Daniel Thiery

Les Posterles

 

Les Posterles, Pousterles, Posteles, Portes

 

et leurs dérivés

 

 

Nous avons été dirigés vers ces vocables par la découverte de plusieurs d’entre eux dans le canton de La Motte-du-Caire et de Turriers, où nous résidons depuis l’année 2003. Des particularités remarquables se sont révélées à l’issue de l’observation des cadastres et du terrain.

 

La Pousterle

Sur les limites communales entre Faucon-du-Caire et Le Caire, figure le toponyme livré par la carte IGN : la Pousterle. Il est situé sur un sommet à 1370 m d’altitude. Cette limite est non seulement communale, mais également sépare les deux cantons de La Motte-du-Caire et de Turriers. Avant la Révolution, ces deux cantons dépendaient de deux évêchés, la Motte-du-Caire de celui de Gap, Turriers d’Embrun.

 

La Postelle

Si sous suivons cette frontière vers l’est, après avoir traversé le Grand Vallon où se niche le village de Faucon-du-Caire, nous parvenons sur la rive opposée à un nouveau sommet perché à 1531 m appelé LA POSTELLE dominant à 220 m au SSO le lieu-dit les Quatre Bornes. C’est à cet endroit que se rencontrent les quatre communes de Faucon-du-Caire, du Caire, de Clamensane et de Bayons. C’est également la limite cantonale et l’ancienne limite entre les deux anciens évêchés.

 

Saint-Amand

En suivant toujours la limite cantonale vers le sud sur 3160 m, nous parvenons à la Chapelle Saint-Amand. Située à 1252 m d’altitude, sur un replat de la montagne et à l’aplomb d’une falaise, elle domine la vallée de la Sasse. Elle est signalée en 1600 comme faisant l’objet d’une procession par les paroissiens. Achard la cite et elle figure sur Cassini. A la même époque, le 18 mai 1786, permission est donnée par l’abbé de La Villette, vicaire général, au curé de Clamensane de conduire processionnellement sa paroisse à la chapelle de St-Amant le lendemain de la Pentecôte, d’après l’usage et suivant un vœu. Féraud confirme la procession : on trouve sur une montagne, à deux heures du village, une chapelle dédiée à Amand, qui est fort ancienne et en grande vénération dans la contrée. Ici encore, le site marque l’ancienne frontière séparant les deux diocèses et les deux cantons.

 

Rocher des Portes

Quittant Saint-Amand et suivant sur la carte IGN le tracé de la limite cantonale en descendant vers le sud, nous arrivons 1100 m plus bas à l’entrée de la Cluse de Bayons. Et là, se dresse le Rocher des Portes.

 

La Pousterle, la Citadelle, la Crête des Gardes

Longeant le lit du torrent, la frontière remonte ensuite vers le sud, passant dans l’ancienne commune d’Esparron-la-Bâtie (rattachée à celle de Bayons en 1974). Toujours sur la même frontière, on rencontre trois toponymes : la Pousterle (Section A du cadastre napoléonien), la Citadelle (1438 m) et la Crête des Gardes (1542 m) sur la carte IGN. Il faut noter que deux toponymes, auquel est associé la Pousterle, font référence à une surveillance sur une ligne de crête partageant deux bassins. Le périple se termine au Sommet de l’Oratoire.

 

L’Oratoire

Il est le dernier jalon dans nos deux cantons, posté sur un sommet culminant à 2072 m, en limite entre des communes, des cantons, des anciens évêchés et des frontières antiques. Il est en effet à la jonction des communes de Bayons, d’Esparron-la-Bâtie et de Barles, des cantons de Turriers, de La Motte-du-Caire et de Seyne, des anciens évêchés de Gap, de Digne et d’Embrun, des vigueries de Sisteron et de Seyne, des tribus ligures des Bodiontici de la Bléone et des Avantici de Gap (Barruol*, p. 287-291). Le cadastre de Bayons signale une croix dite de l’Oratoire, un peu en-dessous du sommet. Mais c’est le sommet qui est dit l’Oratoire. Peut-on, comme à Saint-Amand, envisager un monument d’abord païen, puis christianisé, pour marquer cette frontière importante ? Comme nos chapelles édifiées sur des sommets, limites de diocèses ou de pagi médiévaux et qui, plus d’une fois, ont pris la relève d’un temple ou d’un modeste fanum païen, les sanctuaires antiques eux aussi se trouvaient souvent sur des frontières de peuplades (Barruol*, p. 118).

 

Carte Posterles

 

Carte des deux cantons de La Motte-du-Caire et de Turriers délimités par traits rouges

Anciens évêchés de Gap et d’Embrun

Ancienne frontière romaine et pré-romaine

Rond Jaune : les 3 posterles, Saint-Amand, le Rocher des Portes et l’Oratoire

 

Ce n’est pas un hasard si le toponyme se retrouve par quatre fois sur la même frontière, sur des sites de hauteur, en dominance. Avant l’empereur Auguste et la création de la province des Alpae Maritimae, cette frontière séparait la Provincia du royaume de Cottius, vaste territoire du nom des Alpes cottiennes s’étendant sur les deux versants des Alpes et dont la capitale était Suse. Sous Auguste, le royaume de Cottius, allié de Rome, conserva son indépendance et fut déclaré province impériale sous Néron en l’an 36.

 

Les posterles que nous avons décelées pourraient être des postes de surveillance et être l’œuvre des Romains à un moment où les Alpes cotiennes n’étaient pas encore les alliées de Rome. Réparties à des points stratégiques, en hauteur, surveillant un vaste périmètre, elles contribuaient à la défense du territoire conquis et pacifié.

 

Guy Barruol*, p. 117, observe chez les Romains un nombre important de monuments-frontières, qui, dans la désignation des limites leur servaient de points de repères fixes et inamovibles, par exemple des tombeaux monumentaux. Le site de Saint-Amand pourrait se révéler être l’un d’entre eux, on y découvert des fragments de tegulae et des tombes. Le site aurait été repris ensuite lors de la christianisation pour sacraliser un monument païen, tombeau ou petit temple. L’attrait de la population vers ce haut lieu, dans les deux sens du terme, ferait ainsi suite à une tradition dont elle aurait perdu l’origine et le sens premier. Le pèlerinage avait été abandonné dès le début du XXe siècle. Il a été repris après la restauration de la chapelle effectuée en 1999-2000.

