Daniel Thiery

L'enquête de 1710

 

Extrait du verbal de dénombrement

des familles et âmes de communion

des hameaux de la Montagne de Bayons

26-28 mars 1710

 

(Archives communales déposées aux AD AHP, E 23 / 27)

 

Présentation

 

Texte de 27 pages transcrit en mars 2007 par Daniel THIERY, à La Motte-du-Caire.

 

Des titres et paragraphes ont été insérés pour faciliter la lecture, ainsi que des majuscules pour les noms propres et des accentuations. Par contre, l’orthographe a été respectée. Quelques termes obscurs figurent en notes de bas de page pour une meilleure compréhension du texte.

 

Sujet du verbal : suite à la demande des habitants des hameaux de la Montagne (Haute et Basse Combe aujourd’hui), d’avoir un prêtre desservant à demeure, l’archevêque d’Embrun envoie son official afin de recenser les habitants, mesurer la distance qu’il y a entre les hameaux et le village de Bayons et reconnaître les difficultés du parcours. Les habitants de Bayons s’opposent à ce que le prêtre secondaire du village soit transféré aux hameaux de la Montagne. Néanmoins, l’official poursuit sa commission.

 

A cette date de 1710, le hameau le plus haut est appelé Aco des Magnans. La carte de Cassini de 1778 indique les Magnans. Celui du bas est appelé Aco de Boyer. La carte de Cassini indique la Montagne. Il existe une chapelle dédiée à sainte Marie-Madeleine à Aco des Magnans, très petite, 4 m sur 3 m, en bon état, fermée par un treillis de bois. Il n’est pas signalé de chapelle à Aco de Boyer.

 

A Aco des Magnans, il y a 10 maisons et familles totalisant 53 personnes, dont 15 de moins de 7 ans

A Aco de Boyer, il y a 12 maisons et familles totalisant 85 personnes, dont 29 de moins de 7 ans.

En tout 22 maisons et familles, totalisant 138 personnes (moyenne de 6,2 personnes par famille).

On décompte 74 enfants, dont 50 garçons et 24 filles.

 

La distance entre les deux hameaux est de 604 cannes, soit 1208 mètres.

La distance de la dernière maison jusqu’à la porte de l’église de Bayons est de 4138 cannes, soit 8276 mètres.

Le trajet pour aller à Bayons suit la rivière, puis passe par la montagne de Chabanestel.

 

Epilogue.

 

La demande des habitants sera exaucée quelques années plus tard où une paroisse succursale sera érigée à la Basse Combe par le cardinal de Tencin, archevêque d’Embrun (1724-1740). Il est probable que l’église, sous le titre des saints apôtres Jacques et Philippe, a été érigée ou réparée par les habitants durant cette période. Supprimée à la Révolution, elle sera rétablie comme succursale le 29 juin 1841 par Louis-Philippe Ier.

 

La carte de Cassini signale les deux édifices. Le cadastre napoléonien de 1839 les recense tous les deux avec chacun un cimetière. Contenance de l’église des Magnans : 78 m², ce qui est indique qu’elle a été restaurée et agrandie. Celle de la Basse Combe est de 156 m².

 


 

Extrait des Registres

du greffe de l’officialité

de Seyne

 

Requête du représentant des habitants des hameaux de la Montagne

 

Du vingt quatre mars mil sept cent dix par devant nous Louis Remusat docteur en sainte théologie, official forain [1] estably en cette ville par Monseigneur l’Illustrissime et Révérendissime archevesque et prince d’Ambrun, dans notre maison et chambre où nous avons acoutumé de rendre justice, est comparu Me Antoine Laugier procureur aux juridictions de lad ville et celuy des habitans des hameaux de la montagne du lieu de Bayons, assisté de Clément Rolland un desd’ habitans.

 

Lequel nous a représanté que dans la necessité où ces pauvres habitans se trouvent d’avoir quelque secours pour les sacrements, l’instruction et la sainte messe, qui demandent l’établissement d’un prettre se remontrant dans leurs hameaux, les obligea de se pourvoir par requette à mondit segneur l’archevesque et prince d’Ambrun, pour suplier sa grandeur d’avoir la charitté de vouloir leur accorder le prettre qu’elle à résouleu de donner pour secondaire à la paroisse dud Bayons ou tel autre qu’il luy plairroit, sans pourtant vouloir en rien préjudicier aux droits de l’église matrice [2]. Et que par cet effet il pleult à sa grandeur de cometre telle personne qu’elle trouveroit bon pour se porter sur les lieux pour informer sur les faits, dépendences et circonstances de lad requette pour en dresser son verbal et en suite y estre pourveu.

