Daniel Thiery

Esparron-la-Bâtie Sasse

 

ESPARRON-LA-BATIE

 

Esparron Titre 

 

 

Le terroir

 

La commune occupait 2809 hectares avant d’être rattachée par association à la commune de Bayons en 1973. Dans le même contexte géographique que la commune de Reynier dont elle est limitrophe à l’est, son territoire est montagneux et difficile pour les habitants (1200 mètres). C’est ce que révèlent les quelques descriptions fournies par les affouagements. Celui de 1698 décrit que le village est situé dans la montagne, le terroir ingrat et penchant est beaucoup endommagé par les ravines et les torrents. Les habitants ont de l’eau, des pâturages et beaucoup de bois [1].

 

Une plainte est adressée suite à cet affouagement par le seigneur du lieu, noble Jean de Morier : ledit lieu est situé au haut de la montagne en lieu extrêmement ardeux et penchant, rempli de rochers, entrecoupés de vallons et torrents qui le ravagent journellement. La situation est si froide que les neiges y restent le plus souvent huit mois de l’année et les rentiers qui l’habitent en restent plus de six de pouvoir sortir de leur maison, ce qui fait qu’ils ne peuvent pas même recourir à leurs nécessités, le pays étant impraticable tant à cause des neiges que de la rivière de Sasse qui reste bien souvent plus de deux mois d’être gayable (passée à gué), les autres advenues (accès) étant toutes par des précipices inaccessibles. Il n’y a aucuns arbres fruitiers, ni vignes et tout le produit du terroir consiste au seul grain qui n’est que d’un petit rapport à cause que les bleds y sont fort noirs, chargés d’ivraie et de vesce que les grandes neiges causent dans l’hiver et ces mêmes neiges qui y restent si longtemps. Et des montagnes arrivent très souvent des grêles et des tempestes qui emportent toute la récolte et qui obligent pour lors le seigneur de payer les impositions et de nourrir ses rentiers sans recevoir aucun fruit de ladite terre [2].

 

Celui de 1774 complète la précédente : le terroir confronte ceux de Barles, Reynier, Clemensane et Bayons. Il est d’environ quatre lieux de circonférence, la plus grande partie en colines et cotteaux dont certaines sont agrégées de pins, fayards et arbustes, y ayant du gazon pour les paturages des bestiaux, partie en plaine penchante et valons.

 

Le lieu (village) est scitué dans un bas fonds bâti sur une partie un peu penchante, entouré de colines et cotteaux. Il y a une fontaine publique sans édifice aux environs du lieu. Les maisons sont la plus grande partie en mauvais état couvertes de paille (chaume) ; les rues ne sont point pavées. Il y a une place publique assez spacieuse dont partie appartient au Seigneur. L’habitation est assez commode. Les avenues (accès) sont très difficiles et pénibles. Il est distant de la ville de Sisteron de quatre lieux (16 KM). Les habitants font moudre leurs grains la plus grande partie de l’année au moulin de la communauté assez proche du village que les eaux du riol font tourner et sont obligés lors des glaces d’aller quelquefois faire moudre aux lieux circonvoisins [3].

 

Achard en 1788 met l’accent sur la rigueur du climat : le territoire n’est arrosé que par un petit ruisseau ; sa principale production est le blé. Les habitants ne connaissent que l’art de cultiver les champs et en cela ils sont fort heureux (sic). Le froid qui est violent pendant l’hiver, oblige ces bonnes gens alors à faire de petits outils et des meubles en bois, auxquels ils réussissent assez bien. Le 16 septembre 1792 quand les commissaires viennent encadastrer les biens du seigneur, ils ne peuvent mesurer la montagne la Rezinais car couverte de neige [4]. L’abbé Féraud, milieu XIXe siècle, décrit : le climat est très froid et le sol peu fertile. On trouve auprès du village deux forêts, dont l’une située au Nord, se nomme le bois de Tallaye ; l’autre qui est à son midi, porte le nom de bois de la Pinie. Un torrent qui vient de la montagne de la Loupie, passe sous un pont auprès du village ; il sert à fournir de l’eau au moulin et se jette dans la rivière de Sasse. La commune comprend le village, les hameaux du Pont et de Beaudinars et six bastides. La carte de Cassini n° 152 confirme bien la présence d’un moulin situé entre le hameau du Pont et le village.