 

Lors de la création des évêchés à partir du Ve siècle, ils furent calqués sur les divisions administratives romaines, elles-mêmes reprenant les territoires des peuplades ligures. Les civitas romaines, selon Jules César, désignent les grandes confédérations de peuples, puis, avec Auguste, deviennent la cellule fondamentale de l’organisation administrative impériale (Barruol*, p. 121). La civitas, gardait le plus souvent les limites territoriales de la peuplade indigène à laquelle elle succédait officiellement (Barruol*, p. 122). La civitas fut choisie comme circonscription ecclésiastique de base et son chef-lieu pour siège de l’évêque (Barruol*, p. 123). C’est pourquoi, à l’origine, les évêchés furent aussi nombreux que les civitas. Dans le département des Alpes-de-Haute-Provence, on décomptait Riez, Sisteron, Digne, Thorame, Glandèves, Senez, Castellane. Mais d’autres évêchés, comme ceux de Gap, Embrun, Apt et Aix y possédaient des paroisses.

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Il fallait, suite à cette découverte, confronter ces données aux définitions fournies par les dictionnaires :

 

Bos A. (Glossaire de la langue d’oil, XIe-XIVe siècles, Paris, 1891, p. 378) : Posterle = poterne. Provençal, posterla ; italien : postiérla. Etymologie : *postérla pour postérula, sentier dérobé, de posterum, qui est derrière.

Bouillet M.-N. (Dictionnaire universel des Sciences, des Lettres et des Arts, Paris, 1896, p. 1335) : POTERNE (de posterula, s.-ent. porta, porte de derrière; on disait jadis posterle), galerie voûtée souterraine placée dans une fortification pour communiquer avec l'extérieur.

Burguy G.F. (Grammaire de la langue d’oil, Leipzig, 1856, p. 300) : Posterle, posterne : poterne, fausse porte, porte de derrière, petite porte, de posterula, sentier de traverse.

Gaffiot (Dictionnaire latin, p. 1207). Posterula : porte de derrière, voie indirecte.

Du Cange (Glossaire médiéval)

Posterula : posterior porta, vel portula, alias posterna.

Variantes : posterla, pusterla, posterna, pusterna, poterna

Mistral Frédéric (TDF, p. 631) : en provençal : pousterlo : petite porte dans les Alpes

Dauzat, Deslandes, Rostaing (Dictionnaire étymologique des noms de rivières et de montagnes en France, p. 194) : Pousterle, ancien provençal, posterla, poterne ; terme de fortification employé métaphoriquement.

Larousse (Dictionnaire étymologique et historique du français, p. 605) : Poterne : fin XIe s., altération de posterle, du bas-latin posterula (IVe s.), « porte dérobée », « porte de derrière », de posterus.

Larousse (Dictionnaire de l’ancien français, p. 508) : Posterle : début XIIe s. du bas-latin posterula, porte de derrière. Poterne.

Mourral Daniel (Glossaire des Noms Topographiques les plus usités dans le Sud-Est de la France et les Alpes Occidentales, Grenoble, 1907, p. 97) : sentier escarpé ; sentier ou chemin dérobé ; col ; passage ; défilé. Col de la Posterle, de l’Argentière à Ville-Valouise ; le pas de la Posterle, de Gresse dans le Vercors. A Auch, les rues montueuses sont appelées posterles.

Port : du latin médiéval portus : passage. Col des Pyrénées françaises, également quelques-uns en Espagne : port et puerto. Dans les Pyrénées, avec des variantes ; cols du Pourtalet, du Perthus, du Portillon, etc.

Port, du latin porta, brèche, défilé.

Wikipedia : Les pousterles sont d'étroites ruelles médiévales à forte pente, souvent en escalier, reliant la haute ville d'Auch à la rive gauche du Gers. Elles sont bordées de pittoresques maisons à colombages et portent souvent des noms gascons telle la pousterle des couloumats (pigeons en gascon) ou la pousterle de las oumettos (les petits ormes en gascon).

 

A Sisteron : rue de la Pousterle, ainsi qu’à Nîmes.

 

Le sens général qui se dégage de ces définitions est celui de porte dérobée, cachée, étroite, avec en corollaire le sens de passage avec les mêmes qualificatifs. Il ne correspond pas à la réalité révélée dans notre canton où il souligne à la fois une frontière antique et une frontière d’évêchés, de cantons et de communes. On constate également qu’il s’agit de lieux perchés, isolés, en montagne désertique.

 

Il fallait donc chercher d’autres toponymes, si possible plus nombreux, pour comparer ces définitions divergentes et s’approcher au plus près de la réalité. Il ne semble pas que d’autres chercheurs se soient investis sur ce sujet.

 

Nous avons relevé tous les toponymes fournis par la carte IGN. Quand cela était possible, nous les avons confrontés avec le cadastre napoléonien (Plan et Etat des Sections). Egalement avec d’autres documents, comme les cartulaires médiévaux et d’autres textes. Ils ont été classés par département, sans ordre défini, au fur et à mesure des découvertes.

 

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L’astérisque * renvoie à la bibliographie.

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Inventaire des toponymes

 

Alpes-de-Haute-Provence (04)

 

1. Bayons : la Postelle

. Cadastre, de Bayons, section A 2, de Rouinon : sommet de la Postelle.

. IGN : la Postelle. Située au Quatre Bornes, limites communales entre Faucon, Le Caire, Clamensane et Bayons. Altitude : 1581 m.

Coordonnées géographiques. Longitude : 6 06 211 ; latitude : 44 21 342 ; Altitude : 1581 m.

Avant la Révolution limite entre les diocèses de Gap et d’Embrun.

A l’époque romaine frontière entre la Provincia et les Alpae Maritimae.

Avant Auguste limite entre la Provincia et le Royaume de Cottius.