 

Procédure d’examen

 

Sur laquelle requette sad grandeur ayant statué et renvoyé les parties à nous pour estre procédé aux fins d’icelle par son décret du quatorze janvier dernier, nous, après avoir accepté la comission avec l’honneur et respect deub, avons offert de procéder et ordonné que les parties interessées seroient appellées au vingt six de ce mois pour comparoistre sur les lieux et là dire et débatre leurs raisons, auquel temps nous y descendrions et ce par notre décret du vingt dud mois de janvier. Sur lequel lesd habitans ayant lue nos letres, ils auroient en conséquence par exploit du vingt six febvrier dernier fait assigner mondit segneur l’archevêque et Mre Jean de Grace prieur condécimateur dud lieu, Mre Charles Derbezy prettre curé et les sieurs consuls et communauté dud Bayons, d’estre et comparoir led jour vingt six mars à deux heures après midy au devant la chapelle soubs le titre ste Marie Magdelaine construite auxd hameaux de la montagne et à autres jours, lieux et heures suivantes pour voir comment remédier et finir la descente [3] et procédure qu’il convient à faire pour l’établissement du prettre qu’ils demandent, suivant et conformément aud décret et fait prises par lad requette.

 

Demande d’un arpenteur

 

Et comme led jour vingt six mars s’aproche et qu’en procédant il sera besoin d’un arpenteur pour mesurer la distance desd’ hameaux à la paroisse et l’éloignement qui est un des cas avancé par lad requette, comme aussy que pour prouver les accidans qui y sont arivés, il sera nécessaire d’entendre des témoins et faire une sommaire information ainsi qu’il se pratique.

 

Led Me Laugier au nom desd’ habitans nous requier nous vouloir porter led jour vingt six mars à lad heure de deux après midy devant lad chapelle pour et aux fins de lad requette et décret et de commettre tel arpenteur qu’il nous plaira pour procéder selon notre commission et de leur accorder adjournement contre les témoins qu’ils prétendent faire ouir. De quoy nous requier acte et led Me Laugier signé et led Rolland a déclaré ne sçavoir ainsi à l’original.

 

Comparution des parties devant la chapelle, 26 mars 1710

 

Sçavoir faisons nous Louis Remusat docteur en sainte théologie, official forain étably en la ville de Seyne par Monseigneur l’Illustrissime et révérendissime archevesque et prince d’Ambrun, qu’en suite du comparant à nous teneu par Me Antoine Laugier procureur en l’officialité et celuy des habitans des hameaux de la montagne de ce lieu de Bayons pour et au nom d’iceux, le vingt quatre de ce mois et de nostre ordonnanace mise au bas, nous nous serions le jourdhuy vingt six rendeu à la chapelle soubs le titre Ste Marie Magdelaine érigée au plus haut hameau de lad montagne, en compagnie de Me Joseph Remusat nostre greffier, où estant arivés à l’heure de deux après midy, y avons trouvé led Me Laugier, en compagnie de Jean Magnan, Clément Rolland, Toussaint Sarlin, François Brunet, autre François Brunet, Honoré Brunet, Honoré Marie, Joseph Sicard, tant en leur nom que des autres particuliers desd’ hameaux.

 

Lequel Me Laugier nous a représenté et remis la requette présantée à Mgr l’archevesque par lesd’ habitans, son ordonnance au bas du quatorze dernier et nostre décret rendu en conséquence le vingt du mesme mois de janvier, les letres lueus sur iceluy et l’exploit d’assignation donnée aud segneur archevesque et à Mre Jean de Grasse prieur condécimateur et encor à Mre Charles Derbezy prettre curé dud Bayons et aux sieurs consuls et communauté dud lieu, en datte led exploit du vingt six février dernier duebment controllé au bureau dud Seyne par lequel ils sont assignés à cette heure de deux après midy et au devant de cette chapelle pour voir procéder au fait de nostre comission portée par lad requette et requis. Qu’attendu que lad heure de deux se trouve eschue sans que led segneur archevesque ny led Me de Grasse non plus que led Mre Derbezy, ny les dits sieurs consuls soient comparus ny aucun pour eux, de luy donner deffance contre iceux à tel profit qu’il soit, par nous procédé au fait de nostre comission. De quoi nous requiert acte et a signé avec ceux desd’ habitants qui ont sceu signés à l’original.

 

Au contraire est comparu led Mre Derbezy curé de ce lieu, lequel a déclaré qu’il consent très agréablement que justice soit rendue à qui elle apartient, sauf ses droits et a signé à l’original.

 

Protestation des habitants de Bayons

 

