Daniel Thiery

Valernes Durance

 

V A L E R N E S

 

Valernes Titre

 

Le terroir

 

Situation géographique

 

La commune de Valernes est limitrophe au sud avec celle de Sisteron et couvre 2849 hectares. Elle est divisée en deux secteurs géographiques délimités par le large lit de la rivière Sasse qui, au cours de l’histoire, vont constituer deux entités distinctes. Au sud, un grand plateau s’étage sur la première terrasse de la Durance, se prolongeant à l’est par des collines, puis très vite montant jusqu’à la montagne de Gache culminant à 1356 mètres. Cette montagne offre un ubac tourné vers la rivière Sasse, appelé d’ailleurs l’Hubac de Valernes, favorable à la forêt et au pâturage. Cette première entité géographique offre ainsi deux possibilités d’exploitation.

 

Au nord, la rivière Sasse constituait un passage difficile, impraticable en période de crues. Comme le relate l’affouagement de 1775, les habitants sont obligé pour aller à Sisteron de traverser la rivière de Sasse qui lors des crues leur en empêche la communication, ils sont obligés de passer la dite rivière sur une planche ou de la gueyer (passer à gué) pour aller cultiver la majeure partie de leur terroir [1] . Le territoire ne touche à la Durance que par un petit couloir constitué par le domaine de Fombeton. Il est délimité par le torrent du Syriez à l’ouest, la rivière Sasse au sud et la montagne de Hongrie à l’ouest à près de 1000 mètres d’altitude. Une grande partie du terrain est constituée de collines favorables aux exploitations agricoles. C’est dans cette partie que s’est installé le village sur une colline dominant la rivière Sasse.

 

L’affouagement de 1775 résume cette situation : le terroir est d’environ six lieues de circonférence (30 KM), la plus grande partie en plaine, une petite partie en coteaux la plus part cultivés, partie en collines dont certaines sont agrégées de petits chênes blancs, il y a certains coteaux stériles, partie en terres penchantes et vallons. Il est coupé par quelques eissariades et ravins et par la rivière de Sasse qui lors des crues a emporté et engravé certaines terres. L’affouagement de 1698 apporte encore d’autres détails : le terroir est divisé en grand nombre de petits quartiers qui se réduisent à 4, celui de la rivière qui est au dessous du village où est le meilleur bien, celui de Chassagnes qui est au dessus du village, celui du Plan qui est au-delà de Sasse tirant vers Sisteron, celui de l’Ubac qui est aussi au-delà de Sasse vers la montagne de Gache.

 

 

Les productions. Le pays du blé

 

Les productions consistent en bled, seigle, avoine, épeautre, orge, légumes, huile de noix, chanvre, fourrage, vin et menus fruits. Il y a quelques sources qui de même que l’eau qu’on dérive de la rivière de Sasse arrosent assez de terrain. L’eau de la ditte rivière fait aussi tourner deux moulins à farine et un foulon à drap sous le même toit (1775). Ce n’est qu’en 1836 qu’est fournie la première estimation quantitative des productions agricoles. Le blé froment est cultivé sur 900 hectares, c’est-à-dire que 32 % du territoire est semé en blé. La commune produit plus de 20 % des bleds récoltés dans les communes de nos deux cantons. La commune de Curbans qui possède à peu près la même superficie de terres que celle de Valernes n’en produit que sur 100 hectares. Valernes semble s’être fait une spécialité dans le froment, les autres céréales étant presque ignorées. Il y a encore quelque 10 hectares de vigne et de chanvre. Il paraît évident que la situation géographique de cette commune offre une surface de terres beaucoup plus favorables aux cultures que toutes les autres communes [2].

 

1836

Froment

Méteil

Avoine

P. de terre

Légume

Vigne

Chanvre

Total

Hectare

900

1

6

4

4

6

4

925

 

Avant la Révolution, la plus grande partie de la production revenait à plusieurs seigneurs. Lors de l’affouagement de 1698, les experts relèvent que le seigneur vicomte possède le château et beaucoup de terres. Les hoirs du frère de Chasteau Guilbert de Sisteron possèdent un domaine considérable appelé Saint Disdier. La Dame abbesse du monastère St Claire de Sisteron possède comme prieur de St Marcellin et de St Disdier une bastide et son tènement au quartier de l’hubac et du Plan [3]. Outre le monastère de Sainte-Claire, les biens d’église étaient partagés entre le prieuré de Saint-Heyriès et les chapellenies de Sainte-Catherine, de Notre-Dame de Résins et de Saint-Honorat.

 

 

Le cheptel

 

Le premier dénombrement du cheptel est fourni par l’affouagement de 1775. Il y a 24 chevaux ou mulets, 60 bourriques, 80 bœufs, 1350 brebis ou moutons et 60 cochons. Le décompte est plus précis en 1836.