On retrouve cette frontière à Faucon-du-Caire, à Clamensane avec Saint-Amand, avec le Rocher des Postes au Forest-Lacour (Bayons) et à Esparron-la-Bâtie (voir 2).

 

2. Bayons. Ancienne commune d’Esparron-la-Bâtie : la Pousterle

Le vocable n’est cité ni par le plan cadastral napoléonien de la commune ni par la carte IGN, seulement dans l’état des sections de la commune d’Esparron-la-Bâtie, en section A. Il est associé au toponyme les Gardes (Crête des Gardes sur IGN). Sur une ligne de crête aux alentours de 1500 m d’altitude, la pousterle est placée en limite des communes de Bayons et d’Esparron-la-Bâtie et sur l’ancienne limite des diocèses de Gap et d’Embrun. La crête poursuit vers le sud jusqu’au sommet de L’Oratoire à 2072 m. A relier à 1 et 3.

Coordonnées géographiques. Longitude : 6 09 585 ; latitude : 44 18 500 ; Altitude : 1573 m.

 

3. Faucon-du-Caire / Le Caire : la Pousterle

. IGN : sur les limites communales entre Faucon et le Caire et départementales 04 et 05 : la Pousterle.

Avant la Révolution limite entre les diocèses de Gap et d’Embrun.

Sur sommet, 1370 m. au nord du village du Caire. A 1150 m à l’O du Grand Vallon.

Coordonnées géographiques. Longitude : 6 04 181 ; latitude : 44 23 442 ; Altitude : 1352 m.

A relier avec 1 et 2.

 

4. La Robine-sur-Galabre. Ancienne commune de Tanaron : la Pousterle

. Cadastre 1829 Tanaron : section B 1, les Gardes, Baisse de la Pousterle, en limite communale avec la commune de Lambert.

. Carte IGN : la Pousterle, 1415 m. A l’aplomb d’une falaise rocheuse. A 1500 m au SE (108°) de Lambert.

Coordonnées géographiques. Longitude : 6 14 214 ; latitude : 44 12 363 ; Altitude : 1407 m.

 

5. Saint-Geniez-de-Dromon / Chardavon (rattaché en 1861) : Posterula, Postaille

. 1030 CSV* II, n° 713, p. 59 : ab oriente, sicut descendit vallis Marchionis et ascendit usque ad Posterulam ; a meridie, sicut aque vergit atque ad clusam vallis Cardaonis ; ab occidente, a clusa usque ad coulem Tannaruge ; ab aquilone, a supradicto colle, sicut aqua vergit usque ad sumitatem vallis Marconis.

. 1035 circa. CSV* II, n° 718, p. 64 : ad meridie, Posterula de rocha Cardaonis, et sicut rocha tenet usque ad clusa Cardaonis, et alia roca sursum in Velega, et descendit in collo Tannaruga, et vadit sursum in Gardiola, et alia roca usque ad Escala et usque ad Ursaiola.

. 1038, CSV* II, n° 721, p. 66 : ab oriente, rivus qui descendit de Salsa ; a meridie via puplica, et de via puplica, usque in Posterula ; ab occasu, roca Cardaonis.

. 1204 avril, RACP* n° 34, p. 42-43 : donamus …. viam que transit intra caminos territorii de Chardaon, ita scilicet quod nulli pateat de cetero transitus per viam illam, neque per posterlas, neque per aliqua diversoria. Commentaire de BOUCHE* I, Additions, p. 9 : transitus per viam illam neque per POSTERLAS (c’est un mot provençal qui signifie proprement un chemin étroit, caché et dérobé ; et signifie ici un chemin qu’on peut trouver entre les fentes des rochers pour entrer dans la plaine : Et de fait il y a un petit chemin, fort mal aisé entre les rochers, pour venir de Naus à Chardaon, qui se dit encore aujourd’hui la posterle.

. 1814. Cadastre, section Chardavon A et B : Postaille, Ravin de la Postaille. Au Sud de Chardavon, en limites des communes de Saint-Geniez et d’Entrepierres et du hameau de Naux.

. Carte IGN : non cité, à situer au sud de Chardavon, quartier de l’Hubac vers 1300 m d’altitude, barre rocheuse dominant au sud le territoire de Naux et Mézien sur Entrepierres.

Coordonnées géographiques. Longitude : 6 02 103 ; latitude : 44 13 292 ; Altitude : 1291 m.

 

6. Noyers / Saint-Vincent-sur-Jabron : la Postelle

. Carte IGN, quartier de la Garderie, 1195 m, limite entre les deux communes, sur le GR 946 (Tour des Préalpes du Sud, de Serres à Entrevaux), près du Gîte Forestier de Couais. A lier aux toponymes la Garderie et la Vigerie, sur un chemin que le cadastre dit de Noyers à Eourres, soit actuellement des Alpes-de-Haute-Provence aux Hautes-Alpes, avec une ancienne frontière entre les anciens diocèses de Sisteron et de Gap. A l’époque romaine, séparait les tribus des Avanticii des Sogiontii. Toponyme à lier à un poste de garde.

Coordonnées géographiques. Longitude : 4 45 388 ; latitude : 44 11 415 ; Altitude : 1195 m.

 

7. Noyers-sur-Jabron : Pas des Portes, Rochers du Pas des Portes

. Carte IGN : Pas des Portes, à 1080 m d’altitude, entre les Bauds Rochers et les Rochers du Pas des Portes, à proximité d’une frontière communale avec Valbelle et sur un vieux chemin reliant la Vallée du Jabron et le Pays de Forcalquier, aujourd’hui GR 6.

. Le cadastre napoléonien de 1831, section C reproduit les mêmes toponymes en y ajoutant Crête des Portes et une borne dite Jalon au Pas des portes, placée sur la limite communale. On retrouve les mêmes dénominations avec le cadastre de Valbelle de 1831, section E. Le vocable porte est ici associé au mot pas, dans le sens de passage étroit.

Coordonnées géographiques. Longitude : 5 50 167 ; latitude : 44 08 182 ; Altitude : 1080 m.

