Daniel Thiery

Les Toponymes

 

Les Toponymes

 

Escragnolles

 

 

Ouvrages de références

 

1. BOUFFARTIGUE J., DELRIEU A.-M., GARRUS, R., Etymologies du français, Belin, 1996, 3 vol.

2. DAUZAT A., DESLANDES G., ROSTAING Ch., Dictionnaire étymologique des noms de rivières et de montagnes en France, Glincksieck, Paris, 1982.

3. DAUZAT A., Dictionnaire étymologique des noms de famille et prénoms de France, Larousse, 1994.

4. DAUZAT A., ROSTAING Ch., Dictionnaire étymologique des noms de lieux en France, Guénegaud, Paris, 1963.

5. DUBOIS J., MITTERAND, H., DAUZAT, A., Dictionnaire étymologique et historique du français, Larousse, 1994.

6. FOURVIERES (de) Xavier, Lou Pichot Tresor, M. Petit, Raphèle, 1987.

7. GAFFIOT F., Dictionnaire Latin Français, Hachette, 1934.

8. GREIMAS A.-J., Dictionnaire de l’ancien français, Larousse, 1988.

9. MISTRAL F., Lou Tresor dou Felibrige, Edisud, 1979.

10. MORLET M.-T., Dictionnaire étymologique des noms de famille, Perrin, 1997.

11. ROSTAING Ch., Essai sur la toponymie de la Provence, Laffitte, 1950.

 

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Les chiffres (   ) suivis d'un numéro de page renvoient à la liste ci-dessus 

 

Adrech (de Clars). (1688). Prov. adré, adrech, versant exposé au soleil. Latin, ad-directum (9. p. 34).

Aigues nègres. Vallon d’aigues nègres (1559). (1562). Prov. : les eaux noires. Latin, aqua niger.

Aiguine (d’). (1733).

Amphons (les). (1688 : anfons). (1733 : a quo denfons). (1930). (1995). Prov. : désigne une fontaine. Latin, fons, fontis, avec la préposition en, à, dans. Littéralement : « à la fontaine ».

Ansueyne. (1559). (1698). Peut désigner un endroit boueux, prov. en sueio. Occitan solha, bourbier. (9, p. 933).

Aquo du Michel. (1733). Prov., aco de, enco : chez. (9, p. 895).

Aspres (les). (1733). Prov., aspre, lieu âpre, rude. Latin, asper.(9, p. 151. 7, p. 172)

Aubeiras (les). (1733). Prov. : aubiero, aubieiro, lieu planté de peupliers blancs. Latin alba. (9, p. 171).

Auprat (d’). Moulin d’auprat (1609). Prov. prat, pré. Latin pratum. (9. p. 636)

 

Baou Mourine. (1995). Prov. baus, escarpement. Mourine : prov. morre, mourre, rocher en forme de museau, de groin, avec suffixe. Latin balteus, balcon, pré-latin, *murr-. (2, p. 112 et 176).

Bardasse. (1688). Prov. bardasso : vilain bât. Bardassa : jeter à terre violemment. Bard, avec suffixe augmentatif, «  boue, argile », conviendrait mieux. (9, p. 227).

Basses Rouvières. (1733). Prov. Rouviero : chênaie, bois de rouvres. Latin robur. (5. p. 678, 9, p. 821).

Basset. L’apier du basset (1562). Bausset (le). Prov. bausset, dim. de baus, « petit escarpement » (voir baou). (2. p. 115 ; 11 p. 79).

Bastide (la). (1995). Prov. bastido, ferme. Bas-latin bastita.(4, p. 57).

Bastide des Gallans. (1733).

Baume de la Ville. (1734).Baume située sous la chapelle Saint-Martin, « ville » rappelant l’ancien habitat et village.

Baumette de Clars (la). (1688). Prov. : baumeto : petite grotte. Pré-latin balma avec diminutif (4, p. 49).

Baumon de Pie. (1688). Prov. Baumo : grotte. (voir baumette).

