Daniel Thiery

Saint-Jurs

 

SAINT-JURS

 

Faisait partie du diocèse de Riez et de la viguerie de Moustiers, aujourd’hui dans le canton de Moustiers. La commune, d’une superficie de 3359 hectares, occupe une partie du plateau de Valensole et des premiers contreforts du Montdenier. Elle côtoie au SE la commune de Moustiers-Sainte-Marie. C’est en 1315 que la population atteint son maximum avec plus de 600 habitants. Réduite à 90 en 1471, elle va parvenir à 547 habitants en 1851 (Atlas, p. 196). En 1096 Saint-Jurs est nommé lors la donation faite par l’évêque de Riez Augier à l’abbaye de Montmajour de la quatrième partie de la dîme du castrum sancti Georgii (GCN, I, Instr., XI, p. 371-372). Le castrum de San Jurs est dit de Reges, de Riez, pour le distinguer de celui de San Jurs de Sarganio (Saint-Jurson). Il est signalé par l’enquête de 1252 (n° 555, p. 357).

 

L’église paroissiale est desservie par un prévôt, dominus prepositus Sancti Gorgii ou prepositus Sancti Georgii en 1274 et 1351 (Pouillés, p. 106 et 112). Elle est sous la titulature de Saint-Georges et le prévôt est un chanoine de la communauté de Sorps. L’évêque de Riez Foulque II de Caille avait fondé en 1255 une communauté de chanoines réguliers de Saint-Augustin, un monastère de religieuses et une maison hospitalière à Sorps dans la commune de Bauduen (Var), sous la protection de sainte Catherine. L’évêque donne dans le même temps à l’abbaye la charge de plusieurs églises dont celle de Saint-Juers (GC I, p. 346-347). A la suite de la peste qui décime le monastère, plus que trois religieuses sur cent, le pape Eugène IV, par une bulle du 17 avril 1437 supprime la dignité abbatiale du monastère et le convertit en simple prieuré (GC I, p. 372). Les quelques chanoines qui avaient survécu vinrent s’établir à Saint-Jurs en 1433 jusqu’en 1499 année où la prévôté fut définitivement supprimée [1].

 

R. Collier fournit une description de cette église : l’église paroissiale, dédiée à saint Georges, est perchée sur le contrefort rocheux auquel s’accole le village et embrasse, d’un coup d’œil d’aigle, l’immense panorama du plateau de Valensole et tous les reliefs bleuâtres qui le bordent. Cette église vaut surtout par sa travée de choeur, séparée de la nef au moyen d’une arcade plus basse et plus étroite. Elle est couverte d’une coupole sur trompes, de facture gauche, et ornée de huit larges et plates nervures rayonnant à partir d’un oculus ; cette coupole, qu’encadre de chaque côté une arcade en plein cintre, à deux rouleaux au nord et au sud, à un seul à l’est et à l’ouest, constitue la partie la plus ancienne de l’édifice et remonte vraisemblement au deuxième tiers ou au milieu du XIIe siècle, malgré les recrépissages et les reprises qu’elle a pu subir. Les impostes sont à méplat et à doucine. Peut-être cette travée formait-elle le choeur à l’origine. La voûte, couverte d’une voûte en berceau, restaurée sans doute en 1640, a dû être bâtie postérieurement. Plus large, comportant trois travées, elle est légèrement désaxée vers le nord. La voûte, soulagée de doubleaux, présente un gros cordon en quart-de-rond à sa naissance. Cela peut remonter au XIIIe siècle (p. 100).

 

432. Chapelle Saint-Georges

 

Dans la plaine et à 500 mètres au nord du village perché se trouve le cimetière de la communauté et une chapelle dédiée à saint Georges. Une nécropole gallo-romaine y a été signalée (CAG, p. 415). Elle comportait des sarcophages, des vases funéraires et des tegulae. La chapelle a été restaurée en 1851 et 1989. R. Collier la décrit ainsi : la chapelle Saint-Georges, jouxtant le cimetière, sa nef forme trois travées, voûtées d’un simili-berceau tardif (XVIIIe ou peut-être même XIXe) ; deux épais doubleaux retombent sur des pilastres saillants ; la moulure courant à la naissance de la voûte et continuant les impostes paraît récente. Des arcs de décharge s’incurvent dans les murs latéraux. Une petite travée prolonge la nef et vient buter contre le chœur qui consiste en une abside en cul-de-four, à fenêtre axiale en plein cintre ébrasée intérieurement ; des impostes à trois ressauts (méplat, cavet, quart-de-rond), sans doute anciennes, marquent la naissance du cul-de-four. Une porte romane, aujourd’hui bouchée, à archivolte en plein cintre et à double rouleau, ouvrait sur la façade sud. Le mur nord a dû être reconstruit, mais le mur sud et l’abside sont en appareil assez régulier, de petites dimensions ; galets ou pierres taillées. Cela peut remonter au début du XIIe siècle. La chapelle a fait l’objet d’une réfection vers 1978 (p. 67-68) [2].

 

Synthèse

 

La chapelle Saint-Georges apparaît bien comme étant la première paroisse. Implantée sur un site antique, en milieu ouvert, elle peut remonter au haut Moyen Age mais a été reconstruite au début du XIIe siècle.

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[1] Souvenirs religieux, p. 71-73 et 91. Bartel, p. 64-66. Bouche, I, p. 228 et II, p. 309-310.

[2] Voir également Alpes Romanes, p. 60, qui fournit une description des deux édifices.

 

Voir site Dignois