Les distances entre les bornes sont indiquées en mètres et le texte apporte des renseignements d’ordre topographique et toponymique.

♠THIERY Daniel. « Bornage entre Saint-Vallier et Cabris en 1292 et 1806 », Bul. GRHP, n° 18, octobre 2000.

Photo : Pierre dressée, servant de borne de propriété, près d’un cabanon au quartier du Ferrier.

 

BOTTIN Casimir (1842-1918)

 

Né à la Roquette-sur-Var, Casimir BOTTIN exerce les fonctions de Receveur des Postes d’abord à Utelle, puis à Vallauris. Il est nommé ensuite à Saint-Vallier. C’est là qu’il se fait connaître comme un infatigable découvreur de dolmens et de tumulus, publiant ses nombreuses découvertes. Au début du 20e s., il est si connu dans le domaine archéologique français qu’il fonde avec Emile RIVIERE la célèbre Société Préhistorique Française. On lui doit toutes les découvertes mégalithiques de Saint-Vallier et des environs. Les nombreuses collections qu’il avait amassées ont été dispersées, mais quelques objets figurent cependant au Musée de Grasse, ainsi qu’une partie acquise en 1973. Il termina sa carrière et sa vie à Ollioulles.

♠ BRUN J.-P. « Casimir Bottin, pionnier de l’Archéologie varoise », Ann. Soc. des SNATV, t. 36, 1984, fasc 3, p. 147-163.

 

BOUCHERIE

 

Sous l’ancien régime, la boucherie était gérée par la Communauté et faisait l’objet d’un arrentement annuel. Son adjudication se faisait Place de l’Apié et était accordée « du premier jour des festes de Pasques pour finir le premier de Caresme suivant ». Elle était assortie de conditions particulières, tirées d’un texte de 1730* : « du premier jour feste de Pasques à la feste de l’Assomption, cher de moutton, veau ou agneau ou cher de bœuf. De l’Assomption à St Michel, moutton et menon. De St Michel à festes de Noël, moutton et chèvre. Puis, jusqu’au premier jour de caresme, moutton et boeuf ». On remarquera que tout au long du Carême, il n’était pas distribué de viande.La boucherie communale était située dans un bâtiment construit sur la façade Ouest de la Mairie actuelle. Elle fut démolie en 1847 lors de la création de la Route Napoléon.

 

 

C

 

CADASTRES ANCIENS

 

Le terme cadastre est provençal, issu de l’italien ancien catastico, tiré du bas-grec katastikhon, signifiant « registre ». Le terme s’est étendu au 18e siècle au Nord de la France où l’on employait le terme « terrier » ou « livre terrier ». Les anciens cadastres constituent une source indispensable pour connaître le nombre et la nature des terres d’une communauté rurale. Mais ils apportent également une foule de renseignements sur les noms de quartier, les constructions rurales, les chemins, etc… jusqu’à la confection du cadastre napoléonien où est adjoint un plan cadastral, registre où sont consignés les natures de terres, leurs propriétaires et la valeur de la parcelle qui déterminera l’impôt.

En 1655*, « par devant nous experts se sont présentés les consuls et députés dudit Sainct Vallier, lesquels nous ont exhibé les cadastres et livres terriers de ladite communauté des années 1585, 1588, 1601, 1610, 1625, 1628 et 1639. Tous ces cadastres ont disparu et l’on peut reconnaître une périodicité de trois ans entre chaque cadastre.

Une copie du cadastre de 1657*, faite en 1732, comprend un volume en assez bon état. Les propriétés sont désignées comme suit : terre, terre clause, vigne, pred, claus, jardin, routtes ; les constructions : grange, casal, courtil, grenier à foin ; au village : maison, haut et bas de maison, estable et ferrier, boutique, grenier à foin. Le revenu imposable est exprimé en florins et sols. Une analyse de ce cadastre a permis de dénombrer 48 granges et courtils ainsi que 115 « routtes », mot provençal routet, désignant des terres novales, nouvellement défrichées.

Un cadastre rédigé en 1720* comprend un volume de 171 folios. Les propriétaires sont classés par ordre alphabétique des prénoms, les hères -héritiers- classés à H et certains notables à Monsieur. Les terres, en général, sont situées par le quartier et deux confronts, levant et couchant. L’estimation est faite en écus.

Le cadastre le plus complet pour l’Ancien Régime est celui de 1742* composé de trois volumes. Il indique précisément les quartiers, noms, prénoms, surnoms et lieux de résidence des propriétaires ainsi que leur statut social. Les terres sont délimitées par quatre confronts, toujours dans le même ordre, levant, midi, couchant, septentrion. La surface est exprimée en cannes* carrées et la valeur en livres et sols, 20 sols équivalant à 1 livre. Les terres sont classées en cinq catégories : terres meilleures, bonnes, médiocres, pires cultes, pires incultes. La production est estimée en charge, panal, civadier et picotin de semence. Ce cadastre a fait l’objet d’une étude par Myriam VACHER*..

Enfin, apparaît le cadastre napoléonien, en date de l’année 1817*, premier cadastre moderne avec plan cadastral et registre des mutations. Il sera réactualisé en 1913 et remplacé en 1935. Avec celui de 1742, il reste la source essentielle pour apprécier le milieu rural de la commune. 

 

CAHIER DE DOLEANCES

 

Il a été rédigé le 19 février 1789, dans l’hôtel de ville, en présence de Blaize Ollivier, lieutenant du juge, de Pierre Court, maire et de Gabriel Chauvier et Honoré Ollivier, premier et second consuls, et de 41 habitants. Les revendications exposées sont classiques et reprennent un discours commun selon un modèle envoyé par le premier consul de la viguerie de Grasse, Mougins de Roquefort. La seule revendication spécifique concerne la dîme : « les dits sieurs députés demandent l’abolition de la disme de cette communauté et du casuel sous la condition que les prêtres nécessaires à desservir cette paroisse seront payés de même que l’entretien des ornements, l’église et la maison pour loger les dits sieurs prêtres seront payés en entretenus aux dépens de qui le roy trouvera bon ».

La dîme, prélevée par le chapitre de Grasse, était en partie reversée indirectement à la commune pour le traitement des curés et secondaires. Quant au casuel, il s’agit d’une redevance perçue par le curé lors de l’administration d’un sacrement. L’on sait que les curés et secondaires, à la suite de la Constitution civile du clergé, seront astreints à prêter le serment civique* et seront rétribués par l’Etat et que le casuel subsistera. Cette Constitution perdurera jusqu’au 8 avril 1802 où sera établi le Concordat.

♠ DERLANGE Michel. « Introduction aux Cahiers de doléances de la sénéchaussée de Grasse ». Recherches Régionales, 1992, n° 3-4.

 

CAILLASSOU

 

Le vocable provient du provençal caialous, caialouso signifiant « caillouteux », « caillouteuse » et correspond à la réalité du terrain. D’ailleurs, le quartier recèle encore deux anciens fours à chaux. Mais le terrain fut occupé entre 2600 et 1800 avant JC par les hommes préhistoriques qui enterrèrent leurs morts dans 5 tumulus, dits de Sainte-Anne ou de Caillassou. Il s’agit de tombes formées d’une chambre construite en gros blocs, enfermée dans un tumulus de pierres. Ces tombes ont révélé des squelettes accompagnés de divers objets : vases campaniformes, perles de roche, haches polies, éclats de silex, os brûlés. 

♠ THIERY Daniel. « Les cinq tombes en blocs de Caillassou ». Bull. GRHP, n° 13, avril 1998, p. 20-26.

 

CAMP DE LA MALLE

 

Camp de la MalleCe n’est que récemment que cette enceinte protohistorique est dénommée ainsi. Les archives et la carte IGN de 1930 la nommait Castellaras, forme plus appropriée, puisque le provençal castellar désigne un « château-fort » et que l’augmentatif signale un « grand château-fort ruiné ». Il est donc signalé par les archives dès 1655* jusqu’en 1817* sous la forme de Castellaras. SENEQUIER, qui le visite par deux fois en 1877 et 1885 l’appelle Castellaras de la Malle et les Monuments Historiques le classent en 1909 sous cette même appellation.

Il est situé à 1247 m, sur un mamelon séparant les plateaux de la Malle et du Ferrier. La pente, abrupte côté Est, n’est pas protégée, seul le côté Ouest est ceinturé par une muraille construite en blocs cyclopéens soigneusement ajustés. Du Nord au Sud, la muraille mesure 108 m sur une hauteur avoisinant les 5 m pour une largeur de 3,50 à 4 m. Certains blocs mesurent plus d’un mètre cube. L’ensemble est homogène et paraît avoir été construit d’un seul jet, sans discontinuité ni reprises. La porte est située au Nord et est protégée par le retour de la muraille, si bien qu’elle était invisible de l’extérieur. Pour y parvenir, il fallait longer la muraille en présentant son flanc droit, puis contourner le mur par un passage très étroit, puis remonter de l’autre côté de la muraille pour aboutir enfin à celle-ci. Durant tout le trajet, le fantassin, le bouclier porté par la main gauche et la lance ou le javelot dans la main droite, se présentait non protégé. Deux fausses portes, visibles de loin, attiraient l’agresseur vers un endroit complètement fermé et permettaient aux défenseurs de mieux grouper les assaillants et de les réduire. La muraille présente également deux parements, le premier d’une largeur de 2 m, le second de 1,70 en moyenne et en contrebas du premier, ayant pu servir de parapet. Ces dispositifs et l’unité de ce castellaras indiquent une organisation sociale et militaire forte et puissante.

Installé entre deux plaines fertiles, malgré l’altitude, ce castellaras est entouré de montagnes où l’on repère d’autres enceintes moins importantes, mais pouvant participer à sa protection. Cette enceinte n’était sans doute pas destinée à une concentration villageoise, car exposée aux vents et sans eau, celle-ci devant se tenir en contrebas, dans la plaine du Ferrier où nous avons repéré, à 600 m, les restes d’un établissement en terrasses, avec traces de cases, murs en gros blocs, poteries de l’Age du Fer ainsi qu’un fragment d’amphore romaine du 1er s. av. JC. 

♠ BRETAUDEAU Georges. Les Enceintes des Alpes-Maritimes. IPAAM, Nice, 1996, p. 187 et 193

♠ THIERY Daniel. Promenades archéologiques et pastorales dans le pays de Saint-Vallier. CEF, Nice, 1990, p. 66-73.

♠ THIERY Daniel. « L’occupation ligure au Ferrier ». Mém. IPAAM, 1990, p. 107-111.

Photo : DT Décembre 1988.

 

CANNE

 

La canne, provençal cano, du latin canna, mot emprunté au grec kanna, désignant la tige coupé d’un roseau comme objet de mesure, est une mesure de longueur et de surface. En Provence, la canne valait environ dans les 2 mètres et était divisée en 12 pans. A Saint-Vallier, au 18e siècle, elle valait précisément 1,994 m, une canne² équivalant à 3,936 m². 

 

CARRIERES et MINES

Plusieurs carrières ont été exploitées sur le territoire et on en remarque encore les traces.

- Carrières de sable. La plus importante est celle de Sainte-Luce ou des Aréniers, du latin arena, « sable », toponyme cité en 1655. Le gisement se présente à l’intérieur de plusieurs grandes baumes, dites Barre des Aréniers. Lors de la construction d’un jas en 1722*, il est demandé que « le sable sera pris auprès la chapelle Ste Luce, à l’endroit où on le prend ordinairement ». Elle appartient à la commune et une concession d’exploitation fut concédée en 1923, puis en 1939 à Orazio Nobile. Une autre carrière de pierre et de sable est située au quartier du Castelas, sur le bord Nord de la RN 85.

- Carrière d’argile. GUEBHARD, en 1895*, signale une carrière d’argile au pied Nord de la colline du Puas. C’est certainement à cet endroit que devait se trouver la tuilerie* citée en 1529.

- Carrière de marbre. C’est en 1879 que la carrière de marbre de la Combe est ouverte. Une autre, de moindre importance est celle dite de la Treille qui, comme le remarque GUEBHARD en 1906 « est d’un calcaire rose délicat et tendre et l’a fait exploiter comme marbre d’ornementation ». L’une des fontaines du village est construite à partir de ce banc de marbre. Une autre carrière, située à Valens et « imitant le marbre blanc » fut concédée pour 6 ans, à partir de 1847, à un maître marbrier de Grasse.

- Carrières de pierre. La carrière de pierres lithographiques du Ferrier fut concédée la première fois en 1897 à M. Turretini. La carrière du Pilon fut exploitée à partir de 1905 par un tailleur de pierres de Grasse. Celle de Léouvière, « abandonnée depuis longtemps » fut exploitée à partir de 1938 par la Société Lesage de Nice.

- Carrière de tourbe et de sable. GARCIN* signale à la Graou « un lit de tourbe recouvert d’une sorte de sable vert propre à la confection du verre vert. Il est employé aux manufactures de verre de Callian, où on la nomme sable de Saint-Vallier ».

- Mines de charbon. GARCIN* signale également au quartier de Nans « une forte couche de lignite qui fut exploitée avant la révolution par un armurier ». Des recherches sont faites à Pra Feraou et à Nans en 1873 pour découvrir des mines de charbon. Mais le maire fait remarquer que ces gisements « ont toujours été considérés comme de mauvaise qualité »

Sur les carrières, consulter AC/ADAM 4 N 4.

 

CASAL

 

Le provençal casau, chasau, casal, provenant du latin casa possède plusieurs sens : masure, chaumière, maison ruinée, cahute, métairie, étable, latrines. Il en est recensé 2 en 1655*, 22 en 1742* et le vocable est remplacé en 1817 par le terme « écurie ». 

 

CASTEL ABRAM

 

Situé en plein centre du Deffens, le vocable correspond à un nom de quartier et désigne également une enceinte protohistorique sise sur une colline. Le site est particulièrement remarquable, car cette colline se dresse à une cinquantaine de mètres au-dessus de la plaine et est entièrement ceinturée par deux murs en gros blocs. L’intérieur, en forme de cuvette allongée, offre une surface de 3 900 m². On y a remarqué des fonds de cabanes, de la céramique romaine et des fragments de meules y ont été trouvés par GOBY en 1904. La forme la plus ancienne du toponyme se rencontre en 1655*, castel abran. Puis, en 1742, deux formes apparaissent : castelabran et castelabram. Le cadastre de 1817* transforme le vocable en Castel Abraham, forme reproduite par les cartes du début du 20e s. Depuis, les cartes ont repris l’ancienne orthographe, Castel Abram. Les préhistoriens du début du 20e s. ont cru reconnaître dans abram le provençal bram « crier » et ont traduit le toponyme par « camp où l’on crie » et l’ont mis en relation avec le Camp de l’Audide*, camp où l’on entend, et Collet Assou*, camp à son. Cette hypothèse hasardeuse a peu de chance de refléter la réalité, Abram étant, selon Charles Rostaing, la contraction du nom Abraham. Mistral indique également un nom de famille Abrand, du bas-latin Atbrandus, qui permettrait de retrouver la première forme reconnue en 1655, Abran. 

♠ BRETAUDEAU Georges, Les Enceintes des Alpes-Maritimes, Nice, 1996, p. 146 et 164.

 

CASTELLARAS DE LA TOURRE

 

Nommée également Camp de la Tour ou de Saint-Hubert, cette enceinte est construite au plus haut de la crête de la Faye, à l’altitude de 1027 m. Elle présente trois murs concentriques, élevés en gros blocs à pierre sèche, offrant une surface de 5500 m². L’appellation Tourré ou Tour provient vraisemblablement des ruines de la Tour de Nans située au plus haut de l’enceinte.

♠ BRETAUDEAU Georges, Les Enceintes des Alpes-Maritimes, Nice, 1996, p. 145 et 159

♠ THIERY Daniel. Promenades archéologiques et pastorales dans le pays de Saint-Vallier, Nice, 1990, p. 18-21.

 

CAVAGNE

 

CavagneLe site de Cavagne est établi sur une arête rocheuse au NE du village et domine la route Grasse/Castellane. Sa dénomination est la plus ancienne reconnue à Saint-Vallier : « villa Cavania », citée en 1061 par le Cartulaire de Lérins. L’origine du mot peut être double. On peut y reconnaître un vocable provençal, cavagno désignant une « grande corbeille », concrétisée par la Vallée de Faissolade en forme de corbeille ou de cirque ; une origine romaine d’un gentilice latin Cavannius/Cavanius, issu du cognomen Cavannus signifiant « chouette », « hulotte ».

Le site a livré de nombreux restes antiques et leur interprétation a donné lieu à plusieurs hypothèses. Pour G. BRETAUDEAU*, il s’agit d’un castellaras de l’Age du Fer, sur lequel on remarque « les vestiges d’une tour médiévale dont la base des murs semble d’époque romaine », ainsi que « des habitats médiévaux, et peut-être, du moins en partie, antiques ». Les Forma Orbis Romani* (FOR 1 et 2) y voient un habitat romain avec « une villa entière au quartier de Cavagne » et « à côté de la chapelle de la Chèvre d’Or, les vestiges de trois habitations

antiques ». J.-C. POTEUR y remarque les restes d’un donjon pouvant dater du XIè s. ainsi que les restes d’une agglomération constituée de « fonds de cabanes entaillés dans le rocher » existant « vraisemblablement dès le VIe siècle ».

Le texte du Cartulaire de Lérins mentionne  l’église de Saint-Vallier et « tres mansos », que SENEQUIER et semble-t-il la FOR, interprètent par « trois maisons » et « trois habitations antiques », alors que ce terme évoque, à cette date, trois « manses », soit des exploitations agricoles avec terres et fermes.

Pour notre part, nous envisageons un premier habitat pré-romain, romanisé par la suite, ayant fait l’objet d’une occupation pré-médiévale sous la forme d’un habitat ouvert, fortifié au XIe siècle pour protéger et servir de refuge à trois exploitations rurales situées dans la plaine, étalées du Col du Pilon jusqu’au Grand Pré, aux abords duquel s’élevait la première église dédiée à saint Vallier.

♠ POTEUR Jean-Claude. « La fortification privée au Haut Moyen Age en Provence Orientale », Châteaux-forts d’Europe, n° 11, 1999.

Photo : Tour de Cavagne (DT Décembre 1988/43).

 

CHAPELLES

Chapelle est un mot dérivé du bas-latin capella, diminutif de cappa, « chape ». Il désigne d’abord un lieu où l’on conservait les ornements sacerdotaux, puis un petit bâtiment isolé ou annexé à une église, enfin des petites églises sans fonts baptismaux ni cimetières, n’étant pas un centre paroissial, mais servant d’oratoires, de lieux de culte occasionnel et de lieux de pèlerinage. Les archives révèlent l’existence de 9 chapelles à Saint-Vallier. Cinq sont encore en état, les autres ayant complètement disparu au cours du 19e siècle. Pour deux d’entre elles, chapelles de Carodi et de Coste de Saint-Paul, nous ne possédons la trace de leur existence que par des citations, sans pouvoir déterminer leur fonction et leur état, chapelle de domaine pour Carodi, chapelle ermitage pour Coste de Saint-Paul. Pour celles de Saint-Antoine et de Saint-Roch, nous en avons des descriptions fournies par les visites paroissiales, dont celle de 1679, fort détaillée. Pour les cinq restantes :

  • la chapelle du Saint-Esprit, dans le village, est un édifice construit par et pour les Pénitents, lieu de culte des confréries ; Saint-Pons, près du Largadou, était vouée à la protection des troupeaux ; Sainte-Brigitte protégeait les fruits de la terre ; Sainte-Luce était, par contre, un lieu de pèlerinage pour toute la contrée et l’on y venait implorer la sainte pour la pluie en période de sécheresse. Enfin, Saint-Jean, sur la Siagne, lieu également de pèlerinage. D’après les descriptions et au vu de celles qui subsistent, ces chapelles sont de petits bâtiments rectangulaires, à chevet plat, où ne pouvait entrer qu’une trentaine de personnes. L’intérieur est meublé succinctement d’un autel en plâtre garni d’une nappe et de deux chandeliers. Au-dessus de l’autel était accroché un tableau représentant le saint à qui était dédiée la chapelle. Ce saint n’est jamais seul, il est toujours accompagné de deux autres. Cette association est « trinitaire », c’est-à-dire à l’image de Dieu en trois personnes et elle permet au saint protecteur d’être plus efficace. D’ailleurs, l’image de la Sainte Trinité est souvent symbolisée dans le dessus du tableau. Les personnages sont représentés de face, comme des statues, en positon hiératique, pour manifester le sacré. On les reconnaît grâce à leurs attributs. Deux tableaux subsistent aujourd’hui, ceux des chapelles Saint-Jean et Sainte-Luce. On y allait en procession et une grand-messe y était chantée le jour de la fête du saint patron. Les chapelles étaient entretenues par les confréries et par les quêtes et aumônes. 

CHAPELLE SAINTE-LUCE

 

Sainte-LuceElle est située sur un plateau, dominant l’ancienne route Grasse/Castellane. Elle a la particularité d’offrir deux nefs, l’une orientée N/S, l’autre E/O. Cette dernière est du style du premier âge roman, avec son abside et l’arc d’entrée légèrement outrepassé. Cette nef peut être datée du XIe s. Cela suppose qu’existait là une église rassemblant une communauté avec desservant, baptistère et cimetière. Malheureusement, les textes médiévaux sont muets à son sujet. La première mention date de 1490* où est cité le « nauc de Santa Lucia », soit la fontaine dite actuellement Fontaine des Prés. Elle apparaît ensuite lors des visites pastorales, en 1605*et en 1679* où elle est décrite comme étant « construite par deux nefs fermées de deux portes et percée de trois ouvertures sans estre garnies d’aucune vitre ni fil de rechard ». La nef N/S semble avoir été construite en 1562 si l’on se réfère à la date gravée sur le linteau de la porte d’entrée, mais aucun texte n’est venu le confirmer. On y venait en procession le jour de la fête de la sainte et en 1709*, l’on apprend que le 13 décembre, fête de sainte Luce, on y dansait la danse à l’épée nue.Puits Luce

Mais une autre particularité attirait non seulement les villageois, mais également les étrangers de Saint-Cézaire, Grasse et Magagnosc : c’était son puits miraculeux, situé à l’intérieur de la grande nef. On y est venu d’abord pour implorer la sainte et se baigner les yeux pour les guérir et les soulager. Sainte Luce est la patronne des aveugles et des maux d’yeux, son nom signifiant en latin « lumière » et la légende raconte qu’elle eut les yeux arrachés mais qu’ils repoussèrent encore plus beaux. Cette eau étant salvatrice, les pèlerins en vinrent ensuite à implorer la sainte en temps de sécheresse pour faire tomber la pluie. Un ex-voto rappelle une procession des Pénitents Noirs de Grasse faite à Sainte-Luce le 27 mai 1776. La dernière manifestation de pèlerinages est en date du 6 mai 1844 « à l’occasion de la procession de Saint-Cézaire » et huit jours plus tard « à l’occasion d’une procession des pénitents d’ici pour la pluiye ».