 

1836

Bœuf

Bélier

Mouton

Brebis

Agneau

Porc

Chèvre

Jument

Mulet

Ane

Total

 

81

55

400

800

500

600

65

3

68

64

2636

 

Ici encore, Valernes est la commune qui élève le plus de têtes de bétail. L’élevage des ovins est facilité par la possession de la montagne de Gache, très favorable aux pâturages. Mais l’élevage des porcs semble, durant cette période, particulièrement développé. La commune, à elle seule, produit 28 % de la production totale des 24 communes. Déjà en 1775, elle est, avec Vaumeilh, celle qui en élève le plus.

 

 

La population

 

Le Moyen Age fut la période la plus faste pour la commune avec 840 habitants en 1315. C’est la commune la plus peuplée après celle de Bayons, mais cette dernière est beaucoup plus vaste en superficie. Elle ne pourra jamais retrouver ce taux élevé. La peste en élimine 52 %, ce qui est en dessous de la moyenne générale estimée à 64 %. Le milieu du XIXe siècle fut, comme dans la majorité des communautés de Provence, la meilleure reprise avec 681 habitants, puis ce fut le déclin habituel, avec un commencement de redressement depuis une trentaine d’années.

 

Population Valernes

 

En 1698 il existe 130 chefs de famille répartis dans 110 maisons. En 1728, sont décomptés 143 chefs de famille répartis dans 90 maisons dans le village et 30 bastides à la campagne. L’affouagement de 1775 dénombre 79 maisons dans le village, 10 maisons dans deux hameaux et 30 bastides. On constate donc une progression des maisons habitées : 110, puis 120, enfin 129. Un état des paroisses dressé en 1707 par l’évêché de Gap fait état de163 familles dont 130 au village et 33 aux métairies, 662 personnes dont 472 communiants. L’abbé Féraud en 1844 annonce 701 âmes dont la moitié agglomérée et le reste disséminé dans la campagne.

 

En 1775, sont recensés 9 tisseurs à toile, 4 cardeurs à laine, un fabricant de drap grossier et une tuilerie. On a vu qu’il existait deux moulins dont un avec un foulon à draps. Il en existait un troisième cité en 1698. Ils appartiennent tous les trois à la communauté ainsi que le four banal. Le revenu est de 250 livres par an. Les moulins sont alimentés par un canal prenant l’eau dans la rivière Sasse en amont, à l’entrée des gorges.

 

 

Historique du peuplement

 

L’Antiquité

 

Les indices d’occupation gallo-romaine sont peu nombreux. Un seul quartier a livré des éléments de cette époque, au Lauzis, lors d’une prospection menée en 1996 [4]. Des fragments de tuiles romaines, de dolium et de céramiques ont été repéré en trois endroits différents. Il est probable que c’est dans ce secteur que passait une voie antique venant de Sisteron. Cette voie, sur la rive gauche de Sasse, encore bien visible avec son tracé rectiligne, venait de Saint-Didier. D’autres prospections seraient à mener sur le territoire et pourraient révéler d’autres sites. Ainsi, lors d’une visite au château de Saint-Didier, nous sommes allés repérer un énorme clapier situé à 750 m au nord du château. En plein champ, au milieu des pierres se remarquent des fragments de tuiles plates à rebords et de débris de dolia. Rien n’explique la présence de ce tas de pierres en plein champ, sinon qu’il a servi de lieu d’épierrement, mais la quantité est si impressionnante qu’il faut admettre qu’il y avait là une construction. D’autre part, ce tas de pierres est nommé par les cartes IGN St-Didier. Nous verrons par la suite les probabilités que nous en avons tirées.

 

 

Le Moyen Age

 

L’intérêt des hommes pour le territoire de Valernes se révèle mieux au Moyen Age. Nous avons vu qu’il est partagé en deux entités géographique délimitées par la rivière Sasse. Chacune d’entre elles va faire l’objet d’une occupation. C’est d’abord au haut Moyen Age qu’apparaît la première citation assurée avec la corte Valerignaca.

 

La corte Valerignaca (739)

 

Le testament du patrice Abbon, rédigé le 5 mai 739 et retranscrit dans une charte de Charlemagne de 805, dénombre les biens qu’il lègue à l’abbaye de Novalaise établie près de Suse. Ces biens sont considérables et s’étendaient de Genève à la Méditerranée en passant par les Alpes [5]. Ce patrice Abbon fut d’abord patrice de Maurienne et de Suze vers 726, puis nommé par Charles Martel patrice de la Provence vers 737. Il fut le dernier à porter le titre de patrice, terme romain, remplacé après lui par celui de comte. C’est lui qui fonde l’abbaye Bénédictine Saint-Pierre de Novalaise en 726, l’une des plus anciennes des Alpes. Elle est située près de Suse au pied du Mont Cenis.