 

En 1774, les productions consistent en bled, seigle, avoine, grossant [5], fourrage, chanvre et peu de menus fruits. Il y a quatre petites sources dans le terroir à l’usage seulement des maisons de campagne. L’eau qu’on dérive du riol pour faire tourner le moulin à farine arrose aussi une partie des terres de la plaine penchante, il est coupé par le dit riol par des eissariades et ravins qui lors des pluyes abondantes entraînent et engravent certaines terres. L’on y nourrit du bétail lanal (de laine), du cheveau et un peu de poulins.

 

Lors de la statistique agricole établie en 1836, il n’est recensé que 10 hectares de terres produisant du blé froment, le reste, en trop petite quantité, n’est pas relevé. Le cheptel par contre est plus conséquent :

 

1836

Bœuf

Mouton

Brebis

Agneau

Chèvre

Porc

Cheval

Jument

Poulain

Mulet

Ane

Total

Hectare

50

50

500

200

100

25

6

20

4

2

12

969

 

 

La population

 

Population Esparron

 

Le graphique met en évidence la chute brutale survenue à la fin du Moyen Age. 84 % de la population disparaît. De 74 foyers et maisons, il n’en subsiste plus que 12. Terres, bastides, maisons du village sont abandonnées. Contrairement aux autres communes aussi touchées, Esparron va mettre plus de deux cents ans pour se relever.

 

Noble Jean de Morier, dans la plainte qu’il adresse aux commissaires en 1698, leur fait savoir qu’audit lieu il n’y a aucun corps de communauté, que la communauté ne peut rien posséder puisqu’il n’y en a aucune et que l’estandue du terroir appartient au Seigneur. Qu’il y a dans ledit lieu 24 maisons habitées toutes par les rentiers dudit seigneur. Il rappelle que c’est lui, le seigneur, qui paye annuellement les charges et impositions de la province à la place des habitants, puisque le lieu est déclaré inhabité. Depuis l’année 1471 le terroir fut imposé pour un feu et demi. Cette imposition trop lourde pour les habitants les força à s’engayer extrêmement (à déguerpir). Et moins il en restait, plus l’impôt qui n’avait pas été abaissé était lourd. Appréhendant l’entier abandon du terroir qui estoit surchargé à mesure que les habitants avoient déguerpis, ledit seigneur fut porté de s’obliger de payer annuellement les impositions de la même manière que si le lieu eut toujours subsisté en corps de communauté. Pour preuve, il joint une lettre rédigée par un notaire d’Aix en date du 6 décembre 1653, pour confirmer le paiement des impositions depuis l’année 1629 et qu’il restait le seul et unique possesseur de cette terre.

 

Personnellement, le seigneur possède la montagne de Laup, une bastide au quartier de la Casse de 10 charges de rente et quelques biens proches du château d’environ 10 charges en semence, ainsi que le domaine de la Bastide. Quant au sieur prieur, il possède franc de taille une maison curialle et quelques terres conjointement avec la disme qui peuvent valoir annuellement 4 charges de rente. Tout le reste du territoire lui appartient en tant que seigneur et il le met en rente à des fermiers. Ceux-ci ne possèdent aucune terre en propre.

 

Ce n’est que 10 ans plus tard, comme nous l’apprend l’affouagement de 1728, que la communauté n’est communauté que depuis 1709, que le seigneur remit aux habitants tous les biens. La communauté possède une bastide appelée la Casse à elle remise par le seigneur plus un domaine appelé la Bastide [6]. Il y a alors 26 maisons habitées toutes dispersées en hameaux. Il est probable que cette action d’émancipation a permis à la population d’augmenter au cours du XVIIIe siècle, puisque l’on recense 41 foyers en 1765 (205 habitants). La progression continuera jusqu’au milieu du XIXe siècle avec 251 habitants en 1851. L’exode rural va alors commencer et s’accélérer, surtout après la Grande Guerre, pour aboutir au rattachement à Bayons en 1973.