A la mesme assignation et heure est comparu Me Jean Antoine Marie ménager du village de Bayons et greffier de la communauté, assisté de Mre Joseph Audifret lieutenant de juge dud lieu, de sieur Antoine Sarlin rentier segneurial dud lieu, de Jean Noble et François Conil, en absence du sieur maire et consuls et pour l’instruction dud village. Lesquels nous ont représanté que s’est inutilement que les habitans des hameaux de la montagne veulent prétendre que le secondaire qui a toujours fait sa résidance au village mesme depuis quarante ou cinquante ans qu’il a esté estably, doit estre transféré en cet hameau à cause du besoin qu’on pourroit y avoir d’un prettre. S’il n’en restoit qu’un au village, ils seroint touts les jours exposés à des plus grands inconvénients que ceux dont parlent les habitans des hameaux de la montagne. Car enfin, il faut convenir qu’outre qu’il y a plus de quatre vingt maisons au village sans y comprendre le château, il y a encor diverses bastides éparses par les divers endroits du terroir en des lieux extremement difficiles et fort élognés, que d’ailheurs il y a encor trois hameaux qui composent environ quarante ou quarante cinq maisons dont l’un qui est appellé l’hameau de Ruynon est aussy élogné du village que ceux cy ou peu s’en faut. Et outre cela il est en tout temps très difficile d’y aller soit à pied soit à cheval et au temps des neges et des glaces on ne pouroit ny y aller y en revenir sans s’exposer à une perte visible. Joint à cela qu’il y a encor deux hameaux fort élognés, l’un appellé les Sarlins et l’autre la Forest qui seuls sufiroient bien souvent à l’ocupation entière d’un prettre. Et dans cet intervalle les habitans du village en soufriroient. Et partant sans aprobation de ce qui a esté avancé cy dessus par ceux de la montagne ou dans les requettes, ils déclarent de ne comparoitre icy que pour nous requérir de vouloir accéder aud village, bastides et hameaux pour faire les descriptions nécessaires, soit des habitans, éloignement des bastides et hameaux et des difficultés des chemins. Requérant acte et ont signés à l’original.

 

Réponse du délégué des habitants des hameaux de la montagne

 

Laugier, pour lesd’ habitants de la montagne sans aprobation des faits qui viennent d’estre avancés par ceux du lieu de Bayons sans aucun pouvoir du conseil de leur communauté, dit que n’estant question à présant que de voir si les cas sur lesquels les parties ont fondé leur demande sont tels qu’ils les ont proposés, sçavoir si le nombre des habitans, l’éloignement desd’ hameaux à l’église matrice, la difficulté des chemins et les inconvenians s’y trouvent pour l’establissement du prettre qu’ils demandent. Il ne s’amusera pas à répondre sur touts les susdits faits, espérant par l’évènement de la procédure que la justice de leur demande paroistre dans son entier et qu’elle ne sera pas si inutille que les habitans de Bayons veulent bien soutenir estant indiférant à ceux de ces hameaux. Que les adversaires nous fassent procéder à la visite et description tant du lieu que des autres hameaux, et par ainsi nous requiert qu’en luy donnés deffaut contre led segneur archevesque et de Mre de Grasse condécimateur qui ne comparent point ny aucun pour eux, il soit par nous procédé au fait de nostre comission et comencé par la visite de la chapelle et ensuite par le dénombrement. Et acte et a signé à l’original.

 

Intervention du maire consul de Bayons

 

Au contraire Me Guilleaume Marie, notaire royal dud Bayons, maire et consul de lad communauté qui est depuis survenu, a dit qu’il y a deux ou trois conseils et délibérations de la communauté qui luy donnent pouvoir et à d’autres de contester la transférance du secondaire du village à lesd hameaux, que d’ailheurs ils offrent, de l’adhérence des susnomés et de leur assistence de faire ratifier ce que seront fait et fairons à la suite par le conseil, déclarant qu’il n’empeche point que par nous il ne soit procédé à la visite et dénombrement et autres choses requises par les hameaux de cette montagne, parce que tout cela ne doit leur porter aucun coup et qu’il est du tout impossible qu’on transfère le secondaire de Bayons icy sans exposer et ceux du village et ceux des hameaux dont on a déjà parlé à des inconvéniants irréparables et surtout à la perte de la messe les dimanches et festes par la plus part des habitants du village et par touts ceux des hameaux, et partant, persiste avec l’assistence et adhérence des susnomés à tout ce que dessus. Et a signé avec eux à l’original.

 

Contestations ratifiées par l’official

 

Nous dit official concédant acte des réquisitions et contestations des parties et sans préjudice à leurs droits, nous aparoissant à l’aspect du soleil que l’heure de deux a passé et mesme une heure après, avons donné deffaut contre les sieurs condécimateurs deubement assignés par led exploit, pour le profit duquel avons ordonné qu’il sera par nous procédé aux fins requises par les habitants de la montagne à comencer par la visite de la chapelle et ornemens d’icelle et en suite continué aux heures et jours qui seront cy après par nous réglés pour la procédure finie, estre par nous procédé à la descente requise par les habitants du lieu de Bayons. Fait au devant de lad chapelle led jour et an. Signé Remusat official à l’original.