 

Quand Abbon lègue sa cour de Valernes en 739, celle-ci existe déjà. Il s’agit d’un domaine de type carolingien tel que nous l’avons décrit dans la première partie. Ce domaine est composé de la ferme domaniale où résident les régisseurs. Le texte cite leurs noms, tous hommes libres, Savinus et ses fils, les fils de Sisebergue et Magnibert avec ses frères et ses fils. Il devait y avoir également des manses tenus par des serfs comme nous l’avons décrit avec la Villa Caladius. Pour l’instant, il n’est pas possible de localiser ce domaine, mais il est vraisemblable qu’il a été repris au XIe siècle par une autre abbaye, en l’occurrence Saint-Victor, comme cela est arrivé pour d’autres (Remollon par exemple, fondé par la Novalaise au VIIIe s., puis repris par Saint-Victor au XIe s.).

 

Quand de nouveau est cité Valernes en 1040, c’est sous la forme de Valerna. Il est probable que le copiste de 739 a voulu latiniser un terme inconnu pour lui. Il a donc inventé une forme savante à partir de Valer, gentilice latin Valerius-Valerinus auquel il a ajouté le suffixe -acu pour évoquer la villa de Valerinus. Cette latinisation des noms de lieux était fréquente à l’époque carolingienne et cause de nombreux problèmes pour leur localisation quand le toponyme d’origine a repris le dessus sur la forme savante ou qu’il est resté sous cette forme latinisée.

 

Ce domaine a du être détruit au cours de la période sarrasine comme tant d’autres. La période d’insécurité et de razzias jusqu’à la fin du Xe siècle n’a pas favorisé sa pérennité. Mais il est possible qu’une partie du domaine ait été accaparée par des gens du pays alliés plus ou moins avec les sarrasins. Les moines partis, il était tentant de s’en saisir à moindres frais. Quand reviennent la paix et les moines au début du XIe siècle, la crainte de perdre son âme et le désir d’être absous les conduisirent à rendre les biens d’église injustement possédés. C’est ce qui apparaît lors de nombreuses donations.

 

 

Le manse et l’église Saint-Heyriès (1069)

 

Valernes ne réapparaît que 300 ans plus tard, en 1040, mais cité seulement comme limite avec le Castrum Forte, Châteaufort. C’est à l’occasion d’une convention passée entre les moines de Saint-Victor et deux habitants de Châteaufort, ces derniers leur autorisant à occuper l’ubac compris entre la rivière Sasse et la montagne de Gache et avec comme limite la voie qui vient de Valerne jusqu’à Terre Rouge [6].

 

En 1069, deux frères, Isnard et Isoard, originaires (indigene) de Valernes, donnent au monastère de Saint-Victor, un manse qu’a bien cultivé Pons Ferrand, en entier, avec les vignes, les prés, les champs, les garrigues cultes et incultes, avec les arbres fruitiers et infructueux et également tout ce leur est joint, outre la dîme. En plus, nous donnons ce que Ingelbert a mis en culture, donné en dotation à l’église de saint Heyriès, de même tout ce qui est du susdit manse et en outre la dîme avec l’église [7]. La donation est faite sous l’autorité du vicomte Isoard et de son frère Bertrand. Cet Isoard est vraisemblablement Isoard III de Mison, alors vicomte de Gap, fils de Pierre et petit-fils d’Isoard I. C’est le même que l’on rencontre à Faucon en 1058. La famille de Mison, une des maisons très fidèles au comte de Provence, avait reçu de lui la charge de la vicomté de Gap et exerçait une forte autorité sur les pays de Gap et de Sisteron. Elle est à l’origine de nombreux dons faits à Saint-Victor.

 

Isnard est cité en compagnie de son épouse Ariunda et de son fils Raimond, Isoard avec son épouse Adalax et ses fils Isnard et Matfred. Ce sont deux propriétaires importants de Valernes qui font don au monastère d’une partie de leurs biens, par un ordre sacré de Dieu et en offrande pour leurs péchés. Il s’agit d’un manse ou ferme et son tènement dont les biens sont dénombrés et gérés par le tenancier (fermier) Pons Ferrand. L’autre don consiste en une église dédiée à saint Heyriès ainsi que toutes les terres y afférentes gérées par Ingelbert. Les moines héritent également de la dîme prélevée sur les récoltes propres des fermiers.

 

L’église Saint-Heyriès appartient à des laïcs, en l’occurrence Isnard et Isoard. Elle existe déjà quand les moines la reçoivent. Qui l’a fondée ? Il faut donc envisager qu’elle existait déjà bien auparavant à une époque où moines et laïcs pouvaient le faire, à la période carolingienne, près de la villa ou cour. Or il en existait une, la corte Valerignaca. Il est donc possible que l’église Saint-Heyriès du XIe siècle recouvre celle qui existait au VIIIe siècle fondée par les moines de Novalaise.