En 1826, la confrérie de Sainte-Luce fait venir une cloche de Toulon par l’intermédiaire du sieur Belissier, maître serrurier de Grasse, pour le prix de 156 francs 12. Les artisans du village construisent le clocheton, y « ferrent et montent » la cloche et le sieur Tourniaire fournit la corde. En 1829, la confrérie fait apporter par un charretier nommé Melon des pierres à Sainte-Luce et Jean Clar reçoit 48 francs pour « avoir taillé et placé les pierres qui servent à agrandir le sanctuaire ».

Surmontant l’autel principal est suspendue une toile représentant sainte Luce entourée de sainte Marguerite et de sainte Agathe, portant en bas, à droite, la date de 1651. La nef romane contient un retable en bois doré et polychromé représentant sainte Luce entourée de sainte Anne et de sainte Marie-Madeleine. La prédelle représente le Christ entouré de ses apôtres. Le couronnement figure le Christ, entouré de quatre angelots, tenant la boule du monde et bénissant. On peut dater ce retable de la fin 15e s. – début 16e s. La chapelle renferme également trois statues, un bras reliquaire et un ex-voto de bateau. Il existait également un autre ex-voto offert par les Pénitents de Grasse en date du 4 mai 1757. Il a été volé ainsi que le maillot jaune d’Apo Lazaridès et un bras reliquaire.

Photos : DT Juillet 1999 et Avril 2001 (1271-1507).

 

CHAPELLE SAINT-ESPRIT

 

Saint-EspritCette chapelle possède un statut particulier, car propriété non de l’Eglise comme les autres chapelles, mais d’une confrérie issue de la communauté villageoise. C’est un bâtiment avec une organisation, une réglementation et une administration propres. Les curés et les évêques ont un droit de regard et de discrétion, examinent si les statuts qu’ils ont délivrés sont bien observés, s’il n’y a pas de déviation et font en sorte que cette chapelle ne devienne pas une concurrente de l’église paroissiale, lieu unique de rassemblement de la communauté chrétienne et catholique sous l’autorité d’un seul pasteur mandaté par l’évêque.

Intérieur St-EspritSituée dans le village, au bout de la rue de l’Hôpital, la porte d’entrée indique sur la clef la date de 1635. Pourtant, lors de la visite pastorale en date du 12 mai de la même année, l’évêque cite cinq chapelles, mais pas celle-ci. Elle apparaît lors de la visite suivante le 13 septembre 1648 comme étant la « chapelle des Pénitents Blancs soubs le titre de l’Annonciation de Nostre Dame ». En 1679* l’évêque la décrit ainsi : « nous aurions esté à la chapelle des poenitens blancs dédiée sous l’annonciation de la ste vierge, et veu l’autel estre de plastre sans aucune pierre sacrée garni d’un te igitur, des deux feuilles de l’evangile de st jean et le lavabo, de quatre chandeliers loton, de deux figures des anges de bois doré, d’une croix loton, d’une image de la ste vierge de marbre blanc, de quatre vases de bois surdoré garni de fleurs artificielles, de deux nappes, d’un devant d’autel de damas blanc, le retable representant l’annonciation de la ste vierge, et au dessus un tableau representant dieu le pere, à costé de l’autel deux bannières dont l’une représente Jésus maria Joseph, et l’autre très usée garny d’un marchepied, laditte chapelle est construitte par une seule nef, garnie de bois blanc et percée par trois fenestres sans estre grillées ny vitrées ». L’évêque indique ensuite que les Pénitents « font celebrer une messe tous les dimanches et festes dans la chapelle quand ils sont en commodité, que le jour du jeudy saint, en la cour, ils distribuent une piece de gateau à chascun des confreres poenitens et aussi donnoient à boire, qu’il n’y a aucune fondation et ont des statuts fait par feu le seigneur evesque Godeau nostre devancier, lesquels nous prient de bien vouloir confirmer ».

La dernière mention concernant cette chapelle en tant que lieu de culte est en date du 12 avril 1879 où est célébrée une messe en l’honneur de l’Annonciation de la Vierge. Lors d’un procès-verbal de la Fabrique du 6 novembre 1906, Emile Laugier remercie le curé doyen Etienne Benoit pour « avoir eu le courage de relever de ses ruines la chapelle des Pénitents ». Il indique que les travaux ont été exécutés par Jean HUGUES, entrepreneur à Grasse pour le prix de 1975 francs. Mais cette chapelle, depuis l’inventaire du 13 février de la même année, n’appartient plus à la Fabrique*, mais à la commune et a été évaluée pour la somme de 105 francs.

Propriété de la commune, elle va alors être utilisée à diverses activités. Le 24 février 1929, le Maire autorise Marcel FAUCON à louer l’ancienne chapelle pour en faire un magasin de coopérative alimentaire. Le 30 avril, le magasin est ouvert. Le 24 mai, le curé demande que la cloche de la chapelle soit vendue pour couvrir les frais de restauration de la chapelle Saint-Pons. Le Maire refuse et ajoute que « la plupart des objets du culte de l’ancienne chapelle des Pénitents ont été affectés à la chapelle St-Pons ». Le 1er décembre 1950, le bail de la coopérative est résilié. La chapelle deviendra alors le siège du Syndicat d’Initiative, puis après le transfert de celui-ci Place du Tour, salle de réunion pour toute la communauté villageoise. Elle sera entièrement restaurée et insonorisée en 1976-1977, sous le mandat d’Emile FELIX à qui nous devons de connaître le prix de la restauration. Coût : 250 147,15 financés par la Région (100 000), le Département (82 898), Emprunt (50 000) et fonds libre investissement (17 249,15). L’insonorisation a coûté 10 608,70.

Photos DT Mars 2000.

 

CHAPELLE SAINT-JEAN

 

Saint-JeanElle est située aux confins du territoire, sur les bords de la Siagne, dans un cadre à la fois sauvage et de verdure. SENEQUIER en 1891* avoue « qu’il est difficile d’en constater l’origine, mais tout fait supposer qu’elle remonte à la grande peste de 1580 qui fit tant de ravages dans le Provence ». FLAYAC* est plus catégorique : « elle fut édifiée en 1580, à l’occasion d’un vœu, Saint-Vallier ayant été protégé de la peste qui ravageait la province ». Le problème de la date de construction reste cependant indéterminé. Le 27 juin 1605*, l’évêque, en visite pastorale, indique qu’il s’est transporté à une « vieille masure appelée Saint Jehan » et que le « commun bruict » (la tradition orale) dit qu’il y avait là « une église dite monastère ». Il ordonne qu’à cet endroit on plante une croix pour marquer l’emplacement de cette ancienne église. Lors des visites suivantes, en 1635*, 1638 et 1648, les évêques citent nommément 5 chapelles dans le terroir, Saint-Jean étant absente. Elle apparaît enfin le 7 septembre 1669 : « au terroir de la Motte chapelle St Jean, de trois cannes de long et environ deux de large », avec un « tableau fort beau représentant St Matthieu, St Jean et St Marc, bordé de noir, fleuronné d’or ». Ce tableau est encore en place aujourd’hui, mais le qualificatif de « fort beau » indique qu’il s’agit d’une œuvre récente, « neuve ». Désormais, la chapelle est citée à chaque visite et en 1679* l’évêque indique que l’on y va en procession les jours et fêtes des trois saints représentés sur le tableau. L’une des principales préoccupations des évêques, par la suite, en 1733 et 1743 sera de veiller aux abus qui peuvent s’y commettre : « avons expressément deffendu de danser devant la chapelle sous peine d’interdit de la chapelle au devant de laquelle on danserait ».

A l’unique travée de la chapelle fut adjoint en 1828 un « pavillon ou le devant de la chapelle », soit un porche couvert. En 1831, la confrérie de Saint-Jean donne 35 francs au peintre Domenico Aprile « pour avoir repassé (restauré) le tableau et embelli la chapelle de St Jean Baptiste sur Siagne », ainsi que 16 francs au sieur Olivier, menuisier, « pour le cadre fait à neuf du même tableau ».

Le texte de 1605 et sa mention « église dite monastère », rappelle une histoire ancienne, celle du fief de la Motte*. Le 1er mai 1242, Fida de la Motte, seigneur du fief de la Motte, fait don de sa seigneurie à l’évêque d’Antibes. Ce dernier, en contrepartie, doit payer à sa place la dette qu’elle devait au monastère de Valbonne et de plus, prendre soin de l’église et d’Algaraud « en vêtement et en tout ce qui sera nécessaire ». Cette église, ecclesia de Mota, et le castrum de Mota, sont dévolus, le 3 septembre 1242, au chapitre d’Antibes, puis de Grasse. Ce dernier, déjà seigneur de Saint-Vallier, réunit dans sa main les deux seigneuries et les deux églises. L’église de la Motte devient alors inutile, mais la tradition transmise par les habitants d’une « église dite monastère » vient de ce qu’elle était probablement un prieuré du monastère de Valbonne, hypothèse qu’il faudrait confirmer par d’autres textes, s’ils existent. Il faut noter une curieuse coïncidence : si le pèlerinage, le jour de la Saint-Jean, ne se fait plus, les paroissiens y viennent encore une fois par an, le 1er mai, jour anniversaire où Fida fit don de sa seigneurie et où elle fut réunie à celle de Saint-Vallier. Mais comme le dit GUEBHARD* « à la suite d’un vœu sur lequel nul des plus doctes ni des plus dévots n’est capable de fournir la moindre précision ».

Photo DT Avril 1994.

 

CHAPELLE SAINT-PONS

 

Saint-PonsElle est située au Sud du village, à l’intersection de la rue du Docteur Laugier et de l’avenue de Provence. En 1605*, elle est dite « hors la ville », et en 1635* un tableau est cité, puis décrit en 1679*, représentant saint Pons entouré de saint Cassien et de saint Aigous, tous saints de Provence Orientale, protecteurs des troupeaux. Autrefois, le 11 mai, fête de saint Pons, une messe y était célébrée et on bénissait vaches, moutons et chèvres. Cette chapelle est placée à l’entrée du Deffens, quartier voué à l’agriculture et à l’entretien des troupeaux. D’une surface extérieure de 8,40 m x 4,30, elle comprend intérieurement deux travées, une couverte en voûte d’arêtes, l’autre par un arc plein cintre. Un autel en plâtre peint, imitation marbre, provient de la chapelle désaffectée du Saint-Esprit. On y remarque une statue de saint Pons en plâtre peint, ainsi qu'une statue de Notre-Dame de la Salette en carton pâte. Le tableau de saint Pons a disparu. En 1827, le porche est fermé et une croix en fer est plantée au sommet. En 1829, 300 malons sont posés par Alexandre LOMBARD, payés par la confrérie de Saint-Pons.

Photo : Octobre 1994 (1282).

 

CHEMIN DE LA TIRE

 

Tira, en provençal, signifie « s’acheminer », « faire le chemin », du latin trahere. Cet ancien chemin, venant de Grasse, traverse la commune d’Est en Ouest, en passant par la Croix de Cabris et le Col de la Lèque. Il remonte ensuite vers le Nord jusqu’à la Croix de Siagne, puis poursuit vers Escragnolles. Il est cité en 1655*, puis par les cadastres successifs. Le 22 février 1863*, le conseil municipal décide le rétablissement de « cette carraire, désignée sous le nom de chemin de la Tire, mais ce chemin a presque entièrement disparu par suite des empiétements des propriétaires riverains qui s’en sont emparés et dont il reste quelques vestiges de lacune en lacune ». Le projet ne sera pas réalisé, seule la portion Croix de Cabris/Pierre Druidique est encore praticable et signalée par les cartes modernes. Parallèle à la Route Royale passant par le village, cette carraire était destinée à faire transhumer les troupeaux à l’écart des jardins et des terres cultivées proches du village. Un grand relarguier sur la colline de la Gardette, près du Col de la Lèque, permettait aux bêtes d’y passer la nuit.

 

CHEVRE D’OR

 

L’appellation apparaît avec GARCIN en 1835*, reprise par SENEQUIER (1891*), puis par GUEBHARD (1895*) qui indique la « ruine mystérieuse de la Chèvre d’Or, qui n’eut jamais rien d’une tour, et dont les deux pans des murs parallèles, vus de la route de Grasse, imitent, en se détachant sur les nues, les cornes de l’animal fantastique que l’on affirme enterré sous les énormes bancs verticaux de calcaire bajocien qui la projettent vers le ciel ». La légende de la Chèvre d’Or est répandue dans toute la Provence et elle est mentionnée par de nombreux lieux-dits, le plus proche étant la Chèvre d’Or à Cabris située dans l’ancienne église du Mosteiret. Cette Chèvre d’Or consiste en un trésor enfoui sous un antique monument, déposé par les Sarrasins, selon MISTRAL. On la situe, soit sous les ruines d’un monument perché sur une hauteur comme à Cavagne à Saint-Vallier, soit dans les profondeurs d’un abîme ou d’un puits comme à Cabris. L’usage d’enserrer ses pièces d’or dans une peau de chèvre et de la cacher des regards indiscrets participe également à cette légende. 

Voir article Cavagne

CITERNE (La)

 

La CiterneLe quartier de la Citerne est situé au Sud du village, dans l’ancien quartier du Deffens. Il tire son nom d’un ensemble de constructions dans laquelle une citerne était incorporée conservant l’eau de pluie recueillie des toitures. L’appellation apparaît avec le cadastre de 1817*, mais les constructions sont déjà citées en 1655* dans le quartier des Coullets : « un bastiman, une grange pour le bestail, un autre petit cour de maison tout joint dans lequel y a une siterne pour y recevoir les heaux, contenant la grange onze cannes de longueur et y a un courtil au devan du bastiman ».

La Citerne, photo DT Février 1996, 1097

 

CLOCHER

 

ClocherVoici la description du clocher donnée par ALPES-ROMANES* : « sur plan carré, il s’élève contre la flanc Nord de l’église au niveau de la quatrième travée. On y distingue un soubassement et un haut étage aveugle (éclairé seulement à l’Ouest par une baie non ébrasée très étroite), qui sont maçonnés en petit appareil avec chaînes d’angle et deux étages, montés en moyen appareil assez soigné. Chaque étage est marqué par un encadrement de bandes murales et de festons qui dessinent un panneau unique. Les bandes verticales sont réunies à leur sommet par quatre arcs en plein cintre, construits en petits claveaux, dont les retombées, de forme trapézoïdales, s’ornent d’un chanfrein » ; « compte tenu du caractère de l’appareil, l’église et le clocher semblent appartenir à la première moitié du XIIe siècle ». Un problème subsiste cependant avec le soubassement du clocher. Il n’offre pas les mêmes caractéristiques architecturales que les étages supérieurs et semble d’une facture antérieure. Le dater semble difficile et aléatoire. Des éléments divers ont été mis au jour, soit dans la base du clocher, soit à proximité immédiate : vases en céramique sigillé, tuiles à rebords et fragments de marbre ornés de chevrons, ces deux derniers éléments ayant été encore repérés lors du dégagement de la base du clocher et de l’ouverture d’une porte en 1996.

Trois cloches sont signalées en 1679*, « aurions veu et visité le clocher estre divisé en quatre estages de bois où l’on monte par des eschelles et en haut sont trois cloches suspendues ». Deux d’entre elles seront enlevées à la Révolution et transportées à Grasse, une seule est conservée, celle servant d’horloge. Il faut attendre 1858 pour que soit installée une 2ème cloche, payée par les fonds de la Fabrique* pour la somme de 800 F et commandée aux sieurs Baudoin frères de Marseille. Une 3ème est installée quelque temps après, mais nous ignorons la date exacte. Enfin, en mars 1996, c’est l’installation de la 4ème cloche, fondue le 15 février à Sévrier (Haute-Savoie), nommée Marie-Luce. Elle fut baptisée le 14 avril par l’évêque de Nice. 

Une affaire d’importance surgit en 1856 quand le conseil municipal prend la délibération de faire construire une tour pour l’horloge « sur la voûte du maître autel ». Le curé et les fabriciens se réunissent d’urgence le 29 juin pour en discuter. Le curé expose qu’il en a parlé au maire « qui en particulier m’honore de son estime », et qui lui a répondu « que la délibération était signée et qu’il était obligé de la faire exécuter ». Il relate également que « quant aux membres du conseil, j’en ai vu plusieurs qui maintenant pensent que ce projet est inadmissible ». Le devis prévoit « de démolir le mur circulaire qui soutient la voûte du sanctuaire », c’est-à-dire l’abside romane. L’évêque de Fréjus, Mgr Jordany est averti, puis le Préfet du Var qui décide finalement que le projet doit être rejeté. Sur les recommandations du conseil de Fabrique, la mairie décide l’exhaussement du clocher et l’aménagement d’une nouvelle horloge. Les travaux seront exécutés par un entrepreneur maçon de Saint-Cézaire, le sieur Lombard, financés par la municipalité et terminés le 8 mai 1874*.

Photo : Novembre 2002 (DT/1655)

 

CLOTS

 

ClotsLe latin clausum a donné le mot provençal claus pour désigner un « endroit fermé », un « clos ». Un texte exceptionnel de 1655*, le Rapport sur les Clots, recense et décrit dans le territoire de Saint-Vallier 539 clots, tous « entourés d’une muraille de pierre sèche ». Ces clots sont consacrés à l’agriculture et on y sème du blé, de la paumoulle, de l’anone et des légumes. Il semble que la pratique de fermer une propriété d’une muraille de pierre sèche soit une coutume, dans le sens de droit coutumier, établie dès l’origine par la communauté d’habitants. On en rencontre déjà en 1292 et cette coutume peut remonter au 11ème siècle quand le Comte de Provence donne aux habitants tous les « cults et incults ». Un arrêt du Parlement de Provence, en date du 22 mars 1657, ordonne la démolition de tous les clots recensés deux ans auparavant. Cet arrêt ne semble pas avoir été suivi d’effet puisque le cadastre de 1742 recense encore près de 400 « terres clauses ». La majorité des clots est concentrée principalement dans le quartier du Deffens où l’on peut encore les reconnaître aujourd’hui, mais ils se dégradent faute d’entretien et servent de carrières de pierres. En 1655, les murs représentaient une longueur totale d’environ 650 kilomètres !

♠ THIERY Daniel. « Le rapport sur les clots entourés de muraille de pierre sèche. Saint-Vallier-de-Thiey. 1654-1655 », Bull. GRHP, n° 17, avril 2000, p. 11-33.

Photo : Mai 1999 (DT 1217) : un clot restauré au quartier de Sainte-Anne.

 

COL DE LA LEQUE

 

Croix LèqueCe col sépare les plateaux et les communes de Saint-Cézaire et de Saint-Vallier. Leco ou lecho désigne en provençal un « piège pour les oiseaux » fait d’un assemblage de baguettes soutenant une pierre plate. Celle-ci retombait sur les grives, en particulier, et les autres oiseaux de passage au col. Le 21 octobre 1670*, un piège pour un homme fut tendu ce jour là. Les trois frères, François, Antoine et Louis de Grasse, fils du noble François de Grasse, seigneur de Saint-Cézaire, attaquèrent le noble Guillaume Le Maingre de Boussicaud « tous trois avec leurs fusils, mais ayant été descouverts dans leurs mauvais dessins, le quittèrent après plusieurs menasses ». Les trois frères voulaient forcer l’infortuné « à les saluer luy disant qu’il estoit son subject ». A ce col, il faut noter une station préhistorique et la présence de deux tumulus, ainsi qu’une croix en fer, dite Croix du Col de la Lèque, signalée déjà en 1902.

♠ GASSIN Bernard. APMM. CNRS, Paris, 1986. n° 46-47-48.

Photo : Mars 2000 (DT 1346)

 

COLLE (La)

 

Ce toponyme désigne une colline, colo en provençal, du latin collum, « col », « passage ». Actuellement, le quartier est dit Colle Quenouille*, mais quand BOTTIN, découvrit en 1885* une tombe en blocs, le quartier était nommé la Colle ou Petit Saint-Jean*. Au centre d’un tumulus, Bottin mit à jour une chambre carrée contenant quatre squelettes accompagnés d’éclats de silex. Cette sépulture est attribuée au Néolithique Final Chalcolithique.

♠ GASSIN Bernard. APMM. CNRS, Paris, 1986. N° 34, p. 44-45. 

 

COLLE QUENOUILLE

 

Ce toponyme a déjà été rencontré avec les articles Colle et Petit Saint-Jean, mais il demande une explication sur sa signification. Quand les géomètres du cadastre de 1817 demandèrent aux habitants comment se nommaient le quartier en question, ceux-ci leur répondirent : Colle Canouille, mais le sens leur échappant, ils le transformèrent en Quenouille.Colle Canouille ou Colle Canoulhe est attesté en 1665* et 1657* et sa signification provençale est « chenal », « passage d’eau », du latin cannula. Il s’agit d’un toponyme descriptif.

 

COLLET ASSOU

 

Ce quartier est situé sur une petite éminence à 1 km au S.O. du village, d’où le vocable collet, « petit col » en provençal. La plus ancienne dénomination remonte à 1465* sous la forme de Castel Vassou, forme répétée en 1657* et 1742* en Casteau Vassou. En 1817* on rencontre Collet Assou. Les formes anciennes indiquent un nom de personne, dérivé du gaulois -vasso, « serviteur », qui a donné le français « vassal ». Le sommet de la colline est occupé par les restes d’une enceinte polygonale de 95 m sur 70 m, occupant une surface de 3900 m², construite en gros blocs de pierre sèche. Le terme provençal castèl, castèu, indique un « château », une « forteresse », ainsi décrite par les habitants en 1655* : « la plasse de Casteau Vassou, toute entourée d’une grande et grosse muraille de pierre sèche faite anciennement par les paiens ». On attribue généralement ce genre de constructions à l’Age du Fer, période ayant précédé celle de Rome. Il est cependant possible que le site ait été occupé par la suite, durant le haut Moyen Age. L’exceptionnelle citation de 1655 laisse entrevoir une remarquable mémoire collective.

♠ BRETAUDEAU Georges. Les enceintes des Alpes-Maritimes. IPAAM, Nice, 1996, p. 146 et 164. 

 

COLONNE NAPOLEON

 

NapoléonLe 20 avril 1869*, le Conseil municipal présente un « plan et devis pour l’érection d’un monument à élever à Saint Vallier en mémoire du passage de Napoléon Ier à son retour de l’île d’Elbe, lesquels travaux nécessitent une dépense de 1600 frs » Une souscription volontaire des habitants procure 335,20 frs et la Mairie demande une subvention au Ministre d'Etat. Le 25 mai 1870 le conseil approuve le plan et le devis. Il faut noter la divergence de la date d’érection chez les auteurs qui présentent cette colonne : FLAYAC* la date de 1865, SENEQUIER (1891)* et Hervé de FONTMICHEL* de 1869.

       Photo DT Juillet 1999, 1297.

 

 

COMBE

 

La Combe, coumbo en provençal, vient du gaulois cumba « dépression en forme de vallée étroite et profonde ». Le terme s’applique à un vallon qui prend naissance au Col du Ferrier, passe au nord du village puis va se jeter dans la Siagne. Lors de la création de la route Saint-Vallier/Caussols en 1875, fut découvert un dépôt d’objets en bronze « dans une étroite fente de rocher sur une pente fort raide du vallon de la Coumbo ». Une vingtaine d’objets furent recensés, entre autres : une fibule, trois bracelets, deux anneaux, un fragment de chaînette, des clous, une épingle. Il semble que le dépôt ait été effectué à la fin de l’Age du fer, mais les objets les plus anciens remontent au bronze ancien. Il devait s’agir, selon GASSIN, d’un dépôt de récupérateur de métal.