 

Le Nobilaire de Provence nous informe que la famille de Morier, ou Mourier, a presque exclusivement possédé le fief d’Esparron-la-Bâtie depuis le XIIIe siècle jusqu’en 1737 où elle eut les Pélissier comme héritiers. Au XIIIe siècle, le castrum de Sparrono est joint à celui de Bastita. Il fait partie du douaire de Béatrice de Savoie [7]. Les de Morier ont le titre de seigneurs d’Esparron et de la Bastie, puis Bastide. Cette Bastie correspond au lieu-dit la Batie situé à mi-distance entre le village de Reynier et le hameau de Baudinard. Bien que séparés du village d’Esparron par la Crête de la Pinée, et plus proches de Reynier, la Bâtie et Baudinard faisaient partie du fief d’Esparron. Il est probable qu’à l’origine les deux fiefs étaient distincts, réunis ensuite dans les mains de la même famille. En 1709, comme on l’a vu, le domaine de la Bastide passera dans les mains de la communauté d’Esparron.

 

Château Esparron

                           La porte d’entrée du « château ».

                           Encadrement en arc plein cintre avec clef taillée en pointe de diamant

 

 

Historique du peuplement

 

La Pousterle

 

On retrouve le toponyme Pousterle associé à ceux des Gardes et de la Citadelle sur les limites communales séparant Bayons d’Esparron, avant la Révolution limite entre les diocèses d’Embrun et de Gap. Après les deux posterles de Faucon, du Caire, du site de Saint-Amand et de la tour de Bédouin, c’est le cinquième indice qui conforte les remarques que nous avons exposées dans les monographies des quatre communes de Faucon, du Caire, de Clamensane et de Bayons. Cette frontière aboutit au Sommet de l’Oratoire culminant à 2072 m.

 

 

Les deux églises d’Esparron et de la Bastide

 

Il n’existe aucune donnée archéologique répertoriée officiellement sur la commune. Les habitants nous ont indiqué cependant des tuiles romaines près du hameau de Baudinard. L’abbé Féraud signale à l’extrémité du terroir, du côté de Reynier, et dans un champ appelé Cimetière, on a trouvé enfouis dans la terre, des ossements humains d’une grosseur extraordinaire, plus, des pierres taillées, parmi lesquelles une paraît avoir servi de fonts-baptismaux. Ce qui annonce une ancienne église, dont le souvenir s’était perdu dans la suite des temps.

 

Cette donnée pourrait faire référence à une église et à un cimetière signalés à la Bastide lors de la visite de l’évêque le 3 août 1599 : le cymetière qui est auprès de ladite église (d’Esparron) ainsi celuy qui est auprès de l’église de la bastide pour estre fermé tout alentour afin que le bestail ny entre [8]. Le fait qu’il y ait deux églises, éloignées l’une de l’autre, dans deux vallées différentes, indique un peuplement distinct antérieur à l’édification des châteaux. Il pourrait correspondre à l’émergence des premières paroisses rurales du début du XIe siècle dont nous avons rencontré de nombreux spécimens dans les autres communes, à un moment où celles-ci n’étaient pas encore bien individualisées et circonscrites. La plupart de ces églises ont été édifiées par des monastères ou par l’évêque de Gap. On ignore les fondations faites par ce dernier, mais par la suite, comme à Reynier où il est seigneur jusqu’au XVe siècle, il est décimateur d’Esparron jusqu’à la Révolution.

 

Il n’est plus fait mention de cette église de la Bastide par la suite après 1599. Les guerres de Religion ont dû causer sa ruine, d’autant qu’il y eut quelques familles qui adhérèrent au protestantisme. L’évêque, dans la même visite de 1599, ordonne que ceux de la religion prethandue réformée ne soient pas enterrés dans le même cimetière que les catholiques. On ne sait pas non plus sous quelle titulature cette église était consacrée. On n’a pas cru bon de la restaurer d’autant que la population, en ce début du XVIIe siècle, était très amoindrie comme on l’a vu plus haut.

 

Dans le cadastre de 1760, le plus ancien conservé, il est fait mention du Tènement de la Bastide appartenant à la communauté. Il se compose de quatre terres et d’un gros tènement de terre et bastiment de crépin confrontant terre de la chapelle [9]. Celle-ci n’existe plus, il ne reste que l’emplacement où elle était élevée. Quant au cimetière, il est encore moins visible de par sa nature. Il n’y a pas de description du bastiment contrairement au tènement de la Casse où à la bastide de la Casse il y a un logement, une écurie, un grenier à foin, régales, four à cuire pain, prés, terre, jardins et une fontaine.