 

Visite de la chapelle Sainte-Marie-Madeleine aux Magnans

 

Après quoy en présence de touts les sus nommés, nous serions entrés dans lad chapelle en compagnie dud’ Derbezy curé et de Me Remusat nostre greffier, et après avoir pris de l’eau bénitte, nous estant mis à genoux et fait nostre prière au devant de l’autel et commencé à visité iceluy, où est un retable soubs la figure et image de la Ste Vierge et de Ste Marie Magdelaine, entouré d’un cadre de bois blanc, un crucifix sur le gradin, quatre chandeliers de bois, un te igitur, un lavabo et évangile de St Jean. Led autel estant de maçonnerie, y ayant une pierre sacrée de taille, trois nappes, un tapis à couvrir l’autel drap jaune, un devans d’autel tafetas couleur rouge, deux chasubles, une violette assez bonne et une autre de diverses couleurs fort usée, deux estolles et deux manipules de la couleur des chasubles, une aube avec son cordon et amict à demy usé, un petit missel usée, un calice et patène d’argent, une (…) et un corporal et un voille violet, un paire burettes de verre. Estant lad chapelle voutée et blanchie en dedans ayant deux canes [4] de long, et une canne et demy d’hauteur et autant de largeur, le couvert de chaume et une cloche du poids d’environ quarante livres posée et pendant à une poutre. Au devant de laquelle chapelle y a une grille de bois et une porte de mesme. Nous ayant le tout esté représenté par le curé.

 

Retraite à Astoin

 

Attandu l’heure tarde avons renvoyé la continuité de nostre commission qui sera de procéder au dénonbrement des familles qui composent les dits hameaux de la montagne à demain vingt septième du courant à neuf heures du matin à l’hameau où est lad chapelle et à commencer par la maison de Charles Megy fils émancipé d’Antoine. Et nous sommes retirés avec led Remusat nostre greffier au lieu d’Astoin, lieu plus proche de ce lieu et dans la maison où habite Anne Tourniaire veuve de Pierre Jacob, que nous avons pris nostre retraite où les dites parties pourrons se rendre pour nous y faire les réquisitions qu’ils trouveront bon de nous pour la continuation de la commission et nous sommes soussignés à l’original.

 

 

Dénombrement des familles du hameau des Magans, 27 mars 1710

 

Et le lendemain vingt septième dud mois de mars mil sept cens dix, dans la maison de lad Tourniaire et dans la chambre qui nous a esté donné pour retraite, par devant nous, official, est comparu led Me Laugier au nom desd habitants de la montagne, lequel nous a remontré qu’ayant renvoyé la continuation de nostre comission à l’heure de neuf du matin pour estre procédé au dénombrement des familles, nous requiert de vouloir nous porter aud hameau et dans la maison de Charles Mégy fils séparé d’Antoine pour y travailler à lad heure et autres suivantes et acte et a signé à l’original.

 

Et nous dit official concédant acte du susdit requis, avons déclaré estre prêt à nous rendre aud hameau pour faire led dénombrement, lequel finy il sera par nous procédé au canage [5] et arpentage de l’éloignement de l’église matrice à lad chapelle et hameaux, lequel canage sera fait en nostre présence et en présence ou absence des parties, par Honoré Reynier arpenteur commis par nostre ordonnance du vingt quatre de ce mois, qui pretrera le serment en tel cas requis. Délibéré à Astoin led jour vingt sept mars mil sept cens dix. Signé Remusat official à l’original.

 

Maison de Charles Megy

Et estant arrivés à lad heure de neuf et attendu une heure après ainsi qu’il nous a aparu à l’aspect du soleil, led Messire Derbizy non plus que les habitans de Bayons n’allant pas comparus ny aucun pour eux, en deffaut d’iceux, avons commencé le dénombrement des habitans du plus haut hameau de la montagne appelé aquo das Magnans, par la maison de Charles Megy fils émancipé d’Antoine, conduits par led Mr Laugier, Clément Roland et Antoine Megy, deux desdits habitans, où estant entrés avec nostre greffier nous aurions trouvé led Charles Megy, lequel moyenant le serment qu’il a passé entre nos mains en tel cas requis, nous a déclaré qu’ils sont sept personnes, scavoir luy, Suzanne Arnaud sa femme, trois garçons et deux filles, y en ayant cinq de communion [6], le père et la mère compris, nous requérant d’insérer après la déclaration que tant luy que les autres habitans dud hameau ne peut entendre la messe pour ne pouvoir aller à Bayons à cause de débordement du torrent appelé Saxe par la quantité de neges en mauvais temps.

 

Maison de Marguerite Giraud

De la maison dud Charles Megy avons été conduits par qui dessus, à la maison de Marguerite Giraud, laquelle moyennant le serment par elle pretté entre nos mains, a déclaré qu’elle est toute seule, estant de communion.

 

Maison de Jean Magnan

En suite toujours à la mesme conduite et compagnie, sommes allés à la maison de Jean Magnan feu Pierre, lequel moyenant serment par luy pretté entre nos mains, nous a déclaré qu’ils sont sept personnes, scavoir luy, Jeanne Arnaud sa femme, trois garçons et deux siennes sœurs, dont il y en a cinq de communion, luy et sa femme compris, nous priant d’insérer que très souvent il n’a pas pu non plus que les autres habitans aller à la messe à Bayons à cause des eaux et neges, par l’éloignement et difficulté des chemins pour aller aud Bayons.

 

Maison de Barthélemy Touche

Après quoy sommes allés toujours à la mesme compagnie et conduite dans la maison de Barthélemy Touche, lequel l’ayant trouvé, après avoir pretté serment entre nos mains, nous a déclaré qu’ils ne sont en famille que lui et Catherine Alegre sa femme et par ainsi de communion, nous ayant en autre déclaré que Jean Touche son père mourut sans sacrement ayant appelé monsieur le curé qui n’y put pas estre à temps.