♠ GASSIN Bernard. APMM. CNRS, Paris, 1986. N° 43, p. 55-56.

 

COURTIL

 

Le provençal courtil, courtieu, courtelh, courtiou, courtial, courtis signifie « petit jardin clos de murs, « verger attenant à une cour », du latin cohors,-ortis. A Saint-Vallier, le mot est employé pour désigner un enclos de pierre sèche non couvert « pour y enclore l’average », soit le troupeau de moutons. En 1655*, il en est signalé « avec un gros orme dedans », « avec deux chaines dans icelui ». On laissait volontairement pousser quelques arbres à l'intérieur « pour servir de chaume », c’est-à-dire de couverture, de toit, afin de protéger les animaux des intempéries et du soleil. Le terme est repris par le cadastre de 1742 qui en recense 96, mais il est remplacé en 1817 par les termes vanade et parc.

♠ THIERY Daniel. « Le milieu rural à Saint-Vallier », Bull. GRHP, n° 17, avril 2000.

 

CROIX DE CABRIS

 

Croix CabrisCette dénomination est donnée à un quartier situé sur l’ancien chemin reliant Saint-Vallier à Cabris, à la limite des deux communes, à un col. Elle tire son vocable d’une croix en fer, d’abord plantée sur l’un des tumulus, puis déplacée pour respecter la tombe. Une croix en bois fut primitivement érigée en mai 1729 sur le sommet de la colline des Oudides parce que « comme toutes les années, la tempette emporte les fruits de plusieurs quartier de ce lieu », « pour être opposée aux orages du temps, pour la conservation des fruits du terroir » (SENEQUIER* 1900). La croix fut ensuite déplacée au col. En 1899, BOTTIN* découvre et fouille deux tumulus, dits de la Croix de Cabris que l’on date de l’âge du bronze. Il faut signaler également que cette croix est située au croisement de deux anciens chemins, l’un N-S reliant Cabris et Saint-Vallier, l’autre E-O dit Chemin de la Tire, ancienne voie de transhumance, doublure pour les troupeaux de la route royale consacrée aux voyageurs et au trafic des marchandises.

Photo ; Septembre 2000 (DT 1437)

♠ GASSIN Bernard. APMM. CNRS, Paris, 1986, n° 60-61, p. 77-78. 

 

CROIX DE SAINT-ANTOINE

 

Croix S. AntoineCette croix est située à l’angle de l’impasse Saint-Antoine, dans une propriété privée. Elle fut édifiée en 1866 (date gravée sur le piédestal), pour rappeler qu’à cet endroit s’élevait une chapelle dédiée à saint Antoine. Déjà citée en 1585*, la chapelle est décrite en 1679*, « construite d’une seule nef, fermée d’une porte et treillis de bois », avec « un retable représentant ledit saint Antoine, saint Charles et saint Saturnin » et « qu’on y fait chanter une grande messe le jour et feste de saint Antoine ». La chapelle, placée à l’entrée du village, quand on vient de Grasse, protégeait les habitants contre toute intrusion de voyageurs malveillants ou porteurs de maladies. La croix fut financée par les confréries, et les « sœurs associées à la confrérie du Rosaire » offrirent 5 francs pour son achat. En 1898, la Fabrique dépense 26 francs pour la « peinture à l’huile de la croix et de la grille de St Antoine ».

             Photo : Février 2000 (DT 1300).

 

CROIX DE SAINTE-LUCE

 

Croix S. LuceCette croix est placée devant le porche de la chapelle Sainte-Luce. Elle est composée d’un piédestal circulaire sur lequel repose une colonne avec base, fût et astragale sur lequel est ancrée une croix en fer forgé. Il est probable qu’elle ait été édifiée en 1830, car le 25 novembre, la confrérie de Sainte-Luce donne 18 francs « au sieur Jean Clar tailleur de pierre pour le pied-destal d’une croix à Ste Luce ».

              Photo : Décembre 1986

 

 

 

CROIX DE SIAGNE

 

Croix de SiagneElle est ainsi nommée car située sur l’ancien chemin Grasse /Castellane, au moment où celui-ci parvient à l’à-pic de la Siagne. Elle est également « à la vue de St-Jean Baptiste », comme il est dit en 1841 et 1842 quand la confrérie de saint Jean-Baptiste finance « le piédestal d’une croix » et sa « réparation ». Le 20 avril 1845, la confrérie donne 5 francs à Roustan maréchal pour une croix en fer ». GUEBHARD en 1895*, la nomme Croix de Siagne. Une base en calcaire soutient une colonne de 1,09 m de haut, sur laquelle dans un petit massif est plantée une croix en fer forgé, sans doute celle signalée en 1845. Elle est située, non seulement à la vue de Saint-Jean et de la Siagne, mais également à la croisée de deux chemins, celui de Grasse/Castellane encore en état, et celui venant du Sud, du Col de la Lègue que les habitants de Saint-Cézaire empruntaient pour mener leurs troupeaux paître à la montagne. Ce chemin a complètement disparu.

           Photo : Février 2000 (DT 1314)

 

CROIX DU CASTELLAS

 

Croix CastellasElle est située sur la Bord Nord de la RN 85, au quartier du Castellas. Encastrée dans un talus, elle surplombe la route du haut de ses 3,50 m. C’est la plus monumentale des croix de Saint-Vallier. Avec un soubassement et un pilier en calcaire, elle porte en haut du fût l’inscription SALUS MUNDI. Le chapiteau supporte une croix en fer forgé. Cette croix a donné son nom à un quartier situé au Sud dit « quartier de la croix » ainsi qu’à une ancienne carraire, dite maintenant « chemin de la croix ». Nous ne possédons aucun autre renseignement sur cette croix, sinon que le « quartier de la croix » est déjà cité en 1657*, mais la croix devait, à cette date, être en bois.

      Photo : Mars 2000 (DT 1353)

 

 

CROIX DU CHENE BENIT

 

Croix chêne bénitCette croix est placée sur l’ancienne route Grasse/Castellane. Son appellation était sortie de la mémoire des habitants. Grâce à la consultation d’un écrit d’Adrien GUEBHARD elle a été retrouvée, quand en 1896*, il décrit le vieux chemin de Siagne : « passée aussi, la Croix du Chêne Bénit, la place où, jadis, sous un magnifique ombrage, de vétusté disparu, faisaient halte les processions de la Saint-Jean ». Les pèlerins s’y arrêtent encore aujourd’hui quand ils se rendent à Saint-Jean le 1er mai pour y réciter une prière et s’y reposer, mais le chêne a disparu depuis longtemps. Cette croix semble placée au hasard. Pourtant, elle est située à la bifurcation de l’ancien chemin Grasse /Castellane. C’est en effet à cet endroit, avant la rectification de la route en 1736, que l’ancienne route montait au Nord vers le Petit Saint-Jean et son oratoire, puis allait traverser la Siagne à sa source.

       Photo : Février 2000 (DT 1315).

 

 

D

 

DANSE

 

Cette manifestation populaire est assez bien connue en Provence où elle tire son origine de rites agraires remontant à l’Antiquité. Elle se pratiquait essentiellement lors des fêtes religieuses, elles-mêmes ayant christianisé d’anciennes coutumes païennes. Les textes d’archives sont muets sur ce sujet, sauf quelques-uns apparaissant en filigrane lors des visites pastorales. Ainsi, en 1733, où l’évêque défend expressément « de danser devant les chapelles, notamment devant celle de St Jean Baptiste, sous peine d’interdit de la chapelle au devant de laquelle on dansera ». Il permet, par contre, que l’on continue à faire la procession des reliques de saint Constant, mais « nous deffendons de faire paraître à la procession aucun fifres et tambours, comme aussi de les faire toucher et jouer avant la dernière messe ».

Les moyens répressifs de l’évêque sont par contre inopérants quand les danses se pratiquent en dehors des cérémonies religieuses. Il lui reste cependant le recours à la « sainte colère de Dieu », seule crainte salutaire que peuvent éprouver les villageois. Il s’exprime ainsi en 1729 : « nous avons appris avec extrême douleur que certaines danses indécentes et dissolues, …., donnent occasion à bien des péchés. Désirant les supprimer entièrement, après avoir instruit le peuple des désordres qui s’y commettent et combien Dieu en est offensé, nous déclarons que nous nous réservons et à nos grands vicaires le cas de ces danses qui seront accompagnées de postures indécentes ou baisers ou par des embrassements. Nous espérons de la docilité des habitants de ce lieu qu’ils se réunissent tous pour supprimer ces excès scandaleux qui seroient capables si l’on y continuoit d’attirer sur cette paroisse l’indignation et la colère de Dieu ».

Durant la Révolution, il fut déclaré que Pierre Gasq jouant du tambour et Alexandre Lombard du fifre, « troublaient l’ordre et la sûreté publique ». L’agent national leur intime l’ordre « de cesser et de se retirer ». Pierre Gasq « s’est alors répandu en injures et invectives, il a dit que nous étions pis que dans l’ancien régime et qu’il y avait aujourd’hui plus de seigneurs qu’alors ». Le 15 fructidor An II*, les « deux délinquants sont dénoncés au tribunal de la police correctionnelle du canton ».

La seule danse vraiment reconnue et signalée en 1709* est celle de la « danse à l’épée nue », accompagnée de fifres et de tambours. Elle fut exécutée le 13 décembre, jour de la sainte Luce, devant l’église, puis devant la chapelle Sainte-Luce au moment où y étaient célébrés l’office divin et une procession. Malgré l’intervention de plusieurs participants à l’office, « tous ces particuliers continuèrent leur danse avec plus de bruit et d’affectation, l’épée nue à la main ». Une plainte fut déposée par le chapitre pour « violences, insultes, menasses et crime de félonie ».

Jusqu’aux années 1950-1960, le mardi, dernier jour de la fête patronale, était dansé le « Ronton » dit en provençal lou Bràndi, sorte de farandole exécutée par les « anciens » et qui parcourait toutes les rues du village. SENEQUIER la signale comme une « danse traditionnelle » en 1890 *.

♠ BENOIT Fernand, La Provence et le Comtat Venaissin, Arts et traditions populaires. Avignon, édition de 1992, chapitre XI, « Danses et instruments de musique », p. 302-323.

♠ THIERY Daniel, « La danse à l’épée nue à Saint-Vallier », Bul. GRHP, avril 2001.

 

DEGOUTAY (Le)

 

Le quartier du Degoutay est situé à l’ouest de la route de Saint-Cézaire avant de parvenir au Col de la Lèque. Sa situation en pente lui a donné son nom, dégouta, en provençal, signifiant « couler goutte à goutte ». Toutes les eaux pluviales venant du Col et de la colline de la Gardette s’écoulent en minces filets dans la pente et longtemps encore après les averses le quartier suinte et « dégoute ». En 1882, BOTTIN* fouille le Dolmen du Degoutai ou de Mauvans Nord. Il s’agit d’un dolmen à couloir. Un tumulus de 8 à 9 m de diamètre enferme une chambre de 1,65 x 1,70, construite d’une grande dalle de chevet à l’Est, de deux murets et dalles au N et au S, et de deux piliers à l’O ouvrant sur un couloir de 2 m de long. BOTTIN y découvrit de nombreux ossements humains ainsi que 230 dents et put déterminer que la chambre avait reçu entre 8 et 10 adultes et un jeune enfant. Le mobilier comportait un vase, des perles, pendeloques, des os taillés, une alène en bronze. La datation de ce dolmen se situe entre le Campaniforme et le Bronze ancien.

♠ GASSIN Bernard. APMM. CNRS, Paris, 1986, n° 45, p. 56-59.

 

DOUBLIER

 

Actuellement, le terme Doublier est appliqué à une montagne culminant à 1245 m. dominant Grasse et la plaine maritime. C’est à partir du début du 20e siècle que le vocable est attribué à cette montagne qui, auparavant, était dite Montagne des Gardies, comme en témoignent les textes de 1655*, 1657* et 1742*. En 1655*, elle est décrite comme étant « la plus eslognée dudit village dudit St Vallier » et « on ne peut y aller depetre en tout temps, que au temps d’iver on ne peut y aller tant grandement froid que par les neges qui y tombent ». Le Doublier n’était alors que l’un des quartiers de cette montagne avec ceux du Blacasset, de la Colle et de Peyre Brune. Au cours du 18è siècle, des travailleurs de Magagnosc vinrent coloniser la montagne jusqu’alors vouée aux pâtures. Ils y construisirent des terrasses de culture, y semèrent du blé et des légumes secs, y élevèrent une cinquantaine de constructions, dont 24 bastidons, 10 vanades, 4 jas, ainsi que 13 aires de battage. Leur empreinte est encore visible, bien que l’abandon des terres, déjà amorcé au cours du 19e siècle, fût complet après la grande guerre. Le plus haut de la montagne est couronné par une enceinte protohistorique à trois murs concentriques. Est-elle à l’origine du toponyme Gardies, synonyme de « surveillance », « garde » ?

♠ THIERY Daniel. « La montagne du Doublier. Etude historique des aménagements en pierre sèche ». Bul. GRHP, n° 16, octobre 1999, p. 24-42.

 

E

EGLISE

 

Elle est située au cœur du village médiéval. Elle est dédiée à la fois à la Vierge Marie sous le titre de l’Assomption et à la fois à saint Vallier. Cette double titulature est significative d’une volonté de protection et en même temps d’un rappel de fondation. Si la Vierge est majoritairement choisie comme titulaire d’une église au Moyen Age, le choix de saint Vallier est celui d’un saint des premiers siècles de la christianisation. Moine de Lérins et sans doute 2ème évêque d’Antibes, martyrisé vers 473, il concrétise la volonté fondatrice d’un lieu de culte issu de l’abbaye de Lérins. Ce lieu de culte dédié à saint Vallier a donné par la suite son nom au village.

La nef principale et le clocher ont été édifiés durant la première moitié du 12e siècle. Orientée vers l’Est, la nef, voûtée en berceau, comprend cinq travées donnant sur une abside semi-circulaire en cul-de-four. Il s’agit d’un style très pur et sobre, caractéristique d’un art roman bien établi dans les Alpes et dont on situé l’origine en Lombardie, d’où son nom de « style lombard ». D’ailleurs, quand il faut restaurer le toit en 1448*, on fait appel à maître Romerius de Cuneo en Lombardie.

 

ELEVAGE

 

Avec la culture des céréales, l’élevage des moutons a été la deuxième ressource des habitants. Le territoire, vaste et riche en pâtures, a permis l’entretien de milliers de moutons. Le premier recensement connu, l’affouagement de 1471*, dénombre 2010 ovins et caprins, mais également 118 vaches et 68 porcs. En 1609*, le rapport des habitants indique que le terroir entretient 400 trenteniers de bétail menu, soit 12 000 moutons, agneaux et chèvres, 100 « bestes bouvines pour le labourage » et 100 « bestes à bât ». Le chapitre de Grasse fait pâturer gratuitement 25 trenteniers de moutons et la communauté loue une partie de son terroir à des gens de Grasse. Il faut y ajouter les « 10 trenteniers d’average du boucher à la pourcairade et à la bravade » (troupeaux de cochons et de taureaux et génisses). Le contredit assure qu’il y a « cinq ou six cens trenteniers bestail menu, …., cent pers de beufs arants pour la culture de la terre, grand nombre de pourceaux à vendre, avecq de vaches et veaux, et grand nombre infini de juments, mullets et aultres bestes à bast qu’ils entretiennent pour louer aux marchands génevois, et aultres pour faire dessandre le bled de la montaigne, où est le passage, pour le pourter à Antiboul ou à Cannes, soit encor pour pourter du sel de Cannes ès lieux de Castellanne et Digne, n’y ayant aultre lieu propre pour commodément passer ».

En 1817*, le contrôleur du cadastre reconnaît que «  les pâtures sont très nombreuses et très vastes et la petite quantité d’herbe qu’elles produisent est compensée par leur excellente qualité qui est saine et nutritive. Aussi le petit bétail s’y étire avec beaucoup de facilité et fournit une viande succulente et à juste titre en réputation dans les environs ». Quant aux prairies, « le foin qu’elles produisent est fin et d’une excellente qualité. L’herbe dont elles sont formées est un espèce de ray-grass connu en Provence sous le nom de margaou. Cette plante précieuse paraît se plaire particulièrement dans cette Commune où elle vient avec facilité et naturellement dans tous les terrains gras et frais. On rencontre aussi dans les prés quelques plants de fromental et de petit trèfle ».

 

ESCOURACHIE

 

Nom de quartier, dérivé du provençal escourancha, escoulancha, « glisser » désignant une pente accentuée. Le vocable a varié au fil du temps : lescoulanchier en 1655*, lescolouchier en 1657*, les courrenchies en 1742*, Escourenchie en 1817*. Ce toponyme descriptif correspond tout à fait à la réalité du terrain. Il n’est pas signalé par les cartes, seulement par un panneau. Il faut noter la graphie de ce vocable où le R et le L sont interchangeables signalant une prononciation difficile à déterminer.En 1817 sont signalés dans ce quartier des vignes et oliviers.

 

F

 

FABRIQUE (La)

 

Elle est à la fois l’ensemble des personnes nommées officiellement pour administrer les biens d’une paroisse et l’ensemble des biens et revenus d’une église. Sous l’Ancien Régime, elle est composée de marguilliers élus par les paroissiens, formant le « bureau des marguilliers ». Son rôle est de gérer les biens de l’église constitués de donations de terres, maisons, de produits alimentaires et de numéraire. Ces revenus servent à entretenir en partie l’église et les chapelles et à couvrir les frais du culte. L’élection des « marguilliers de la paroisse » s’effectuait chaque année, le premier dimanche suivant la Toussaint, en présence du curé, du Lieutenant du Juge et du premier consul. La réunion avait lieu « à la sacristie, après les vespres ». Etaient nommés : un trésorier général, deux marguilliers pour l’autel du Saint-Sacrement, deux pour l’autel de Notre-Dame, deux pour celui du Purgatoire, deux pour celui de Saint-Joseph, deux pour celui de Saint-Eloi et deux pour les quatre « chapelles champêtres ». Ces marguilliers, dits aussi « recteurs », étaient choisis parmi les notables ou « apparens » de la communauté. On les retrouve, pour la plupart, membres du Conseil municipal.

A la Révolution, est institué le « Bureau de la Fabrique » qui apparaît à Saint-Vallier « le dix sept brumaire quatrième an République et de notre Seigneur le huit novembre mil sept cens nonante cinq ». A partir de la loi du 30.12.1809, les trois marguilliers composant le Bureau sont nommés par le Préfet du Var et confirmés par l’archevêché d’Aix. Ce nouveau règlement perdurera jusqu’à la loi du 9 décembre 1905, date de la dissolution des fabriques.

La paroisse de Saint-Vallier conserve précieusement 5 registres contenant les procès-verbaux de la Fabrique établis de 1748 à 1906, sources essentielles pour la connaissance de cette institution et de la vie paroissiale.

 

FAISSOLADE

 

Ce quartier est situé à l’Ouest du village, au pied de la colline de Cavagne et sur les pentes de la montagne de la Gardette. Son orthographe actuelle, Feissolade, déformée par les géomètres du cadastre de 1817*, devrait être rétablie en Faissolade, comme elle est attestée en 1569, faissolado et en 1655* et 1742*, faissolade. Le vocable provient du provençal faisso, « bande de terre » dérivé du latin fascia avec le suffixe -ulata. Le quartier est une vallée en forme de cirque, aménagée en terrasses de culture, d’où son nom. La plus grande partie de ces terrasses a été aménagée en 1749* au profit du chapitre de Grasse, propriétaire de la vallée. Il y possède une bastide, un courtil, un pré, une aire à battre le blé et la Fontaine de Faissolade procure une eau salutaire. A la Révolution, cette propriété deviendra bien national et sera vendue à divers particuliers. La culture sera ensuite abandonnée et le terrain livré aux troupeaux de moutons et de chèvres et aux distillateurs de lavande.

♠ THIERY Daniel, « L’aménagement du milieu rural. Les terrasses de culture ». Bul. GRHP, n°9, janvier 1997, p. 56-60.

 

FLAYAC Alain

 

Le 13 janvier 1977, les Editions Solar présentait au public un livre rédigé par Alain FLAYAC, intitulé Saint-Vallier-de-Thiey et ses environs. Ce livret de 64 pages retrace dans les grandes lignes une histoire de la commune, d’après la documentation fournie par Jean-Jacques ANTIER et reprenant certaines données fournies par SENEQUIER*. Il y décrit la « Vie à Saint-Vallier autrefois » et propose 7 itinéraires de « Promenades autour de Saint-Vallier ».

 

FONTAGOUTTE

 

Nom de quartier situé dans le Deffens, tiré d’une source. Vocable formé de deux mots provençaux, font, du latin fons « source » et agouta, provençal agout, « à sec », soit « fontaine sèche ». Le 5 août 1877*, le conseil municipal décide de construire « un puits en pierre sèche » à Fontagoutte et le 12 mai 1878* d’y installer « trois conques indispensables pour abreuver les bêtes de somme et les troupeaux ».

 

FONTAINE (La)

 

Il s’agit de la Fontaine du village, située à la Place Saint-Roch. Elle est citée en 1609* et dite « fontaine publique à environ cinquante pas du village » en 1774*. Actuellement, elle est équipée d’un lavoir dont nous ne connaissons pas encore la date d’installation. Par contre, le 13 mai 1855*, le Conseil municipal décide d’y établir un « bassin, en pierre de taille, tout d’une pièce et propre à contenir au moins cinq décalitres de grains pour l’usage du lavage des céréales ». Ce bassin en toujours en place et porte la date gravée de 1855. Le 20 novembre 1864, il est proposé de « couvrir la fontaine publique par un toit en tuiles ».

Photo : Février 1996 (DT 1089).

 

FONTAINE DE L’APIE

 

Le 19 février 1865*, le Conseil municipal vote la construction d’une fontaine publique sur la Place de l’Apié, alimentée par la source du Castellas. Le 20 juillet, un budget de 6 500 F est voté et le 4 mai 1866*, il est constaté la fin des travaux de la fontaine. La date de 1866 est gravée sur le monument comportant deux vasques.

Photo : Février 1996 (DT 1088).

 

FONTAINE DE LA ROUGUIERE

 

Cette fontaine est située à l’entrée Est du village. Elle fut construite grâce à un don de 10000 frs d’Adrien Guébhard. Le donateur demande que l’on choisisse différentes qualités de marbres prélevés sur le territoire de la commune afin d’en faire connaître la variété des coloris. Elle fut construite en 1900, comme en témoigne l’inscription gravée sur la façade sud de la fontaine. Le 9 juin 1901* le Conseil municipal approuve le projet de poser des chaînes en fer forgé autour de la fontaine pour le prix de 81,80 frs.

Photo : Juin 1999 (DT 1252).