 

8. Saint-Vincent-sur-Jabron : Le Pousterloun, Pousterlon

. Cadastre 1831, section E 2 et 3 : Le Pousterloun, en limite des deux sections. Un bâtiment porte également le même nom.

. Carte IGN : POUSTERLON (en lettres majuscules), altitude : 1167 m avec une borne géodésique, à l’à-pic d’une barrière rocheuse. A l’est de la Montagne de St Michel et au NNO du hameau de La Parandière. Vocable provençalisé avec diminutif : petite porte.

Coordonnées géographiques. Longitude : 5 45 070 ; latitude : 44 09 034 ; Altitude : 1132 m.

 

9. Châteauneuf-Miravail : la Pousterle

Figure seulement sur la carte IGN, au sud du hameau de Boubenc. Altitude : 1020 m sur une plate-forme dominant la vallée du Jabron. Au passage d’un chemin.

Coordonnées géographiques. Longitude : 5 43 140 ; latitude : 44 09 038 ; Altitude : 963 m.

 

10. Senez : les Postels 

. Carte IGN : les Postels, à 800 m à l’ouest de Senez et à 890 m d’altitude. Ne correspond pas à un passage et est sans doute mal situé par IGN.

Coordonnées géographiques. Longitude : 6 23 507 ; latitude : 43 54 503 ; Altitude : 890 m.

 

11. Blieux : Portail de Blieux

. Carte IGN : Portail de Blieux, à l’ouest de Blieux sur la limite cantonale et communale avec La Palud-sur-Verdon, entre Le Chiran (1905 m) avec son observatoire et le Grand Mourre (1898 m). Altitude 1595 m à l’aplomb d’une falaise. Sur un ancien chemin allant de Châteauneuf-les-Moustiers à Blieux en passant par le Bas Chaudol. La limite cantonale a remplacé depuis la Révolution une frontière entre les vigueries de Castellane et de Moustiers et entre les diocèses de Senez et de Riez.

. 1278 ENQUETES*(p. 439-440, n° 882-883) : quod B. de Bliaus legavit ecclesie dicti loci unum campum situm in dicto territorio in loco qui dicitur Portals.

Coordonnées géographiques. Longitude : 6 19 296 ; latitude : 43 51 474 ; Altitude : 1614 m.

 

12. Blieux : le Portail

. Carte IGN : le Portail, au SE du site précédent entre le Grand Mourre (1898 m) et le Petit Mourre (1873 m). Dans la même situation que le précédent.

Coordonnées géographiques. Longitude : 6 20 307 ; latitude : 43 51 057 ; Altitude : 1864 m.

 

13. Entrages : les Portes

. Carte IGN : les Portes, à 1440 m au SSE d’Entrages, sur limite entre Entrages et Chaudon, limite avant la Révolution entre les anciens diocèses de Digne et de Senez et des vigueries de Digne et du Val de Barrême. A 1016 m d’altitude où la CAG 04* signale un passage mi-naturel, mi-taillé dans le roc (long. 50 m ; larg. 3 m), permettant une liaison directe entre le terroir d’Entrages et la vallée de l’Asse. Largement utilisé jusqu’au début du XIXe siècle, il figure dans les cadastres de la fin du XVIe siècle et pourrait remonter à l’époque protohistorique ou antique (CAG, n° 074, p. 171).

Coordonnées géographiques. Longitude : 6 16 302 ; latitude : 44 02 052 ; Altitude : 1016 m.

 

14. Méolans-Revel : les Postelles

. Carte IGN : sur une crête, à 2102 m d’altitude et à 1850 m au SO du hameau de Saint-Barthélemy.

Passage d’un chemin menant à la Montagne Pastorale et près des limites séparant la commune de celle de Seyne. Limite séparant actuellement les deux cantons de Seyne et du Lauzet-Ubaye. Avant la Révolution, limite entre les vigueries de Seyne et de Barcelonnette et jusqu’en 1713 limite entre la France et le Duché de Savoie.

. Ne figure pas sur le cadastre napoléonien.

Coordonnées géographiques. Longitude : 6 26 232 ; latitude : 44 21 469 ; Altitude : 2101 m.

 

15. Valensole : les Portes

. Cadastre 1826, section A 3 : les Portes, Chemin des Portes, Ravin des Portes

. Carte IGN : les Portes, vers 502 m d’altitude, sur un mamelon cerné sur trois côtés par des ravins (de Riboulet, de la Combe et des Portes, ce dernier seulement signalé par le cadastre).

Le site a pu peut-être être le siège d’un oppidum en vue et en contact avec la vallée de la Durance.

Coordonnées géographiques au plus haut de la colline. Longitude : 5 54 305 ; latitude : 47 51 129 ; Altitude : 502 m.

 

16. Meyronnes (sur la frontière franco-italienne) : Portiolette, Portiola

. Carte IGN : Arête de la Portiolette côté français (2979 m), Col de Portiola (2899 m) côté italien.

. Cadastre 1840, section C : roche de la Portiolette, baisse de la Portiolette, sentier de la portiole.

Sur une frontière nationale.

Coordonnées géographiques. Longitude : 6 51 490 ; latitude : 44 29 266 ; Altitude : 2637 m.

Coordonnées géographiques. Longitude : 6 52 187 ; latitude : 44 29 266 ; Altitude : 2880 m.

 

17. Colmars : la Portette

. Carte IGN : la Portette. A 1170 m à l’est de Clignon-Haut. Sur le GR 52A (Tour du Haut Verdon).

Coordonnées géographiques. Longitude : 6 39 400 ; latitude : 44 11 551 ; Altitude : 1653 m.

 

18. Larche : postremam

. Cité par G. Barruol*, p. 351, in Passion de St Dalmas de Pedo, datée du VIe siècle : Et ad postremam montium summitatem, tandem Tenearum vicinitas …. Il faut sans doute rétablir postremam en posternam : « et de la posterne du sommet de la montagne ». Le texte complet indique que la vallée de l’Ubayette montait à un passage conduisant dans la vallée de la Tinée, aujourd’hui Col de la Madeleine ou de Larche et que celui constituait une posterle.

Coordonnées géographiques. Longitude : 6 53 548 ; latitude : 44 25 191 ; Altitude : 1991 m.

