Daniel Thiery

Saint-Paul

 

SAINT-PAUL

 

Faisait partie de la Vallée de Barcelonnette et du diocèse d’Embrun, aujoud’hui dans le canton de Barcelonnette. Cette très vaste commune de 20555 hectares est frontalière avec l’Italie et est située dans la haute vallée de l’Ubaye dans une région très montagneuse. Les sites archéologiques sont essentiellement concentrés aux abords de la vallée et ont livré de nombreuses sépultures de l’Age du Fer (CAG n° 193, p. 434-440). L’étendue du territoire et les difficultés de circulation ont favorisé l’éclosion de nombreux habitats. La population avoisinait les 1000 habitants en 1316 et le maximum sera atteint en 1765 avec 1736 parsonnes. Elle n’en compte plus que 220 actuellement (Atlas, p. 197). Deux communautés apparaissent au début du XIIIe siècle, recensées par H. Bouche le castrum S. Pauli et le castrum de Torono, c’est Tournoux ou Tounosco où il y a une paroisse la plus ancienne à ce qu’on croit dans toute la vallée et qu’elle estoit un temple dédié à Jupiter (p. 266). Atlas dénombre 27 feux à Tournoux en 1316, soit quelques 150 habitants. Avec un territoire si vaste il ne faut pas s’étonner de la multiplicité des paroisses et des chapelles succursales élevées au cours des siècles. L’abbé Féraud recence six paroisses au XIXe siècle (p. 215-219) et le cadastre napoléonien de 1841 facilite le repérérage car il figure les édifices religieux coloriés en bleu. Nous utiliserons également les données fournies par R. Collier et les recensements effectués par Wikipedia et Quid ? sur Internet.

 

445. Paroisse Saint-Paul. Chapelle des Pénitents. Chapelles des Prats et de Lestrech

 

L’abbé Féraud recense une population de 400 âmes répartis dans le chef-lieu et les deux hameaux Des-Prats et de Lestrech. L’église paroissiale est sous le titre de Saint-Pierre-et-Paul. R. Collier y consacre une longue description. Il estime que la date gravée sur le chœur de 1452 correspond à l’origine de l’église. Elle a subi divers avatars, dont une démolition partielle en 1591 lors des guerres de Religion et un tremblement de terre en 1959. Elle est classée MH depuis le 1er janvier 1921. Elle figure en section M 3 sur le cadastre napoléonien, parcelle 801. A côté le cadastre figure un autre édifice, parcelle 802, il s’agit de la chapelle des Pénitents qui est qualifiée par Collier de grande chapelle, rectangulaire, qui s’allonge sur trois travées voûtées en berceau, avec une forte pénétration de lunettes triangulaires ; des doubleaux larges et plat s’interposent entre les travées. Il la date de la période classique, XVIIe-XVIIIe siècle (p. 227). Le hameau des Prats est situé au NE du chef-lieu et abrite une chapelle signalée par le cadastre en section M 2, parcelle 359. Toujours en état elle abrite un autel en bois taillé du XVIIIe siècle classé au titre d’objet. Au hameau de Lestrech, le cadastre napoléonien figure une chapelle Notre Dame, en section M 1, parcelle 168. On la retrouve sur les cartes modernes, isolée, au nord du hameau des Bonis.

 

446. Paroisse de Fouillouse et l’église Saint-Jean-Baptiste

 

Le hameau de Fouillouse est situé à l’est de la Grande Serenne sur les bords du torrent la Baragne, à près de 2000 mètres d’altitude. Il est composé de deux hameaux presque joignants, Fouillouse et le Serret. C’est entre les deux que s’élève l’église dédiée à saint Jean-Baptiste. Le cimetière la côtoie (Section G 8, parcelles 590 et 591). Le linteau de la porte indique la date de 1549. R. Collier estime qu’il s’agit de la date de restauration de l’édifice (p. 151). Mais plus loin il avance avec prudence que c’est la date d’édification mais sans doute sur un édifice antérieur (p. 196). Pour Wikipedia, l'église Saint-Jean-Baptiste au hameau de Fouillouse, est reconstruite en 1549, avec une voûte en berceau brisé plus tardive. Le clocher-mur, à trois baies, est de belle taille. Elle possède quelques statues, du Christ en poutre de gloire (classée) et de saint Jean-Baptiste, du XVIIe siècle mais d’un style extrêmement fruste. Les bustes reliquaires (dont un à saint Jacques) sont raides et archaïques, bien qu’eux aussi du XVIIe. Elle possède un antependium très rare, en tapisserie du XVIIe ou du XVIIIe siècles, classé.

 

447.Paroisse de Serenne. Eglise de la Transfiguration, chapelles Saint-Michel et Saint-Roch

 

La paroisse de Serenne est composée de deux hameaux, la Grande et la Petite Serenne et comprenait 400 âmes au temps de l’abbé Féraud. Elle est située en amont du chef-lieu sur les bords de l’Ubaye à l’altitude moyenne de 1500 mètres. R. Collier cite l’abbé Féraud qui la date de 1829, époque à laquelle les Serennes furent érigées en paroisse. Il la décrit en forme de croix, avec une coupole centrale surbaissée, largement pénétrée par des arcs en plein cintre… Le choeur est formé par une travée (p. 380). Elle figure sur le cadastre en section L 3 parcelle 793 ainsi que sur la carte de Cassini n° 167, ce qui indique que la date de 1829 correspond seulement à l’érection de la paroisse et non à l’édification de l’église.