 

FONTAINE DES PRES

 

Elle est située sur l’ancien chemin royal à l’intersection du chemin de Sainte-Luce, au gué du Vallon de la Combe. En 1490*, elle est citée sous le nom du « nauc de Santa Lucia ». En 1655*, est indiqué : « sur le chemin royal y a une fontaine pour abreuver le bestail ». En 1835, la commune répare la Fontaine des Prés et y construit trois bassins dont l’un est destiné à abreuver les bêtes, l’autre à laver le blé, le troisième à laver le linge. En 1899, la fontaine est couverte par un toit. D’autres travaux, par la suite, rétabliront un seul bassin, tel qu’on peut le voir aujourd’hui, peut-être en 1910, d’après la date inscrite sur une pierre.

Photo : Octobre 1995 (DT 1067).

 

Fontaine

 

Font Apié               Rouguière        Font des Prés
La Fontaine Fontaine de l'Apié Fontaine de la Rouguière Fontaine des Prés

 

 FORAINS

 

Le terme forain est issu du latin forus, « à l’extérieur », puis du latin populaire foranus « qui vient de l’extérieur », « étranger ». Le 4 novembre 1604*, une transaction est conclue entre les forains de Grasse et de Magagnosc et la Communauté de Saint-Vallier. Elle fait suite à plusieurs procès entre les deux parties au sujet de la participation des forains au paiement des dettes dues par la Communauté. Finalement, « les dites parties prévoyant estre plongées à plus grand labirinte de procès qu’auparavant,…., ont choisi la voix de paix et accordé de transiger ». La Communauté renonce à ses exigences et reconnaît que les forains « peuvent clorre et repparer leurs claux et terres si bon leur semble, qu’ils peuvent cultiver leurs terres et champs avec leur bestail et iceluy faire despaitre pendant ladite culture sans payer aucune chose, le tout toutefois sans abus ».

L’analyse du cadastre de 1742 effectuée par Myriam VACHER* a révélé que sur 449 propriétaires recensés, 225 étaient résidents de Saint-Vallier et 224 des forains. Les plus nombreux venaient de Cabris (87), de Magagnosc (59) et Grasse (51). On en rencontre 8 de Saint-Cézaire, 6 d'Ecragnolles et 2 de Valbonne.

Aux 16 et 17e siècles, quelques forains s’étaient installés dans les terres « gastes et communes ». La Communauté y retirait l’avantage de recevoir les tailles sur ces nouvelles terres mises en culture. Mais l’afflux des forains au cours du 18e siècle, dû en grande partie au « déguerpissement* » des résidents surchargés d’impôts, provoqua un déséquilibre dans l’organisation du milieu rural. En effet, « les nouveaux colons, plus attachés aux riches cultures de leur propre territoire, ne considèrent leurs possessions de Saint-Vallier qu’à raison de la faculté des herbages qui leur fournit de meilleurs engrais pour leurs oliviers ». Les habitants de Cabris, au nombre de 87 en 1742, mirent à mal l’organisation des terres du Deffens et la détournèrent de sa vocation première. De terres consacrées pour 1/3 à l’agriculture et pour 2/3 à l’élevage, ils les vouèrent uniquement à l’élevage et « répandirent un nombre de bétail très considérable dont les fumiers sont en grande partie exportés ». La Communauté perdait alors tout bénéfice et une rancune tenace survit encore chez les anciens envers les habitants de Cabris.

♠ Mémoire sur la détresse du lieu à l’Assemblée des Etats à Lambesc. Mémoire imprimé, 1778. AC/ADAM AA 5.

  

FORET

 

La forêt, pour une communauté d’habitants, est aussi essentielle que les terres agricoles et les terres de pâtures. Elle est le fournisseur, sans cesse renouvelé, de bois mort pour le chauffage, de glands pour les pourceaux et d’herbe tendre pour les vaches laitières et les chevaux de trait de labour. Soucieux de sa préservation et de son entretien, la Communauté avait régi, de façon stricte, son usage. Le règlement du Deffens avait été institué afin qu’une partie ne soit jamais semé, ni amputé de ses arbres. Mais, malgré ces défenses, les délits sont nombreux et vont contribuer à causer la disparition presque complète de la forêt, délits individuels et collectifs, causés par les habitants ou les forains.

Le 6 novembre 1430*, à l’heure des vêpres, la Cour de justice de Saint-Vallier, mandatée par un membre du chapitre de Grasse, demande qu’une enquête soit conduite contre Monnet Giraud qui « a mis son average de vaches, l’a tenu et fait depaitre de jour et de nuit, l’a fait reposer dans les bois du Deffens dudit castrum, avant que le Deffens ne soit libre et avant le temps permis. Ainsi, il a provoqué de nombreux dommages dans le Deffens ». Interrogé par la Cour, le prévenu reconnaît les faits et que ce n’est pas la première fois, mais qu’il n’est pas le seul à avoir enfreint la loi commune. Des témoins sont cités qui avouent la même infraction, que cela se fait couramment et sans qu’ils aient été soumis à l’inquisition, mais seulement à la peine du ban et à payer un coronat « pour chaque animal gros », que ce soit de jour ou de nuit. La sentence finale donne raison aux habitants et Monnet Giraud n’est condamné qu’à payer selon l’usage établi.

En 1756, un certain Giraud fait l’objet d’une procédure pour avoir fait des défrichements illicites. « Les arrêts du règlement ancien et récent prohibent les défrichements pour prévenir la destruction des bois et les découlements du terrain parce que ces défrichements sont faits en des lieux penchants, les fonds qui ne sont pas soutenus sont emportés par les pluyes et ne peuvent plus être propres ny pour les paturages ny pour porter du bled. Le défrichement fait par Giraud fermier est d’autant plus préjudiciable à la Communauté que non content de cultiver des endroits penchants et rapides sans soutenir le terrain par des murailles, il a détruit les anciennes qui subsistoient en partie, il a derasciné les buissons, les bois et les taillis et ôté les amas de pierres dit clapiers qui auroient pu empecher du moins en partie les découlements du terrain ».

Lors de l’affouagement de 1609*, « la Communauté possède un domaine consistant à un bois ou deffens appelé la Motte duquel elle retire une rente annuelle de 350 livres ». Mais, en 1768, il est constaté « la dévastation considérable faite dans le forêt de la Motte où on ne trouve plus que des bois taillis de très peu de considération, tandis qu’il y avait autrefois immensité de bois de haute futaye ». Huit ans plus tôt, en 1760, une commission est chargée « d’examiner les montagnes afin de savoir si on peut y introduire des chèvres ». Les enquêteurs ne trouvent « aucun arbre et qu’il n’y aucun vestige qu’il en ait eu anciennement, le terrain ne produisant que du thim, romarin, des avaux et petites ronces ».

Les forains furent également un facteur de déforestation. La commune de Grasse avait un besoin pressant et important de bois, que ce soit pour le chauffage, pour les fours à pain, les tuileries et autres usines. Les terres gastes de Saint-Vallier furent continuellement mises à sac. Aussi, le 27 janvier 1827, le conseil municipal constate que « le quartier de Léouvière est dévasté par les propriétaires des fabriques de tuiles de Cabris et les fourniers qui chauffent les cuirs à cuire pain de la ville de Grasse, où ils se permettent de venir constamment couper les buissons et arbustes qui y croissent ». Malgré les gardes, il est impossible d’arrêter « ces gens misérables qui sont à l’aumône et malgré qu’on leur enlève les cordes et les serpes dont ils se servent, ils y viennent le lendemain ». Aussi, le Conseil décidé d’arrenter ce quartier « afin de tirer quelque profit d’un objet entièrement perdu pour la Communauté ».

Enfin, dernier témoignage venant du contrôleur du cadastre en 1817* : « Les bois de Saint-Vallier sont tous essence de chênes blancs. Les arbres y viennent avec la plus grande facilité. Cette Commune pourrait offrir de superbes forêts d’un produit considérable en bois de construction si un intérêt mieux entendu faisait proscrire les chèvres qui les dévastent et si on empêchait les défrichements qui achèvent de détruire les jeunes tiges qui peuvent avoir échappé à la dent meurtrière de ces animaux malfaisants. Une administration plus éclairée ou plus zélée pour le bien public aurait déjà dû les chasser de tous les lieux qui offrent la possibilité d’être reboisés. On ne peut plus voir une plus longue négligence consommer la ruine du département que les déboisements excessifs ont commencée, en apportant dans les saisons tant d’irrégularités et d’intempéries ».

On le voit, les causes de la déforestation sont multiples et la « dévastation considérable » se remarque sur l’ex-voto de 1776 exposé à Sainte-Luce. Toutes les montagnes et collines dominant la plaine de Saint-Vallier sont entièrement dénudées. Les clichés photographiques pris par les archéologues au début de 20e s. présentent le même phénomène. Depuis l’abandon des cultures et de l’élevage, la forêt se reconstitue, mais sans ordonnance. La garrigue l’emporte le plus souvent, essence sèche favorable au feu.

 ♠  THIERY Daniel. « Les Deffens de Saint-Cézaire et de Saint-Vallier ». Communication aux 11è Journées d’études de Mouans-Sartoux, 13 mai 2000.

 

FOURS A PAIN

 

Four à painLes « fours à cuire pain », selon l’expression employée autrefois par les habitants, sont un élément indispensable à l’alimentation. Aussi, leur histoire est riche et mouvementée. Dès le début de la féodalité, les seigneurs les soumirent au droit de banalité, c’est-à-dire qu’ils étaient les seuls à pouvoir posséder des fours et qu’ils astreignaient les habitants à venir cuire leurs pains uniquement dans ce four. Ils passaient un contrat ou arrentement avec un fournier chargé de son fonctionnement. Le rentier réglait chaque année la somme convenue au seigneur et prélevait le droit de fournage auprès des habitants. Treize arrentements sont consignés dans les archives entre 1465 et 1527. Ils révèlent qu’il n’y a qu’un seul four, situé « dans l’enceinte de ce lieu », soit dans le village, à l’emplacement de la Mairie actuelle. Le droit de fournage est de 1 pour 40. Le 10 avril 1527*, le chapitre de Grasse abandonne son droit de banalité à la Communauté qui peut alors gérer elle-même le four à pain. Elle applique les mêmes règles d’arrentement et de droit de fournage.

La communauté construit un deuxième four, à la Placette, dit « four le plus bas », car situé en contrebas du premier. Mais l’entretien coûte cher et les difficultés financières de la Communauté l’obligent à vendre fours et moulins en 1720*. Les nouveaux propriétaires continuent à appliquer les mêmes règles. Les deux fours fonctionneront jusqu’en 1867*, date à laquelle le four de la Mairie est abandonné pour être remplacé par un nouveau construit Place du Tour, à l’emplacement du Syndicat d’Initiative actuel. Le four, d’un diamètre de 3,50 m est en pierres réfractaires de Biot. L’étage supérieur est « affecté pour les voyageurs indigents attardés dans la commune ». A partir de la fin du 19e siècle, d’autres fours seront construits par des particuliers et des boulangeries remplaceront les fours communs.

 ♠THIERY Daniel. « Les fours à cuire pain de Saint-Vallier », Bull. GRHP, n° 13, avril 1998

 ♠MARI Edmond. La dernière fournée. L’Histoire des anciens fours à pain des Alpes-Maritimes. M.O.F., 1991. 

Coupe du four de la Place du Tour dressée le 4 octobre 1867. 

 

FUBIE (La)

 

Le quartier de La Fubie est situé entre ceux de Sainte-Anne et de Baume Obscure. MISTRAL cite un quartier portant le même nom dans les A.H.P. et fait venir le vocable du bas-latin fubia, « faible », « mauvaise terre ». Pourtant, en 1655*, il est cité quatre clots consacrés aux céréales. Le cadastre de 1742* y signale un courtil de 32 cannes, et la carte de 1930 un puits et une construction. Depuis, il ne reste plus qu’une ruine marquée d’aménagements successifs et où l’on peut reconnaître le courtil signalé en 1742. Le puits, par contre, est encore en bon état, citerne couverte avec la poulie pour faire descendre le seau.

 

G

 

GOBY Paul. 1879-1937

 

Sa famille, originaire du Tessin, est venue se fixer à Grasse en 1750. Le grand-père de Paul, Raymond, propriétaire du château de la Malle, l’initie à la recherche scientifique, particulièrement à la géologie. L’étude des fossiles lui donne très vite le goût de la recherche, du classement et de la synthèse. Sa vocation de médecin est contrariée par des impératifs familiaux. Il doit se consacrer à la fabrique familiale de cierges. Cela ne l’empêche pas de continuer ses prospections sur les plateaux de l’arrière-pays grassois. Il y rencontre le Docteur Adrien GUEBHARD* qui dressait la carte géologique de la région. Une amitié se lie entre les deux hommes qui leur permet de publier quelques monographies communes sur les « Enceintes préhistoriques des préalpes de Grasse ». Abandonnant la géologie, il se voue entièrement à la préhistoire et bien que mort jeune, laisse une cinquantaine de publications échelonnées entre 1895 et 1935. Il y traite divers sujets : meules à grains antiques, grottes sépulcrales, dolmens et tumulus, poteries « dolméniques », fouilles au Camp du Bois du Rouret, à la Malle, haches en pierre polie, monnaies romaines, etc… Il laisse également quantité d’albums de photographies, de plans et cartes sur les monuments de la région. Enfin, il tente une première synthèse, en 1906, sur « le Préhistorique de l’arrondissement de Grasse » et en prépare une autre, plus vaste qu’il n’aura pas le loisir d’achever.

♠ BODARD Pierre. « Les Pionniers de la Préhistoire en pays Grassois », Soc. Sc. Lett. Cannes et Grasse, t. XXII, p. 104-112. 

 

GRAND PRE

 

Grand PréAvant la Révolution, il était nommé sous le nom de quartier des Ferrages, mot du bas latin ferragium, signifiant « pâture verte », du latin ferrago, « mélange de divers grains qu’on laisse croître en herbe pour nourrir les bestiaux ». Il appartenait en grande partie au chapitre de Grasse, seigneur de Saint-Vallier. A la Révolution il fut vendu comme bien national et acquis, le 3 mars 1791*, pour la somme de 20 830 livres, par Jacques ISNARD, fils de Maximin ISNARD, le conventionnel. Le 11 mars* de la même année, Jacques ISNARD « cède à l’habitation de St Vallier la faculté et le droit de fouler à l’avenir et à perpétuité leurs gerbes au Grand Pré dudit lieu ». Progressivement, les autres parcelles furent achetées par la commune pour former le Grand Pré actuel, lieu de rassemblement et de festivités depuis que l’agriculture fut abandonnée au profit du tourisme.

Photo : Février 1996 (DT 1084).

 

GRANGE DE JOURDAN

 

Ce quartier est situé au Sud du village, le long de la route de Saint-Cézaire. D’abord prénom, Jourdan est devenu un nom de famille. Il tire son origine du fleuve de Palestine Le Jourdain. A partir des croisades, on rapportait l’eau de ce fleuve où Jean-Baptiste avait baptisé le Christ pour baptiser les enfants. Le terme grange est tiré du latin granum, « grain ». Les granges étaient destinées « à conserver les foins et les pailles, ainsi que les bestiaux qui servent au labourage et à l’engrais des terres ». En 1655*, il en est cité 12, dont 8 dans le Vallon de Nans. Le terme disparaît par la suite (2 granges en 1817*) pour être remplacé par le terme bastide. Seuls, subsistent les anciennes dénominations : Grange de Caillon, Grange de Capellan, Grange de Jourdan, Grange de Merle, Grange de Tourré, Grange de Vanaire.

 

GROTTE LOMBARD

 

Grotte LombardQuand Casimir BOTTIN découvrit cette grotte en 1883, ou plutôt cette baume ou abri sous roche, elle avait été aménagée en bergerie. D’une largeur de 17 m pour une profondeur de 5 à 6 m, elle contenait quantité d’ossements d’animaux, de silex taillés et de poteries. Une partie du matériel récupéré en 1970 fut entreposé au Musée de Grasse. Jean COURTIN examinant le matériel reconnut un site important pour la connaissance du Mésolithique et du Néolithique ancien de la Provence. Des fouilles furent menées par Didier BINDER de 1980 à 1984. Elles permirent de découvrir deux occupations successives. La première, que l’on peut dater approximativement vers – 6 000 ans, a révélé « des foyers mésolithiques aménagés dans les dépressions de l’argile rouge, avec un outillage sauveterroïde évoquant le Montclusien ». La deuxième couche fit apparaître un Néolithique ancien évolué ou épicardial, avec des céramiques décorées à la coquille de cardium, des outils en silex et en os. La faune comprenait des espèces domestiques (bovins et ovicapridés)), ainsi qu’une grande abondance d’espèces chassées, dont principalement un cerf de grande taille et le blaireau. Cette deuxième occupation « se situe entre 5 000 et 5 230 av. JC ». La Grotte Lombard est l’un des rares sites des A.-M. à présenter la succession stratigraphique des derniers chasseurs de la Préhistoire devenant par la suite éleveurs de bétail. Cette grotte a servi d’abri temporaire comme station de chasse, réutilisée dès que la faune s’était reconstituée.

Photo : Juin 1999 (DT 1261)

 ♠BINDER Didier. Une économie de chasse au Néolithique ancien, la Grotte Lombard à Saint-Vallier-de-Thiey. Monographie du CRA/CNRS, Sophia-Antipolis, 1991, 243 pages.

 

GUEBHARD Adrien (Docteur). 1849-1924

 

GuébhardAdrien Guébhard est né à Avignon le 6 janvier 1849, de parents originaires de la vieille bourgeoisie neuchâteloise. Jusqu’en 1865, la famille Guébhard avec ses deux enfants s’installe à Nice. Afin de perfectionner leurs études, les parents décident de se fixer à Paris et de les inscrire au Lycée Charlemagne. Adrien est reçu bachelier ès letrres en 1866 et bachelier ès sciences l’année suivante. Vient ensuite l’université de Zurich avec une licence ès sciences physiques en 1875, puis retour à Paris pour le doctorat en médecine en 1878 et l’agrégation de physique en 1883. Il épouse une femme remarquable SEVERINE*, à la fois femme de lettres et journaliste de renom.

Il passe par hasard quelques semaines de vacances à Saint-Vallier. Il est immédiatement attiré par le contexte géologique particulièrement complexe de la région. Passionné par le sujet, il s’installe à Saint-Vallier pour 30 ans. Il explore toutes les Préalpes Maritimes, en dresse minutieusement la carte géologique, relève également les sites préhistoriques et publie une quantité impressionnante d’articles, notes, monographies, communications, dont 165 d’ordre géologique et 40 sur la préhistoire. Il meurt à Pierrefonds le 28 mai 1924. Son fils et Séverine le suivront 5 ans plus tard.

Le 25 juin 1917*, le conseil municipal attribue le nom de Rue Adrien Guébhard à la rue entre la place de la Rouguière et la place de l’Apié. Une plaque commémorative, scellée sur la façade de la maison où il vécut à Saint-Vallier, rappelle sa mémoire. Elle fut posée le 18 mai 1963 lors d’une réunion géologique.

Photo Mai 1998 DT 1175.

♠BODARD Pierre. « Les Pionniers de la Préhistoire en pays Grassois », Soc. Sc. Lett. Cannes et Grasse, t. XXII, p. 104-112.

Voir article Séverine

 

H

 

HISTORIENS DE SAINT-VALLIER

 

C’est vers la fin du 19e siècle et le début du 20e siècle que furent mis en valeur les domaines archéologiques et historiques de la commune de Saint-Vallier. On le doit à quatre personnages principaux qui faisaient partie de cette pléiade de chercheurs dont cette période peut s’enorgueillir. Partout, en Europe, un grand mouvement vers les sciences suscitait de multiples vocations et voyait la création de nombreuses « sociétés savantes », rassemblant en leur sein savants et érudits locaux. Dans l’arrondissement de Cannes-Grasse, quatre sociétés voient ainsi le jour. La consultation de leurs « annales » apporte encore aujourd’hui une manne considérable de renseignements. A Saint-Vallier, quatre chercheurs se sont illustrés par leurs travaux : Paul SENEQUIER, Casimir BOTTIN, Paul GOBY, Adrien GUEBHARD. Nous pouvons être surpris par la rapidité de leurs interventions archéologiques, en particulier Casimir BOTTIN qui fouillait ou plutôt « vidait » un dolmen ou un tumulus en une journée. On n’avait pas peur non plus de faire parler la poudre pour dégager les dalles encombrantes des dolmens obstruant la chambre. Ces pratiques paraissent impensables aujourd’hui, mais l’archéologie d’alors n’en était qu’à ses balbutiements et les techniques étaient plus que succinctes. On recherchait avant tout le bel objet sans trop s’occuper de stratigraphie ni d’autres techniques, alors inconnues. Malgré tout, leurs observations ne manquent pas d’intérêt et c’est grâce à leurs relations que nous possédons des renseignements sur des monuments détruits depuis ou en mauvais état. C’est grâce à eux que commença la science préhistorique et qu’ils la mirent sur une voie que leurs successeurs élargirent. Aussi nous serait-il délicat de leur adresser quelques reproches que ce soient.

Dans le domaine historique, on doit à Paul SENEQUIER une « Monographie de Saint-Vallier-de-Thiey », parue à Grasse en 1890. Cet ouvrage servira de bases de données historiques à Alain FLAYAC en 1977 pour son « Saint-Vallier et ses environs », ainsi que pour deux étudiantes, Myriam VACHER et Evelyne MIGLIORE.

 

HOTEL DE VILLE

 

En 1817*, le cadastre place la « Maison commune » à la « Grande Rue », soit l’actuelle rue Adrien Guébhard, contiguë au presbytère. La Mairie actuelle était alors, à cette date, occupée par le four communal et la boucherie, tous deux communaux. En 1847, après la démolition de la boucherie, adossée sur la façade ouest, pour l’élargissement de la route, le bâtiment menace de s’effondrer. Le 27 février 1849*, le plan de reconstruction du bâtiment est approuvé par le Préfet et il est stipulé que le four ne sera pas démoli, que l’on conservera l’ancienne porte en pierre de taille et que les croisées des fenêtres seront réutilisées. Le mortier sera composé de 1/3 de bonne chaux et de 2/3 de sable pris dans la commune. Le carrelage intérieur sera fait en briques de Salernes. Le 19 juin l’ingénieur dresse le rapport de vérification des travaux.

Le 19 janvier 1861, il est établi un devis pour l’aménagement de la Salle de Justice de Paix et du Prétoire, avec cloisons, cabinet des archives et vestiaire. Les travaux sont payés par la sous-préfecture et exécutés par Paul Mellon, menuisier de Saint-Vallier. Le 21 juillet, les travaux sont terminés.

 

J

JAS

 

Le provençal jas, « gîte », « lieu où l’on couche », « couchette », « bercail », « bergerie » est issu du latin jacere, « être couché » et désigne une bergerie. Le cadastre de 1742* en dénombre 63 et en 1817 le terme est employé en équivalence avec celui de « bergerie » et en recense respectivement 35 et 47. Couverts d’une toiture, ils sont souvent accompagnés d’un courtil non couvert.

  • ♠ THIERY Daniel. « Le milieu rural à Saint-Vallier », Bull. GRHP, n° 17, avril 2000.

 

JAS DE FERRAND

 

Ce jas, signalé « ruines » sur les cartes modernes, est situé à l’aplomb de la RN 85, 700 m après avoir longé le Relais du Petit Saint-Jean, en venant de Grasse. Il fut construit en 1858*, Marius Ferran ayant demandé à la Mairie « la cession d’un terrain au quartier de Léouvière pour y construire une bergerie et un parc pour y héberger son troupeau ». L’autorisation lui est accordée le 8 mai. 