 

 

Hautes-Alpes (05)

 

1. Le Saix : la Postelle

. Carte IGN : Crête de la Postelle, 1282 m. A 1546 m au SSE du village. Passage d’un chemin entre deux crêtes.

. Le cadastre napoléonien ne fournit pas de toponymes.

Coordonnées géographiques. Longitude : 5 50 134 ; latitude : 44 27 477 ; Altitude : 1282 m.

 

2. Savournon : la Postelle

Carte IGN : Pas de la Postelle, vers 1400 m, en limite avec la commune du Saix. Limite entre deux cantons, Serre et Veynes. Fait partie de la Montagne d’Aujour. Ancien passage ouvert dans la falaise.

. Le cadastre napoléonien ne fournit pas de toponymes.

Coordonnées géographiques. Longitude : 5 48 505 ; latitude : 44 26 578 ; Altitude : 1351 m.

 

3. Salérans : la Postelle

. Carte IGN : la Postelle, altitude vers 1000 m, dans la Montagne de Chanteduc, en limite communale avec Eourres au sud. Passage d’un chemin.

. N’est pas signalé par le cadastre napoléonien.

Coordonnées géographiques. Longitude : 5 41 353 ; latitude : 44 13 411 ; Altitude : 971 m.

 

4. Rosans : la Pousterle

. Cadastre napoléonien de 1839 TA, au nord en limite avec la commune de Pomerol dans la Drôme : Rocher de la Pousterle, Barre de Rocher de la Pousterle. A l’ouest Crête de la Montagne de Raton ; à l’est : Col de Pomerol et Montagne du Pertus.

. La carte IGN signale la Montagne de Raton avec une crête à 1462 m, mais place le toponyme la Pousterle plus bas sans signification géographique particulière.

Le cadastre se révèle ici une source déterminante, plaçant cette pousterle en limite de communes et de département. Communes concernées : Rosans au sud, Pommerol à l’est, Cornillac à l’ouest.

Coordonnées géographiques. Longitude : 5 26 182 ; latitude : 44 26 026 ; Altitude : 1410 m.

 

5. Saint-André-de-Rosans : la Postelle

. Cadastre 1839 TA : raye de la Postelle. Au NE de la commune, en limite communale avec Ribeyret et Sorbières. Le cadastre y figure un chemin reliant Chassagne à Ribeyret. Le provençal raio désigne dans son sens géographique une bande étroite, un passage étroit, une ligne formée par une chaîne de montagne (TDF 2, p. 689).

. Carte IGN : le toponyme n’apparaît pas, mais d’après des données du cadastre, on peut le situer aux environs des 900 m d’altitude entre Chassagne et Coste Belle.

. La Posterle est mentionné par un cadastre de 1635, Saint-André-de-Rosans, SEHA*, 1989, p. 390.

Coordonnées géographiques. Longitude : 5 33 100 ; latitude : 44 23 152 ; Altitude : 948 m.

 

6. L’Argentière-la-Bessée/Les Vigneaux : la Pousterle

. Cadastre 1838 de l’Argentière (TA) : au nord de la commune limite avec celle des Vignaux :

Crête de la Poustelle

Borne de la rochaille située sur le penchant de la postel

Borne au clot de la Pousterle

. Cadastre 1841 des Vigneaux (TA et E 5) : Borne au clot de la Posterle, Chemin de la Pousterle, la Pousterle.

. Carte IGN : la Pousterle, Col de la Pousterle, passage à un col du GR 50 (Parc des Ecrins), sur une barrière rocheuse, altitude au col : 1763 m. Gîte-refuge de la Pousterle.

Limite entre l’Embrunais et le Briançonnais. Durant l’Antiquité entre les Caturiges et les Brigantii du Royaume de Cottius. Au XIIe s. limite entre le comté de Forcalquier et le Dauphiné (NICOLAS*, p. 109 avec le Pertuis Rostan).

Le passage par la Pousterle apparaît comme une voie parallèle à celle qui suivait la Durance, transitant par la montagne au lieu de la vallée (actuellement GR 50). (Voir via novo et Eyssarvia, commune des Vigneaux, sur le cadastre vie nove). Il s’agit donc d’une voie indirecte, moins connue et donc moins dangereuse en cas de troubles.

Coordonnées géographiques. Longitude : 6 30 497 ; latitude : 44 48 285 ; Altitude : 1860 m.

 

7. Chorges/Réallon : la Pousterle

. Le cadastre de 1817 de Chorges offre très peu de noms de quartiers et n’est d’aucun secours. Celui de Réallon de 1843 fournit crête de la Pousterle et la Gardette en section I.

. Carte IGN : à 2506 m d’altitude en limite communale et cantonale entre Chorges et Réallon. Sur barrière rocheuse avec à proximité la Gardette et le Col de la Gardette, sur un chemin reliant Chorges et Réallon traversant la montagne.

. Barruol* (p. 289-290) place sur cette limite la frontière pré-romaine entre les tribus des Avantici et des Tricorii. A l’ouest de Chorges, Montgardin constituait la limite des Caturiges. C’est cette même frontière qui délimitera à l’époque romaine la Provincia Narbonensis des Alpae Cottiae.

Coordonnées géographiques. Longitude : 6 18 005 ; latitude : 44 35 537 ; Altitude : 2506 m.

 

8. Saint-Jean-Saint-Nicolas : la Poustelle

. Carte IGN : Pointe de la Poustelle, barrière rocheuse à 2 400 m d’altitude au nord de la commune près de la limite communale avec Champoléon, domine la rive gauche de la vallée du Drac Blanc.

. Cadastre de 1809 TA : la Postelle et section B 1 : rochers et pâturages.

Coordonnées géographiques. Longitude : 6 13 483 ; latitude : 44 42 126 ; Altitude : 2400 m.

 

9. Gap : la Pousterle

. Carte IGN : en pleine montagne, massif du Dévoluy, à 11 700 m au NNO de Gap et à 3 900 m à l’O de La Fare-en-Champsaur. Près du Col de Chétive à 1852 m d’altitude, sur GR 93 en limite communale et cantonale. Sur le GR 93 reliant Peyrus (Drôme) à La Roche-des-Arnauds (HA).