 

Une autre hypothèse consiste à placer la corte Valerignaca sur la colline où seront construits plus tard le village et le château. De nombreuses villas carolingiennes sont en effet établies sur le haut de petites collines comme à Melve. Les fermes, encore aujourd’hui, occupent presque toutes le sommet d’une élévation. On évitait ainsi l’humidité des bas-fonds et un ensoleillement plus abondant. L’église Saint-Heyriès est située à 700 mètres au nord de la colline de Valernes. Le quartier porte encore ce nom actuellement. Elle va être pendant quelque temps la seule église à desservir la population, le service religieux étant assuré par les moines de Saint-Victor qui résident dans le prieuré adjacent.

 

Dix ans plus tard, le 4 juillet 1079, le pape Grégoire VII confirme la possession de ce prieuré à Saint-Victor : in episcopatu Vapicensi cellam sancti Asegii de Valerna, dans le diocèse Gap, le prieuré de Saint-Heyriès de Valernes [8].

 

 

L’église paroissiale Sainte-Marie de Valernes (1113)

 

L’organisation territoriale va subir de profonds changements. A partir du XIIe siècle, les comtes catalans vont progressivement unifier la Provence et l’habitat dispersé va être remplacé par un habitat groupé autour du château et de la seigneurie. Le phénomène se révèle à Valernes avec la construction d’une nouvelle église desservant un habitat perché et fortifié. Il peut faire suite à une première implantation de type motte castrale du Xe siècle, succédant elle-même à une villa carolingienne. Cette délocalisation apparaît à Valernes avec la création d’une église dédiée à Sainte-Marie. Elle est qualifiée de paroissiale en 1113 [9]. Il y a donc transfert de la première paroisse située à Saint-Heyriès à une nouvelle élevée sur la colline. Saint-Heyriès perd son monopole de rassemblement paroissial, mais continu d’être un prieuré tenu par les moines. Ceux-ci deviennent les desservants de la nouvelle église et ajoutent à la titulature de Notre-Dame celle de saint Heyriès. En 1135, le pape Innocent II confirme la possession des deux lieux de culte à Saint-Victor avec les biens en dépendant [10]. Un chapelain dessert l’église paroissiale et Saint-Heyriès est tenu par un prieur [11]. Le premier cimetière établi près du prieuré continue sa fonction de champ des morts pour la population.

 

 

L’abbaye d’Aniane à Saint-Didier et à Saint-Marcellin (1208)

 

Nous devons à Nicole Michel d’Annoville le premier texte concernant les prieurés de Saint-Didier et de Saint-Marcellin [12]. Ils sont cités en 1208 comme possessions de l’abbaye d’Aniane avec deux églises dédiées à saint Didier et à saint Marcellin. On les retrouve dans les comptes de décimes de 1274 et 1350, procurator sancti Desiderii et capellanus sancti Marcellini ante Valentiam [13]. On a déjà rencontré cette abbaye, propriétaire du prieuré de Chane sur la commune de Vaumeilh dès le milieu du XIe siècle. La date de 1208 correspond à une confirmation et n’est pas celle de la création. ll faut donc avoir recours à d’autres indices pour tenter de retrouver une date approximative de fondation.

 

Ces deux prieurés sont situés dans la partie du territoire de Valernes compris entre la commune de Sisteron au sud et la rivière Sasse au nord. Ils sont complètement indépendants de celui situé au-delà de la rivière où étaient installés les moines de Saint-Victor. Nous avons remarqué dans la description du terroir l’intérêt de cette entité géographique, véritable grenier à blé sur le plateau et propice à l’élevage des ovins sur les pentes de la montagne de Gache. Il ne pouvait donc échapper à une colonisation intensive. Les moines, après la période sarrasine, s’en sont emparés, sans doute à la suite de dons. Mais ici le cartulaire de l’abbaye est muet à leur sujet.

 

Le lieu où étaient établis ces prieurés est facilement localisable. Saint-Didier porte encore ce nom avec le Château Saint-Didier. Celui de Saint-Marcellin n’est repérable que par des textes postérieurs à 1208. Si le prieuré est cité plusieurs fois à partir du XVIe siècle, sa position exacte n’apparaît qu’en 1786 : érection d’une succursale au lieu de Vallerne, quartier appelé l’ubac, en dela de la rivière de Sasse, où depuis un temps immémorial il y avoit une église paroissiale avec son presbytère, au quartier St-Marcellin, en l’ubac de la montagne de la Gache, lesquels étant tombés en ruines [14]. Le nom du quartier a disparu mais on le repère sur la carte de Cassini de 1776 sous le nom de Ste Clere. Cette appellation rappelle que le domaine de Saint-Marcelin est passé dans les mains de l’abbaye Sainte-Claire de Sisteron au cours du XVe siècle, en 1452 [15]. Les cartes modernes nomment maintenant le lieu-dit les Monges.

 

 

Saint-Marcellin.