Bay. (1562 : la faye du). (1688). (1733). (1817. 1930. 1996 : bail). Nom d’homme germanique Baia ou latin Baius ou Badius (4, p. 60). Couleur baie du cheval (3, p. 32 ; 8, p. 58).

Beiraud. (1733). Beirat. (1995 : combe de) ?

Bel Homme. (1733).

Bellie (la). (1733).

Berlandou. (1733).

Briasq. (1930). P-i-e, racine oronymique *br-, avec suffixe d’époque romaine –iasc, « montagne » (le même toponyme se retrouve à Entrepierres (AHP). (11, p. 103).

 

Cabanon (le). (1930. 1995).

Campasses (les). (1733).

Camp bequetou. (1688). Se trouve au hameau du Bay. Prov. : bequetoun, bequetou, petit bec (probablement toponyme orographique). (9, p. 267)

Camp de meche. (1688 : au-dessus du Logis). Probablement de prov. mechoun, meijour, midi, milieu (9, p. 307-336).

Campduc. (1733).

Camplong. (1733).

Camp Morlan. (1688). Camp Mourlan (1733). Nom de famille, Morlan, Mourlan, sous-dérivé de More, « brun de peau comme un Maure » (3, p. 441).

Campons (les). (1733). Prov. champoun, campoun, campagne (9, p. 528).

Camp Turquet. L’eau de can turquet (1562).Source de camp turquet (1609). Prov. turc, stérile et diminutif (6, p. 331). Ou sobriquet avec diminutif, « petit turc » (3, p. 580).

Castellar (le). (1688). Prov. castelar, château-fort (castel avec diminutif –are. (4, p. 154). Latin castellum.

Castellas (le). (1733. 1930. 1995). Prov. castelas, vieux château, grand château.(castel avec augmentatif –acius). Latin castellum.

Cavallet. Montagne du Cavallet (1609). (1930). (1995 : le Cavalet). Prov. cavalet, petit cheval

Chapasses (les). (1733).

Château (le). (1930).

Chemin royal. (1688).

Clapasses (les). (1733). Prov. : clapassas, gros bloc de pierre, clap avec augmentatif. (9, p. 564).

Clapeiras (les). (1688). Prov. clapeiras, amas de pierres, clap avec augmentatif (9, p.565).

Clapiers (les). (1733). Prov. clapié, tas de pierres.

Clars. (1259). (1305). (1559). (1698). (1733). (1995). Racine pré-indo-européenne *kl-, avec suffixe –ar-is, désignant une montagne (11, p. 123 ; 2, p. 132).

Clauset (le). (1688). Prov. clauset, petit clos, claus avec diminutif (9, p.568).

Clot Gineu. (1733). Prov., genèsto, genêt ( ?)

Clot rouan. (1688). (1733).Courouan (1930). Coucouran (1995). Toponyme difficile à interpréter. Goby (1930) l’écrit con-rouan, Octobon (1962) courouan et camp rouman. Mais les formes anciennes n’offrent pas camp rouman ou roumian comme certains l’avancent (Sénéquier, 1881) et ne peut se traduire par « camp romain ». Seul clot au lieu de cou, paraît assuré. Rouan, en prov., est un nom de famille.

Clot roubin. (1688). Prov. roubin, rubis, bai-clair ( ?) ou nom d’homme ?

Colle (la). La Colle, soit pin (1562). (1688 : aux confins de Canaux. Pins de la Colle). (1733). (1995). Prov. colo, colline, montagne du latin collis (9, p. 577).

Colle au baumon de Pie (la). (1688). Pie, nom de famille d’Escragnolles.

Colle du maure. (1688). Prov. Maure, nom de famille (9, p. 303) ; sobriquet, « teint basané comme un Maure » (10, p. 375).

Combe cacharde (la). (1733).

Colette (la). (1688). (1733). (1930). (1995). Prov. couleto, petite colline (9, p. 604).