. Le cadastre de 1809 ne fournit aucun nom de quartiers et de lieux-dits.

. Limite des tribus des Avantici et des Tricorii (Bassin du Drac et Dévoluy).

Coordonnées géographiques. Longitude : 6 00 427 ; latitude : 44 39 346 ; Altitude : 1840 m.

 

10. Saint-Etienne-en-Dévoluy : Pas de Posterlette

. Carte IGN : à 1890 à l’est du village, 1837 m d’altitude, passage dans la Crête de Lieraver. Pas a le sens de « passage ».

Coordonnées géographiques. Longitude : 5 57 522 ; latitude : 44 41 330 ; Altitude : 1837 m.

 

11. Le Noyer : la Pousterle

. Carte IGN : à 800 m au NO du village et vers 1300 m d’altitude sur la Crête de l’Aupette au passage d’une route départementale (D 17) allant à Saint-Etienne-en-Dévoluy.

Coordonnées géographiques. Longitude : 6 00 073 ; latitude : 44 42 117 ; Altitude : 1330 m.

 

12. Rabou : la Pousterle.

. Carte IGN : vers 1250 m d’altitude, en surplomb du Torrent de la Crotte et d’un chemin menant à la Chapelle de la Crotte. A l’est du Petit Buech et du GR 93 qui cite le replat de la Pousterle. A 3750 m au NO du village.

Coordonnées géographiques. Longitude : 5 58 449 ; latitude : 44 37 077 ; Altitude : 1250 m.

 

13. Saint-André d’Embrun : la Pousterle

. Carte IGN : la Pousterle. Sur un replat de la montagne à 1291 m d’altitude et à 1000 m à l’est du hameau de Siguret. Sur un chemin reliant Saint-André à Risoul et Guillestre.

Le cadastre de 1813 ne fournit aucun toponyme.

On est peut-être sur une frontière séparant la tribu des Caturiges dont fait partie Saint-André, de la tribu des Quariates.

Coordonnées géographiques. Longitude : 6 33 472 ; latitude : 44 36 260 ; Altitude : 1291 m.

 

14. Crévoux : la Posterle

. Carte IGN : Crête de la Posterle. A 2700 m au SE de Crévoux, à 2400 m d’altitude. Longue crête de 750 m de longueur orientée nord sud. Surveillance de deux chemins.

Le cadastre napoléonien est muet.

Coordonnées géographiques. Longitude : 6 37 503 ; latitude : 44 31 599 ; Altitude : 2101 m.

 

15. La Motte-en-Champsaur : les Portes

. Carte IGN : Col des Portes, à 3300 m au NE du village. Associé au Pic de la Festoule. Passage d’un chemin faisant le tour de la montagne, chemin que le cadastre de 1836 appelle chemin des chèvres.

Coordonnées géographiques. Longitude : 6 06 060 ; latitude : 44 45 095 ; Altitude : 2064 m

 

.

Drôme (26)

 

1. Montferrand-la-Fare (26510) : la Posterle

. Carte IGN : la Posterle à 1100 m au SSO de Montferrand, altitude de 780 m, au passage d’une falaise par un vieux chemin.

Coordonnées géographiques. Longitude : 5 27 279 ; latitude : 44 21 023 ; Altitude : 780 m.

 

2. Condorcet (26110) : Pousterle

. Carte IGN : Pousterle, à 600 m au SSE du sommet de Cougoir, altitude entre 900 et 840 m. Sur une barre rocheuse. En limite avec la commune d’Aubres, en surveillance d’un vieux chemin, aujourd’hui GR Pays de Dieulefit.

Coordonnées géographiques. Longitude : 5 08 472 ; latitude : 44 25 001 ; Altitude : 990 m.

 

3. Lemps : les Posteles

. IGN : les Posteles, à 1400 m au NNE de Lemps, à 732 m d’altitude sur un sommet de colline aplanie dominant deux vallons, sur un ancien chemin remplacé par la D 55B.

Coordonnées géographiques. Longitude : 5 25 571 ; latitude : 44 21 253 ; Altitude : 732 m.

 

4. Chalançon : la Pousterle

. Carte IGN : à 1200 m d’altitude et à 2110 m au NNE du village. Le toponyme paraît mal situé, il faudrait le descendre un peu au sud vers le Pas de Félix indiquant un passage dans la Montagne de l’Eyriau, où est indiquée une borne à l’altitude de 1298 m. et en limite communale avec La Motte-Chalançon.

. Le cadastre napoléonien n’est d’aucun secours.

Coordonnées géographiques. Longitude : 5 22 037 ; latitude : 44 31 090 ; Altitude : 1298 m.

 

5. La Motte-Chalançon : Pousterlou

. Carte IGN : Pas du Pousterlou, la Pousterle, à 1200 m d’altitude, passage au travers d’une barrière rocheuse. A 2750 m au NE de l’agglomération. Passage d’un chemin.

Coordonnées géographiques. Longitude : 5 23 498 ; latitude : 44 30 264 ; Altitude : 1200 m.

 

6. Beauvoisin : Col de la Posterle. Passage d’un chemin au travers d’une barre rocheuse à 895 m d’altitude. Limite communale entre Beauvoisin et Rochebrune.

Coordonnées géographiques. Longitude : 5 13 139 ; latitude : 44 18 273 ; Altitude : 895 m.

 

7. Comps-Dieulefit : Col de la Pousterle. Col au croisement de quatre chemins dans la Montagne des Ventes, en limite communale, à 881 mètres d’altitude.

Coordonnées géographiques. Longitude : 5 05 393 ; latitude : 44 32 308 ; Altitude : 851 m.

 

8. Aurel. Pas de la Pousterle. Passage du Serre Bauchard et rencontre de 3 chemins, sur limite communale avec Rimon-et-Savel.

Coordonnées géographiques. Longitude : 5 16 518 ; latitude : 44 40 306 ; Altitude : 751 m.

