Daniel Thiery

Val-de-Chalvagne

 

VAL-DE-CHALVAGNE

 

Faisait partie du diocèse de Glandèves et de la viguerie d’Annot, aujourd’hui dans le canton d’Entrevaux. Le territoire de 3257 hectares est situé au sud d’Entrevaux et limitrophe avec le département des Alpes-Maritimes. Très accidenté, l’habitat est principalement établi le long des quelques torrents à l’altitude moyenne de 1000 mètres. En 1974, la commune a pris ce nom lors de la fusion de trois communes, Castellet-Saint-Cassien, Montblanc et Villevieille.

 

CASTELLET-SAINT-CASSIEN

 

Voir site Dignois

 

D’une petite superficie, 457 hectares, la population n’a jamais dépassé les 83 habitants, maximum atteint en 1851. En 1471, le terroir est déclaré inhabité (Atlas, p. 169). La première mention a lieu en décembre 1043 quand Aldebert et son épouse Ermengarde, en compagnie de leurs fils, font don à l’abbaye Saint-Victor de quelque chose de notre héritage, dans le comté de Glandèves, sous le castrum appelé Amirat, à savoir l’église de Saint-Cassien, avec tout ce qui en dépend. Suivent les confronts, dont le Col d’Avènes, colle Avena, le torrent Chalvagne, Calvaniam aquam et le moulin. Sont donnés encore deux manses (CSV II, n° 781, p. 139-130). Les moines prennent possesion du domaine et créent un prieuré qui est cité en 1079, 1113 et 1135, cella sancti Cassiani (CSV II n° 843, 848, 844). Peu de temps après les Glandevès élèvent un château qui est cité au début du XIIIe siècle, castelletum sancti Cassiani et qui, associé à saint Cassien, va former le nom de la commune (Bouche I, p. 281). C’est ainsi qu’est citée en 1376 l’ecclesia de casteleto Sancti Cassiani (Pouillés, p. 265). Elle est sous la titulature de saint Laurent et, rapporte l’abbé Féraud : l’église, dédiée à saint Laurent, n’a été construite que depuis une vingtaine d’années. Avant, l’église était contigue au cimetière. Elle a été démolie vu qu’elle menaçait d’écraser les habitants. La fête patronale se célèbre avec bravade le 10 août (p. 312). R. Collier confirme cette assertion : l’église, datée de 1830, présente trois travées voûtées d’arêtes, séparées par des doubleaux retombant sur des pilastres ; à la naissance de la voûte, forte moulure avec méplat et doucine ; choeur en simili cul-de-four, avec arc triomphal brisé (p. 377-378). Il n’existe pas de chapelle rurale.

 

MONTBLANC

 

Voir site Dignois

 

Le castrum de Monteblanco est cité au début du XIIIe siècle (Bouche I, p. 281) et l’église apparaît en 1376, ecclesia de Monte Albo (Pouillés, p. 265). Elle est sous le patronage et la titulature de l’Annonciation de la Vierge. Il ne subsiste que 5 foyers en 1471 et le maximum sera atteint en 1851 avec 163 habitants, plus que 5 en 1962 (Atlas, p. 185). Il n’existe pas de chapelle rurale.

 

VIILEVIEILLE

 

Voir site Dignois

 

Le castrum de Villa Veteri est cité au début du XIIIe siècle (Bouche I, p. 281) et l’église en 1351 et 1376, ecclesia de Villa Veteri (Pouillés, p. 262 et 265). Villevieille tire son nom d’un habitat perché sur une crête dominant le village actuel au NE et où se dresse la chapelle Saint-Nicolas. Le site a été étudié en 1988 par deux membres de l’IPAAM de Nice qui concluent à une occupation protohistorique et une réoccupation au Moyen Age [1]. Entre temps, à l’époque gallo-romaine, l’habitat se serait installé à Fontantige, 500 m au NE, où ont été obervés de nombreux débris de tegulae. A la fin du Moyen Age, l’habitat descend dans la vallée et se crée un nouveau village avec un château et une église. Collier date celle-ci du XVIe-XVIIe siècle, rectangulaire, voûtée en berceau, sans moulure, rejoignant progressivement l’aplomb du mur. Le vrai chœur semble celui qui est situé derrière l’actuel et présentement la sacristie étroite, voûtée en berceau, chevet plat. Clocher-Arcade (p. 218). Quant au château, il daterait du premier tiers du XVIIe siècle (Collier, p. 257). Elle est sous la titulature de saint Nicolas, ayant repris celle de la première paroisse.

 

552. Chapelle Saint-Nicolas

 

C’est l’église primitive de l’habitat perché créée lors de la réoccupation au XIIe siècle. C’est elle qui est citée au XIVe siècle et sert de paroisse. R. Collier en dit quelques mots : chapelle Saint-Nicolas à Villevieille. Bien modeste édifice rectangulaire, à clocher à arcade, dominant le village. Un appareil de taille dans le chevet permet d’assigner une origine romane à cette chapelle qui a été restaurée en 1978 (p. 149).

 

553. Chapelle Saint-Joseph

 

Elle fait partie des deux chapelles rurales recensées au XIXe siècle, avec celle de Saint-Nicolas. Elle est située dans le hameau Le Champ au nord de Villevieille au bord de la D 610. Toujours en état.

 

Synthèse

 

Au Castellet-Saint-Cassien, la citation de 1043 indique une église déjà existante et aux mains de laïcs. On peut donc la considérer comme la paroisse originelle pouvant remonter au haut Moyen Age, à la période carolingienne. Saint-Victor en hérite et fonde un prieuré. A Villevieille, l’habitat se révèle en deux endroits, perchement durant la protohistoire, déperchement avec les gallo-romains, puis reperchement sur le même premier site au Moyen Age. La chapelle Saint-Nicolas représente la paroisse castrale.

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[1] P. BODARD et G. BRETAUDEAU, « Le site médiéval de Villevieille à Val-de-Chalvagne », Mém. IPAAM, T. XXXI, 1989, p. 113-116. Un autre site a été repéré au quartier du Villars révélant de nombreux fragments de tegulae et de céramique indigène (T. XXV, 1983, p. 63-64).