Combe Carlette. (1995). Prov. coumbo, vallée profonde (9, p. 609). Prov. carlet, carrelet, jonc fleuri (9, p. 478)

Condamines (les). (1688 : sous la chapelle). (1733). (1995). Latin médiéval condominium, terre réservée au seigneur et exempte de droits (4, p. 206).

Cougoulin (le). (1688). Semble être le même nom que celui de village de Cogolin, Cougoulin, dérivé du latin cucullus, capuchon,et suffixe –inum, métaphore géographique (4, p. 199).

Coulette (la). (1733). Voir Colette (la).

Cressonnière. (1562 : l’eau de la craissoniere). (1733). Lieu où pousse le cresson. Francique *kresso.(5. p. 197 ; 8, p. 150)

 

Doumestegue (le jas). (1733).

Draye (la). (1562 : la draye venant de Ville vieille). (1671). Prov., draio, chemin. Latin traha.(9, p. 825).

 

Escragnolles. Scanola (1196). Sclannola (1213). Sclanola (1219). Esclangolo, Esclaniola (1235). Esclagnolle (1562). Escragnolle (1612). Escragnolles (1788). Toponyme d’origine

pré-indo-européenne, à base de la racine *kl-, signifiant « montagne », précédée du préfixe –s, suivie d’un élargissement –an- (11, p. 126 ; 4, p. 270).

 

Faisse (la). (1688). (1733). Prov. faisso, plate-bande. Latin fascia (9, p. 1092).

Fenouilhet. Fenoulhet (1609).. Prov. fenouiet, petit fenouil. Latin feniculum (9, p. 1118). Lieu-dit situé devant le château et le moulin des Robert.

Figueirets (les). (1930. 1995). Prov. figueireto, dim. de figuiero, petit figuier. Latin ficaria (9, p. 1132).

Flamenquiers (les). (1733). Prov. adjectif flamenc, enca, désignant « couleur de flamme » (9, p. 1142) ?

Fondudes (les). (1733).

Fontaine de notre dame (la). (1733).

Font blanche. (1688).

Font du bosq. (1688). Se trouve au hameau du Bay.

Fontete (la). (1688). Prov. founteto, petite fontaine, jolie fontaine (9, p. 1162).

Fustet (le). Bois du Fustet (1671). Prov. fust, bois, fustet, petit bois. Bas-latin, fustetus. Latin fustus (9, p. 1195).

 

Gabre (le). Vallon dau Gabre (1562). Gabré (1671). Gabre (1688. 1930. 1995). Altération du prov. vabre, ravin croisé avec le pré-latin gabarus, gave (4, p. 308 ; 9. p. 1077).

Gallants. (1733 : bastide des Gallans). (1930. 1995 : les Galants). Nom de famille.

Gairau. (1688). Glairas (les). (1733). Prov. glairo, gros gravier. Latin glarea, gravier (9, p. 58)

Gorgue de Ganié. (1562). Prov. gorgo, gorge, vallée étroite (9, p. 64). Ganié ?

Gorguette (la). (1562). (1688). Gorguette de Clars (la). (1688). Diminutif de gorgo.

Grand font (la). Grand font de Bay. (1688). (1733).

Grangasse (la). (1688). (1733). (1995) ?

Gras (les). (1930). (1995). Nom de famille.

Grassentines (les). (1733).

 

Hourmes (les). (1733).

 

Janonet, Janounet (1688). (1733). Prov. nom de famille, « Jeannot », « petit Jean » (9, p. 153).

Jas damplegue. (1688) ?

 

Lachen. (1930). Lèchen (1995). Peut provenir de la racine préceltique *calmis, dérivée de *kal-, avec agglutination de l’article, comme dans Lacan, Lachamp, Lachat, Lachau, Lachens, l’Achen. Toponyme désignant la pierre, le rocher, une hauteur dénudée (2, p. 124 ; 4, p. 132).

Leuse. (1733). Prov. l’éuse, bois de chênes. Latin ilex (9, p. 1082).

Ligneresq. Lignaresq (1733) ?

Logis. (1609).(1688 : masage du Logis). (1733). Prov. lougis, logis, auberge, latin, logeum. (9. p. 229).