 

L

 

LARGADOU

LargadouQuartier et carraire situés au Sud du village. Le provençal larga offre le sens général de « lâcher », « larguer », du latin largus, « qui donne largement ». Ici, comme le confirme un texte du 12 mai 1878*, le Largadou est « le lieu de ralliement des bêtes de somme et des chèvres qui, sous la conduite d’un garde et du pâtre communal, vont paître dans le Deffens ». Le vocable apparaît avec le cadastre de 1657*. Une croix en fer, dite Croix du Largadou, signale l’endroit où se rassemblaient les troupeaux, ainsi qu’un abreuvoir devenu inutile.

Photo : Janvier 2000 (DT 1306)

 

 

LAUTERON

 

Ce quartier situé au Sud du Col du Pilon est dominé par une colline qui lui a sans doute donné son nom, Lauteron pouvant être une variante de l’Auturon, avec agglutination de l’article, le provençal auturo signifiant « hauteur, « éminence ». Dans les notes manuscrites de Casimir BOTTIN conservées au Musée de Grasse, il est mentionné la découverte en 1878 d’un abri sous roche, « sur le chemin de Cabris », dit Grotte Lauteron.. Il y découvrit des ossements humains, des silex, une pointe biface en silex et des tessons de poteries. N’ayant pas été publié par BOTTIN et mal localisé, le site avait été perdu. Des prospections en 1990 dans le quartier de Fougassour nous permirent de le retrouver incidemment et le plan succinct de BOTTIN correspondait tout à fait à la réalité. Une petite baume est aménagée par une terrasse soutenue par de gros blocs afin d’élargir la plate-forme. D’après les dessins des objets par Bottin, on peut proposer une occupation durant le Chalcolithique. Une fiche de redécouverte fut envoyée à la DRAC d’Aix-en-Provence pour signaler la position exacte de ce site.

 ♠ GASSIN Bernard, Atlas préhistorique du. Midi méditerranéen. CNRS, Paris, 1986. n° 59, p. 75.

 

LOUBRIC

 

Ce quartier est situé à la sortie du village, au Nord. D’abord dit le Brec en 1657* et 1742*, il devient Loubric à partir de 1817*, brec, brenc, bric, signifiant en provençal « sommet escarpé », « aiguille de roche », toponyme évoquant la pierre et la hauteur. En 1835, GARCIN* signale que : « on a découvert, il y a une douzaine d’années, à un quart de lieu du village, sur une éminence appelée le Brec, des restes de bâtisses, un conduit en terre cuite qui y amenait les eaux du Castelas et des monnaies en cuivre et en argent, du temps de Jules César. C’était sans doute une villa ». SENEQUIER*, en 1891 ajoute : « dans le quartier du Brec, j’ai trouvé quelques traces de constructions avec des débris de tegulae et d’imbrices »

 

M

MALLE (La)

 

Une partie du territoire de la Malle fut rattachée à la Commune de Saint-Vallier en 1810*. Sa limite Est est formée par le Chemin du Clapier de la Femme Morte. D’abord propriété d’une famille noble de Grasse, les Agantena, aux 12 et 13e siècles, le domaine revient, après plusieurs propriétaires issus de familles nobles, à la ville de Grasse au 16e siècle.

Entre 1000 et 1100 mètres, entourée de montagnes arides, cette vaste plaine se présente comme une oasis, irriguée par plusieurs sources abondantes. La fontaine de la Malle (fontem de Amalla) est déjà citée en 1222 sera l’objet de plusieurs procès au sujet de sa propriété et de son utilisation.

 ♠ THIERY Daniel. « Les Agantenes, une nouvelle approche vers Aiguitna », Mém. IPAAM, T XXXVIII, 1996, p. 81-92.

 

MALLE GRAU

 

Le toponyme indique une « montagne couverte de pierres », la racine -mal signifiant « montagne » et le provençal graou, corruption de crau, « lieu couvert de pierres ». Ce vocable descriptif est tout à fait conforme au terrain, pente abrupte couverte de pierres, située au sud de l’ancienne route Napoléon, à la hauteur de la Croix de Siagne, donnant sur la vallon de la Combe et Ponadieu. La description de 1655* confirme encore cette réalité : « quartier agrégé de grandes roches et pierres, regardan le midy, n’y aian aucune eau pour abreuver le bestail ». BOTTIN, en 1885*, y découvre et fouille une tombe formée de gros blocs, fermée par une dalle côté Nord avec un couloir ouvrant vers l’Est. Il y découvrit un squelette, quelques tessons, deux silex, quatre incisives de bœuf et des os brûlés. Le style de cette tombe la classe dans les tombes en blocs que l’on date du chalcolithique.

 ♠ GASSIN Bernard, APMM. CNRS, Paris, 1986. n° 33, p. 43-44.

 

MIEL

 

ApiéUn seul texte d’archives signale cette ressource indispensable à l’alimentation par son apport en sucre et ses qualités énergétiques. Elle est attestée en 1609* dans le contredit du consul : « Ensemble du miel et de la cire qu’ils tirent des ruches à miel, desquels ils font grand état, et y ont peu de despence ». Il y a de forte chance pour que la production communautaire de miel et de cire ait été effectuée à l’Apié du Rousset. Le toponyme est attesté comme nom de quartier dès 1655* ce qui indique que l’apié a donné son nom au quartier. Le terme provençal apié, apiè, apiéi dérive du latin apiarium, « rucher », « lieu où sont les ruches ». Cet apié est encore cité par le cadastre de 1817*, mais comme « masure », abandonné, appartenant à la Commune. Sa contenance est estimée à 420 m². Il est situé à l’Ouest de la Commune à l’endroit où le Vallon de la Combe bifurque au Sud pour se jeter ensuite dans la Siagne. Le 17 mars 1996, 13 membres du GRHP sont venus débroussailler l’intérieur de l’apié encore en bon état et en faire le relevé. La structure permettait d’aligner sur deux rangées une centaine de ruches, ce qui est considérable et devait permettre une bonne production comme attestée en 1609. Nous ignorons à quelle date il fut édifié et quand il cessa d’être en activité.

Un autre apié est signalé par le cadastre de 1657* au quartier de Camp Arnoux et nous avons eu la chance de le retrouver au hasard de prospections dans ce quartier. Envahi par la végétation, il se présente sous la forme d’un quadrilatère de 10,30 sur 4,80, mesures intérieures. Les murs sont construits en pierre sèche et une porte s’ouvre à l’Est. Au centre de la pièce, un muret soutient encore quelques lauses sur lesquelles étaient posées les ruches. Cet apié mériterait d’être restauré ou au moins dégagé des lierres et arbustes.

Enfin, on ne peut passer sous silence la Place de l’Apié, dans le village, qui selon SENEQUIER (1890*) « a le singulier privilège d’attirer des insectes ; on y voit quelques vieilles maisons dont les façades sont percées de trous destinés à recevoir les essaims voyageurs qui s’y succèdent presque sans interruption » ».

Photo Apier du Rousset, Mars 1997 (DT 1101).

♠ MASETTI Nino, PETRUCCI Jean, THIERY Daniel. « L’apié de Siagne à Saint-Vallier-de-Thiey ». Bul. GRHP, n° 7, juillet 1996, p. 7-14.

♠THIERY Daniel. « L’apié de Camp Arnoux ». Bul. GRHP, n° 19, avril 2001, p. 10-12.

 

MIGLIORE Evelyne

 

Native de Saint-Vallier, Evelyne MIGLIORE, présente en octobre 1980 un Mémoire pour l’obtention du D.E.A. d’Histoire des Institutions (Université de Nice). Le sujet : la population de Saint-Vallier-de-Thiey de 1702 à 1750. Dans l’introduction, elle retrace dans ses grandes lignes l’histoire de la paroisse et l’état général des registres paroissiaux.  Vient ensuite l’analyse issue du dépouillement des registres, les baptêmes, mariages et décès.

 

MONUMENT AUX MORTS

 

Mon MortsLe 27 novembre 1921*, le Conseil municipal décide d’« édifier le Monument aux Morts à Sainte Brigitte, devant la façade principale de la chapelle actuellement en ruines et qui serait restaurée et transformée en tombeau destiné à recevoir les restes des 11 soldats ramenés du Front, se conformant au désir exprimé par les Familles et réunissant ainsi le tombeau et le Monument, pour avoir un Monument unique et donner, en conséquence, un caractère plus important au témoignage d’admiration et de reconnaissance de la Commune envers ses morts glorieux ». Le 29 novembre, le Conseil municipal décrète « une souscription pour contribuer à l’érection du Monument à la Mémoire des 19 enfants de Saint-Vallier, morts pour la défense de la Patrie ». Le 15 février 1922, la souscription atteint 6 507 francs 60. Le devis des travaux s’élève à 8 100 francs et le tombeau sera élevé « en pierre de la Sarrée ». Le 9 août 1922, le Préfet approuve le projet et l’inauguration a lieu le 26 août 1924*, à 16 heures. 

Photo Février 1996 (DT 1085).

 

MOULINS A BLE

 

Une première précision s’impose d’abord quand on parle de moulins à Saint-Vallier, il ne peut s’agir que de moulins à céréales, le territoire n’ayant jamais pu élever l’olivier à cette altitude, sinon en très petite quantité. Jusqu’au milieu du 19e siècle, il n’y eut qu’un seul moulin sur la commune, situé sur la Siagne, dans le terroir de la Motte, à 5 km du village, une « bonne lieue » selon les mesures anciennes. Le régime féodal avait donné la possession des moulins aux seigneurs, selon le principe de la banalité.

Le chapitre de Grasse, seigneur de Saint-Vallier, construit un moulin à blé et le confie, par contrat, à un rentier ou fermier, pour le faire fonctionner. Le rentier verse chaque année la somme convenue au propriétaire et récupère sa mise auprès des habitants et tente de réaliser des bénéfices. Les habitants, tenus de venir moudre leurs grains uniquement dans ce moulin et pas ailleurs, laissent au meunier 1 mesure sur 32 de farine.

Telles étaient les conventions passées entre le seigneur, le meunier et les habitants. Lors de l’hommage prêté au chapitre en 1456 pour devenir habitants de Saint-Vallier, Antoine Moutton et les frères Alban, de Grasse, prennent, entre autres engagements, celui « de moudre leurs blés au moulin dudit chapitre »

A partir du 16e s., les habitants contestent cette banalité, estimant qu’ils ont le droit de construire eux aussi des moulins. Suite à de nombreux procès, le chapitre, en 1527*, abandonne son moulin à la Communauté. Celle-ci, devenue propriétaire, reprend les mêmes principes de gestion et augmente même le taux du droit de mouture qui passe à 1 mesure sur 20. Les habitants se plaignent et l’on revient à l’ancien taux. La Communauté constate que « l’entretien du moulin lui coûte beaucoup », car elle doit entretenir les engins, régler les différends et veiller au respect de la banalité.

Criblée de dettes, n’arrivant plus à entretenir le moulin correctement, la Communauté décide, en 1722, de le vendre, ainsi que les fours à pain, à des particuliers. Les nouveaux propriétaires, ayant également acheté le droit de banalité, reprennent le même système d’arrentement et de droit de mouture. Ce système perdurera jusqu’à la Révolution qui supprimera la banalité. Désormais, quiconque peut construire un moulin et la libre concurrence s’installe.

♠ ORSATELLI Jean, Les Moulins, Laffitte, Marseille,1987.

 

MOULIN DE LA MOTTE

 

Le moulin de la Motte, dit de Saint-Jean au 19e s., apparaît la première fois en 1389, année où l’administrateur du chapitre, Honoré Rocas, perçoit 8 sétiers de farine, soit environ 320 litres. On assiste ensuite à plusieurs arrentements (ou locations) conclus entre le chapitre et des rentiers. Les contrats ont une durée en général de trois ans et l’économe du chapitre choisit toujours des rentiers étrangers à la commune, ceci afin de prévenir certaines préférences et des abus inévitables. Ainsi, en 1447, le contrat est conclu avec Guillaume Grassi de Saint-Cézaire, en 1450 avec Antoine Jaromini de Grasse, en 1505 avec Gugoni de Callian et en 1510 avec François Emeric de Tourrettes. Le meunier ou « fermier » devait entretenir la maison, réparer les murs et le toit à ses frais, ainsi que la béalière. Le chapitre devait par contre procurer les tuiles et la chaux, de même qu’il devait fournir les éléments du « rodet », ainsi que tous les « ferrements » nécessaires. Le meunier réglait par an une certaine somme d’argent au chapitre, 35 florins en 1505 et 1510, et devait moudre gratuitement les grains du seigneur. Les habitants, obligés de venir moudre leurs grains dans le moulin, devaient laisser au meunier 1 mesure de farine sur 32.

En 1527*, la Communauté devient propriétaire du moulin et le gère de la même manière. Au début du 17e s., elle y opère quelques transformations en y construisant un paroir à draps ou foulon, ainsi qu’une deuxième meule. Mais l’entretien lui coûte cher et en 1722 elle cède le tout à des particuliers avec, y compris, le droit de banalité. Moulin et paroir sont alors gérés par des particuliers. Le moulin de la Motte fonctionnera jusqu’en 1907, date à laquelle il sera cédé à la Compagne d’Energie Electrique du Littoral, non pas pour le faire fonctionner, mais pour acquérir les parcelles situées aux abords de la Siagne. A ce jour, il appartient à l’EDF. Ce moulin a donc « tourné » pendant quelques 600 ans, mais depuis une centaine d’années est resté à l’abandon. Son état de délabrement a poussé le GRHP à le débroussailler en 1994-1995, puis le Conseil Général l’a fait dégager entièrement.

♠ PETRUCCI Jean, THIERY Daniel. « Molendinum de Motta. Premier aperçu sur le dégagement du moulin de Saint-Jean à Saint-Vallier-de-Thiey », Bul. GRHP, n° 1, octobre 1994.

♠ THIERY Daniel. « Le fief noble de la Motte, le moulin de Saint-Jean à Saint-Vallier-de-Thiey. Bul. GRHP, n° 6, avril 1996, p. 3-19.

♠ LUZI Johanna. « Récit : notre moulin ». Bul. GRHP, n° 16, octobre 1999, p. 56-52. 

 

MOULIN DE LA MOUTTE

 

En 1852-1853*, Claude ROBERT d’Escragnolles fait demande à la Commune pour la construction d’un moulin à farine et d’un foulon sur la Siagne, rive gauche. Situé au quartier de Pra Feraou, il prit la dénomination de Moulin de Malaplate, du nom d’un de ses propriétaires. Il a été transformé en maison particulière. Monsieur Emile FELIX nous a signalé avoir vu quelques-unes des cuillères en bois encore en place.

 

MOULIN FABREGUETTE

 

En 1843*, la Commune fait cession d’une portion de terrain et des eaux de la Fontaine des Prés* au sieur Fabreguette, pour la construction d’un moulin à farine. L’enquête sur ce moulin est encore à effectuer et nous manquons de précisions sur son installation, son fonctionnement et sa durée de vie.

 

N

 

NANS

 

Le quartier et le Vallon de Nans sont situés au Nord de la commune, séparés de la plaine de Saint-Vallier par le Pas de la Faye. Le vocable provient d’un mot gaulois nantu, signifiant « vallée », l’un des rares toponymes issu de cette langue à Saint-Vallier. Son exposition en adret sur le versant Sud de la montagne de Thiey et les eaux du vallon, ont permis une intense activité agricole, manifestée par les nombreuses terrasses de culture qui s’étagent sur le versant entre 800 et 1000 mètres d’altitude. En 1655*, il est signalé de nombreux clots, entourés de muraille de pierre sèche, où l’on cultive le blé, ainsi que quelques granges. Le cadastre de 1817* y dénombre 4 bastides dont l’une est habitée toute l’année par la famille CHAUVIER qui possède de nombreuses terres dans le quartier. En 1835, GARCIN* signale « qu’avant la révolution, un armurier » exploita une mine de lignite ayant « fourni une houille d’un aspect heureux et facile à rompre en fragments rhomboïdaux ».

 

O

 

ORATOIRE DE SAINTE-ANNE

 

Oratoire S. AnneA l’Ouest du village, sur le chemin de Sainte-Anne, l’oratoire est élevé à un petit col. Pilier en pierres maçonnées (0,96 m x 0,56 m), la niche contient une statuette en plâtre peint représentant sainte Anne, assise, tenant dans ses mains un livre ouvert et, à côté d’elle, Marie enfant. Le fond de la niche est couvert par un tableau peint sur un panneau en bois représentant sainte Anne habillée d’une robe bleue avec cape et capuche de couleur noire. Elle tient un livre ouvert et le montre à Marie, vêtue d’une longue robe blanche. Le fond du tableau représente des collines, le ciel bleu et un olivier à droite. Cet oratoire peut dater du milieu du 18e siècle où est cité le quartier de Sainte-Anne. Il est attesté en 1817*, par le cadastre, sous le nom de « Pilon de sainte Anne ». En 1841, il est dépensé 8 francs « pour la réparation du santon de Ste Anne ».

Photo Juin 1998 (DT 1183)

♠VIAL-MAZEL Geneviève. Les Oratoires des Alpes-sur-la-Mer . Ed. des Amis des Oratoires, Aix, 1962.

 

ORATOIRE DE SAINTE-LUCE

 

Il est situé en contrebas de la chapelle Sainte-Luce, au bord Nord de l’ancienne route Napoléon. Encastré dans une terrasse, le pilier (2,50 x 1,05) est construit en pierres jointoyées au mortier. Une niche, fermée par deux grillages, contient une statuette en plâtre peint représentant sainte Luce (Lucie) tenant une lampe à huile allumée. Le pilier est surmonté d’un petit massif de pierres où est gravée la date de 1826 et dans lequel est plantée une croix en fer forgé. La date correspond à une réfection de l’oratoire, les comptes de la confrérie de Sainte-Luce mentionnant le 5 juin 1827 : « donné au sieur Lombard Blaise maçon, pour la réparation d’un oratoire placé devant la chapelle Ste Luce, 4 FF » et le 18 juin : « donné à Joseph Niel pour quatre charges de sable et pour trois de chaux employées à l’oratoire de Ste Luce, 1 FF ».

En 1962, VIAL-MAZEL signale que la niche présentait une statuette de sainte Thérèse placée par l’abbé Voisin en 1952. Dès le départ du curé, les paroissiens remirent la statuette de sainte Luce.

 ♠ VIAL-MAZEL Geneviève. Les Oratoires des Alpes-sur-la-Mer . Ed. des Amis des Oratoires, Aix, 1962.

 

ORATOIRE NOTRE-DAME

 

Au carrefour des routes de Cabris et de la RN 85, il fut édifié en 1951 pour commémorer le Jubilé de 1950. Le premier jubilé fut instauré par le pape Boniface VIII en 1300. Une période de cent ans fut d’abord proposée entre deux jubilés, puis 50 ans en 1349, enfin 25 ans en 1475. Le jubilé ou « année sainte » est d’abord célébré à Rome et les pèlerins se rendant dans la ville sainte y obtiennent une indulgence plénière. Il s’étend l’année suivante au reste de l’église. Le dernier jubilé ayant eu lieu en 1950, il est donc naturel que l’oratoire ait été élevé en 1951. Pilier en pierres maçonnées (2,50 m x 0,90 m), il contient une niche où est exposée une statue de la Vierge miraculeuse en céramique italienne. Sur l’appui de la niche est gravée l’inscription JUBILE 1951 et sur la grille en fer forgé, AVE MARIA.

♠ VIAL-MAZEL Geneviève. Les Oratoires des Alpes-sur-la-Mer. Ed. des Amis des Oratoires, Aix, 1962.

 

P

 

PARC

 

Mot français, « endroit où l’on parque les animaux », du bas-latin parricus, formé sur un mot pré-latin *parra, « perche ». Le terme a été introduit par les géomètres du cadastre napoléonien de 1817* pour désigner les courtils*.

♠ THIERY Daniel. « Le milieu rural à Saint-Vallier », Bull. GRHP, n° 17, avril 2000.

 

PARRA (La)

 

Quartier situé au Sud du village. Le vocable a varié au fil des siècles : Las Parrano en 1475*, La Parrau en 1657*, La Parrat en 1742*, pour se fixer à partir de 1817* en Parra. La forme la plus ancienne pourrait laisser envisager la signification de « mauvaise terre, « terre de peu de valeur », du provençal parrano, parano. Les formes postérieures donnent une indication contraire : « terre patrimoniale », « petit jardin », « terre de première valeur », provençal paran, parra, parro. Ces dernières définitions correspondent tout à fait à la réalité de ce quartier où sont signalés, en 1817*, plusieurs jardins potagers.

En 1885*, BOTTIN découvre une tombe mégalithique contenant des ossements humains représentant quelques quarante individus accompagnés d’éléments de parure et d’objets en cuivre et en bronze. La tombe, qui devait se présenter sous la forme d’un dolmen sous tumulus, fut détruite en 1970 pour y établir une piscine. Les nombreux éléments mobiliers recueillis indiquent des utilisations successives, allant du Chalcolithique, passant par le campaniforme jusqu’au bonze ancien et bronze final.

♠ GASSIN Bernard. APMM. CNRS, Paris, 1986. N° 53, p. 68-69.

 

PAS DE LA FAYE

 

Depuis le milieu du 19e siècle, la route Napoléon passe à ce « pas », signalant autrefois un « passage étroit », entouré d’une forêt de hêtres, le provençal faio signalant une hêtraie (latin fagea). En 1882, Casimir BOTTIN* découvre au milieu des rochers du Pas de la Faye une station préhistorique où il recueille des silex taillés et des fragments de poteries. L’occupation première semble remonter au Néolithique, puis suivie par d’autres à l’Age du Fer et au Moyen-Age. Une croix en fer, dite Croix du Pas de la Faye, signale le col.

  •  ♠ GASSIN Bernard. APMM. CNRS, Paris, 1986, n° 51, p. 53.

 

PASSAGES (Les)

 

Le terme « passages » indique une carraire ou chemin de transhumance. Celle-ci part du Col du Pilon et aboutit à la route de Saint-Cézaire au Sud de Castel Assout. A 85 m au Sud-Est de la route de Saint-Cézaire, BOTTIN, en 1880*, découvre et fouille un tumulus qu’il nomme « tumulus des Passages ». Il s’agissait d’un tertre de 0,75 m de haut et d’une circonférence de 20 m, qui contenait six squelettes accompagnés de deux vases en poterie et d’une lame en silex. Cette tombe collective est attribuée au Chalcolithique récent.

♠ GASSIN Bernard. APMM. CNRS, Paris, 1986. n° 52, p. 65-66.

