Daniel Thiery

Saint-Benoît

 

SAINT-BENOIT

 

Faisait partie du diocèse de Glandèves et de la viguerie d’Annot, aujourd’hui dans le canton d’Annot. La commune d’une superficie de 2103 hectares s’étage de chaque côté du torrent du Coulomp, où la vallée est située en moyenne à l’altitude de 600 mètres. Au nord et au sud le territoire monte jusqu’à 1000 mètres d’altitude. Au milieu du XIe siècle, une partie du territoire fait partie du domaine de Pons Silvain d’Annot appelé Sigomania. Est cité le lieu-dit Lara se trouvant sur la commune de Saint-Benoît (Voir Annot). Pons Silvain en fait don à l’abbaye de Saint-Victor. Ce n’est que 200 ans plus tard que va être fondé un prieuré sous le titre de Saint-Benoît par le monastère Saint-Dalmas-de-Valdeblore, filiale de l’abbaye piémontaise Saint-Dalmas de Pedona. C’est autour de l’église que va se former le village, les habitants ayant abandonné le site de hauteur de Villevieille où ils s’étaient réfugiés [1].

 

R. Collier date l’origine de cette église du XIIIe siècle : cette église, d’un style roman très prolongé, contient une particulatité : le mur du chœur n’est pas le mur extérieur est de l’église, mais ce dernier double le premier à une certaine distance ; en appareil de taille (pierres allongées), percé de deux baies à ébrasement interne, en plein cintre, il formait le chevet d’une église datant du XIIIe siècle ou du début du XIVe, en avant duquel on a construit l’actuelle ; on voit d’ailleurs, à droite et à gauche, le départ des murs primitifs (p. 144). Au XIXe siècle, outre la paroisse de Saint-Benoît, va être érigée en paroisse en 1843 celle de Ourges associée à celle de Jausiers, bien que ce dernier hameau soit sur la commune d’Ubraye, mais beaucoup plus proche d’Ourges que d’Ubraye (Féraud, p. 298). L’église est sous le titre de Notre-Dame de l’Assomption. Elle est aujourd’hui en mauvais état, sans toiture. Sur la paroisse de Saint-Benoît sont recensées au XIXe siècle deux chapelles rurales.

 

410. Chapelle Notre-Dame au Plan du Coulomp

 

Elle n’est mentionnée qu’une seule fois, en 1891, une chapelle au Plan du Coulomp (2 V 93). La carte de Cassini n° 153 la cite sous le titre de Notre-Dame, au lieu-dit Plan du Collon, près du confluent du Coulomp avec la Vaire. Il n’en subsiste plus rien à l’heure actuelle.

 

411. Chapelle de la Vierge

 

Non signalée par la carte de Cassini elle figure sur le cadastre de 1830 sous le nom de Notre Dame avec une abside en hémicycle orientée vers le NE. C’est sous cette appellation qu’elle est citée plusieurs fois. D’abord, en 1858, une chapelle rurale, à 100 pas du village, dédiée à la Ste Vierge, qui a besoin d’être recrépie et blanchie, surtout à l’intérieur. Puis en 1866, 1870 et 1876, où elle a toujours besoin de réparations. Elle est encore citée comme chapelle rurale en 1891, 1918 et 1912 [2]. Elle est toujours en bon état.

 

Synthèse

 

Il n’existe pas d’indices de paroisses pré castrales même si le territoire semble dépendre de celui d’Annot au XIe siècle et forme, entre Méailles et le pont de la Reine Jeanne le territoire de Sigomania. Le seul édifice en milieu ouvert, près du torrent et sur la terrasse fertile du Coulomp, qui pourrait être antérieur au castrum, est la chapelle disparue de Notre-Dame. Mais aucun indice ne vient confirmer cette hypothèse.

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[1] POTEUR J.-C et SALCH Ch.-L., « Les villages à nom de saint, en Provence Orientale au Moyen-Age », Le village en Provence, Mouans-Sartoux, 1985, p. 65.

[2] 1858, 1870, 1876 (2 V 86). Les autres dates, 2 V 93 et 95.

 

Voir site Dignois