 

Maison de Jean Daumas

Et tout de suite sommes entrés avec la mesme compagnie et à la mesme conduite dans la maison de Jean Daumas que nous avons trouvé, lequel après avoir passé serment entre nos mains, nous a déclaré qu’ils sont cinq personnes en famille, scavoir luy, sa femme, deux garçons et une fille dont trois de communion, nous priant d’insérer que depuis dix ans qu’il habite aud hameau il luy est arrivé deux fois que ny luy, ny aucun du village, n’ont pu aller à la messe à Bayons à cause du débordement des eaux au torrent appelé Saxe, ou quantité de neges.

 

Maison d’Etienne Magnan

En autre sommes allés toujours à la mesme conduite et compagnie dans la maison de Estienne Magnan, lequel nous a déclaré après avoir pretté serment entre nos mains, qu’ils sont huict personnes, sçavoir luy, Marguerite Audifret sa femme, quatre garçons, une fille et une servante qu’il tient toute l’année, tous de communion, nous requérant d’insérer et adjouter à la déclaration que son père et son frère moururent sans sacrement ayant requis ledit curé pour son frère qui ne put y estre à temps à cause de l’éloignement et autre, et que son père estant mort ils furent obligés de le garder mort un jour entier pour ne pouvoir passer ni gayer [7] la rivière pour le porter à Bayons, qu’ils passèrent le lendemain avec beaucoup de paine et de soins.

 

Maison de François Giraud

En continuation toujours conduits et accompagnés par qui dessus, sommes allés à la maison de François Giraud où nous avons trouvé Marie Peyronne sa femme, laquelle avoir avoir pretté le serment entre nos mains, a déclaré qu’ils sont neuf personnes en famille, sçavoir elle, led Giraud son mary, six garçons et une fille, de lesquelles neuf personnes y en a cinq de communion.

 

Maison de Joseph Sicard

Après quoy sommes allés toujours conduit et accompagné comme cy devant à la maison de Joseph Sicard, lequel après avoir pretté serment entre nos mains, nous a déclaré qu’il est tout seul estant de la maison, nous priant de vouloir adjouter à la présente déclaration qu’à cause des neges, quantité des eaux, ny luy ny aucun du village n’ont peu aller à la messe à Bayons.

 

Maison d’André Magnan

Et de suite sommes allés à la maison d’André Magnan que nous aurions trouvé, lequel après avoir pretté le serment entre nos mains, nous a déclaré qu’ils sont six personnes, sçavoir luy, Jeanne Garcin sa femme et quatre garçons, dont y en a quatre de communion.

 

Maison d’Antoine Megy

Et finalement avons esté conduits avec la mesme compagnie dans la maison d’Antoine Megy, lequel après avoir pretté serment entre nos mains, nous a déclaré qu’ils sont sept personnes sçavoir luy, Expérit Megy son fils marié avec Suzane Noble, ayant trois garçons et un berger qu’il tient depuis long temps, y en ayant quatre de communion, nous requérant d’insérer que pendant un mois aucun n’a pu sortir de cet hameau pour aller à la messe à Bayons, les festes et dimanches, à cause des neges et quantité des eaux.

 

Dénombrement du hameau Aquo de Boyer

 

Maison de Clément Rolland

Après quoy le dénombrement dud hameau des Magnans estant fini, toujours accompagnés par led Me Laugier et conduits par led Clément Rolland et par led Antoine Megy, en absence dud Derbezy curé et des habitans dud lieu de Bayons, sommes allés à l’hameau appelée Aquo de Boyer où allant sommes entrés avec messire Remusat nostre greffier dans la maison de Clément Rolland, lequel après avoir pretté serment entre nos main, nous a déclaré qu’ils sont onze personnes, sçavoir luy, François Rolland son fils marié avec Marguerite Maureau, ayant trois garçons en bas âge, ayant encore led Clément Rolland quatre garçons et une fille avec Anne Audemar d’Auzet la servante, desquelles onze personnes y en huit de communion. Nous étant requis d’insérer que très souvent l’hyver les autres habitants n’ont pu aller les dimanches et festes à la messe à Bayons et notemment le jour de la Toussaint de l’année mil sept cens sept auquel jour il ne put aller personne à la messe à cause du débordement des eaux à la rivière de Saxe qu’il faut qu’ils traversent en divers endroits pour aller à la paroisse.

 

Maison de Charles Giraud

Et de la sommes allés à la maison de Charles Giraud ou avons trouvé Catherine Giraude, sa fille âgée de trante ans, mariée avec Jean Baptiste Sarlin, laquelle après avoir pretté serment entre nos mains, nous a déclaré qu’il sont huict personnes, sçavoir led Charles Giraud son père, elle, son mary, un sien frère et une sienne sœur ayant deux filles et Claire Brémond femme en secondes noces dud Charles Giraud, dont y en a six de communion.