 

 

Bastita, la Batie, la Bastide

 

Cité au XIIIe siècle sous l’appellation Bastita, ce vocable désigne une maison forte élevée soit par un seigneur soit par l’autorité ecclésiastique. La fondation des bastides s’échelonne entre 1250 et 1320 [10]. Elle correspond à l'essor démographique durant cette période et à l'aspiration de liberté et de sécurité qui va donner naissance à de nombreuses villes, particulièrement dans le Sud-Ouest (plus de 300 répertoriées). En Provence, cette création n’a pas eu les mêmes suites et les bastides ne se sont pas développées de la même manière. Elles correspondent plutôt à un ouvrage militaire isolé, situé sur un lieu de passage et pour le contrôler. C’est le cas typique de la tour de la Bâtie à Nibles dominant le passage de la Sasse ouvrant vers les vallées.

 

La bastide d’Esparron est restée le centre d’un domaine seigneurial avec terres agricoles et pastorales dont la maison forte constitue le centre d’exploitation. Elle devient également le centre spirituel de la population qui en dépend avec un lieu de culte pour les vivants et un cimetière pour les morts. C’est à partir du XVIe siècle que le terme bastide va désigner en Provence une simple maison de campagne. Il faut donc considérer la bastita d’Esparron, non comme une bastide au sens moderne, mais comme une maison forte, élevée par un seigneur pour asseoir son autorité sur un terroir. Elle devient le siège d’un fief à part, mais de courte durée puisqu’il va être réuni très vite à celui de Sparrono, les deux fiefs étant dans les mains d’une unique famille. Le fait qu’ils soient dans deux vallées autonomes va dans le sens d’une double création. Lors des limitations des communes, à partir de la fin du XIIIe siècle par les comtes angevins, le castrum de Bastita va rester dans le domaine d’Esparron, alors qu’il se trouve dans la vallée de Reynier. Il en est de même pour le hameau de Baudinard. Il faut croire que le domaine de la Bâtie n’était plus d’un très grand rapport puisqu’en 1709 le seigneur l’abandonne à la communauté qui vient d’être créée.

 

 

L’église paroissiale d’Esparron

 

Un capellanus, chapelain, est cité en 1274, puis vers 1350 [11]. L’église dont le chevet est orienté vers l’est, est au centre des quelques maisons du village et près de la maison seigneuriale. Un cimetière l’accompagne, aujourd’hui bien clôt par un mur. La première visite connue est celle de 1599 où l’église saint Sébastien laquelle avons trouvé en fort pauvre estat, toute descouverte, excepté d’un costé qui est couvert de tuilles avec un plancher de bois tout rompu …, n’y ayant aulcun autel ny fons baptismalles, …, le clocher tout ruiné … , le cymetière luy aussi tout ouvert…. Le clocher pour estre disrupt sera basty du costé de la grande porte qui est au fonds de ladite église. 

 

Il faudra près de 150 ans pour que des réparations sérieuses et complètes soient faites, ce qui indique bien la pauvreté de la commune. En 1641, l’église saint Fabien et saint Sébastien est toute descouverte, les murailles presque toutes abattues et le 1er mai 1687, l’église, sous le titre de St Fabien et de St Sébastien est couverte de tuilles, la nef voûtée, non pavée, le presbytère (chœur) voûté mais entrouvert et menaçant ruine, non pavé, l’autel sans tabernacle, ayant au dessus un petit tableau peu décent (en mauvais état), le cimetière joignant l’église fermé ayant une croix de bois assez propre [12]. Ce n’est que le 15 septembre 1759 que l’autel de la chapelle saint Christophe et de saint Clair fort simple et assez décente. La voûte tant de la nef que du sanctuaire, les fonts baptismaux et le confessionnal sont en bon estat [13]. C’est la période où la commune est devenue florissante avec plus de 200 habitants. Les biens du prieuré, soit de la cure d’Esparron, consistaient en quatre pièces de terres totalisant 5236 cannes², soit un peu plus de 2 hectares. Elles sont adjugées le 29 avril 1791 à Jacques Richier, ménager, pour 1700 livres [14].

