Daniel Thiery

Châteauneuf-Val-Saint-Donat

 

CHATEAUNEUF-VAL-SAINT-DONAT

 

Faisait partie du diocèse et de la viguerie de Sisteron, aujourd’hui dans le canton de Volonne. La commune, de plus de 2110 hectares, s’étend des terrasses de la rive droite de la Durance jusqu’aux premiers contreforts de la montagne de Lure. Elle est située entre Aubignosc et Peyruis. Traversée en partie par l’ancienne via Domitia, elle a livré quelques indices d’occupation gallo-romaine (CAG, n° 053, p. 136-137). Le castrum novum est cité en 1237 et plus précisément castrum novum Charbonerio au XIVe siècle [1]. L’église apparaît en 1274, ecclesia de castro novo (Pouillés, p. 116). Cette dernière, sous le titre de Notre-Dame de l’Etoile, dépendait de l’abbaye de Cruis, mais fut uni en 1541 à la mense capitulaire de Digne [2]. Les visites pastorales du XIXe siècle ne signalent aucune chapelle rurale, ajoutant même qu’il n’en existe pas. Cependant, à cette époque deux édifices subsistaient, mais en ruine.

 

108. L’église du castrum, Notre-Dame de l’Etoile

 

Cette église paroissiale, citée en 1274, est située en contre bas du Vieux Village ruiné. Il s’agit de l’ancien castrum délaissé après la fin du Moyen Age pour un habitat non perché, en particulier aux Chabannes, hameau le plus important de la commune. La paroisse a continué sa fonction jusqu’à la fin du XVIIIe siècle selon Féraud (p. 478), moment où elle fut interdite et abandonnée. Une nouvelle église fut construite au hameau des Chabannes, sous le titre de l’Exaltation de la Sainte Croix. L’ancienne église a continué à se détériorer. R. Collier, en 1986, la décrit ainsi : dans le vieux village ruiné se dresse encore une bonne partie de l’église romane Notre-Dame de l’Etoile, ancien prieuré dépendant du chapitre cathédral de Digne. La façade en joli appareil, l’abside en cul-de-four, les murs latéraux avec un arc de décharge, émergent encore d’un amas de ruines (p. 137).

 

109. La chapelle Sainte-Madeleine, chef-d’œuvre de l’art roman

 

Cette chapelle est située en plein bois auprès de la D 951 en se dirigeant de Châteauneuf à Mallefougasse. Elle est décrite par R. Collier et Provence Romane comme étant de l’époque romane, du XIIe ou début XIIIe siècle. Or il n’en est fait mention dans aucun document, à moins qu’elle ne soit citée sous un autre vocable, ce qui est probable. Faute de document, il est impossible de la rattacher à une quelconque abbaye ou évêché et de connaître sa fonction réelle. Il doit s’agir d’un ancien prieuré. Voici la description qu’en donne Provence Romane : à 3 km au SO du hameau des Chabannes, en pleine forêt de Lure, à proximité de la route D 651, l’église Sainte-Madeleine, récemment restaurée, mérite une visite. L’édifice, simple et de dimensions modestes, mais robuste (murs de 1 m 10 d’épaisseur), se compose d’une belle abside semi-circulaire voûtée en cul-de-four et d’une nef de trois travées, couverte d’un berceau très légèrement brisé porté par des arcs-doubleaux qui reposent eux-mêmes sur des pilastres de section rectangulaire. Le décor intérieur se limite à deux impostes simples aux angles de l’arc triomphal et à un cordon en quart-de-rond qui souligne le départ de la voûte. Seules deux ouvertures éclairent cette petite chapelle : une fenêtre absidale et un oculus situé au-dessus de la porte occidentale. Le monument, couvert de lauses, est entièrement parementé en moyen appareil très régulier (pierre froide d’origine locale). Sur la façade sud, une petite porte donne dans une cour, entourée des ruines du prieuré et au centre de laquelle subsiste une vaste citerne. L’église fut remise en état en 1675, occupée par des ermites de 1686 à 1792 et définitivement abandonnée depuis. R. Collier précise qu’elle a été restaurée en 1979 [3].

 

Synthèse

 

Aucune chapelle rurale sur la commune à part la magnifique chapelle Sainte-Madeleine. Mais on ignore toujours la date de sa fondation et surtout par qui. Son architecture la classe dans le deuxième âge roman.

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[1] RACP, n° 278, p. 366 et GCN I, Inst. Sisteron, n° XXXVI, col. 472.

[2] Abbayes et Prieurés, p. 70. Féraud, p. 478.

[3] Provence Romane 2, p. 233. Collier, p. 118. PR, n° 23, 2000, p. 87-88.

 

Voir site Dignois