 

Maison d’Antoine Giraud

En suite sommes allés toujours à la mesme conduite et compagnie dans la maison d’Antoine Giraud, lequel après avoir pretté serment entre nos mains, nous a déclaré qu’ils sont sept personnes, sçavoir luy, Honorade Maurel sa femme, deux garçons et trois filles, y en ayant six de communion, ayant déclaré que très souvent il n’a pu aller à la messe ny personne du village à cause de l’eau et quantité de nege.

 

Maison de François Brunet

En autre sommes allés toujours en mesme compagnie et conduite que cy devant à la maison de François Brunet feu Jean où avons trouvé Marguerite Rolland, laquelle après avoir pretté serment entre nos mains, nous a déclaré qu’ils sont trois personnes, tous de communion, sçavoir elle, led Brunet son beau père et Guillaume Brunet son mary.

 

Maison d’Honoré Marie

Après quoy sommes allés et conduit par qui dessus à la maison d’Honoré Marie, lequel après avoir pretté serment entre nos mains, a déclaré qu’ils sont six personnes en famille, sçavoir luy, Marguerite Roucs sa femme et quatre filles dont quatre de communion, lequel nous a requis d’insérer à la présente déclaration que depuis quinze ans qu’il habite aud hameau diverses fois il n’a pu aller entendre la messe les dimanches et festes à la paroisse et notemment le jour de la pentecoste et de la toussaint, auxquels jours ny luy ny aucun y put aller ne pouvant gayer [8] la rivière appelée Saxe non pas mesme à cheval par la grande quantité des eaux qui avoient débordé.

 

Maison de Marguerite Long

En suite sommes allés à la maison de Marguerite Long veufve d’Antoine Brunet, laquelle après avoir pretté serment entre nos mains, a déclaré qu’ils sont deux personnes, sçavoir elle et un garçon, tous deux de communion.

 

Maison de Toussaint Sarlin

Comme encore toujours conduit et accompagnés par qui dessus, sommes allés à la maison de Toussaint Sarlin, lequel après avoir pretté serment entre nos mains, nous a déclaré qu’ils sont dix personnes en famille, sçavoir luy, Catherine Brunet sa femme, Marie Sicard sa belle mère, deux beaux frères, ayant cinq garçons, y en ayant en tout cinq de communion.

 

Maison d’Honoré Brunet

Et de la sommes allés toujours à la mesme conduite et compagnie à la maison d’honoré Brunet, où nous avons trouvé Marie Sarlin sa femme, laquelle après avoir pretté serment entre nos mains, a déclaré qu’ils sont neuf personnes, sçavoir elle, son mary, trois filles et un garçon et avec eux Marguerite Sarlin sa belle sœur veufve de Jean Brunet ayant un garçon et une fille, de laquelle y en a quatre de communion.

 

Maison de Joseph Giraud

Quoy fait toujours conduit et accompagnés que dessus sommes allés à la maison de Joseph Giraud, lequel après avoir pretté serment entre nos mains, a déclaré qu’ils sont huict personnes en famille, sçavoir luy, Jacques Giraud son père, Marie Magnan sa femme, Pierre Giraud son fils marié avec Marguerite Conil et une fille, faisant lesdites huict personnes dont y en a six de communion, nous requis nous d’adjouter qu’à cause des neges et pluyes il n’a pu aller à la messe les festes et dimanches à Bayons et notemment une fois le jour de la toussaint.

 

Maison de Jean Brunet à feu Antoine

Tout de suite toujours à la mesme compagnie et conduite, sommes allés à la maison de Jean Brunet feu Antoine, lequel après avoir pretté serment entre nos mains, a déclaré qu’ils sont dix personnes, sçavoir luy, une sienne sœur, trois garçons et cinq filles, en tout cinq de communion.

 

Maison de Jean Brunet à feu Espérit

Et dela sommes allés toujours en mesme compagnie et conduite à la maison de François Brunet feu Espérit, lequel après avoir pretté serment entre nos mains, a dit qu’ils sont sept personnes, sçavoir luy, sa femme, trois garçons dont un marié avec Catherine Garcin ayant une fille en bas âge, dont quatre de communion.

 

Maison de Joseph Brunet

Et finalement toujours conduits et accompagnés par led Me Laugier et led’ Clément Rolland et Antoine Megy, à la maison de Joseph Brunet feu Louis, où avons trouvé Marie Garcin sa femme, laquelle après avoir pretté serment entre nos mains, nous a dit que son mary est absent et qu’ils sont quatre personnes, sçavoir elle, son mary, une sienne belle sœur et un garçon, y en ayant trois de communion.

 

Dénombrement total

Revenant le nombre des habitans desd’ deux hameaux à vingt deux familles qui composent cent trante huict personnes desquelles y en a quatre vingt quatorze qui communient, le tout suivant le serment pretté par les chefs de famille que nous avons trouvé dans les maisons dénomées à notre présant verbal de dénombrement.