 

Saint-Marcellin ValernesAujourd’hui à Saint-Marcellin, il n’existe que des ruines. Elles sont établies sur un replat de la montagne de Gache à 705 mètres d’altitude dominant le plateau de 150 mètres. Il semble que l’on ait élevé une petite plate-forme, ceinturée par un mur, pour y établir le bâtiment principal. On ne peut entrer sans danger dans ce qui reste de l’ancien édifice. Il est orienté à 55°. Le mur principal, au sud-est, qui présente une élévation de 4 à 5 mètres, est prêt à s’effondrer. Le chaînage des deux angles est composé de pierres de taille décorées de bossages remarquables. Ces pierres présentent des modules de 0,50 m de longueur pour 0,19 m de hauteur. Le bossage est de type rustique avec un liséré de 3 cm de largeur, décoré d’une ciselure oblique. Les joints sont fins, sans liant. Chaque pierre d’angle est disposée en alternance et correspond à un lit formé de pierres éclatées au marteau et liées au mortier. D’après ces indices de structure, on peut avancer la période fin XIIe-début XIIIe siècle, mais avant 1230, période qui correspondrait à la première mention de 1208 [16].

 

Mais il faut émettre un doute sur l’origine de ce monument. Il n’est pas certain qu’il ait été érigé pour faire fonction d’église. L’emploi du bossage est réservé essentiellement aux édifices seigneuriaux, ce décor symbolisant la puissance du comte et des aristocrates, laïcs ou religieux. D’autre part, l’édifice n’est pas orienté. Nous serions alors en présence d’une construction seigneuriale, transformée par la suite en église.

 

En prolongement de cet édifice, au nord-ouest, subsiste un autre mur envahi par les épineux et que l’on ne peut apercevoir qu’en hiver et encore avec beaucoup de difficultés. Ce mur présente un appareil lité régulier formé de petits modules de pierres éclatées au marteau. Il est difficile d’en dire plus, faute d’accessibilité. Il semblerait que cette partie soit antérieure à l’édifice principal, peut-être du XIe ou du XIIe siècle. Un examen plus serré des bâtiments pourrait peut-être apporter des réponses plus assurées.

 

 

Saint-Didier

 

L’église est liée à une propriété importante qui donnera naissance à un « château », le Château de Saint-Didier. Au nord de Sisteron, le site est en milieu semi-ouvert, sur un éperon barré sur trois côtés par des ravins abrupts, sauf au nord où il s’ouvre sur un vaste plateau cultivable. Il est posté sur l’ancienne voie remontant la Durance par la rive gauche. Il subsiste encore un très beau pont qui franchissait un vallon encaissé.

 

Le château se présente actuellement comme une grande demeure, belle bastide, dont l’élément le plus remarquable est une porte de style Renaissance dont l’encadrement est constitué de deux linteaux décorés en arc accolade dont les piédroits comportent soit un chanfrein, soit une moulure chantournée avec congés. L’église, devenue chapelle de domaine, ne présente aucun caractère de l’art roman. Le chevet est orienté au nord et elle paraît avoir été entièrement reconstruite au cours du XVIIe siècle. En effet, lors d’une visite pastorale en 1687 l’évêque constate qu’elle a été rebastie à neuf. C’est à ce moment qu’on apprend qu’elle est dédiée à Notre Dame [17].

 

Mais il n’est pas sûr que l’église primitive soit à l’emplacement du château et de la chapelle actuelle. Le site est en effet semi-défensif et ne correspond pas à une implantation du Xe ou XIe siècle. Par contre, il existe à 750 m au NNO du château un immense pierrier au plein milieu d’un champ. Il est si important qu’il est signalé sur les cartes IGN au 1 : 25 000 [18]. Figure également le nom de St-Didier . Il n’existe pas de substrat rocheux qui aurait permis cette implantation. Mais s’il existait une construction en ruine, celle-ci aurait pu servir de base à un tel clapier. De plus, on y rencontre des fragments de tegulae, d’imbrices et de dolia. Seul un sondage permettrait de confirmer cette hypothèse.

 

Pour ces deux prieurés, nous émettons deux hypothèses en guise de pistes de recherche. Pour Saint-Marcellin, il semble douteux que la ruine subsistante soit celle de l’église d’origine, mais plutôt une demeure seigneuriale transformée par la suite en église. Pour Saint-Didier, la chapelle actuelle ne serait qu’un transfert dans l’espace d’un édifice primitif détruit.

 

Ces données sur le peuplement du territoire de Valernes durant le Moyen Age révèlent bien les deux périodes d’occupation. Une première, en milieu ouvert avec un habitat dispersé de type villa suivi du premier réseau paroissial avec plusieurs établissements (Saint-Heyries, Saint-Didier et Saint-Marcellin),puis une deuxième avec un regroupement dans un village fortifié avec une paroisse unique. Les premiers lieux de peuplement et de culte vont cependant subsister sous la forme de domaines ecclésiastiques et de succursales pour disparaître progressivement. C’est ce que nous allons découvrir maintenant.

