Daniel Thiery

Hautes Duyes

 

HAUTES DUYES

 

Cette commune au nom nouveau résulte de la fusion en 1974 des communes d’Auribeau et de Saint-Estève. Les Duyes est un torrent qui traverse les deux territoires du nord au sud. Le terroir est montagneux, l’habitat s’échelonnant entre 800 et 1000 mètres d’altitude en fermes isolées. Durant l’Ancien Régime, les deux communes faisaient partie de la viguerie de Digne mais Auribeau dépendait du diocèse de Gap tandis que Saint-Estève relevait de celui de Digne.

 

AURIBEAU

 

Le territoire est situé au nord de Thoard. Composé de 1202 hectares il acueillait 130 habitants en 1315, mais il n’en restait plus que 15 en 1471. Le maximum fut atteint en 1765 avec 201 personnes puis ce fut le commencement de l’exode, 160 habitants en 1851 et 16 en 1962 (Atlas, p. 161-162). Le castrum de Auribello est cité par Bouche au début du XIIIe siècle, puis lors de l’enquête de 1252 (n° 526, p. 351). La paroisse est desservie par un prior de Auribello en 1350 et 1351 (Pouillés, p. 88 et 93). Elle est sous la titulature de saint Pierre selon la visite de l’évêque de Gap en 1602 (ADHA, G 780). Selon l’abbé Féraud, elle n’a de remarquable que son isolement dans un vallon garni de chênes (p. 69). Effectivement la carte IGN la signale près de Rosabeau accompagnée du cimetière à 1100 mètres d’altitude et à 500 mètres au SSO d’Auribeau. Lors de la visite de l’évêque de Digne en 1683 celui-ci empiète sur le diocèse de Gap en citant le prieuré de Saint-Pierre (1 G 5).

 

205. L’église castrale Saint-Pierre

 

Au NO d’Auribeau, à presque 1300 mètres d’altitude, près du Col Saint-Pierre, subsistent les ruines de l’église castrale près d’une tour également en ruine. Le lieu-dit s’appelle le Castellar de Saint-Pierre (Collier, p. 311). La carte de Cassini signale une chapelle en état. On s’y rendait en procession le 29 juin ou le dimanche suivant selon le coutumier de 1835 (2 V 73). Mais déjà en 1857, la chapelle rurale dédiée à St-Pierre sur la petite montagne de Lauche est humide et n’a aucun des objets nécessaires pour la célébration du culte. La dernière citation date de 1872 où elle est en mauvais état (2 V 87).

 

206. Chapelle du château

 

Le château d’Auribeau est situé dans l’ancien village et est en grande partie ruiné, à part deux pigeonniers aux ailes des dépendances du château (Collier, p. 445). Il est daté en général du XVIIe siècle et renferme encore une chapelle en mauvais état sous la titulature de saint Sébastien. Elle est signalée en 1865 comme chapelle rurale en bon état, celle du château dont on ne sert pas (2 V 87).

 

SAINT-ESTEVE

 

 

Cette ancienne commune est située immédiatement au nord de celle de Thoard et le castrum est mentionné en 1252 sous l’appellation de castrum Sancti Stephani (Enquêtes, n° 525, p. 351). L’église paroissiale est desservie par un chapelain, cappellanus de Sancti Stephano (Pouillés de 1351 et 1376, p. 256 et 258). Lors de la visite de l’évêque de Digne en 1683, il est relaté que ledit prioré est sous le titre de Nostre Dame des Touisses possédé par Me Jean Robert clec tonsuré de la ville d’Aix (1 G 5). Achard confirme ces données : Saint-Estève-lès-Thoard, paroisse dépendante de celle de Thoard. C’est un Prieuré simple sous le titre de N.D. des Touisses, desservi par un Vicaire. Il n’y a point de village, mais seulement une vingtaine de familles dispersées dans des bastides séparées les unes des autres. On trouve sur une petite éminence les débris d’une maison de Templiers que l’on nomme Casteou Vielh (2, p. 406). Féraud apporte d’autres renseignements : Saint-Estève. Il n’y a pas de village, seulement deux hameaux, les Reynaud et les Bois et 16 campagnes isolées. Population de 140 âmes. L’église est dédiée à Notre-Dame et desservie par un curé. Le choeur, dont la voûte est à plein cintre, était anciennement une chapelle rurale, que l’on aggrandit par la suite pour en faire l’église actuelle (p. 66). Le Casteou Vielh signalé par Achard devait se trouver au SE de Saint-Estève, là où la carte IGN mentionne le Ravin de Château Vieux. Mgr Le Tellier lors de sa visite de 1683 décrit l’ameublement de l’église. L’autel du chœur est surmonté d’un tableau représentant l’adoration des mages fort usé. Dans la nef il y a également un autel avec un tableau à platte peinture représentant la Ste Vierge, St Joseph et St Estienne. Cette église se trouve à l’est du hameau des Reynauds accompagnée du cimetière.

 

207. Chapelle Notre-Dame

 

C’est lors de la même visite que l’évêque apprend que Mathieu de Bachy coseigneur dudit lieu fonda une chapelle sous le titre nostre dame au lieu dit au sauves ( ?) et donna le capital de cent florins pour rétribution d’une messe par semaine … par acte receu par Mre Grimaud notaire de Thoard l’an 1555 le vingt six novembre … La susdite chapelle est présantement profanée par les religionnaires, que d’authaurité s’en sont emparés lors des guerres civiles et en font leur cimetière au grand scandale des fidèles … Requérons qu’elle soit rétablie. Cette chapelle n’apparaît nulle part et semble bien ne pas avoir été rétablie selon les vœux de l’évêque. Ce n’est que récemment qu’elle vient d’être restaurée. Le texte signale un foyer de protestants encore actifs en cette année 1683 ainsi que la date de fondation de la chapelle, 1555.

 

Synthèse

 

Le même processus apparaît dans les deux communes, un site perché concrétisé par une tour, puis un château établi dans la plaine près des habitations. L’église du castrum est attestée à Auribeau, mais rien sur Saint-Estève à Casteou Vielh.

 

Voir site Dignois