 

 

Alpes-Maritimes (06)

1. Valdeblore : Portette

. Carte IGN : Pas des Portettes à 2600 m d’altitude, Tête des Portettes, à 2823 mètres d’altitude. Sur la frontière italienne. A 760 m au NE du Lac de Tavels.

Coordonnées géographiques. Longitude : 7 12 368 ; latitude : 44 10 365 ; Altitude : 2600 m.

 

2. 3. Saint-Vallier-de-Thiey : Portissole, Pourtissore

Le toponyme n’est pas cité par la carte IGN ni par les cadastres napoléoniens. Il apparaît dans plusieurs textes qui en révèlent deux à des endroits différents :

- 1540 20 mai, folio 28 v°-29 r° :« et sequens La Trie eumdo ad locum appellatum La Portissole, sequens certos clapaïyrons, et a dicta Portossolo decendendo », « et suivant la dite Trie jusqu'au lieu appelé La Portissole, en suivant quelques clapiers, et de ladite Portissole en descendant » (Procès contre Claude de Tende, ADAM AA 1)

- 1569 : chemin de la Portissole au vallon, de 12 pans. (Rapport de la limitation des pâtis, chemins et passages AC/ADAM HH 2).

- 1655 : Quartier de la Pourtissole joint avec ceux de Pont Nadiou et de l'Apier de Rousset, confrontant la rivière et du couchant le bois du Vallon du Pred de Bernard (Rapport sur les clots, f° 131 r°, AC/ADAM CC 1).

- 1655, f° 131 v°, Cadastre :Portissolle.

- 1657,Cadastre : Pourtissore.

- 1806 : «  De cette pointe de rochers la ligne de démarcation se dirige directement vers un angle rentrant sur le territoire de St Vallier au sommet de la Montagne dite la Pourtissore distant de la pointe de rochers de trois cents mètres. Du sommet de la Pourtissore servant de borne la limite est formée par la crête de la montagne de Ferrier ou soit du Maçon » (Délimitation de la commune, AC /ADAM 1 N 7).

1) Les textes de 1540 et de 1806 concernent un lieu-dit faisant limite avec le territoire de Caussols au nord de la commune de Saint-Vallier. Il faudrait le placer d’après la description de 1806 sur la carte IGN à la cote 1333 sur la limite communale et cantonale. C’est un point culminant servant de borne de repère pour la limitation de territoires.

Coordonnées géographiques. Longitude : 6 52 264 ; latitude : 43 43 107 ; Altitude : 1333 m.

2) Le texte de 1655 permet de situer le deuxième en limite communale avec Escragnolles à l’ouest et Saint-Cézaire au sud, avec comme confronts la rivière (Siagne) et un vallon (de la Combe), ainsi que les quartiers de Pont Nadiou (Ponadieu) et de l’apier du Rousset (Rucher signalé en 1655).

Coordonnées géographiques. Longitude : 6 47 140 ; latitude : 43 41 406 ; Altitude : 452 m.

Pour Adrien Guébhard dans son article sur Ponadieu en 1895, p. 23 : portissola, passage unique faisant communiquer les vallons passant par Ste-Anne avec celui venant de Saint-Cézaire. Sur la carte IGN, par Vallon de Sainte-Anne, il faut comprendre le Vallon de la Combe et par celui de Saint-Cézaire le Vallon de Rousset.

Lors de notre étude sur les toponymes de Saint-Vallier de 1999, Antoine Trabaud, d’une vieille famille de Saint-Vallier, nous indiquait que le toponyme désignait une démarcation, un passage entre deux rochers, une porte. Pour terminer avec ce vocable, il est situé sur une frontière séparant les tribus ligures pré-romaines des Deceates à l’est des Ligaunes à l’ouest. Il a servi ensuite pour les Romains à circonscrire le civitas Antipolitana (Cosson, p. 14 ; Barruol, p. 214 et 217). Limite également entre les évêchés d’Antibes et de Fréjus.

 

 

Isère (38)

 

Note : les archives de l’Isère ne proposent pas les plans du cadastre napoléonien.

 

1. Gresse-en-Vercors : la Posterle

. Carte IGN : Pas de la Posterle. A 1978 m d’altitude, passage qualifié de « couloir très encaissé et pas large » d’après les descriptions d’itinéraires. Le Pas fait le lien entre les massifs de Pierre Blanche (2106 m) et de Roche Rousse (2105 m). Situé à 2150 m au SO du hameau de Ville qui donne son nom au Pas de la Ville, situé au sud du précédent. Ces massifs font séparation entre les départements de l’Isère et de la Drôme. La Pas est situé sur une ancienne draille conduisant les troupeaux sur les Hauts Plateaux.

Coordonnées géographiques. Longitude : 5 31 133 ; latitude : 44 53 365 ; Altitude : 1978 m.

 

2. Pellafol : la Posterle. Hameau à 960 m d’altitude, donnant accès à la montagne de l’Obiou.

Coordonnées géographiques. Longitude : 5 54 027 ; latitude : 44 46 305 ; Altitude : 960 m.

 

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Constatations

 

Répartition

 

Les 46 toponymes relevés sont principalement concentrés dans les Alpes-de-Haute-Provence et les Hautes-Alpes (18 et 15), soit 72%. On en dénombre 8 dans la Drôme, 2 en Isère et 3 dans les Alpes-Maritimes. La recherche sur d’autres départements français avec Géoportail n’a rien apporté de significatif. Il semblerait donc que la région montagneuse du Sud-Est soit le berceau privilégié de notre vocable.

 

Les toponymes se groupent sous 4 formes :

Postel- : Postelle, Posteles, Postels,

Poster- : Posterle, Posterlette, Posterne

Poust- : Pousterle, Pousterlou, Pousterloun

Port- : Portail, Portes, Portette, Portiolette

 

On peut grouper les trois premières sous la même racine, sachant qu’en provençal le R quand il est mouillé se prononce L. Pour les formes O et OU, elles sont souvent interchangeables. Ce groupe réunit 36 unités, soit 78% du total. C’est cette forme que l’on trouve l’une des plus anciennes, en 1030, Posterula, à Saint-Geniez-de-Dromon (04 - 5). Celle de Larche du VIe s. n’est pas complètement sûre (04 - 18).