 

 

Le hameau de Baudinard

 

Baudinard est un nom de lieu assez répandu dans le Midi, signifiant beau dîner, du bas-latin bellum disjejunare, contraire de Maurepas [15]. Il est possible qu’il fasse référence à une halte pour les voyageurs et surtout pour les bergers sur la draye (chemin de transhumance) mentionnée par le cadastre de 1760 près du hameau. Celui-ci comprend en 1830 6 maisons d’habitations et 2 bâtiments d’exploitation. Les six propriétaires, tous résidants au hameau, sont Bruno Borrelly, Paul Borrelly dit camarade, Paul Bourrelly fils de Jérôme, Victor Nicolas, Jean-Joseph-Etienne Richier dit l’avocat et Louis Richier dit thézard. Quatre d’entre eux sont propriétaires du four à pain [16]. La carte de Cassini signale un moulin à farine en aval du village qui n’est plus indiqué par le cadastre de 1830.

 

Le 31 mars 1867, le conseil municipal demande l’autorisation de construire un cimetière à 150 mètres des habitations, celui du chef lieu étant trop éloigné, 5 km, par des chemins affreux. Le hameau ne compte que huit habitants, mais il faut y ajouter ceux de Gaine, de la Sapie ainsi que les bergers qui séjournent dans les montagnes environnantes pendant l’été. Le désir des habitants de Beaudinar a été exprimé avec plus d’énergie l’année dernière par la construction d’une belle chapelle [17]. Celle-ci vient d’être restaurée il y a peu de temps par un particulier. Elle a été élevée sur un site vierge ainsi que le cimetière et ne correspond pas à l’église de la Bâtie, détruite depuis longtemps.

 

 

Synthèse et perspective

 

L’histoire du peuplement d’Esparron se révèle relativement assurée, malgré des sources succinctes. Le territoire a été en zone frontalière sur sa face est durant l’Antiquité, laissant des traces toponymiques significatives. Sa formation en commune paraît avoir été constituée par la réunion de deux terroirs distincts géographiquement créés avant la féodalisation (Esparron et la Bâtie). Ce n’est qu’à la fin du XVIIe siècle que nous apprenons que la communauté d’Esparron n’était plus une communauté constituée depuis la fin du XVe siècle. Au fléau de la peste s’est ajoutée la lourdeur des impôts qui a fait déguerpir les habitants. Cette donnée, inédite pour les autres communautés, devrait peut-être être prise en considération afin de mieux apprécier la lenteur de la reprise démographique au cours du XVe siècle, du moins pour certaines d’entre elles défavorisées par un milieu géographique montagneux. Le nombre de villar abandonné est impressionnant dans ce type de milieu. Il est d’ailleurs probable que Baudinard ait succédé, lors de la reprise démographique du XVIIIe siècle, à un habitat situé plus en amont, abandonné lors de la peste, le toponyme Ravin du Viérard le sous-entendant.

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[1] AD AHP C 41.

[2] AD AHP C 19

[3] AD AHP C 26.

[4] AD AHP 1 Q 64.

[5] Grossant, en provençal groussagno, blé gros, froment d’hiver. Blé à tige robuste qui ne plie pas lors des grands vents et des fortes pluies. Cette espèce de blé était très renommée dans la commune voisine de Barles.

[6] AD AHP C 23.

[7] RACP n° 275, p. 353. 28 décembre 1237.

[8] AD HA G 779, f° 733.

[9] AD AHP E 82/2, cadastre de 1760.

[10] COLLECTIF, Dictionnaire du Moyen Age, PUF, 2002, p. 136.

[11] Pouillés du diocèse de Gap.

[12] AD HA G 784 et 786.

[13] AD HA G 789.

[14] AD AHP, 1 Q 40.

[15] DAUZAT, ROSTAING, Dictionnaire étymologique des noms de lieux en France, Guénégaud, Paris, 1989, p. 58-59.

[16] AD AHP 3 P 202, cadastre napoléonien, état des sections.

[17] AD AHP E 82 / 3, délibérations du conseil municipal.

 

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