 

 

La période moderne et contemporaine

 

Les sources historiques ne réapparaissent qu’à partir du XVIe siècle. La peste et les guerres du XIVe siècle, suivies des guerres de Religion au XVIe siècle provoquent l’instabilité et la récession économique. Cette dernière période apparaît en filigrane à Valernes. Deux prêtres vont passer dans l’hérésie protestante dont un qui prend les armes. Il s’agit de Jean Bougerel chapelain de la chapellenie Notre-Dame des Rezins qui est condamné par le sénéchal de Forcalquier parce que vivant comme soldat, portant armes publicquement et faisant plusieurs maléfices [19]. Un autre, Pierre Chabal, abandonne la chapellenie de Saint-Honorat pour cause d’hérésie et est remplacé par Paul Gondre [20]. L’abbé Féraud rapporte que le château de Valernes a soutenu un siège dont la tradition seule nous a transmis le souvenir et qu’elle attribue au duc de Lesdiguières.

 

 

Le prieuré de Saint-Heyriès est toujours entre les mains de l’abbaye de Saint-Victor. Il semble encore en état au début des guerres de Religion car l’évêque de Gap accorde des collations du prieuré St Arey de Valernes [21]. Il réapparaît ensuite en 1641 mais l’église et cimetière de saint Arey où estoit autrefois l’église du prioré laquelle est maintenant tout à fait démolie  [22]. Le cimetière cependant sert encore de lieu de sépulture pour les habitants jusqu’en 1687 où l’évêque constate que le cimetière est très éloigné et demande d’en construire un plus commode [23]. C’est donc la fin des bâtiments, seules subsistent les quelques terres qui continuent de procurer un revenu à Saint-Victor. Il s’agit de six parcelles de terres labourables totalisant 22 584 cannes ², soit 9 hectares. Elles sont sises dans les quartiers de Saint-Heyries, de Pré Ferrand, des Combes, du Thoron, de la Condamine et du Plan. Devenues biens nationaux, les terres du prieuré de Valernes sont adjugées le 21 janvier 1791 pour 4 400 livres à quatre acquéreurs, Mathieu Richard, Pierre Moynier, Gaspard Jarjaye et Jean-Antoine Matabon [24]. Seul, un oratoire rappelle aujourd’hui que le lieu fut à l’origine de la communauté de Valernes.

 

 

L’église Saint-Marcellin, dans le quartier de l’ubac, n’est de nouveau mentionnée qu’en 1687. Elle est qualifiée d’église ou chapelle : l’église ou chapelle St Marcellin est en très méchant état, couverte de tuilles, y ayant au toit une ouverture considérable par où il pleut dans la nef laquelle n’est ni voûtée ni blanchie, mal pavée. Un petit tableau sans cadre au dessus de l’autel  [25]. En 1707 ce n’est plus qu’une chapelle et on a oublié son premier statut : il y a la chapelle saint Marcellin qui s’est démolie depuis quelques années. On dit qu’autrefois c’était une cure parce qu’il y a encore un cimetière contre ladite chapelle [26]. C’est la première et dernière fois qu’il est fait mention du cimetière. Peu d’années plus tard, en 1713, l’évêque nomme un prêtre secondaire pour desservir, au quartier de l’Hubac, l’église qui vient d’être réparée [27]. Le 29 septembre 1759, l’évêque envoie un de ses assistants la visiter. Il y trouve seulement un tableau fort petit, demi usé et sans cadre et qu’il manque beaucoup d’objets de culte [28]. Enfin, en 1787,c’est l’érection d’une succursale au lieu de Vallerne, quartier appelé l’ubac, en dela de la rivière de Sasse, où depuis un temps immémorial il y avoit une église paroissiale avec son presbytère, au quartier St-Marcellin, en l’ubac de la montagne de la Gache, lesquels étant tombés en ruines, les habitants dudit quartier de St-Marcellin allèrent et sont allés entendre la messe à la chapelle du domaine de la dame abbesse du monastère de Ste Claire de la ville de Sisteron, en été, mais, en hiver, ils sont privés de tout service religieux à cause de l’éloignement du lieu [29]

 

Mais il est trop tard car la Révolution arrive, tous les efforts pour rétablir l’édifice et le culte vont être anéantis. L’ensemble des biens de la ci devant abbaye royale supprimée de Sainte Claire est estimé 8 580 livres. Il s’agit des biens dépendant des prieurés de Saint-Didier et de Saint-Marcellin. Le sieur Antoine Nicolas, bourgeois de Sisteron, offre en première enchère la somme de 10 000 livres. Lors de la deuxième enchère qui a lieu le 2 février 1791, il faut allumer quatre feux pour qu’enfin Guillaume Michel Jarjaye acquière le domaine pour 20 400 livres [30]. Il est probable que ce dernier a ensuite revendu une partie du domaine à d’autres en encaissant un bon bénéfice. En effet, le capitaine Machemin en achète une partie en 1835 et son fils, avocat à Sisteron, a l’intention de rendre au culte la chapelle attenante à la ferme d’exploitation. L’avocat envoie une lettre le 7 avril 1836 au maire de Valernes pour récupérer le calice de la chapelle Saint-Marcellin qui avait été préservé lors de la Révolution et remis à l’église de Valernes [31].