Le deuxième groupe, à base de port-, correspond à celui que l’on retrouve dans les Pyrénées françaises et espagnoles signifiant un col, un passage. Il figure à 22%.

 

Position géographique des 46 vocables

 

Ils sont tous en altitude, sauf celui de Valensole (04 - 15), donnant une moyenne de 1490 m. Le plus élevé se trouve à 2600 m. 35 d’entre eux se trouvent sur des passages, chemins et anciens chemins, quelques-uns convertis en GR. Ceux qui sont isolés se présentent cependant comme un passage, une brèche dans les rochers abrupts ou une petite faille ouverte dans une crête, sans doute sur des chemins oubliés. Leur position élevée permet une large vision des territoires environnants.

 

Marqueurs de frontières antiques et modernes

 

Le plus remarquable consiste en ce qu’ils matérialisent une frontière et même plusieurs frontières en même temps :

4 sur la frontière France-Italie

3 sur départements

10 sur des cantons

26 sur des communes

Pour les époques antérieures :

4 limites de vigueries

5 d’évêchés, 

9 de circonscriptions romaines et pré-romaines.

 

Origine romaine

 

Posterula est employé par l’historien latin Ammanius Marcellinus au IVe s. dans son Histoire de Rome, pour désigner un chemin étroit et caché, per posterulam tramitem medium squalentem frutextis et sentibus (30, 1, 13-15). Les traducteurs proposent « un sentier intermédiaire très fourré » qui permit à un voyageur d’éviter, dans un défilé, les deux voies principales occupées par les troupes ennemies. Ce voyageur se mit ensuite à la tête de la troupe en les guidant dans le sentier, lequel avait à peine la largeur d’un cheval de bât, leur permettant de s’échapper. Posterula est employé pour décrire un passage étroit et caché dans un contexte montagneux, un défilé. Il permet d’éviter les voies trop fréquentées et peu sûres.

 

Strabon, géographe grec du Ie s., constate que dans toute l'étendue de la chaîne des Alpes il y a bien, à vrai dire, quelques plateaux offrant de bonnes terres arables ainsi qu'un certain nombre de vallées bien cultivées ; généralement pourtant, et surtout vers les sommets où toutes ces populations de brigands s'étaient concentrées de préférence, l'aspect des Alpes, par le froid qui y règne, comme par l'âpreté naturelle du sol, est celui de la stérilité et de la désolation. Plus loin il ajoute : maintes autres petites peuplades qui, réduites par la misère à vivre de brigandage, inquiétaient autrefois l'Italie, mais qui sont aujourd'hui ou à peu près détruites ou complètement domptées, de sorte qu'on voit les passages dans la montagne, si peu nombreux naguère et si peu praticables, se multiplier sur leurs terres et offrir au voyageur, avec la plus complète sécurité contre les dangers venant des hommes, tout ce que l'art a pu faire pour prévenir les accidents. On doit en effet à César Auguste, outre l'extermination des brigands, la construction de routes aussi bonnes en vérité que le comportait l'état des lieux. Seulement il eût été impossible de forcer partout la nature, [impossible, par exemple, de frayer un passage sûr] entre des rochers à pic et d'effroyables précipices ouverts sous les pieds, abîmes sans fond où l'en tombe infailliblement pour peu qu'on s'écarte du sentier tracé; or, notez qu'en certains endroits la route est tellement étroite qu'elle donne le vertige aux piétons, voire même aux bêtes de somme qui ne la connaissent point, car, pour celles du pays, elles y passent sans broncher et cela avec les plus lourdes charges (Livre IV, chap. VI).

 

Les Alpes sont très peuplées avant la conquête romaine et lors de la pacification, des routes sont aménagées. Mais, en dehors de ces routes, il restait des passages entre les rochers et des sentiers que seuls les autochtones et les mulets chargés pouvaient emprunter sans danger. Ce sont ces passages que les Gallo-Romains ont nommé Posterula, converti en Posteles et Posterles. Leur nombre important, inventorié dans ce contexte de passage montagneux, permet de penser qu’il s’agit là de la première utilisation de ce mot et que, par la suite, il fut appliqué, métaphoriquement, à une porte dérobée, puis à un terme de fortification au Moyen Age.

 

En conclusion

 

nous pourrions définir les posteles et posterles des Alpes du Sud-Est :

 

comme des passages cachés et étroits en terrain montagneux,

permettant une communication assurée entre des territoires,

marqueurs de frontières et de limites depuis l’Antiquité jusqu’à la Révolution.

 

La définition donnée par le Glossaire des Noms Topographiques de Daniel Mourral se rapproche de nos constatations, mais sans y joindre la notion de frontières et de limites. Celle donnée par Bouche pour le site de Saint-Geniez (4 - 5) apporte un appui sérieux à notre définition : Posterle, mot provençal qui signifie proprement un chemin étroit, caché et dérobé ; et signifie ici un chemin qu’on peut trouver entre les fentes des rochers pour entrer dans la plaine.

 

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Bibliographie

 

BARRUOL Guy, Les peuples préromains du sud-est de la Gaule, Paris, 1975.

BOUCHE H. Chorographie ou description de la Provence, Aix, 1664.

CAG : Carte Archéologique de la Gaule, 04.

COSSON Pierre, Civitas Antipolitana. Histoire du municipe romain d’Antipolis, Nice, 1995.

CSV : GUERARD M. Cartulaire de l’abbaye de Saint-Victor, Paris, 1857, 2 vol.

ENQUETES : BARATIER Edouard. Enquêtes sur les droits et revenus de Charles 1er d’Anjou en Provence (1252 et 1278). BN, Paris, 1966.

NICOLAS : La guerre et les fortifications du Haut-Dauphiné, PUP, 2005

RACP : BENOIT F., Recueil des actes des Comtes de Provence appartenant à la maison de Barcelone (1196-1245), Monaco, 1925.

SEHP : Société d’Etudes des Hautes-Alpes, Saint-André-de-Rosans, Actes du colloque 1988, Gap, 1989.

TDF : MISTRAL F., Tresor dou Felibrige