 

Arpentage des hameaux au village

 

Après quoy led’ Me Laugier assisté desd’ Rolland et Megy agissant pour et au nom des habitans desd’ hameaux nous a remontré que par notre ordonnance faite en conséquence du requis par luy à nous fait ce matin, il a été dis que le dénombrement estant fait, la procédure seroit continuée par le canage qui doit estre faict de l’éloignement qu’il y a desd’ hameaux et de lad’ chapelle Ste Marie Magdelaine jusques à l’église matrice, par Honoré Reynier maître arpenteur de Seyne. Cette ordonnance du 24 de ce mois, auquel par exploit du vingt six a esté faict commandement de comparoir par devant nous ce jourdhuy au devans de lad’ chapelle à l’heure de deux après midy pour pretter le serment en tel cas requis et de suite estre par luy procédé au canage, nous requérant vouloir recevoir son serment et iceluy passé, luy ordonner de procéder, nous priant en procédant de faire les observations des torrents et valons et difficulté des chemins qui se trouvent pour aller desd’ hameaux à lad’ église matrice, soit en hyver qu’en esté, à cause des débordemens des eaux, des neges et glaces qui sont très fréquentes. Le tout suivant et conformément à ce qui est porté par la requette à nous présantée par lesd’ habitans de l’exécution de laquelle est question et acte et à signé. Et lesd’ Megy et Rolland ont déclaré ne sçavoir escrire, signé Laugier à l’original.

 

Et nousd’ official concédant requis et de la présence dud’ Reynier, après avoir veu l’exploit de commandement à luy fait led jour vingt six mars deubment controllé au bureau de Seyne, nous apparaissant à l’aspect du soleil l’heure de deux estre expirée, après avoir attendu l’heure dexpectative sans qu’aucune des parties n’estre restées soit comparu, avons fait passer aud Reynier le serment en tel cas requis, moyenant lequel il a promis et juré de faire le canage dont est question selon Dieu et conscience et en (.) déclarant faire les observations requises telles que de droit, ayant led Reynier signé avec nous à l’original.

 

Après quoy avons commandé led Me Reynier de comencer le canage par la maison de Marguerite Giraud qui est scituée au plus haut hameau appellé a quo des Magnans, à continuer jusques à la porte de l’église parroissiale du lieu de Bayons, ce que led Me Reynier a fait en nostre présence et de celle de nostre greffier, suivis dud Me Laugier et desd’ Clément Rolland et Antoine Megy.

 

Ayant trouvé y avoir cent quatre canes de lad’ maison à la chapelle Ste Marie Magdelaine et depuis lad chapelle jusques à l’hameau appellé à quo de Boyer cinq cent canes et depuis led hameau jusques au pied de la montée du monticule appellé Chabanestel, mil deux cent cinq canes, et depuis lad montée jusques au pied de la descente de lad montagne visant du cotté de Bayons mil cinquante canes, et du pied de lad montagne jusques à la grande porte de la paroisse dud Bayons douze cent septante neuf canes, composant la distance qu’il y a desd’ hameaux à l’église paroissiale dud Bayons, sur le pied dud canage, quatre mil cent trante huict canes.

 

 

Observations sur le parcours

 

Ayant observé, en suivant led canage, qu’il y a un torrent au dessous desd’ hameaux qui vient passer au dessous du lieu de Bayons, y ayant de chaque cotté un (tisseu) de montagnes d’un hauteur prodigieuse et très afreuses, parmi lesquelles il y a des valons qui dégorgent dans le torrent en façon qu’il nous a pareu debvoir estre afreux dans le temps des pluyes et fontes des neges. Que led torrent n’est point praticable, ny en temps d’esté ny en temps d’hyver par les gens à pied et que les gens à cheval sont obligés de le suivre presque jusques à Chabanestel. Et que comme les habitans de ces hameaux, pour venir à la paroisse, sont obligés de le suivre pour venir entendre la messe et remplir leur devoir de chrestiens, environ l’espace de mil cinq cent canes, sont necessités de passer par un riol très périlleux à traverser desd’ montagnes et jusques à quelques pas en dessus du cotté qui regarde Chabanestel où il faut qu’ils traversent led torrent, y ayant la longueur de plus de sept cent canes en deux différents endroits, qu’il est très dangereux d’y passer, surtout en temps de pluyes, de glaces et des neges.

 

Y ayant mesme des endroits à présant que le terrain est sec qu’une personne seule ne peut passer sans s’attacher des mains et marcher de quatre pieds [9], pour estre led riol très étroit et découpé dans le roc, en façon que si une personne venoit à tomber elle se précipiteroit dans la rivière. D’ailleurs en cottoyant lesd montagnes, il y a d’espace à autre des valons et rouines où il rejalis de l’eau qui doivent rendre impraticable led riol dans le temps des pluyes, des glaces et des neges. Outre le danger qu’il y a l’hors du dégel qu’on ne soit écrasés par des pierres qui se détachent du haut des montagnes ou en iceluy par les fondrières de neges [10] qui en descendent, nous ayant lesd habitans qui nous prient de faire les présantes observations, dit que l’hyver ils sont obligés de porter des aches pour couper les glaces et de metre leur soulier à la main pour pouvoir passer ces sortes d’endroits.