 

 

L’église Saint-Didier elle aussi est en mauvais état à la fin des guerres de Religion. En 1687, un visiteur envoyé par l’évêque à St Disdier rapporte l’avoir trouvé sous le titre de Notre Dame, rebastie à neuf bien voûtée en croisillons, blanchie, pavée, l’autel orné d’un tableau avec un cadre de bois peint [32]. Il s’agit de l’actuelle chapelle bâtie près du château. Elle sera encore restaurée en 1816 comme indiqué par la date gravée au-dessus de l’oculus. La porte d’entrée a du être également changé, elle est en effet constituée par un encadrement surmonté par une plate-bande typique de cette période.

 

Les domaines de Saint-Marcellin et de Saint-Didier, d’abord à l’abbaye d’Aniane, passent dans les mains de Saint-Claire de Sisteron en 1452. En contrepartie le couvent verse une indemnité annuelle à l’abbaye du Languedoc. L’abbaye Sainte-Claire fut supprimée à cause de son relâchement et des dettes qu’elle avait accumulées [33]. Les lettres patentes de sa suppression sont en date du mois de mars 1750 et leur domaine de Valernes est attribué au couvent des Ursulines de Gap : suppression de l’abbaye Sainte-Claire de Sisteron et rattachement au monastère de Sainte-Ursule de Gap. Les prieurés de St Didier et de St Marcellin situés dans la paroisse et terroir de Valernes dont la dixme est actuellement affermée pour la somme totale de 480 livres par an sur laquelle ledit monastère de Gap payera 18 livres à l’hôtellerie de St-Guilhen-du-Désert, et fera dire la messe depuis le 3 mai jusqu’au 4 septembre de chaque année [34]. On a vu que par la suite, malgré ce transfert, les textes font encore référence à cette abbaye royale de Sainte Claire supprimée.

 

 

L’église paroissiale

 

Eglise ValernesDédiée à Sainte-Marie au Moyen Age lors de la première citation de 1113, elle réapparaît en 1599 sous le titre de sainte Madeleine. C’est la fin des guerres de Religion et l’édifice est commencé à rebastir à neuf, ayant les murailles d’alentour parachevées et une chapelle d’icelle qui est voûtée avec l’autel [35]. Il semble qu’il n’y ait à cette date qu’un seul collatéral, mais on n’a aucune indication sur la date de construction du second. Celui de gauche est voûté en berceau surbaissé formant une seule travée. Il est séparé de la nef par deux grandes arcades en plein-cintre ouvertes dans un mur de 1,24 m d’épaisseur. Ce mur constituait le mur maître de l’église au nord. Le collatéral de droite est formé de deux travées voûtées d’arêtes. Il est moins long que celui de gauche. Il semblerait, d’après ces données, que le collatéral de droite soit antérieur à celui de gauche. La restauration de 1599 a porté sur le chœur et le collatéral droit, tous deux voûtés d’arêtes.

 

En 1641, les travaux sont terminés car l’église sainte Marie-Madeleine et saint Arey dans le village est en bon estat, voûtée, blanchie et pavée. Sont signalées également deux chapelles, une dédiée à Sainte-Victoire, l’autre à Notre-Dame. En 1687, l’église, sous le titre de sainte Madeleine et de saint Arey, est couverte de tuilles, voûtée en croisillons, le presbytère (le chœur) blanchi et pavé, la nef ayant besoin d’être blanchie et réparée. A la titulature de sainte Madeleine a été associé saint Heyriès, premier patron de la paroisse. Un état des paroisses de 1707 précise cependant que le titulaire de l’église est saint Arey et la patronne sainte Magdeleine [36].

 

 

La route Valernes-La Motte. Le pont sur la rivière Sasse

 

Pendant des siècles le passage de la rivière se faisait à gué ou sur des planches comme on l’a vu plus haut. Le handicap se compliquait lors des crues empêchant toute traversée. Ce n’est que dans les années 1830 que l’administration se préoccupe du tracé de la route et du passage de la rivière.

 

Entre le village de La Motte et Valernes, il existe alors deux passages. L’ingénieur en chef des Ponts et Chaussées les décrit dans son rapport du 12 mai 1831[37].

 

Le premier est celui qui, depuis La Motte, suit le parcours de la rivière, en empruntant le plus souvent son lit, bien que pendant le trajet les voyageurs ne peuvent être arrêtés que pendant quelques heures dans les moments d’orage. D’autre part, la route étant placée dans le lit du torrent sa direction n’est point fixe à cause des changements qui s’opèrent dans le cours des eaux. Quand le voyageur parvient aux abords de la montagne du Ranc, dont la traversée s’étend sur environ 2000 m, il la traverse par un petit sentier pratiqué à mi côte, très étroit, avec des côtes et des rampes très fortes. Après le village de Nibles, on suit le lit de la rivière par la rive droite, sauf à un endroit où la montagne forme un avant bec que l’on franchit par un sentier. On reprend ensuite le lit de la rivière, puis, par une montée assez forte qui conduit à un chemin à mi côte placé au bord de la montagne d’Ongrie qu’on appelle le Chemin des Costes, on parvient dans le territoire de Valernes jusqu’au moulin Sourribes. Ce parcours, que l’ingénieur qualifie de chemin muletier, présente deux obstacles considérables pour le rendre viable, la traversée du Ranc et la construction de la route au bas du territoire de Valernes.