 

PECHE

 

Les rivières et cours d’eau étaient soumis, comme la terre, au régime féodal et appartenaient de droit aux seigneurs. Ceux-ci affermaient ou arrentaient ce droit. Une ordonnance du 15 décembre 1776* « pour la défense pour la pesche de la riviere de Siagne », stipule qu’il est interdit de pêcher « de quelque manière et avec quelques engins que ce soyent, de détourner le fil de l’eau, d’y jeter des ameçons et des drogues empoisonnées ». L’ordonnance est lue, publiée et affichée « par tous les coins et carrefours de ce lieu et autres lieux accoutumés durant trois dimanches consécutifs pour que personne n’en prétende cause d’ignorance ». Avec la Révolution, le droit de pêche revient à la Commune et le 22 pluviose An XII, le Conseil municipal décide « d’arrenter par la voye des enchères le droit de pêche dans la rivière de Siagne ».

 

PEIRACHIER

 

Cette appellation est citée la première fois pas BOTTIN qui découvre au quartier du Claux de Fabre un tumulus qu’il nomme « tumulus de Peirachier », du nom d’un lieu-dit. Il décrit la tombe en 1899*, sous la forme d’un tumulus de 5 m de diamètre où il a pu recueillir, malgré une destruction partielle, des dents et restes osseux, des éclats de silex et un anneau en bronze. On attribue cette sépulture à l’Age du bronze.

♠ GASSIN Bernard. APMM. CNRS, Paris, 1986. n° 51, p. 65.

 

 

RelaisPETIT SAINT-JEAN (Relais)

Cet ancien relais hippomobile est situé sur la RN 85, en venant de Grasse, une fois franchi le Vallon de la Combe. Entre Grasse et le Vallon de Nans, la route Napoléon fut construite entre 1832-1855. Le 16 février 1859*, le conseil municipal accorde à Pierre ARNAUD la permission « d’acquérir une parcelle de terre au Petit Saint-Jean pour y construire une maison qui rendrait un grand service aux voyageurs à ce qu’il pourraient y trouver du secours dans une route où on ne trouve même pas de l’eau pour se rafraîchir ». Le 2 novembre 1873*, le conseil municipal accorde au sieur MONTEGUES de Mougins une cession de terrain « pour y construire un four à chaux hydraulique ». Le sieur Montéguès « met également sous les yeux du Conseil le plan du terrain à concéder et des constructions attenantes ou soit la maison d’habitation et deux hangars. Le dernier est spécialement destiné aux voyageurs surpris par le mauvais temps ».

Photo Octobre 1999 (DT 1283).

Voir article, Route Napoléon

 

PETIT SAINT-JEAN (Tumulus et Oratoire)

 

Cet autre quartier portant la même dénomination est situé à l’emplacement du quartier signalé par les cartes actuelles de Colle Quenouille. Le tracé de l’ancienne route Grasse/Castellane passait par là avant 1736, quand fut construit le Pont de Siagne ou de Saint-Jean. Le quartier occupe un petit plateau sur lequel a été découvert le tumulus de la Colle ou du « Petit Saint-Jean ». Mais se dressait également à cet endroit un oratoire dit « oratoire du Petit Saint-Jean », signalé le 2 mars 1864*. On peut mettre cette appellation en relation avec la chapelle Saint-Jean située en contrebas et que l’on voit depuis le bord du plateau. Cet oratoire était érigé sur l’ancienne route royale et permettait de se reposer après avoir gravi une pente accentuée. L’on pouvait admirer la profonde échancrure de la Vallée de la Siagne avant de redescendre pour la traverser à sa source. Il semble que cet oratoire ait disparu car nous n’en avons pas retrouvé la moindre trace.

Voir articles Colle. Route Napoléon

 

 

 

PIERRE DRUIDIQUE

 

Cette pierre a excité l’imaginaire de tous les visiteurs et constitue encore aujourd’hui l’une des curiosités naturelles les plus visitées de Saint-Vallier avec Ponadieu. Elle figure en photo sur les dépliants touristiques et les cartes postales. Il s’agit d’une pierre de 2,50 à 3,50 de côtés, épaisse de 0,20 à 1,35 m reposant sur un pilier de 3 m de hauteur, sa largeur variant entre 0,85 et 2,00 m. Ces mesures sont fournies par SENEQUIER qui, en 1882*, consacre trois pages à sa description et à son origine. Il reconnaît que « les habitants de Saint-Vallier ne voient là qu’un rocher naturel » qu’ils appellent Caïsso brunado. Mais il laisse libre cours à son imagination et tente, par tous les moyens, y compris géologique, de prouver que cette pierre n’est pas naturelle et a été élevée par des hommes préhistoriques où « jadis, un druide est monté sur la table servant d’autel ». Il raconte également une légende où Charlemagne et Roland se trouvant au Camp de la Tourré « probablement pour charmer leurs loisirs, eurent l’idée de jouer au bouchon. Faute de bouchon, Roland lança une boule qui est Roc-baron ; Charlemagne lança ensuite un palet qui n’est autre que Caïsso brunado ». Il regrette alors que « avec cette légende merveilleuse cette pierre ne se soit pas appelée le palet de Charlemagne ». Il termine son exposé en proposant que cette pierre soit classée comme monument, sous la nomenclature des pierres druidiques. GUEBHARD, en 1896, reprend la légende de Charlemagne, mais ajoute, en note, que la pierre est une « forme due, quoi qu’on en ait dit, à la seule nature dolomitique de la roche, sans aucune intervention humaine ». Il était géologue et avait l’esprit critique pour « cette antique affabulation ».

Depuis Sénéquier, on continue à nommer Pierre druidique ce phénomène naturel et la carte de 1930 y situe même un « dolmen », les cartes actuelles faisant de même, ajoutant un nouvel élément encore plus valorisant. On y mène les enfants des colonies de vacances et on leur raconte des histoires de druides, de sacrifices humains, de tombes, amplifiant encore la légende.

Les anciens avaient tout simplement nommé cette pierre Caisse brunade ou brenade, comme citée en 1655*, 1657 et 1742*, le provençal caisso signifiant « caisse », « coffre » et bruneta « couleur brune », toponyme descriptif, les druides de Bretagne leur étant complètement inconnus car n’ayant jamais mis les pieds en Provence.

 

PILON (Le)

 

A la fois nom de quartier et d’un oratoire, ce dernier ayant donné son nom au quartier. En provençal, un piloun ou pieloun, du latin pila « colonne », désigne une petite construction en pierre sous la forme d’un pilier contenant une niche dans laquelle est enfermée la statuette d’un saint. L’ensemble est surmonté d’un toit sur lequel est fichée une croix en bois ou en fer forgé. Sous la niche, on peut reconnaître, soit un anneau, soit une petite excavation ou une console pour y déposer des fleurs. Ces pilons sont placés à des cols ou à des croisements de routes et invitent le voyageur à se recueillir un moment. Ils sont la marque d’un territoire sacralisé en même temps qu’ils sont le signe de la protection céleste. Placé au Col du Pilon, à l’altitude de 780 m, à l’entrée de la plaine de Saint-Vallier, après la rude montée venant de Grasse, le Pilon porte la date de 1777 et enferme une statuette de saint Jean-Baptiste. A cet endroit, on pouvait autrefois quitter la grande route royale Antibes/Castellane, pour monter vers le nord et rejoindre Entrevaux.

 

PLANTES AROMATIQUES

 

Si la récolte des plantes aromatiques a toujours été pratiquée aussi bien pour l’alimentation que pour les soins, elle ne s’est industrialisée qu’à partir de la fin du 18e siècle. Les textes parlent de récoltes de Lavandes et aspics, l’aspic étant le terme provençal espic désignant la grande lavande, lavandula spica. SENEQUIER (1891)* nous apprend que « en 1875, un distillateur de Grasse était venu distiller ces fleurs pour la première fois sur les terrains communaux ». GARCIN* relate que « sur les différentes hauteurs du territoire la lavande croît avec vigueur. Plusieurs personnes y transportent leur alambic et distillent cette plante. L’huile essentielle qu’on en retire est vendu aux parfumeurs de Grasse ou expédiée dans l’intérieur pour en faire de l’eau de Cologne ou toute autre préparation ». De l’An XIII à 1953, la Commune faisait tous les ans l’adjudication ou la « délivrance de la ferme des lavandes dans les terres vaines et vagues ». La récolte des fleurs devaient se faire à la faucille, encore en 1953, et il était recommandé que les plantes soient « respectées et non endommagées ». Il était également interdit « de distiller des fleurs avec les eaux des abreuvoirs publics à l’usage du bétail ». Il faut remarquer que, pendant les guerres, la Commune avait du mal à trouver acquéreur. Ainsi, le 29 août 1915, la Mairie « déplore la mévente des fleurs aromatiques » et baisse le prix de l’adjudication. Le 1er mai 1941, l’adjudication est annulée, faute de candidats.Les principaux quartiers où l’on récoltait la lavande sont : Faissolade, Ferrier, Léouvière, Vallon de la Combe et Thiey.

 

PONADIEU

 

Il s’agit d’une curiosité naturelle et d’une dénomination qui ont excité les imaginations depuis le 19e siècle. La première citation remonte à 1655* sous la forme de Pont Nadiou. En 1817*, le cadastre signale Ponadieu. En 1835, GARCIN* décrit : « la curiosité naturelle la plus remarquable du pays est un pont formé de rochers et couvert de gros arbres, sous lequel passe la rivière de Siagne, et que l’on appelle Pont-à-Dieu ». NOYON*, en 1846, décrit le Pouan-à-Diou. MISTRAL* indique Pont-à-Dieu. La carte de 1930 (Fayence 4) écrit Pont Donadieu. La citation de 1655 rappelle l’origine provençale pont natièu, « pont naturel », natièu venant du latin nativus, « naturel ».

Photo Avril 1995 (DT 1035)

 

PONT DE SAINT-JEAN

 

Il fut construit en 1736 pour permettre au nouveau tracé de la route royale Antibes/Castellane de franchir la Siagne. Avant cette date, la route passait la rivière à sa source. Il tire son nom du quartier de Saint-Jean où est située la chapelle dédiée à ce saint. Un devis, en date du 28 avril 1734*, stipule que Mathieu et Antoine ARNAUD, frères, du lieu de Montauroux et Jacques MAGREANY du lieu de Cabris, s’engagent « de faire le pont de la rivière de Siagne, terroir de la Motte, avec son rond et permis auxdits massons de faire ledit pont ou de teuf ou de pierre de massonerie et ledit pont aura onze pans de largeur et ce moyennant la somme de 280 livres qui seront payés par la communauté ». Dans la nuit du 24-25 novembre 1911*, le pont est emporté par des pluies torrentielles. La commune et les habitants demandent d’abord l’aide du Préfet, puis du Ministre pour la reconstruction du pont, trop onéreuse pour la communauté. Peine perdue, aucun secours n’arrive pendant 20 ans. Il faut attendre le 9 février 1931* pour que le conseil municipal décide de financer la reconstruction du pont pour 50 000 frs, dont 3 500 frs sont versés par la commune d’Escragnolles.

Photo Juin 1997 (DT 1138).

Ponadieu Pont S. Jean
Ponadieu Pont Saint-Jean

 

POPULATION

 

Il est très difficile d’estimer la population au cours des âges. La première indication est fournie par l’affouagement de 1471* qui dénombre 25 « larem foventes », soit des « faisant feux » habitant Saint-Vallier, c’est-à-dire 25 chefs de famille pouvant être imposés. On compte généralement 5 personnes par feux, ce qui porterait le nombre d’habitants à 125, auquel il faut ajouter 30% d’exemptés, soit un total approximatif de 162 habitants.

En 1540, sont recensées 102 maisons habitées. En 1609*, est indiqué le nombre de 500 « personnes de communion », habitant dans 121 maisons avec également 48 étables. L’affouagement de 1719 annonce « que le nombre des habitants chefs de famille revient à 298 ».

L’analyse du cadastre de 1742 par Myriam VACHER fait apparaître une population oscillant autour de 900 habitants. Mais à la fin du 17e siècle, elle devait atteindre les 1000 habitants. Suite à l’affouagement de 1698 qui double les impôts passant de 2 feux à 4 feux et à celui de 1728 qui les augmente encore d’un quart de feux, la population diminue de façon spectaculaire suite au « déguerpissement » de 40 familles. Si bien qu’en 1774, il n’est plus recensé que 156 chefs de famille et que les maisons habitées au village ne sont plus que 105 : « qu’il y a dans ledit lieu quarante maisons abandonnées et 16 cazeaux (écuries) aussy abandonnées ».

Le siècle où le village fut le plus prospère fut le 17e siècle, qui vit la communauté s’agrandir, les défrichements pour les terres à céréales s’étendre sur tout le territoire. Durant ce siècle ce fut l’acquisition de tous les tableaux et retables de l’église, de la construction des chapelles et de leur iconographie. Il fallut également construire un deuxième four à pain et installer une deuxième meule au moulin au blé.

Cet « âge d’or » fut détruit par le doublement des impôts. Un mémoire imprimé en 1778* par la communauté exprime « la détresse du lieu à l’Assemblée des Etats de Lambesc »« les habitants de Saint-Vallier adressent encore leurs plaintes, suspendues depuis quelques années par l’effet de leur découragement ». « Ce sont ici les cris d’un malade abattu par les douleurs, dont les élans, aigus et plaintifs sont marqués par des silences funestes ». 

 

PRA REDON

 

Ce quartier est situé au Nord de la RN 85 et à l’Est du village. Un chemin dit Pred Redon est déjà signalé en 1569*, le toponyme étant issu du provençal pra redoun, soit « pré rond », du latin pratum et rotundus.

 

PREHISTOIRE

 

PALEOLITHIQUE SUPERIEUR ou Epipaléolithique(vers - 25 000 - 20 000)

  • Grotte de Rocca Dura (42)

MESOLITHIQUE (vers – 6 000 pour la Grotte Lombard)

  • Grotte Lombard (50)

NEOLITHIQUE (- 5 000 - 2 500)

Avec cette période que l’on a nommée la révolution néolithique s’opère un changement radical dans la vie de l’homme. De chasseur-cueilleur, il devient progressivement agriculteur et producteur de céréales et éleveurs de moutons, bœufs et porcs. En même temps, il invente la poterie. Son industrie lithique s’améliore et s’adapte à ces nouveaux modes de vie.

Néolithique ancien cardial

  • Grotte Lombard (50)

Néolithique ou Chalcolithique

  • Grotte de Rocca Dura (42)
  • Pas de la Faye, station de plein air (41)

NEOLITHIQUE FINAL-CHALCOLITHIQUE (vers - 2 600 - 1 800)

Cette période est caractérisée par des sépultures mégalithiques (dolmens, tombes en blocs, tumulus). Le dolmen est du type de dolmen à couloir ouvrant généralement vers le couchant, avec chambre couverte d’une dalle, le tout enfermé dans un tumulus de pierre. Les tombes en blocs sont construites avec de gros blocs assemblés le plus souvent en cercle, parfois avec une ouverture vers l’ouest, le tout recouvert d’un tumulus de pierrailles. Le tumulus est constitué seulement d’un tertre de pierres. Ces sépultures servaient à l’inhumation de plusieurs individus et ont été utilisées plusieurs fois, provoquant des désordres dans la stratigraphie. La parure est abondante, perles de roche, en os, pendeloques, coquilles marines percées, os et dents d’animaux comme pendentifs. La céramique est représentée par des vases ou gobelets en forme de cloche renversée (campaniforme), ornés de décors géométriques. L’industrie lithique est marquée par de grandes lames et des poignards polis, des pointes de flèches, des grattoirs en silex. Le cuivre est relativement rare et se manifeste sous la forme de perles et d’alènes.

Chalcolithique Récent-Campaniforme

  • Dolmen d’Arboin (54)
  • Dolmen de Verdoline (56)
  • Tumulus des Passages 52)
  • Tombe en blocs n° 2 de Caillassou (36)

Chalcolithique ancien et récent

  • Dolmen de la Parra (53)

Néolithique Final-Chalcolithique

  • Dolmen de Degoutai (45)
  • Tombe en blocs de Mala Grau (33)
  • Tombe en blocs de la Colle (34)
  • Tombe en blocs n° 1 de Sainte-Anne (35)
  • Tombe en blocs n° 3 de Caillassou (37)
  • Tombe en blocs n° 4 de Caillassou (38)
  • Tombe en blocs n° 5 de Caillassou (39)
  • Grotte Lauteron (59)
  • Station de la colline Sainte-Anne (40)
  • Station du Col de la Lèque (46)

AGE DU BRONZE

Bronze ancien(- 1 800 - 1500)

  • Dolmen du Degoutai (45)
  • Dolmen de la Parra (53)

Bronze moyen (- 1 500 - 1200)

Bronze final (- 1 200 - 700)

  • Dolmen de la Parra (53)
  • Tumulus Lèque n° 1 (47)
  • Tumulus de la Croix de Cabris n° 1 (60)
  • Tumulus de la Croix de Cabris n° 2 (61)

Bronze indéterminé

  • Tombe en blocs n° 3 de Caillassou (37)
  • Dépôt de la Coumbo (43)
  • Tumulus de Peirachier (51)
  •  ♠ GASSIN Bernard. Atlas préhistorique du. Midi méditerranéen. CNRS, Paris, 1986. n° p. 213-235
  •  ♠COURTIN Jean. Le Néolithique de la Provence. Paris, 1974.

Carte

 

 

PRIVILEGES

 

Sous l’ancien régime, le mot privilège est synonyme de libertés, franchises, immunités et désigne des « distinctions utiles ou honorables dont jouissent certains membres de la société et dont les autres ne jouissent pas » (Lexique historique de la France de l’Ancien Régime, p. 266). La Communauté a gardé précieusement un « Cayer contenant la coppie des droits et privilèges accordés à la Communauté par les Rois et Raines, Comtes et Comtesses de Provence ». 38 folios composent ce cahier de 13 textes s’étalant entre 1327 et 1585* (Illustration, p. 73). Le principal privilège que la Communauté possède de longue date est celui de la propriété « des cults et incults », ainsi que le droit « de depaistre dans toute la Provence ». L’origine de ces deux droits date du mois d’août 1181, droits accordés par Sanxius Comte de Provence. Ces droits seront ensuite confirmés par le Grand Sénéchal Raynaldus de Scaletta en novembre 1327, par la reine Jeanne en mars 1348, par le Roi François Ier en juin 1528 et par le Roi Henry III en juillet 1585. Un autre privilège important consiste en ce que la haute justice est exercée par des juges royaux et non pas par le seigneur du lieu qui ne possède que la basse justice.

 

PROCES

 

Il serait malencontreux de répéter, à la suite de SENEQUIER « que l’histoire de cette Commune se renferme à peu près toute entière dans le récit de ses procès ». Il est vrai qu’il y consacre la majeure partie de son ouvrage qui a servi de bases documentaires à ses successeurs. Les documents consultés en majorité ont été ceux de l’administration communale qui a conservé, au cours des siècles, les pièces importantes concernant litiges, droits, arrêts de justice et jugements qui ont scandé son administration. Mais c’est oublier qu’entre certaines dates marquées d’événements majeurs, souvent séparées par de longues années, la vie s’écoulait au rythme des saisons et que l’on se plaignait plutôt des hivers rigoureux et des étés pluvieux, gâtant les récoltes et anéantissant toute la production de survie. C’est pourquoi pour cet article sur les procès nous préférons renvoyer le lecteur à la consultation de Sénéquier et d’Alain Flayac, où la majorité d’entre eux est consignée.

Voir articles Forains, Forêt, Transaction

PUAS (Le)

 

Ce quartier, situé à l’Ouest du village, tire son nom d’un des nombreux dérivés du latin podium signifiant « hauteur », « puy », « colline ». Le vocable Puas est attesté dès 1655* et sa forme n’a pas varié depuis. Les terres de ce quartier étaient particulièrement productives pour le blé, les prés et les jardins potagers. Au plus haut de la colline, subsiste, dans une propriété privée, la tour d’un ancien moulin à vent qui a été restaurée et transformée en habitation. Les seules citations que nous ayons trouvées pour l’instant datent de 1895*, fournies par Adrien GUEBHARD* qui cite « un ancien moulin-à-vent sur la colline du Puas », puis en 1904* « une ancienne tour de moulin à vent, au lieu dit Couosta di Maureou ». Le cadastre de 1817 ne le cite ni comme présent, ni comme ruiné et la date de son édification reste en suspens.

 

 

R

 

ROCCA DURA

 

« Roche dure » en provençal, toponyme malheureusement transformé en « Roque Durand » par certains auteurs, est une falaise tombant de la montagne du Mortier dans le Vallon de Nans. Au pied de la falaise s’ouvre une grotte où BOTTIN découvrit des silex taillés, des fragments de poterie et des ossements d’animaux. Ayant été ensuite pillée et saccagée par des clandestins, la grotte semble avoir été vidée partiellement. D’après les quelques éléments encore conservés, on peut dater l’occupation du site d’abord au Paléolithique supérieur, ensuite au Néolithique et à l’Age du bronze.

 ♠ GASSIN Bernard. APMM. CNRS, Paris, 1986. n° 42, p. 53-54.

 

ROMAINS

 

Les premiers à présenter les sites romains de Saint-Vallier furent les historiens du 19e s. GARCIN*, en 1835, affirme qu’il « est incontestable que Saint-Vallier a été fondé par les Romains ». Il ajoute qu’on a trouvé des médailles et monnaies en cuivre et en argent, des tombeaux en terre cuite avec des lacrymatoires, particulièrement au Brec (Loubric*). La tour de Nans* et celle de la Chèvre d’Or* sont, à son avis, des édifices romains de surveillance. SENEQUIER, en 1890*, critique sévèrement les affirmations de GARCIN et relate que « l’occupation romaine a laissé bien peu de traces à St-Vallier ». Il cite néanmoins un fragment d’inscription encastré dans l’un des murs de la chapelle Sainte-Luce et avoue qu’elle n’est « qu’une œuvre grossière de la basse latinité ». Il reconnaît cependant que le quartier du Brec a livré « quelques traces de constructions », « deux ou trois maisons très modestes, probablement de cultivateurs ».

La Forma orbis romani* de 1931 (FOR 1) cite principalement les sites préromains sur lesquels furent découverts des « débris romains », céramiques, monnaies, mortier, fragments de meules, tuiles et objets en bronze, mais sans distinguer les deux époques, préromaine et romaine. Cette FOR fut révisée en 1980 par Michel COMPAN (FOR 2), faisant état des nouvelles découvertes : « une villa entière » au quartier de Cavagne, « neuf tombes sous tegulae » au quartier de Peirachier, « tegulae, céramique sigillée, meule romaine » au Camp de la Tourré, les « tombeaux romains du Clouot », « restes romains du vallon de la Coumbo », « dans le village, place du four, sondages, au début du siècle, menés par C. Bottin : vases en céramique sigillée de la Graufesenque ». Malheureusement, la position des sites sur la carte est erronée, en particulier la localisation des quartiers du Brec, de la Combe, du Mortier et du Defends. L’interprétation sur les découvertes à Cavagne, en particulier de « la chapelle de la Chèvre d’or », semble être sujette à caution. Le site de la « Coumbo » n’est pas romain, il s’agit d’un dépôt d’objets en bronze du chalcolithique (Voir article COMBE). Les « neuf tombes sous tegulae » du quartier de Peirachier ont été confondues avec les tombes décrites par BOTTIN dans son article de 1899 « Découverte et fouille de neuf tombes aux environs de Saint-Vallier-de-Thiey », dont la première se trouve effectivement au quartier de Peirachier, les huit autres étant réparties sur d’autres points du territoire. Ces tombes sont de l’époque mégalithique et non romaine. Quant aux « tombeaux romains du Clouot », la citation renvoie à un article de BOTTIN de 1882 où le toponyme n’apparaît pas et où sont décrites uniquement des tombes mégalithiques.

