Daniel Thiery

Banon

 

BANON

 

Faisait partie du diocèse d’Apt et de la viguerie de Forcalquier. Aujourd’hui chef-lieu de canton. Territoire de 3981 hectares, situé au pied du plateau d’Albion, composé de plaines et de vallées. Il a attiré les colons romains dont on retrouve de nombreuses traces (CAG n° 018, p. 82-93). Quelques-uns des anciens lieux de culte sont implantés sur des sites antiques.

 

La paroisse de Banon comptait plusieurs lieux de culte correspondant à des quartiers éloignés de la paroisse. Il y eut même jusqu’à la fin du XIXe siècle, deux paroisses distinctes avec chacune un curé desservant, les paroisses de Banon et du Largue. D’anciens lieux de culte disparus aujourd’hui, des petites chapelles rurales maintenant délaissées, voyaient chaque année une procession festive les réanimer. Chapelles encore en état aujourd’hui : Notre-Dame des Anges, chapelle Notre-Dame du Bon Secours de Dauban, Chapelle Saint-Marc du Largue. Chapelles disparues : Saint-Hilaire, Saint-Martin de Font-Crémat, Saint-Just et Saint-Didier.

 

23. Notre Dame des Anges, lieu de pèlerinage

 

La chapelle est située dans la plaine de Banon, sur une petite élévation, à 2200 mètres au NE du village, près de la D 950. Dite également Sainte-Marie du Largue elle relevait de la prévôté de Cruis. L’enquête sur les lieux de culte de 1899 nous révèle qu’il y a un pèlerinage à N.D. des Anges, à 4 kil. de la paroisse qui s’y rend en procession le dimanche de la Trinité et dans l’octave de l’Assomption. Des personnes pieuses y font quelquefois dire la messe à l’usage à peu près exclusif de Banon. Le coutumier de la paroisse rédigé en 1835 est plus explicite : on se rendait en procession à Notre Dame le premier jour des Rogations, le jour de la fête de Sainte Trinité et le 15 août [1]. Si la chapelle actuelle présente des éléments du XIIIe siècle, il est probable que sa fondation soit plus ancienne, car implantée sur un site antique. En effet, dans son environnement immédiat ont été observées de nombreux fragments de tuiles romaines [2].

 

24. L’ancienne église paroissiale Saint-Just sur un site antique

 

Situées dans la plaine de Banon, au lieu-dit Saint-Just, les ruines de l’église ont complètement disparues au début du XXe siècle. Abandonnée depuis la création du village fortifié, elle ne donnait pas lieu à un pèlerinage, mais les nouveaux prieurs aux XVIe et XVIIe siècles venaient prendre possession de leur prieuré sous le titre de saint Just. Entourée d’un cimetière et de tombes antiques (tombes sous tuiles et lauzes), située sur le passage d’une voie romaine, en milieu ouvert, il s’agit de l’église paroissiale qui a précédée celle du castrum. Saint Just est associé à Notre-Dame des Anges comme titulaire de l’église paroissiale.

 

25. La chapelle Saint-Hilaire et les tombes sous lauzes

 

Aujourd’hui, complètement disparue, il ne subsiste que le toponyme St-Hilaire. Il est probable qu’elle était une possession de l’abbaye de Sénanque, signalée en février 1277. La CAG signale des tombes sous lauzes aux abords.

 

26. La chapelle Saint-Martin de Font-Crémat et sa nécropole

 

Au nord-est de la commune, il subsiste le toponyme Saint-Martin où Guy Barruol estime que à 500 m au nord de Fouent-Crémat, sont signalés une ancienne église disparue, peut-être citée en 950 dans le cartulaire de Montmajour, et les vestiges d’une nécropole. De cette dernière pourrait provenir la double inscription chrétienne attribuée à Banon qui se trouve au musée de Digne [3].

 

27. Chapelle Saint-Didier

 

Un lieu-dit St-Disdier rappelle l’existence d’une chapelle dédiée à ce saint. André Lombard révèle une mise en possession du 22 février 1612 sur la ruine sive place de la dite chapelle appelée St Desdier. On ne connaît rien de plus sur son origine et son aspect.

 

Synthèse

 

Il apparaît que la majorité des lieux de culte sont établis sur des sites antiques, assurant une fixation et une pérennité de l’occupation humaine en des endroits privilégiés. Le monde des morts de l’Antiquité appelle celui des générations suivantes. Le castrum, élevé lors de l’enchâtellement, et le nouveau lieu de culte, ont cassé cette continuité.

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[1] Les textes complets de chaque journée figurent dans l’étude d’André Lombard, Banon. Souvenirs religieux. Un héritage, A.P.R.H.P., Digne, 2005, p. 101-103. Les données concernant les autres chapelles sont empruntées à cet auteur. Le coutumier de Banon, rédigé en 1835, comprend 50 pages et est de loin le plus développé de toutes les paroisses du diocèse. Voir également PR, n° 25, 2000, p. 9-14.

[2] Description de la chapelle. Collier, p. 121. Provence Romane 2, p. 223.

[3] Carte archéologique, op. cit.

 

Voir le site Dignois