Daniel Thiery

Saint-Martin-les-Eaux

 

SAINT-MARTIN-LES-EAUX

 

Faisait partie du diocèse de Sisteron et de la viguerie de Forcalquier, aujourd’hui dans le canton de Manosque Nord. D’une superficie de 915 hectares la commune est située entre Manosque et Forcalquier dans un paysage de collines peu élevées (650 m d’altitude en moyenne). Vitalisé à l’époque romaine, le terroir a livré plusieurs sites antiques dont un atelier de fabrication d’amphores et de tuiles. Il n’existait qu’une seule famille en 1315, phénomène inexpliqué et en 1471 le territoire est inhabité. Le maximum de population sera atteint en 1851 avec 174 habitants. Dès le XIe siècle un prieuré dépendant de Carluc s’installe dans la commune avec une ecclesia S. Martini de Paracollis seu de Renacatis (Atlas, p. 196). Mais dès 1274, les Pouillés recensent un canonicus Forchalquerii, pro prebanda ecclesia Sancti Martini de Rennachat (p. 117). La commune tire son nom du titulaire de l’église Saint-Martin sans doute fondée par les moines de Carluc au XIe siècle, l’habitat précédant étant installé sur la colline du Castellas située 500 m au sud du village.

 

Pour les historiens l’église date du premier tiers ou premier quart du XIIe siècle. En voici la description qu’en donne R. Collier : l’église comprend deux travées actuellement voûtées d’arêtes, jadis d’un berceau. La nef débouche sur un transept à berceau transversal, dont la croisée est aujourd’hui couverte par une charpente. Le chevet est formé par une abside demi-circulaire à l’intérieur, pentagonale à l’extérieur, voûtée en cul-de-four et bien appareillée. A l’origine, elle devait être flanquée de deux absidioles. L’intérieur de l’abside est orné d’une arcature en plein cintre, retombant sur six colonnettes à chapiteaux au décor floral (acanthes, palmettes) ou purement ornemental (entrelacs). C’est donc un édifice très soigné, à la blancheur décantée par les siècles et qui peut remonter au premier tiers du XIIe siècle (p. 86). Alpes Romanes 2 fournit également une description détaillée et conclut, très homogène, cet édifice pourrait être - malgré l’aspect archaisant des sculptures - une constrution du premier quart du XIIe siècle (p. 242-243). L’église a été classée MH le 11 février 1971.

 

438. Le Castellas

 

Il n’est cité aucune chapelle rurale dans le terroir. Pourtant, la carte de Cassini (n° 153) signale au SE du village à Belair un édifice religieux qui pourrait correspondre au site du Castellas. Le cadastre de 1833 en section B 1, parcelle 40, quartier du Castelas, figure un bâtiment orienté avec une abside en hémicycle. La carte IGN moderne y place une croix. Ce Castellas pourrait être une motte castrale à l’origine du peuplement jusqu’à l’arrivée des moines de Carluc qui fondent le village en contrebas avec une nouvelle église.

 

Voir site Dignois