On le voit, les données et l’interprétation des restes de l’époque romaine mériteraient une analyse sérieuse et approfondie des sources et des gisements.

 

ROUMEGUIERES (Les)

 

Quartier situé au Sud du village. D’abord dit la Roumiguiero en 1655*, puis Roumeguière jusqu’en 1817*, il se met au pluriel depuis le début du 20e s. Le vocable provençal roumeguiero, issu du bas-latin romengueria indique un « lieu rempli de ronces », « ronceraie ».

 

ROUTE NAPOLEON

 

C’est en 1913 que l’abbé Jules CHAPERON, curé de La Martre, près du Logis du Pin, propose, au nom du Syndicat de la Vallée de l’Artuby, que l’on baptise la route dite d’Antibes à Lyon, « Route Napoléon ». En 1609*, « ledit lieu de Saint Vallier est lieu de passage pour moyen du trafic de Castellane, Digne et Sisteron. Et toute la montagne descend pour négocier à Grasse, Antibes et Cannes, étant ledit lieu proche dudit lieu de Grasse, de cinq lieues d’Antibes et quatre de Cannes où les habitants dudit lieu trafiquent et ont commodité d’aller vendre et débiter leur blé ». Outre le blé, transitait par Saint-Vallier le sel de Cannes vers les villes de Castellane et Digne. Cette voie est dite «grand chemin royal allant à Castellane » en 1655*, et « Route royale d’Antibes à Sisteron » en 1817*.Mais à cette date « la diligence de l’administration l’a laissée depuis longtemps et la laisse encore dans un tel état d’abandon et de dégradation que bientôt dans plusieurs de ses parties elle n’est plus praticable même par les mulets ». Cet état obligera Napoléon, en 1815, à abandonner ses canons et voitures à Grasse, pour continuer le voyage à cheval et transporter son équipement à dos de mulets. C’est entre 1832 et 1855* que le tracé de la route nationale N 85 sera effectué entre Grasse et le Vallon de Nans. L’archéologie indique que l’ancien tracé passant par la Siagne est utilisé depuis des millénaires puisque l’on recense à son abord immédiat 2 dolmens, 7 tumulus et 2 abris sous roche, monuments et sites que l’on date entre le Chalcolithique ancien et l’Age du Bronze (2600 à 700 av.J.C.).

 ♠ THIERY Daniel. « En passant par Saint-Vallier. Archéologie et Histoire de cinq voies antiques », Mouans-Sartoux, mai 1998.

 

 

S

 

SAINTE BRIGITTE

 

Avant d’être transformée en Monument aux Morts, la chapelle Sainte-Brigitte fut une chapelle champêtre ou rurale. Dominant la route de Saint-Cézaire, au S-O du village, elle était vouée à la protection des fruits de la terre et tous les ans, avant la moisson, une neuvaine de messes était célébrée dans la chapelle. Elle est déjà citée en 1569*. En 1635*, un tableau suspendu au-dessus de l’autel est décrit, représentant sainte Brigitte au centre, entourée de sainte Marthe et de sainte Pétronille. La chapelle sera restaurée en 1837, mais en fort mauvais état en 1921, la municipalité la transforme en Monument aux Morts.

Voir article Monument aux Morts

 

SAINT-ROCH

 

St. RochLa place Saint-Roch est située à la sortie du village en direction de Castellane. Une croix rappelle qu’existait à son emplacement une chapelle dédiée à saint Roch. Citée en 1605* où elle est dite « hors la ville », elle est décrite en 1679*, « construite d’une seule nef fermée par une porte balustrée de bois ». Elle est meublée d’un autel en plâtre, lequel est surmonté d’un tableau représentant saint Roch entouré de saint Christophe et de saint Sébastien, tous trois saints protecteurs des maladies infectieuses, la peste en particulier, que les voyageurs pouvaient apporter en arrivant par le grand chemin royal. La chapelle étant en ruines, elle est remplacée par une croix sur piédestal, dite Croix de Saint-Roch, en 1827. La date est gravée sur le piédestal. La croix, en fer forgée, est une représentation symbolique de la dévotion au Sacré-Cœur de Jésus : couronne d’épines, clous, lance, bâton d’hysope et l’inscription INRI.

Le 13 mai 1855*, le conseil municipal décide de construire « à la fontaine saint Roch, dite la Fontneuve, un bassin en pierre de taille, tout d’une seule pièce, et propre à contenir au moins 5 décalitres de grains pour l’usage de lavage des céréales ». Le bassin, encore en place aujourd’hui, à gauche de la Croix, porte la date gravée de 1855. La Font neuve est la fontaine la plus anciennement citée sur Saint-Vallier, en 1473*.

A l’emplacement du parking actuel, le conseil municipal fait construire en 1879* un séchoir à blé. Il sera démoli le 18 octobre 1947* car « il n’était plus utilisé depuis environ 30 ans. Aussi, il est décidé de le transformer en une vaste et jolie place publique servant de jeux de boules et de garage ».

Photo Octobre 1995 (DT 1065).

 

SAINT-VALLIER

 

La première mention du nom de saint Vallier apparaît le 19 mars 1061*, sous la forme « ecclesia sancti Valerii », « l’église de Saint-Vallier ». Ce saint Vallier est probablement un moine de Lérins qui devint le 2e évêque d’Antibes après Armentaire et qui fut martyrisé au 5e siècle (vers 473). Cette église, dédiée à saint Vallier, laisse entrevoir la possibilité d’une christianisation par les moines de l’abbaye. Le lieu de culte a ensuite donné son nom à l’agglomération qui s’est constituée autour de lui. Lors de la construction de la nouvelle église, milieu 12e siècle, celle-ci fut dédiée à la Vierge, mais saint Vallier fut conservé comme deuxième titulaire.

C’est le 27 septembre 1846 que le nom de la montagne de Thiey fut ajouté à celui de Saint-Vallier, pour le distinguer des autres Saint-Vallier. 

  

SECHOIR A BLE

 

S’il est un thème sur lequel les historiens de la Provence sont restés muets, c’est bien celui du lavage et du séchage du blé. Un voyageur du nord de la France venu au 19e s. visiter Nice, raconte dans son journal de voyage, son étonnement devant la pratique des habitants qui, après avoir battu les gerbes et purgé les grains sur l’aire de battage, lavent les grains et ensuite les font sécher. Une analyse de grains non lavés et lavés lui révèle, dans ceux qui n’ont pas été lavés, une proportion importante de particules de terre et de silice qui peuvent être dangereuses pour les dents et l’estomac et que l’on ne retrouve pas dans les grains qui ont été lavés.

Cette pratique est attestée à Saint-Vallier puisque le 12 mai 1878, le conseil municipal se réunit pour décider la construction d’un séchoir à blé. Il y a « urgence à faire ces travaux », car « considérant que les habitants de Saint-Vallier lavent en moyenne 40 doubles décalitres de blé par jour, ce qui nécessite un emplacement assez considérable, emplacement dont ils sont dépourvus puisque jusqu’à présent, ils sont obligés d’étendre leur blé sur les deux côtés de la route nationale N° 85. Attendu que sur la dite route il passe fréquemment des charrettes, chevaux et mulets, que la poussière que soulèvent inévitablement ces véhicules et ces bêtes de somme salit de nouveau le blé », il est décidé de construire un séchoir à blé sur une parcelle, sise au quartier Saint-Roch, de 115 m², offerte gracieusement par M. Carlavan. Une somme de 1000 francs est allouée pour l’ensemble des travaux. Le séchoir sera détruit en 1947, car devenu inutile.

Auparavant, le 13 mai 1855*, le conseil municipal fait construire à la fontaine du village et à celle de Saint-Roch « deux bassins en pierre de taille, tout d’une seule pièce, d’une solidité convenable et propre à contenir au moins cinq doubles décalitres de grains pour l’usage du lavage du blé ». Le Maire annonce qu’il a conclu un marché avec le sieur Abat, tailleur de pierre, pour construire ces deux bassins, pour la somme de 110 francs. Ils sont encore à leur place aujourd’hui et portent, gravée, la date de 1855.

♠ ROUBAUDI, Nice et ses environs, Ed. du bastion, 1990, réédition de 1843, p. 310-311.

 

SENEQUIER Paul. 1825-1903

 

Grassois, il fut influencé par son père qui s’intéressait à l’histoire locale. Devenu juge de paix, il commence, jeune, à prospecter dans les villages et communes de l’arrière-pays et devient le premier à décrire et même lever quelques plans des nombreux « oppida » de la région. On lui doit, en particulier, quatre articles intitulés « Anciens camps retranchés des environs de Grasse » et « Excursions archéologiques aux environs de Grasse », publiés par les Annales de la Société des Lettres, Sciences et Arts des Alpes-Maritimes (1877-1881-1882-1885). C’est là qu’il décrit par deux fois le Camp de la Malle, ainsi que ceux de Castel Abram, Castel Assou, la Tourré et Roca Dura. Il sera également le premier à dresser une liste exhaustive de toutes les enceintes des communes de Saint-Vallier, Saint-Cézaire, Gourdon, Escragnolles, Le Rouret, Cabris et Le Tignet.

Devenu âgé, il se tourne vers l’histoire locale et se plonge dans les archives de Grasse qu’il dépouille consciencieusement pour fournir un ouvrage encore consulté aujourd’hui, sous le titre « Grasse. Notes à la suite de l’inventaire des archives communales », Grasse, Imbert, 1883. Venu passer quelques semaines de vacances à Saint-Vallier, il en profite pour consulter les archives de la commune et publie l’unique ouvrage relatant l’histoire de Saint-Vallier, sous le titre de « Monographie de Saint-Vallier-de-Thiey », en 1890. Il s’intéresse également à deux autres communes, avec « Cabris et Le Tignet », publié en 1900.

 

SERMENT CIVIQUE

 

La Constitution civile du clergé du 12 juillet 1790 obligeait le clergé à prêter le serment civique, mais le Saint-Siège, le 10 mars 1791, condamnait cette ordonnance. Un procès-verbal, en date du 19 décembre 1790, reproduit par SENEQUIER, révèle que « dans l’église paroissiale, Messire Marc-François d’Arluc Curé, avant la messe de paroisse, a prêté à notre présence, du peuple et de son vicaire, le serment civique prescrit et a juré en conséquence de veiller avec soin sur les fidèles de la Paroisse qui lui est confiée, d’être fidèle à la Nation, à la Loi et au Roi et de maintenir de tout son pouvoir la Constitution décrétée par l’Assemblée Nationale et acceptée par le Roi ». Sénéquier ajoute que « l’abbé Puverel, le vicaire mentionné ci-dessus, était retenu, paraît-il, par quelques scrupules qui finirent par se dissiper ; il prêta serment comme son Curé, le 20 février 1791 ».

Deux autres serments sont relatés par les archives communales. Le premier, en date du 4 novembre 1792, indique que « le citoyen Jean Olivier, natif dudit lieu, prêtre vicaire à Mougins, lequel nous a dit que se trouvant actuellement ici pour réparer sa santé, il se présentait pour satisfaire à la loi du 14 août dernier qui ordonne que toutes les personnes recevant un traitement ou pension de la nation prêteront devant la municipalité le serment d’être fidèle à la nation, de maintenir la liberté et l’égalité ou de mourir en la défendant ». Le 28 février 1793, c’est au tour « du citoyen Jean Honoré Maubert, prêtre du lieu de Cabris, lequel nous a requis de recevoir le serment civique prescrit par la loi ».

 

SEVERINE (1855-1929)

 

Caroline REMY est née à Paris le 27 avril 1855. Après un premier mariage qui ne dure que 13 mois, elle se consacre au théâtre. En 1875, elle entre comme lectrice dans la maison de Mme GUEBHARD, mère d’Adrien, alors docteur en médecine. Une idylle naît entre les jeunes gens, conclue par un mariage célébré à Bruxelles. C’est là qu’elle rencontre Jules VALLES, en exil. Le docteur Guébhard consacre une partie de sa fortune pour faire renaître le journal Le Cri du Peuple. De retour à Paris avec Jules VALLES et son mari, elle apprend le métier de journaliste et signe des articles sous le pseudonyme de Séverin, puis des chroniques sous le nom de Séverine. A la mort de Jules VALLES en 1885, elle lui succède à la tête du journal jusqu’en 1888. Elle donne des articles dans tous les journaux (au Gaulois, au Gil Blas, au Figaro, à l’Eclair, au Matin). Elle investit sa plume au secours des infortunés (mineurs ensevelis sous une mine, famine), organise la Croisade de la Pitié. Elle est connue dans le monde entier, luttant contre les injustices de toute sorte, antisémitisme, pour le peuple arménien, pour Dreyfus, fustigeant la guerre de 1914-1918. Après cette vie ardente, elle rejoint son mari à Saint-Vallier, puis tous deux se retirent à Pierrefonds en Suisse. C’est là qu’ils disparaissent tous les deux, Séverine laissant plus de 6 000 articles et chroniques et plusieurs livres et pièces de théâtre.

Voir article GUEBHARD Adrien

 

 

T

 

TERROIR DE SAINT-VALLIER

 

Quelques textes d’archives présentent la manière dont était perçue la nature du terroir de la commune, de la part des habitants et des étrangers. En 1609* deux habitants racontent que « estant ledict lieu posé en une petite plaine, parmi des montagnes pierreuses, soubs ung bon air, et commode en eaux de fontaine » ; « a dict que le terroir de St Vallier est bourné de cellui de la Malle et Canaux, de levant ; et de septantrion, de celui d’Escragnolles, du couchant de St Cezary, et du midy de Cabries. Ayant de travers ledict terroir environ trois quarts de lieue. Estant ledict terroir froict, aride et pierreux » ; « a dict que le lieu de St Vallier est un lieu de montagne, dont le terroir est plein de rouchers ». Le rapporteur, étranger à la commune reconnaît que « lequel lieu de St Vallier est scittué en une plaine fort pierreuse, regardant du midy et couchant. L’air y est assez bon et sain, les habitants sont gens robustes, adonnés au travail, bien peu de gens de repos. Et toute la terre en général est peineuse, fort pénurière et de grande impense à labourer ».

En 1774* : « que ledit terroir est partie en plaine, partie en cotteaux et partie en montagnes et vallons. Que le terroir est presque tout couvert de rochers, nous en avons même apperçu dans les terres labourables et dans les prés ».

En 1817*, le contrôleurremarque que « la commune de Saint-Vallier est située à deux lieux de Grasse, marché le plus voisin, dans une assez jolie vallée ornée de bois et de prairies dont la fraîcheur contraste agréablement avec la sécheresse et la nudité des montagnes qui l’entourent ».

♠THIERY Daniel. « Les terroirs de Saint-Cézaire et de Saint-Vallier de 1609 à 1913 », Bul. GRHP, n° 12, octobre 1997, p. 13-25.

 

TOUR DE NANS

 

Les restes de cette tour sont situés au plus haut de la crête de la Faye, incluse dans l’enceinte sommitale du Camp de la Tourré, à l’altitude de 1027 m. GARCIN*, en 1835, cite « sur les hauteurs, à une demie-lieue au nord du village, se trouvent deux cassines entourées de retranchement en pierre sèche, dont l’une appelée la Tour de Nans (elle a été détruite il y a trois ou quatre ans ». La carte de Cassini la signale comme « Tour Rne de Nans ». SENEQUIER, en 1877*, décrit le Castellaras de la Tourré* et « au point culminant, on voit les traces d’une construction d’une autre époque ; car les pierres sont équarries et l’on y constate l’emploi de ciment. C’est sans doute le dernier vestige de la tour d’où le Castellaras et le quartier ont tiré leur nom » ; « quant à la tour, en se reportant aux guerres de religion et autres qui ont troublé si profondément nos pays, on s’explique aisément sa construction sur ce sommet commandant un chemin autrefois important ». BRETAUDEAU* signale également les restes de la Tour et l’estime « médiévale ».

L’appellation « Tour de Nans » est indiquée comme nom de quartier par les cadastres de 1657* et de 1742*. Le cadastre de 1817* signale par un carré noir la « tour de nans ». Les murs de cette tour sont construits en petit appareil avec traces de mortier. Ils présentent une épaisseur de 1,05 m. La surface intérieure Est-Ouest est de 6,40 m, dans le sens N/S, il est difficile à la déterminer à cause des éboulis et du signal géodésique qui y fut installé. On peut remarquer à l’intérieur de la deuxième enceinte du Castellaras un cabanon ruiné dont les pierres taillées proviennent certainement de la tour. La date de construction de cette tour reste pour l’instant indéterminée et sa fonction également. Il faut cependant noter son exceptionnelle implantation, sur le plus haut de la crête séparant le Vallon de Nans et la bassin de Saint-Vallier, au bord de l’ancien chemin reliant Grasse à Entrevaux. Cette tour et le castellaras sont également dits de « Saint Hubert », Sénéquier signalant « un oratoire en ruines qui, d’après la légende, aurait été dédié à saint Hubert, existe encore sur le bord du chemin ».

Voir article Castellaras de la Tourré

 

TRANSACTION

 

Il s’agit d’un accord entre deux parties sur un ou plusieurs cas de litiges afin de les régler « amiablement », épilogue d’une suite de procès interminables et sans issue satisfaisante pour l’une ou l’autre partie. Deux principales transactions ont été conclues entre la Communauté et le Chapitre de Grasse, seigneur temporel de Saint-Vallier.

Une première est signée le 10 avril 1527*. Trois litiges entre la Communauté et le seigneur font l’objet de la transaction : sur les herbages, sur les moulins et les fours, sur les redevances seigneuriales. A propos des herbages, la Communauté assurait qu’elle en était propriétaire et le seigneur alléguait le contraire en voulant « affermer les herbages aux étrangers ». La transaction accorde la propriété des herbages à la Communauté et permet au seigneur « de faire entrer et faire depaître 56 trenteniers* de bétail menu » gratuitement. Au sujet des fours et moulins, le seigneur soutenait que les habitants étaient soumis au principe de la banalité, la Communauté affirmait le contraire. Par la transaction, le seigneur « donne, livre, cède, remet et désempare » le moulin de la Moutte avec tous ses droits, ainsi que le four situé « dans l’enceinte du dit St Vallier », mais il lui est permis, en contrepartie, de moudre gratuitement 6 salmates* de blé par an et de faire cuire 6 salmates de farine, soit « une franchise absolue et entière du droit de mouture et de fournage ». Enfin, au sujet des redevances seigneuriales, c’est-à-dire les impôts que devaient payer les propriétaires en fonction de leurs possessions, le seigneur les abandonne mais reçoit 140 florins « aux festes de Noël, chaque année ».

Le 21 mai 1566*, une nouvelle transaction est conclue qui conforte la première, mais où le seigneur cède en plus « tous les revenus et droits utiles du terroir de St Vallier » et reçoit en contrepartie une pension annuelle de 800 florins.

La première transaction eut beaucoup de mal à être appliquée, le seigneur temporel admettant difficilement d’être privé d’une partie de ses droits, malgré une contrepartie pécuniaire. Il fallut en établir une deuxième qui n’empêcha pas le seigneur de la récuser plus tard, puisqu’il entama des démarches pour faire annuler les deux transactions. Finalement, en 1631, le Parlement de Provence confirme et maintient les clauses contenues dans les deux transactions.

 

TRANSHUMANCE

 

Il existe peu de textes sur cette activité concernant la commune de Saint-Vallier. On ne peut glaner que quelques témoins ici et là, capables d’apporter quelques renseignements. Une première indication est fournie en août 1181 où le Comte de Provence accorde le droit aux habitants « de dépaitre dans toute la Provence ». La rigueur de certains hivers et la sécheresse des étés contraignaient les habitants « d’aller chercher ou des montagnes plus fraiches ou des vallées plus chaudes pour les sauver », comme cela est reconnu en 1609*.

Lors de la transaction de 1527*, un paragraphe indique clairement que Saint-Vallier est un lieu de passage des troupeaux : « Ont aussi transigé à ce que les dits seigneurs et chapitre, au temps du passage par le territoire de St Vallier des troupeaux étrangers pour aller et descendre des montagnes, soient tenus et doivent députer un chargé d’affaire à la réquisition et à la nomination de la dite communauté qui, au nom dudit chapitre, aura l’exécution et la juridiction de connaître de l’entrée et de la sortie dudit territoire ou des questions qui peuvent s’élever à raison du passage des dits troupeaux, soit en comptant les dits troupeaux qui traversent le territoire de St Vallier, en montant et descendant aux époques ordinaires et extraordinaires et qui, suivant l’habitude, sont obligés de sortir du territoire et de payer le droit convenu et les dommages qu’ils peuvent faire dans ledit territoire, en réservant au seigneur les droits des passages et des peines municipales ».

Le terme passage a été appliqué à une carraire, dite Grand Passage ou Pas d’average ou Grande Carraire. Elle traverse le territoire d’Est en Ouest, du Col du Pilon à la Siagne, passant à 700 m au Sud du village. Deux « relarguiers », soit des endroits « élargis », la jalonnent, l’un au Col du Pilon d’une surface de 10 ha 96, l’autre au Collet de Gasq de 7 ha 74. Ces « relarguiers » servaient aux troupeaux de halte de repos. Entre le Col du Pilon et la route de Saint-Cézaire, la carraire est nettement indiquée par le cadastre de 1817*. Sur une longueur de 3800 m, sa largeur est de 70 m, mesure exceptionnelle quand on sait que les carraires en Provence ont une largeur moyenne de 10 à 20 m. Il s’agit d’une carraire « générale », à vocation de voie publique pour les troupeaux, classée ainsi par les Statuts de Romée de Villeneuve de 1242, comme « via publica ».

D’autres dénominations de chemins indiquent le passage des troupeaux. Ainsi, « les Drayes », chemin cité en 1655* et jusqu’en 1817*, reliant Saint-Vallier au Col de la Lèque. Egalement, le Chemin de la Tire est qualifié de « carraire » en 1863, mais reconnu comme abandonné depuis longtemps. Un autre, dit Chemin allant au Tignet, est qualifié de « passage » en 1569* et reconnu abandonné en 1845. Sa largeur est de trois cannes. Il reliait en ligne droite Saint-Vallier au Tignet et son tracé a servi pour établir les limites communales entre Cabris et Saint-Cézaire. Le quartier des Puits, au centre du Deffens, fournissait de l’eau aux troupeaux transhumants avec son « relarguier » de 3 ha, qualifié de Pas d’average en 1817*.

Toutes ces carraires reliaient Saint-Vallier aux villages voisins. D’autres passages ou carraires, dites « particulières », servaient uniquement aux troupeaux de la commune pour se rendre dans les terres de pâture communale. Le rapport de 1569* cite 18 passages et quelques-uns subsistent encore en 1864* sous l’appellation de « chemins ruraux » : chemin du Largadou, chemin de Sainte-Anne, chemin de la Blaqueirette, Chemin de Ste-Luce, petite carraire ou chemin des bœufs, chemin de Roquebaron, chemin du Petit St-Jean.

