Daniel Thiery

Jausiers

 

JAUSIERS

 

Faisait partie de la Vallée de Barcelonnette et du diocèse d’Embrun, aujourd’hui dans le canton de Barcelonnette. Cette vaste commune de 10773 hectares occupe la moyenne vallée de l’Ubaye, dominée par des montagnes dépassant les 3000 mètres. Le village de Jausiers est situé à 1213 mètres d’altitude. L’étendue du terroir, la difficulté de circulation particulièrement en hiver, la mutiplicité des petits hameaux et des fermes isolées ont incité l’autorité ecclésiastique, à partir du XVIIe siècle, à créer trois paroisses succursales, ces paroisses ayant elles-mêmes établi des chapelles dans plusieurs petits hameaux. C’est en effet, aux XVIIe et XVIIIe siècles que la population atteint son maximum, 1870 habitants en 1765 alors qu’elle n’en comptait que 720 en 1316.

 

Paroisse de Jausiers (Saint-Nicolas) [1]

 

C’est l’abbé Féraud qui détaille les hameaux dépendant de la paroisse : village du Planet, hameaux la Fabrique, Chonenc, le Donayre, le Canton, les Magnans, les Bellarots, les Payans, les Mats, le Serre, l’Ubac, les Buissons, les Fortouls, la Murette, la Frache, le Plan. Eglise sous le titre de Saint-Jean-Baptiste et a pour patron saint Nicolas de Myre. Elle est fort belle et vaste. On fait remonter la construction de cette belle église au XIVe siècle. Elle n’a point de clocher attenant, mais on en voit un bâti sur une hauteur, au-dessus du village, qui faisait partie de l’ancienne église sise en ce lieu. Ce clocher domine encore le village à ses pieds et comme le souligne Féraud, il faisait partie de la paroisse castrale, perchée sur la colline, avant que l’habitat ne descende dans la vallée.

 

Ce sont les visites pastorales qui dénombrent les chapelles rurales dépendant de la paroisse de Jausiers. Il y en a cinq en 1858 dont deux en mauvais état, celles du Calvaire et du Canton. En 1876, celle du Canton est fermée car elle demande des réparations. En 1899, il n’en existe plus que trois, établies dans les hameaux de la Frache, au hameau du Buisson, au hameau de Geynier, avec pour chacune d’elles la messe trois ou quatre fois par an en faveur des infirmes qui ne peuvent pas venir à la paroisse. 

 

Paroisse de Sanières (Saint-Sébastien)

 

Pour Féraud la paroisse dédiée à saint Sébastien se compose de sept hameaux, Rua, chef-lieu, Forest-Haut, Saint-Flavi, Briançon, Peirrachons, les Davids. L’érection de cette paroisse est de l’année 1805, la construction de l’église actuelle de 1832. Elle est dédiée à saint Sébastien et bâtie en forme de croix. Les visites pastorales dénombrent trois chapelles rurales en 1876. L’enquête de 1899 les situe au quartier de Flavy, ancienne église paroissiale, au quartier du Forest-Haut et au hameau des Davids.

 

Paroisse du Lans (Notre-Dame du Bois)

 

Elle est composée selon l’abbé Féraud de 13 hameaux, le Serre, chef-lieu, le Villard, le Serret, les Coffoux, les Posivians, les Brayes, les Gréoux, La Rua, Saint-Antoine, la Grande et la Petite Chalanette, la Prégonde. L’église paroissiale, sis dans le chef-lieu, a été construite en 1751. C’était jadis une annexe de Jausiers. Elle est sous le titre de l’Annonciation. Le 19 juillet 1876 sont recensées deux chapelles rurales, dont celle de St-Jacques est à interdire. Elles sont établies aux quartiers de Serret et la Chalanette. Messe de loin en loin et le 13 juin et le 27 septembre d’après l’enquête de 1899. Elles sont sous la titulature respectivement de Saint-Jacques et de Saint-Antoine d’après une visite de 1912.

 

Un état des décimes des chapelles et chapellenies de 1742 établi par l’abbé Albert nous renseigne sur les titulaires (II, p. 226). A Gainier et à la Frache, il y a deux chapelles dédiées à saint Sébastien.

 

209. Notre-Dame des Prés Hauts, haut lieu de pèlerinage

 

Il faut mettre à part, non plus une chapelle succursale, mais un sanctuaire virtuel de pèlerinage, celui de la montagne des Prés Hauts où l’on dit la messe le 25 juin (citation du 17 mars 1912, 2 V 93)). Dédié à Notre-Dame, il est en effet situé à 2218 mètres d’altitude, dans la montagne, isolé de tout. Le pèlerinage a encore lieu aujourd’hui et se fait le dernier samedi du mois de juillet selon le site Internet de l’évêché de Digne, avec une messe dite des bergers.

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[1] Féraud, p. 201-205. Visites pastorales de 1858, 1860, 1867 et 1876 (2 V 86) ; de 1884 et 1912 (2 V 93). Enquête de 1899 (2 V 73). Albert I, p. 218-219.

 

Voir site Dignois