Daniel Thiery

Villeneuve

 

VILLENEUVE

 

Faisait partie du diocèse de Sisteron et de la viguerie de Forcalquier, aujourd’hui dans le canton de Forcalquier. D’une superficie de 1952 hectares la commune s’étend sur la rive droite de la Durance entre la Brillanne au nord et Volx au sud. Nous recourons encore une fois à Achard pour connaître l’origine du village : il étoit autrefois sur le sommet d’une colline escarpée située vis-à-vis la Roche de Volx : mais ce site étant désagréable et difficile, on transféra le Village au lieu où il est aujourd’hui. Il existe une transaction passée entre Jacques de Brancas et Angélique de Brancas, sa mère, des Seigneurs de la Roche de Volx et les habitants de ce lieu, par laquelle nous connaissons l’époque de cette transaction. Ce fut en 1443, et, dans le même temps, l’on donna à ce lieu le nom de Villeneuve (III, p. 102).

 

585. Notre-Dame de la Roche

 

Cette chapelle, restaurée en 1972, fut l’église paroissiale du premier village. Celui-ci était situé à l’ouest du village actuel sur une haute colline dominant de plus de 200 mètres la terrasse fluviale de la Durance et surplombant le passage étroit du Largue. La plate-forme sommitale, d’une centaine d’hectares a livré un habitat de l’âge du Bronze, une occupation au second âge du Fer, puis antique et médiévale (CAG, p. 497-502). Le premier nom connu de ce village est celui d’un castrum qui dicitur Rocha Amaritudinis, livré entre 1060 et 1064 (CSV II, n° 660, p. 8). La Roche Amère est ensuite citée en 1274 avec un capellanus ecclesie de Rocha et un prior ecclesie Roche Amare qui est abbatis Beati Egidii (Pouillés, p. 120). A cette date l’église dépend donc de l’abbaye de Saint-Gilles et celà depuis l’année 1150 où elle fut donnée aux Hospitaliers par l’évêque de Sisteron, Pierre de Sabran. Elle est sous le titre de Notre-Dame de la Roche, ou de la Roque ou du Roc.

 

Suite à l’abandon du village pour un autre site, Notre-Dame va devenir une simple chapelle. Elle est mentionnée par Cassini qui signale également un ermitage à proximité. Les visites pastorales du XIXe siècle la reconnaissent en bon état en 1858, 1862 et 1867 (2 V 88). Notre-Dame de la Roche, qui jouxte les vestiges d’une forteresse médiévale de plan triangulaire (avec donjon polygonal), auprès de laquelle se trouvait un village abandonné au milieu du XVe siècle au profit de Villeneuve, présente une abside romane flanquée des restes d’une absidiole (Provence Romane 2, p. 247). L’abbé Féraud rapporte : on trouve les ruines d’un ancien château-fort. Il n’y a plus d’intact qu’une chapelle dédiée à Notre-Dame-de-la-Roche où l’on se rend en procession le dimanche qui suit la fête de la Nativité de la Sainte Vierge, 8 septembre (p. 331).

 

586. Chapelle Saint-Saturnin

 

Elle n’existe plus depuis un bon moment puisqu’Achard reconnaît une ancienne chapelle détruite sous le titre de ce saint et un ruisseau qui porte ce nom. On le passe sur 2 ponts qui sont nécessaires après les pluies d’orage (III, p. 102). Aujourd’hui subsiste le nom de quartier de St-Saturnin. Cette chapelle disparue fut d’abord une église citée en 812 lors la création d’une abbaye au lieu-dit Baulis par l’évêque de Sisteron Jean II. Nous exposerons cette charte dans la monographie de Volx. L’évêque, outre quatre églises, concède l’ecclesia in honore sancti Saturnini (GCN I, Inst. col. 440). Elle est donnée avec tous ses biens et cum arboribus olivarum ad oleum faciendum. Elle réapparaît après les troubles du Xe siècle mais encore en état puisqu’entre 1060 et 1064 l’évêque de Sisteron Gérard fait don à l’abbaye de Saint-Victor de plusieurs églises dont l’ecclesia sancti Saturnini in territorio castri qui dicitur Rocha Amaritudinis (CSV II, n° 660, p. 8). Puis c’est le silence jusqu’à la citation d’Achard qui reconnaît sa ruine complète. Saint Saturnin subsiste cependant comme titulaire de l’église paroissiale. Le quartier de Saint-Saturnin a livré en outre une grande quantité de matériel antique dont un bâtiment avec une salle décorée d’une mosaïque (CAG, p. 502).

 

Synthèse

 

Il est rare de rencontrer un site dont l’occupation est pérenne depuis la Préhistoire jusqu’au milieu du XVe siècle. Seuls subsistent des découvertes sporadiques, des pans de murs du château féodal et une chapelle qui a bravé le temps. Le site de Saint-Saturnin présente également un habitat présent depuis l’Antiquité, revitalisé à l’époque caroligienne avec une église, puis repris au cours du XIe siècle par les moines de Saint-Victor.

 

 Voir site Dignois