Daniel Thiery

Forcalquier

 

FORCALQUIER

 

Faisait partie du diocèse de Sisteron et était chef-lieu de viguerie, aujourd’hui chef-lieu de canton. Nous ne pouvons nous étendre ici sur l’histoire de cette commune qui est dense et riche, mais seulement apporter quelques précisions sur une des églises rurales et mettre en évidence quelques points remarquables propres à servir notre étude [1].

 

188. Saint-Promasse

 

C’est le site le plus ancien puisque cité en 814 par le polyptique de Wadalde. La villa Betorrida est la sixième possession de l’abbaye de Saint-Victor comprenant 35 exploitations dont plusieurs ont pu être localisées aux alentours proches de Forcalquier (CSV II, F, p. 637-639). Parmi celles-ci, les collongues in Carmillo Sancto Promacio, presbiterado (n° 11) et in Massimiana Sancto Promacio, de illo presbiterato (n° 25). Le terme presbiteratus désigne une église, ici sous le titre de saint Promasse, qui perçoit les revenus de deux collongues pour son entretien. Le toponyme Carmillo se retrouve aujourd’hui dans le ravin des Charmets qui passe au nord de Saint-Promasseet avec une bastide Charmet avec le cadastre napoléonien de 1813, section D 3. La carte de Cassini mentionne une chapelle à Chaumelle.

 

Les évènements du Xe siècle ont dû causer la perte de l’église, car en 1030 l’évêque de Sisteron Frodon encourage Aribert et sa femme Lautilde à construire une église, sous le castrum Furnocalcario, en l’honneur de saint Promasse et saint Maurice, soit saint Romain. L’évêque donne dans le même temps, de son alleu, la moitié d’une modiée de vigne et une autre de terre (CSV II, n° 678, p. 18-19). Puis en 1044 le comte de Provence Guillaume Bertrand rend et donne (reddo et dono) à l’abbaye de Saint-Victor le lieu de Saint-Promasse que les moines avaient perdu autrefois et qui avait été ruiné de fond en comble (antiquitate jam perdiderat ac funditus amiserat). La restitution est accompagnée de manses, de vignes, de terres, et de toutes les choses qui se trouvent aux alentours. Sont témoins une grande partie des évêques de Provence et en conclusion sont répétés les termes de donation et de restitution, donum sive redditionem (CSV II, n° 659, p. 3-6). Il ne reste rien de l’église primitive ni de celle construite au XIe siècle, celle qui subsiste date du début du XIIIe siècle et sert de hangar agricole et de grange.

 

Synthèse

 

Sur un site antique la villa Bettorida était desservie par une église dédiée à saint Promasse. Aujourd’hui dans la banlieue est de la ville, elle était alors en pleine campagne. L’abondance des documents permet d’affirmer avec certitude la présence d’une église à l’époque carolingienne, puis sa complète destruction au cours du Xe siècle, mais encore dans les mémoires au début du XIe siècle. Revitalisée par des dons et le service des moines au XIe siècle, elle surgit de nouveau pour connaître encore une fois une triste fin.

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[1] Bibliographie succincte :

C. Bernard, Essai historique sur la ville de Forcalquier, Forcalquier, 1905. Provence Romane 2, p. 234-235, sur Notre-Dame et Saint-Mary, Notre-Dame du Marché, Saint-Jean, Saint-Promasse. PR, n° 20, 1997, Les Chapelles de Forcalquier. PR, Sanctuaires, pèlerinages et romérages au diocèse de Digne, 2009, p. 108-118, sur Notre-Dame de Fougères, Chapelle Saint-Marc, Chapelle Saint-Pancrace, Notre-Dame de Provence. R. Collier, p. 92, 152, 164-165, 170, 186-187, 218, 234-235. Elliot 1, p. 124-151. Sur les nombreuses découvertes archéologiques, CAG, n° 088, p. 201-207.

 

Voit site Dignois