 

Malignagne. (1688) ?

Maurinon (le). (1733).

Masage du logis. (1688). Prov. masage, masure, habitation, gîte, hôtellerie. Latin mansus (9, p. 288).

Mendié (le). (1733) ?

Moisaq. (1733). Gentilice latin Mustius (11, p. 360) Nom d’homme latin Mustius ou Muscius et suffixe –acum (4, p. 460). Pourrait indiquer une implantation gallo romaine. Le quartier est situé en limite avec Séranon.

Molière (la). (1688). Prov. mouliero, mollière. Latin mollis, mou et suffixe –aria, terrain mou, humide (4. p. 461).

Monjoun. (1733). Peut-on reconnaître un toponyme composé de deux mots : mount et joune, « petit mont » ; ou un « mont jovis », montagne de Jupiter ? Sénéquier (1881) opte pour « petit mont » mounjoun, reconnaissant dans joun un diminutif.

Motte (la). Le content de la Motte (1562).

Mourlans (les). (1930). (1995). Nom de famille.

 

Péguière (la). (1688). (1733). Prov. peguiero, lieu où l’on recueille la poix, racine pego, latin pix, icis (9, p. 518).

Peireguis. (1733).

Pissecan. (1688). (1733). Prov. pisso-can, pissacan, champignon vénéneux, plantes sur lesquelles les chiens viennent pisser (9, p. 583).

Planestas (les). (1688). Prov. planestèu, plateau, terrain plat et élevé, latin planitia (9, p. 589).

Pousses. Fontaine du pousses (1609). Prov. pous, latin puteus (9, p. 628).

Prat de barbier. (1688 : dit clot de meche). (1733 : pred Barbier).

Pras (les). (1733).

Puy (le). 1733).

 

Quatre termes. Lou quatre termes (1559). Les quatre termes (1995)

 

Ray (le). Ray danrieque, vallon dau ray, ray dansuei (1559). Le Ray (1688. 1930. 1995). Prov. rai, rais, fil de l’eau, courant, jet de liquide (9, p. 688) ou de l’ancien français raier, du latin radius, jaillir, ruisseler, endroit où coule un ruisseau (10, p. 837 ; 3, p. 511).

Ribas (le). (1733). Ribes (les). (1995). Prov. ribas, rive escarpée, grand talus, penchant d’un coteau, latin ripa (9, p. 787).

Roschette (la). (1733).

Rouguières. (1688). (1733). (1995 : les Rougières). Prov. rougiero, rougièiro, terrain de couleur rouge. Latin rutilus (9, p. 808).

Rouvières. (1733). Rouyère. (1930. 1995). Prov. rouviero, chênaie, bois de rouvres, latin robur (9, p. 821).

 

Saigne (la). (1733)/

Saint-Martin. (1733). (1930). (1995)

Saint-Pons. (1562). (1688). (1733). (1995)

Sambuc. Font dau Sambuc (1559). Le Sambuc de Clars (1688). Sambuc (1733. 1995). Prov. sambuc, trou d’eau.

Sardou (a quo de ). (1733).

Savettes (les). (1733).

Saveü. (1733). (1930. 1995 : les savéous). Prov. savèu, sable grossier, terre sablonneuse. Latin sabulum (9, p. 861).

Sorbière (la). (1688). Prov. sourbiero, sorbier, cormier, racine sorbo, latin sorbum (9. 920).

 

Tabarin, tabourin (1688 : sambuc de Clars dit tabarin. Camp tabourin). (1733 : tabourin) ?

Tabasson (ribas de). (1733). Sous-quartier de Rouyère.

Taffons (les). (1733).

Tiey (le). (1733).

 

Ubac (l’). Ubac de Clars (1559). Prov. ubac, partie de la montagne exposée à l’ombre, au nord. Latin opacum (9, p. 1068).

Ubac de Martine (l’). (1688).

 

Vallon (le). (1733).

Ville vieille. La draye venant de ville vieille (1562. 1609). (1688).