 

A côté de l’église le cadastre signale un autre édifice avec une croix et coloriée en bleu, parcelle 792. Il s’agit de la chapelle Saint-Roch. R. Collier la rencontrée à moitié abandonnée, rectangulaire, à chevet plat, à trois travées… Notons une inscription intéressante encastrée dans le contrefort gauche de la façade ouest : « 1650-1719-S… RSS ». Cela semble situer la chapelle dans le temps : destruction, reconstruction (p. 227). A la petite Serenne, la chapelle est dédiée à Notre-Dame de l’Annonciation.

 

448. Paroisse de Melezen. Eglise Saint-Sébastien

 

Cette paroisse, au temps de l’abbé Féraud, est composée des hameaux de Melezen, d’Intra, d’Arua, de Serre, des Hautes et Basses-Molles et de Champ Grandès. Population totale, 200 âmes. Elle est située au NNO de Saint-Paul le long du Riou Mounat qui se jette dans l’Ubaye. Altitude entre 1600 et 1800 mètres. Pour le même abbé, l’église paroissiale, sous le titre de Saint-Sébastien, fut construite en 1785. Il n’y avait auparavant qu’une chapelle que l’on convertit en presbytère (p. 216). Elle figure sur le cadastre napoléonien avec le cimetière en section K 4, parcelles 605 et 606 dans le hameau dit le Rua, à l’emplacement du hameau actuel de Mélezen. Seule, Wikipedia signale que dans le mobilier de l’église Saint-Sébastien (1785) au hameau de Mélezen, figurent une croix de procession en métal argenté du XVIIe siècle, classée, et un ciboire d’argent du siècle suivant.

 

449. Paroisse de Maurin. Eglise Saint-Antoine. Chapelles Notre-Dame des Neiges et Saint-Antoine.

 

Elle est située d’après l’abbé Féraud au NE de Saint-Paul et comprend les hameaux de Combremond, de Maljacet et de Barge qui abritent 400 âmes. A l’extrémité du terroir et côtoyant la frontière avec l’Italie, les hameaux sont perchés à plus de 1900 mètres d’altitude et comme le fait remarquer Féraud la terre ne permet pas la culture des céréales mais offre seulement des pâturages abondants. Il décrit ensuite l’église paroissiale, sous le titre de Saint-Antoine, ermite, placée entre les hameaux de Maljacet et de Combremond. Sa construction est du douzième siècle …. Cette église passe pour être l’une des plus belles de la région. R. Collier pense qu’elle a été reconstruite suite à l’avalanche survenue en 1531 et qui l’avait démolie ou fortement endommagée (p. 196). Le cadastre napoléonien la signale au quartier des Sagnes comme église en section E 4 parcelle 618 accompagnée du cimetière.

 

Au hameau de Maljasset le cadastre signale une chapelle, parcelle 699, qui pourrait correspondre à une chapelle dédiée à saint Antoine. Le cadastre mentionne également un édifice à proximité du hameau de la Combe Brémond, section E 3 parcelle 452 et le nomme Chapelle de St Roch. Enfin, au hameau de la Barge s’élève une petite chapelle dédiée à Notre-Dame-des-Neiges, section E 6, parcelle 1122.

 

450. Paroisse de Tournoux. Chapelle de Gleizolles

 

Elle est située au sud du chef-lieu, à 6 km sur la rive droite de l’Ubaye. L’abbé Féraud indique qu’elle est composée du village de Tournoux et du hameau des Gleisolles avec une population de 280 âmes. Il fait remonter le village à une haute antiquité avec la présence d’un général romain, puis aux XIe et XIIe siècles d’une succursale des Templiers. L’église paroissiale, dédiée à saint Thomas, apôtre, serait à l’emplacement d’un temple dédié à Jupiter. R. Collier en fournit une description détaillée où il apparaît qu’elle relève du XVe et XVIe siècle avec la base du clocher remontant à la période romane (p.196-197). Elle est signalée par le cadastre en section J 1 parcelle 800 avec le cimetière.

 

La paroisse de Tournoux desservait le hameau de Gleizolles où s’élève une chapelle dédiée à saint Jacques et saint Philippe. Collier en donne une brève description : de cette petite chapelle ouverte à tous vents, il ne subsiste plus guère que la travée de chœur, voûtée sur croisée d’ogives. Le profil des nervures consiste en un tore, pris entre deux autres, moins épais. La voûte est en pierres de taille. Il existait au moins une autre travée. On se trouve ici sans doute au début du XVIe siècle (p. 177). Le reliquat de la chapelle a été restauré.

 

451. Chapelle Sainte-Marie-Madeleine au Col de Vars

 

Le Col de Vars est situé à 2108 mètres d’altitude reliant la Vallée de l’Ubaye à celle de la Haute Durance (Guillestre). Un historique de cette chapelle est donné par le site Internet du Diocèse de Digne. Elle fut construite au milieu du XIXe siècle succédant à un hospice pour les voyageurs et les pèlerins. Cet hospice avait été construit et géré par les Frères de la Madeleine, ordre fondé au XIIe siècle pour jalonner les voies de pèlerinage de relais hospitaliers. Enfouie dans la neige une bonne partie de l’année, elle fait l’objet d’un pèlerinage annuel, le 23 juillet, jour de la fête de la sainte.

 

 Voir site Dignois