Daniel Thiery

Valavoire

 

VALAVOIRE

 

Faisait partie du diocèse de Gap et de la viguerie de Sisteron, aujourd’hui dans le canton de La Motte-du-Caire. La commune s’étend sur 1681 hectares et domine la rive gauche du torrent Sasse. En partant de cette rivière, on a d’abord une zone de collines et de petits plateaux s’étageant entre 800 et 900 mètres d’altitude. Puis, la pente s’accentue pour aboutir à des montagnes culminant à 1800 mètres. C’est dans cette deuxième zone qu’est installé le village à 1150 mètres d’altitude. La première zone a favorisé la culture des céréales et des plantes vivrières, la deuxième celle de l’élevage des ovins et des bœufs (1500 moutons et agneaux, 70 bœufs en 1836). L’habitat est constitué par le village perché et par plusieurs bastides réparties dans les collines. La population comptait 185 habitants en 1315, réduits à 65 en 1471 pour monter à 229 en 1765, période la plus prospère. Puis ce sera le déclin pour se stabilier à une trentaine en 2006.

 

Valadoria est cité vers 1030 lors de dons de terres faits par des personnages importants de Châteaufort à l’abbaye de Saint-Victor installée à Saint-Geniez (CSV II, n° 714, p. 60-61). Ils semblent établir leur autorité non seulement sur le territoire de Châteaufort, mais également sur ceux de Valavoire et de La Penne. L’un d’eux va prendre position à Châteaufort et y construire une fortification. Le chevalier de Valavoire part pour la première croisade (1096-1099) et Guillaume de Valavoire rend hommage au comte de Provence en 1188. Saint-Victor est en possession de l’ecclesia sancti Petri de Valle Doira, mentionnée en 1113 et en 1135 (CSV II, n° 848 et 844), mais il n’est pas assuré qu’il s’agisse de l’église paroissiale. En effet, aux confins de la commune, limitrophe avec celle de Châteaufort existait un prieuré dans le castrum d’Entraix sous le titre de saint Pierre.

 

Il semble que l’église de Valavoire dépendait de l’évêque de Gap, c’est ce qui ressort des collations du prieuré faites par l’évêque au XVIe siècle. A cette époque l’église est sous le titre, non pas de saint Pierre, mais de Notre-Dame de Bethléem. Elle va s’adjoindre saint Pancrace comme patron qui va finir par devenir le titulaire au XVIIIe siècle. L’église présente une architecture caractéristique du XIIIe siècle. Bien orientée vers l’est, elle est composée d’une nef en arc brisé de deux travées, séparées par un arc doubleau reposant sur deux pilastres. Une corniche en quart-de-rond fait séparation avec la voûte. Un arc triomphal à deux rouleaux sépare la nef du chœur, celui-ci plus bas et à chevet plat. Deux chapelles latérales ont été ajoutées par la suite, une seule est signalée en 1641, dédiée à saint Antoine et appartenant au seigneur de Valavoire. Il n’existe pas de chapelle rurale sur la commune.

 

Voir site Dignois