 

Ayant trouvé quelques canes au dessous de la montagne de Chabanestel où il faut que lesd habitans traversent led torrent de Saxe pour ne pouvoir plus cottoyer les montagnes qu’ils suivent pour estre impraticables. Qu’il y a deux planches qu’une personne bien disposée a peine de passer, que lesd habitans nous ont dit estre obligés de changer presque toues les fois que led torrent grossit à cause qu’il change de lict et qu’il entrene des arbres entiers où nous avons trouvé des renversés et que desd planches pour arriver au pied de lad montagne il y a un riol dont le torrent en a emporté une partie.

 

Et quand à lad montagne, la montée et la descente sont très longues, très rudes. Le chemin du cotté de l’adrech estant tout roc et remply de caillous et qu’au travers d’icelle on y doit passer difficilement en temps de pluyes, de neges et des glaces à cause de diverses ravines qu’il y a.

 

Et en pied de lad montagne il y a deux valons qui viennent de la montagne voisine appellée Cadanier qui doibvent estre dangereux l’hors de débord et des fontes des neges. Après lesquelles il y a de nouveau led torrent de Saxe à passer pour aller au village de Bayons dont le gravier contient plus de deux cannes que les gens à pied passent à présant sur une planche. Après lequel il y a encore à passer pour arriver aud village un vallon appelle Le Riol de la Clastre qui vient du costé d’Astoin qui nous a pareu très impéteux et rude, estant fort large et dangereux dans les débords.

 

 

Conclusion sur le parcours

 

Toutes les remarques cy dessus nous obligent de dire que les personnes vieilles, les femmes ensaintes et les petits enfants ne scauraient pendant l’hyver ny pendant les pluyes passer par touts ces endroits pour venir à la paroisse sans s’exposer à périr ou prendre mal. Et qu’en quelque temps que ce soit qu’on porte quelque corps mort pour estre ensevelis lesd porteurs courent encor plus de danger.

 

 

Retraite à Astoin

 

Et attandu l’heure tarde, nous sommes retirés au lieu d’Astoin à la maison où habite Anne Tourniaire veufve du lieu où lesd habitans pourront se trouver à demain vingt huictième du courant à neuf heures du matin, auquel temps nous avons renvoyé la continuation de notre procédure, pour nous faire lad réquisition qu’ils trouveront à propos. Et avons signé avec led Me Raynier arpenteur à l’original.


 

Conclusion, 28 mars 1710

 

Et le lendemain vingt huictième mars mil sept cent dix aud lieu d’Astoin, dans la maison de lad Tourniaire et chambre qui nous à elle donnée pour notre retraite, est comparu led Me Laugier assisté de Clément Rolland et Antoine Mégy pour et au nom des habitans de la montagne, lequel nous a remontré que pour remplir entièrement l’éxécution de notre commission, ils ont fait assigner Mre Pierre Sicard pretre prieur d’Astoin, Pierre Mangan, Jean Antoine Daumont dud lieu et Joseph Chabrier et Boniface Ayasse du lieu de Turriers, à comparoir ce jourdhuy à l’heure de dix et autres suivantes pour l’information requise. Et cependant nous par exploit du jour d’hier fait par Charles St Martin notre aparieteur, deubement controllé à quoy nous requiert de procéder aux formes ordonnées et acte et a signé à l’original.

 

Nous official concédant acte du susd requis ordonons que lesd témoins par nous ouys moyenant le serment qu’ils pretteront entre nos mains l’hors de leurs dépositions, lesquelles seront aud Astoin le jour et an que dessus. Signé Remusat official à l’original.

 

Déclarant nousd official avoir vaqué au fait de la procédure cy devant avec Me Joseph Remusat nostre greffier trois jours, sçavoir un pour venir et comencer lad procédure et deux pour la continuer et finir, nous estant taxés pour chaque jour dix livres pour nous et pour nostre greffier, les deux tiers qui se monte en tout cinquante livres que nous avons receu des mains et deniers de Clément Rolland et d’Antoine Megy à Astoin ce vingt huict mars mil sept cent dix. Signé Remusat official, Remusat greffier, à l’original, soussigné qui ay expédié le présant extrait au requis des sieurs consul de Bayons.

 

Remusat greffier

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[1] Official : juge ecclésiastique délégué par l’évêque. Official forain : juge envoyé hors de la ville épiscopale pour juger les affaires qui relèvent de sa juridiction.

[2] Eglise matrice : église mère, paroissiale.

[3] Descente : descente de justice, moyen officiel pour un magistrat d’aller sur place recueillir des informations.

[4] Canne : mesure de longueur valant environ 2 mètres.

[5] De canne : métrage.

[6] A partir de 7 ans, âge de raison.

[7] Gayer : passer à gué.

[8] Gayer : passer à gué

[9] On dirait aujourd’hui, à quatre pattes.

[10] Avalanches.

 

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