Daniel Thiery

L'Hospitalet

 

L’HOSPITALET

 

Faisait partie du diocèse de Sisteron et de la viguerie de Forcalquier, aujourd’hui dans le canton de Banon. La commune de 1935 hectares s’étire tout en longueur sur le versant sud de la montagne de Lure. Elle est limitrophe avec la petite commune de Saumane. Elle tire son nom d’une fondation d’une maison dépendant des Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem. Cette fondation est confirmée en 1155 par l’évêque de Sisteron Pierre de Sabran et en 1156 par une bulle du pape Adrien IV (GCN, I, Inst. n° XIII et XIV, col. 450). Mais il est rappelé que les prédécesseurs de Pierre de Sabran, Girard II (1110) et Raimbaud (1135-1145), avaient déjà donné leur confirmation. Ce qui nous amène au tout début du XIIe siècle, peu de temps après la fondation de l’ordre en France. La donation consiste en une église, ecclesia de Girone. Au début du XIIe siècle, le vocable l’Hospitalet n’existe pas, il n’apparaît qu’au début du XIIIe siècle, le territoire ayant pris le nom des Hospitaliers.

 

208. La chapelle Saint-Michel des Girons

 

Girone, Les Girons aujourd’hui, est un petit hameau abandonné situé au nord de la commune à 1016 mètres d’altitude au carrefour de deux voies anciennes, l’une venant d’Apt, l’autre de Céreste et menant à Sisteron en franchissant la montagne de Lure par le Col Saint-Vincent (altitude 1287 m). Un peu au nord des Girons, à gauche du chemin, se dresse un mamelon dit la Tour de Giron (altitude 1225 m) où ont été repérées des traces d’habitation en pierre sèche que l’on date du haut Moyen Age [1]. L’église des Girons est, au XIe siècle, l’église paroissiale du territoire. Le hameau fait suite à un habitat perché du haut Moyen Age et continue de contrôler la voie de passage. Quand les Hospitaliers s’installent, ils héritent de l’église et du territoire, mais créent un nouveau village en contrebas, l’Hospitalet, avec une nouvelle église qu’ils dédient naturellement à saint Jean-Baptiste. Celle-ci est, selon R. Collier, pour une bonne part romane, XIIIe siècle (p. 140). L’inventaire de 1906 estime sa contenance à 50 m² et reconnaît qu’elle a été complètement restaurée par la commune vers 1865. Le clocher a été construit en entier à cette époque, 2 cloches, bien meublée. L’église primitive de Girone est encore paroissiale en 1274, citée par les Pouillés, ecclesia de Giron (p. 121), puis elle devient une simple chapelle rurale. C’est sous ce titre qu’elle apparaît au XIXe siècle et qu’on apprend qu’elle est dédiée à saint Michel. En 1859 elle est en bon état, en 1863 et 1866 elle a besoin d’être réparée, puis en 1871 il n’existe plus de chapelle rurale, signe de sa ruine. Il semble qu’elle ait été réparée depuis car elle figure sur la carte IGN.

 

Synthèse

 

L’église de Girons correspond à un lieu de culte élevé en temps de calme, qui pourrait correspondre au début du XIe siècle. Il fait suite à un habitat perché, la Tour de Giron, qui était sans doute équipé d’une église, mais dont on n’a pas retrouvé la trace. Quand les Hospitaliers arrivent sur le territoire ils créent un nouveau centre de vie et de culte, celui de Girons perdant son importance.

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[1] Carte Archéologique, n° 095, p. 226. Collectif, La Montagne de Lure, Les Alpes de Lumière, n° 145-146, 2004, p. 286.

 

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