Saint-Vallier offre ainsi l’exemple d’une organisation rurale exemplaire avec une Grande Carraire à l’usage de la province, des carraires inter-communales et des carraires communales.

♠ BREC André, BRESC Henri, OLLIVIER Jean-Paul. Bergers de Provence et du Pays Niçois. Serre, Nice, 1996.

♠ THIERY Daniel. « Le Grand Passage ou Grand Pas d’average. Une voie de transhumance sur un tracé romain ». Bul. GRHP, n° 11, juillet 1997, p. 3-8.

♠ THIERY Daniel. « En passant par Saint-Vallier. Archéologie de cinq voies antiques ». Colloque Mouans-Sartoux, 23 mai 1998.  

 

TUILERIE

 

Comme toute usine (four, moulin, paroir), une tuilerie était soumise au régime de la banalité et ne pouvait appartenir qu’au seigneur. Une tuilerie n’apparaît à Saint-Vallier qu’une fois dans les textes d’archives, le 7 octobre 1529*. Elle était établie au quartier de la Teaulière, que nous pensons être situé près du quartier du Puas où est signalée une carrière d’argile. Le texte de 1529 est un contrat où le chapitre de Grasse arrente à Jacques PONS de Montauroux et à Claude RUSSI de La Croix, sa tuilerie. Le contrat, rédigé en latin, est établi pour un an, à la condition que le chapitre reçoive 100 tuiles gratuitement à chaque fournée. Il est prévu que, durant l’année, les deux rentiers seront tenus de fabriquer 10 000 tuiles, ainsi que des malons*. Le chapitre est tenu, en contrepartie, de réparer et d’entretenir le four et la « cabane des tuiles ».

Nous ignorons pendant combien de temps cette tuilerie a fonctionné, mais son existence a subsisté sous la forme d’un nom de quartier : la Téolière citée en 1569*, en 1655* la Teaullière, en 1742* la Taullière. Ce toponyme disparaît alors également et rappelle que c’est un terme provençal téuliero, issu du latin tegularium.

 

 

 

V

 

VACHER Myriam

 

Myriam VACHER a consacré son mémoire de maîtrise (Université Panthéon Sorbonne, juin 1976) à Un Village provençal au XVIIIème siècle. Saint-Vallier-de-Thiey, d’après le cadastre de 1742. Ce travail met en exergue la composition sociale du village, les propriétaires et leur répartition sociale, la destination des sols. Voici sa conclusion : « Au XVIIIème siècle, le village de Saint-Vallier est placé sous le régime du consulat comme la plupart des autres villages provençaux. Il garde des traditions communales vivaces qui s’expriment à travers de nombreux procès par lesquels il cherche à se défendre d’un seigneur envahissant, le chapitre de Grasse. Il vit sur une économie essentiellement vivrière, le souci céréalier est prédominant. Il se distingue des autres villages provençaux par l’absence presque totale de la vigne et de l’olivier, absence provoquée par sa condition montagnarde. Le paysan appartient au groupe le plus important. Sa situation est très inférieure à celle du ménager et des gros propriétaires. L’artisan, qui est également un paysan, se situe à l’intérieur de cet artisanat rural florissant sous l’ancien régime. L’inégalité de la répartition des propriétés fait loi. Un seul gros propriétaire se détache vraiment : le chapitre de Grasse, seigneur du lieu ».

 

VANADE

 

Le provençal vanado signifie « bercail », « bergerie » et désigne, du moins à Saint-Vallier, un enclos de pierre sèche non couvert où l’on parquait les moutons. Le terme est employé par les géomètres du cadastre de 1817* en équivalence avec le mot parc. Antérieurement, les habitants employaient le terme courtil. En 1817, il est dénombré 93 vanades, 40 parcs et 9 courtils.

♠THIERY Daniel. « Le milieu rural à Saint-Vallier », Bull. GRHP, n° 17, avril 2000. 

 

VERDOLINE

 

VerdolineLe toponyme indique un endroit « verdoyant », du provençal verdoulino, dérivé du latin viridis, « vert », « verdoyant », sans doute à cause du petit ruisseau passant à l’est de la colline. Sur cette dernière, au milieu de strates calcaires, s’élève le Dolmen de Verdoline, seul ouvrage mégalithique encore à peu près en état sur la commune. Découvert en 1872 et décrit par BOTTIN en 1885*, le dolmen est composé d’une chambre ou cella (1,90 m x 1,50 m), formée d’une dalle de chevet orientée à l’est, de murets et dalles au nord et au sud et de deux piliers à l’ouest. La dalle de couverture, en place lors de la découverte, a disparu. Un couloir bâti en pierre sèche, orienté à l’ouest, conduit à la chambre (1,40 m x 0,70 m). Le dolmen est compris dans un tumulus ovale d’une dizaine de mètres de diamètre. Plusieurs fouilleurs se sont succédés pour mettre au jour les restes contenus dans la tombe, mais leurs relations sont peu fiables et les objets découverts ont été mal décrits ou ont été dispersés. On peut cependant, grâce à quelques éléments (perles de roche, débris de poterie), dater la tombe de l’époque chalcolithique et peut-être du Campaniforme (entre –2600 et –1800).

Photo Février 1996 (DT 1096).

♣GASSIN Bernard. APMM. CNRS, Paris, 1986, n° 56, p. 72.

 

VIGNE

 

Peu de textes signalent cette culture à Saint-Vallier et il aisé d’en comprendre la raison. L’affouagement de 1609* indique : « pour le vignoble on c’est essaié d’en planter quelque peu, mais le pays est si froid et si découvert que le fruict n’y peut murir, ne leur servant que pour le verjeux », « et bien qu’il y aie quelques journées de vignoble, il n’a jamais veu venir le fruict à maturité leur servant de verjeux seulement ». Le verjus, suc que l’on retire du raisin vert, servait de vinaigre et entrait dans la composition de sauces. En 1817*, le constat est identique : « on rencontre bien quelques vignes et oliviers, mais l’âpreté du climat s’oppose à ce qu’on en retire un produit propre à encourager leur culture ». Trois noms de quartier ont gardé le souvenir de cette culture, les Vignaoux, La Treille, l’Aire de Treillou.

 

VISITE PASTORALE

 

Il s’agit d’une enquête menée par l’évêque d’un diocèse dans chacune de ses paroisses, pour « visiter » les lieux et objets du culte et en même temps contrôler les membres du clergé et les fidèles. Cette visite, remise à l’honneur par le Concile de Trente, s’effectue, pour la première fois à Saint-Vallier en 1550. D’autres suivront, surtout durant le 17e s. où tous les évêques de Grasse passeront plusieurs fois à Saint-Vallier, dont le célèbre Antoine Godeau. Elles sont une source essentielle pour connaître l’état des monuments, leur ameublement ainsi que les mentalités villageoises vis-à-vis de la religion La visite prend souvent deux ou même trois jours et s’effectue en grande pompe, l’évêque étant accompagné de son « train ordinaire », chanoines, administrateur du chapitre, chapelains et serviteurs. Toute la communauté avec curé et secondaires assiste à la visite, écoute le prône de l’évêque et ses recommandations, assiste aux grand-messes, reçoit le sacrement de la Confirmation. L’évêque visite l’église, les autels, décrit les tableaux, recense les objets du culte et juge si tout est en bon état, sinon ordonne de les remplacer ou de les restaurer. Il visite de même les chapelles rurales qu’il décrit également. Il interroge les prêtres de la paroisse et s’inquiète de leur moralité ainsi que de celle des fidèles. Surtout, il cherche à savoir s’il existe quelques superstitions et si lors des pèlerinages, particulièrement à Saint-Jean, rien d’indécent ne se passe.

La visite la plus détaillée est celle effectuée par Mgr Louis Albe de Roquemartine les 27, 28 et 29 octobre 1679. Elle constitue un modèle du genre et sert de référence aux historiens.

Procès-verbaux des visites pastorales. ADAM , G 16 à 28, G 57 à 59, (1550 à 1751).

♠ FROESCHLE-CHOPARD M.-H. La religion populaire en Provence Orientale au XVIIIe siècle.BB, Paris, 1980.

♠THIERY Daniel. « L’église de Saint-Vallier-de-Thiey fondation, architecture, iconographie », Bul. GRHP, n° 17, avril 2000, p. 34-43. 

 

 


 

Quelques dates de l’Histoire de Saint-Vallier

 

Préhistoire

 

Vers - 20 000 av. JC : des hommes sont présents sur le territoire

Vers - 6 000 : station de chasse à la Grotte Lombard

Entre - 5 000 et - 2 500 : éleveurs de moutons et premiers agriculteurs

Entre - 2 500 et - 1 500 : nombreuses sépultures mégalithiques

 

Antiquité

 

Au cours du dernier millénaire av. JC : enceintes de hauteur en gros blocs

Romanisation : quelques traces

 

Histoire

 

- Au cours du premier millénaire : traces d’occupation et évangélisation par Lérins qui forme une première paroisse

- 961 : le territoire, dans le diocèse d’Antibes, échoit à Rodoard

- 1061 : l’évêque d’Antibes confie l’église et 3 manses (domaines) à Lérins

- Milieu XIe s. : création de l’église de Sainte-Luce

- 1176 : l’évêque d’Antibes forme le castrum de Saint-Vallier

- Milieu XIIe s. : édification de l’église paroissiale

- 1181 : le Comte de Provence donne les « cults et incults » aux habitants

- 1192 : une partie de Saint-Vallier est acheté par l’évêque d’Antibes

- 1242 1er mai : donation du castrum de la Motte par Fida à l’évêque d’Antibes

- 1242 : Saint-Vallier et la Motte échoient au Chapitre d’Antibes/Grasse

- 1292 : délimitation des terroirs de Saint-Vallier et de Cabris

- 1327 : confirmation des privilèges par le Comte de Provence

- 1348 : confirmation des privilèges par la Reine Jeanne

-1389 : première mention du moulin à blé de la Motte

- 1430 : procès sur les infractions commises dans le Deffens

- 1447 : arrentement du moulin à blé

- 1448 : réparation du toit de l’église

- 1455 : arrentement du four à pain

- 1481 : rappel et confirmation des privilèges lors d’un procès

- 1527 : transaction avec le Chapitre qui cède tous ses droits contre une redevance annuelle

- 1529 : arrentement de la tuilerie

- 1540 : procès gagné contre le Baron de Tende

- 1555 : agrandissement de l’église (ajout du collatéral)

- 1560 : règlement du Deffens

- 1566 : transaction qui conforte celle de 1527

- 1569 : délimitation des passages et chemins

- 1606 : transaction avec les forains

- 1609 : affouagement et rapport général d’estime du lieu de St-Vallier

- 1635 : édification de la chapelle Saint-Esprit

- 1647 : retable du maître-autel de l’église paroissiale

- 1651 : tableau de sainte Luce à la chapelle Sainte-Luce

- 1655 : rapport sur les clots

- 1657 : arrêt sur le deffens

- 1679 : visite pastorale de l’évêque de Grasse

- 1693-1699 : bustes reliquaires de saint Constant et sainte Félicissime

- 1698 : affouagement, doublement des impôts

- 1701 : fourniture de glace à Antibes

- 1720 : vente des fours et moulin

- 1729 : affouagement

- 1736 : construction du pont (de Saint-Jean) sur la Siagne

- 1742 : cadastre

- 1774 : réaffouagement

- 1776 : ex-voto de Sainte-Luce

- 1778 : mémoire sur la détresse du lieu

- 1792 : ventes aux enchères des biens des émigrés et du chapitre

- 1792 : le Grand Pré est donné à la Commune

- 1806 : délimitation de la commune

- 1810 : la terre de la Malle est rattachée à Saint-Vallier

- 1817 : cadastre napoléonien

- 1826 : restauration de l’oratoire de Sainte-Luce

- 1827 : édification de la croix de Saint-Roch

- 1832-1855 : construction de RN 85 entre Grasse et le Vallon de Nans

- 1835 : restauration de la Fontaine des Prés

- 1846 : réparations à l’Hôtel de Ville

- 1857 : croix du cimetière

- 1857 : construction du relais du Petit Saint-Jean

- 1861 : aménagement de l’Hôtel de Ville en Salle de justice

- 1864 : couverture de la fontaine publique

- 1866 : fontaine de l’Apié

- 1867 : construction d’un four à pain, place du Tour

- 1870 : colonne Napoléon

- 1872 : statue de saint Vallier

- 1878 : établissement d’un séchoir à blé

- 1886 : croix de Saint-Antoine

- 1900 : fontaine de la Rouguière

- 1906 : séparation de l’Eglise et de l’Etat. Les biens de la paroisse reviennent à la commune

- 1909 : classement MH du Camp de la Malle

- 1924 : inauguration du Monument aux Morts

- 1929 : ouverture de la coopérative alimentaire dans l’ancienne chapelle St-Esprit

- 1951 : édification de l’oratoire de Notre-Dame

- 1977-78 : restauration de la chapelle St-Esprit

- 1996 : pose de la quatrième cloche

 


 

Bibliographie

 

Cette bibliographie ne tient pas compte des ouvrages publiés depuis 2001, date de ce dictionnaire

 

ARCHIVES

 

1061 19 mars. Mention de l’église de Saint-Vallier. Cartulaire de Lérins, Moris et Blanc, CXLIV, p. 129-130.

1292 13 novembre. Délimitation des terroirs de Saint-Vallier et de Cabris. ADAM G 882

1327-1585. Cahier des privilèges de la Communauté. AC/ADAM, AA 1.

1430 6 novembre. Procès contre Monnet Giraud. AC/ADAM, AA 1 .

1448 14 mai. Réparation au toit de l’église. ADAM G 895.

1471. T. CHAPPE. « Transcription et étude de l’affouagement de la viguerie de Grasse et de la baillie de Saint-Paul-de-Vence en 1471 », Recherches régionales, 1975, n°2.

1473. Fontneuve. ADAM, G 890.

1475. ADAM 890

1490. Cité par G. BRES. Da un archivio notarile di Grassa. Nice, 1907, T 2, p. 53.

1527. Transaction entre le chapitre de Grasse et la communauté. ADAM G 902.

1529 7 octobre. Arrentement de la tuilerie. ADAM G 886.

1540 20 mai. Procès Comte de Tende ET Communauté. AC/ADAM AA 1

1566 21 mai. Transaction. ADAM G 906.

1569. Rapport de délimitation, passages et chemins du terroir de St Vallier. AC/ADAM, HH 2.

1585. Citation de la chapelle Saint-Antoine. AC/ADAM FF 3

1604 4 novembre. Transaction avec les forains. AC/ADAM 5 E 44

1605 27 juin. Visite pastorale. ADAM G 27

1609. Enquête de réaffouagement de la viguerie de Grasse. Saint-Vallier. AD B-d-R. B 1321. Registre des archives communales de Grasse, CC 40, Saint-Vallier f° 664-688.

1635 12 mai. Visite pastorale. ADAM G 20.

1655. Rapport sur les clots. AC/ADAM CC 1.

1657. Cadastre. AC/ADAM CC 3

1720. Cadastre. AC/ADAM CC 2

1670 21 octobre. Agression au Col de la Lèque. ADAM J 87

1679. Visite pastorale ADAM G 24

1709 13 décembre. Danse à l’épée nue. ADAM G 272, f° 492.

1720 4 mai. Estimation des fours et moulins. AC/ADAM DD 7

1730. Adjudication de la boucherie. AC/ADAM DD 6

1734 28 avril. Acte du pont de Siagne. ADAM 3 E 75 / 150

1742. Cadastre. AC/ADAM CC 6, 7 ,8

1749. Devis et réparations des terres de Faissolade. ADAM G 897

1774. Réaffouagement. ADAM C 47. 

1776 15 décembre. Ordonnance sur la pêche. AC/ADAM HH 2

1778. Mémoire sur la détresse du lieu. AC/ADAM AA 5.

1791 3 mars. Biens nationaux. ADAM 1 Q 14.

1791 11 mars. Cession du Grand Pré  AC/ADAM, 1 N 3.

An II, 15 fructidor. Musique sous la Révolution. AC BB 12, f° 359.

1806 1e janvier. Délimitation du territoire de St-Vallier. AC/ADAM 1 N 7

1810. Terre de la Malle. AC/ADAM 1 N 7.

1817. Cadastre. ADAM 3 P 1326

An XIII-1953. Plantes aromatiques. AC/ADAM N 8

1832-1855. Construction de la Route Napoléon. ADAM 22 S, 6 à 9

1843. Moulin Fabreguette. AC/ADAM 3 N 8

1849-1861. Hôtel de Ville. AC/ADAM 2 M 1

1852-1853. Moulin de la Moutte. AC/ADAM 3 N 8

1854 29 octobre. Source de Baume Obscure. AC/ADAM 3 N 5.

1855 13 mai. Bassins à laver le blé. AC/ADAM, 01 DD 004, f° 60

1855 22 mai. Réception des travaux de la maison d’école. Idem, f° 65..

1857 9 août. Source de Blaqueirette. AC/ADAM 3 N 5.

1858 8 mai. Jas de Ferran. AC/ADAM, 01 DDD 04

1859 16 février. Relais du Petit Saint-Jean. AC/ADAM 091 D 004, f° 125

1863 22 février. Chemin de la Tire. AC/ADAM, D 005, f° 1

1864 2 mars. Etat des chemins ruraux. AC/ADAM 4 O 2

1864 20 novembre. Couverture le fontaine publique. AC/ADAM, 1 D 005.

1865-1866. Fontaine de l’Apié. AC/ADAM 1 D 005, f° 29-30, 35 et 44.

1867 5 octobre. Devis de construction d’un four à pain Place du Tour. AC/ADAM 8 M 2

1869 20 avril. Colonne Napoléon. AC/ADAM 1 D 005, f° 80

1873 2 novembre. Relais du Petit Saint-Jean. AC/ADAM 1 D 006, f° 39-40

1874 8 mai. Fin des travaux au clocher. AC/ADAM, 89 M 1

1877 5 août. Construction de puits dans le Deffens. AC/ADAM 1 D 006

1878 12 mai. Achat de conques pour les puits de Deffens. AC/ADAM 1 D 006

1878 12 mai. Largadou. AC/ADAM 4 0 12

1879 9 octobre. Séchoir à blé. AC/ADAM 8 M 3

1901 9 juin. Pose de chaînes à la fontaine de la Rouguière. AC/ADAM 01 D 008.

1911. Destruction du Pont de Siagne. AC/ADAM 4 0 10

1913. Cadastre. ADAM

1917 25 juin. Attribution du nom de rue Adrien Guébhard. AC/ADAM 01 D 010

1921-1924. Monument aux Morts. AC/ADAM 5 M 2

1931. Reconstruction du Pont de Siagne. ADAM 329 S 1.

1947 18 octobre. Parking Saint-Roch. AD, DD 18, f° 33.

 

SOURCES IMPRIMEES

 

- ALPES ROMANES. Zodiaque, 1980, plan n° 54, texte p. 31

- BOTTIN, 1882. Notes sur quelques monuments préhistoriques des Alpes-Maritimes. Nice.

- BOTTIN, 1885. « Mémoire sur dix tombes de l’époque préhistorique à Saint-Vallier », Ann. de la Soc. des Lett., Sc. et Arts des A.M.,t. X (dolmen de Verdoline).

- BOTTIN, 1899. « Découverte et fouille de neuf tombes aux environs de Saint-Vallier-de-Thiey », Ann. de la Soc. des Lett., Sc.et Arts des A.M. T XVI.

- BRETAUDEAU Georges. Les Enceintes des Alpes-Maritimes. Nice, IPAAM, 1996.

- FLAYAC Alain. Saint-Vallier et ses environs. Solar, Paris, 1977.

- FOR 2. COMPAN Michel. Les sites romains des Alpes-Maritimes. Mise à jour de la Forma orbis romani. Thèse de IIIe cycle. Aix, 1980.

- FOR 1. Forma orbis romani. BLANCHET, COUISSIN , GERIN-RICARD, Carte archéologique de la Gaule romain, Paris, 1931

- GARCIN. Dictionnaire historique et topographique de la Provence ancienne et moderne. Draguignan, 1835. (article Saint-Vallier, p. 553-562).

- GUEBHARD Adrien (1895). « Ponadieu et les environs de Saint-Vallier-de-Thiey ». CAF, T. XVI, p. 115-139.

- MISTRAL Frédéric. Lou Tresor dou Felibrige.

- NOYON. Statistique du département du Var. Draguignan, 1846.

- FONTMICHEL Hervé de. Le Pays de Grasse. Grasset, Paris, 1975.

- SENEQUIER Paul (1885). « Excursions archéologiques aux environs de Grasse », Ann. Soc. Sc. et Lett. A.-M.,t. X, p. 418.

- SENEQUIER Paul.1891 Monographie de Saint-Vallier. Grasse.

- SENEQUIER Paul, 1900. Cabris et Le Tignet. Grasse.

- THIERY Daniel, 1990. Promenades archéologiques et pastorales dans le pays de Saint-Vallier. 2e fascicule : Du pas de la Faye au Doublier »


 

INDEX

 

Agriculture
Croix du Castellas    Oratoire Notre-Dame 
Aire de battage  Croix du Chêne bénit    Parc
Arboin   Danse   Parra (la)
Arrentement     Degoutay  Pas de la Faye 
Average  Doublier  Passages (les)
Banalité    Eglise  Pêche 
Bastide   Elevage  Peirachier
Bastidon   Escourachie  Petit Saint-Jean (Relais)
Baume Obscure  Fabrique (La)   Petit Saint-Jean (Oratoire)
Blaqueirette   Faissolade  Pierre druidique
Bornage   Flayac Alain   Plantes aromatiques

Bottin Casimir 

 Fontagoutte  Ponadieu
Boucherie   Fontaine (La)  Pont de Saint-Jean
Cadastres anciens   Fontaine de l’Apié   Population
Cahier de doléances  Fontaine de la Rouguière  Pra Redon
Caillassou  Fontaine des Prés   Préhistoire
Camp de la Malle  Forains    Privilèges
Canne  Forêt  Procès
Carrières et Mines  Fours à pain  Puas 
Casal  Fubie (La)  Rocca Dura
Castel Abram  Goby Paul  Romains
Castellaras de la Tourré  Grand Pré   Rouméguières (Les)
Cavagne     Grange de Jourdan   Route Napoléon
Chapelles  Grotte Lombard  Sainte-Brigitte
Chapelle Sainte-Luce   Guébhard Adrien    Saint-Roch (Place)
Chapelle Saint-Esprit   Historiens de Saint-Vallier  Saint-Vallier
Chapelle Saint-Jean   Hôtel de Ville  Séchoir à blé 
Chapelle Saint-Pons   Jas   Sénéquier
Chemin de la Tire  Jas de Ferrand  Sempre Parri
Chèvre d’Or  Largadou Serment civique
Citerne (La)  Lauteron   Séverine
Clocher  Loubric  Terroir de Saint-Vallier
Clots   Malle (La)  Tour de Nans
Col de la Lèque   Malle Graou   Transaction
Colle (La)  Miel    Transhumance  
Colle Quenouille   Migliore Evelyne  Tuilerie
Collet Assou   Monument aux Morts  Vacher Myriam
Colonne Napoléon   Moulins à blé  Vanade
Combe  Moulin de la Motte  Verdoline 
Courtil    Moulin de la Moutte  Vigne 
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