 

Le deuxième passage, en sortant de La Motte à partir du ravin de Saint-Georges, emprunte une montée d’environ 800 m par une rampe de 17 à 18% pour parvenir à la maison de campagne dite de Dessus les Melves. Ce passage est raviné par des petites sources qui en hiver le rendent du plus mauvais à cause des glaces. Le petit sentier suit ensuite un terrain assez plat, mais doit traverser trois ravins. Il parvient au ravin de l’Homme mort, puis suit les limites communales entre Nibles et Vaumeilh, passe à l’oratoire Saint-Pierre, côtoie la montagne de Ongrie et parvient au village de Valernes. Ce tracé présente des rampes jusqu’à 20%.

 

L’ingénieur conclut que ce deuxième passage présente trop de difficultés pour en faire une route carrossable et qu’il est préférable d’aménager le premier tracé. Le conseil municipal de Valernes est d’avis contraire. Finalement, le premier tracé sera adopté car plus court, moins onéreux et qu’il permet de desservir les villages de la vallée de la Sasse, Clamensane, Bayons, Valavoire et Reynier, gagnant ainsi deux heures de trajet.

 

Le deuxième tracé par l’Homme-Mort est encore visible sur les cartes IGN modernes. On peut le suivre de Melve à Valernes. Il a servi au Moyen Age à établir les limites entre les communes de Nibles et de Vaumeilh, ce qui indique un passage pouvant remonter au moins à l’Antiquité. Il évite les vallées et les villages et suit un parcours presque rectiligne. Il mériterait une réhabilitation.

 

La route départementale n° 17 entre l’Escale et Seyne sera réalisée entre 1834 et 1870. Des rectifications seront entreprises tout au long de cette période. Ainsi à Nibles avec une rectification au Champ du Curé, l’édification d’un pont sur le torrent des Aguillons en 1851, édification d’une passerelle sur le Saignon à La Motte en 1870, déviation de Faucon en 1861 et de Gigors en 1862. Le procès-verbal du tronçon entre Valernes et La Motte est en date du 23 mai 1848. La route est large de 4 m sur une longueur de 13 630,80 m. Elle est réalisée par l’entrepreneur Pascal Gros pour 86 435,24 francs. Le tracé entre le village du Caire et la Barre des Cheminées est réalisé en 1864 [38].

 

Le premier Pont de Valernes fut achevé le 3 mars 1832. Ce n’était en fait qu’une passerelle en charpente de 4 m de large sur 74,24 m de longueur dont le devis date du 12 novembre 1831. Seules, les culées étaient en maçonnerie. Le tablier était soutenu par des pilotis enfoncés dans le lit de la rivière. Une crue survenue en août 1834 en emporte quatre car mal affermis dans le sol. L’ouvrage est à reprendre totalement. Il faudra attendre 20 ans pour qu’un nouveau pont soit édifié. Il est, lui aussi en charpente, mais sans pilotis. L’entrepreneur Gaspard Lagrange commence les travaux puis les abandonne. Ils sont repris par l’entreprise Coulet. Le pont sera livré à la circulation en 1853. Ces deux premiers ouvrages étaient à l’emplacement du pont actuel, immédiatement en amont. Il subsiste encore la culée côté rive droite. Sous le pont, le lit de la rivière avait été creusé pour former un cassis garni de gros pavés pour faciliter l’écoulement des eaux. Le pont actuel en pierres a été construit en 1924.

 

Pont Valernes 1
 Pont 2

 

La première passerelle du 3 mars 1832

La deuxième passerelle de 1853

 

 

Synthèse et perspective

 

Valernes présente les étapes successives du peuplement depuis la période carolingienne et à cet égard peut servir de modèle pour sa compréhension. On y a décelé trois territoires bien individualisés ayant fait l’objet d’une colonisation. Le regroupement ne les a pas totalement fait disparaître. Les églises qui les desservaient ont perduré plus ou moins dans le temps, Saint-Heyriès a disparu, Saint-Marcellin est en ruine, seule Saint-Didier subsiste mais sans être sûr qu’elle soit à l’emplacement originel.

 

Il reste à restituer plus précisément les différents tracés de la voie venant de Sisteron, retrouver le passage passant par Saint-Didier el le Lauzis et sa continuation sur la commune de Vaumeilh. En attente également, le clapier de Saint-Didier pour examiner ce qu’il recouvre et l’étude des bâtiments de Saint-Marcellin avant qu’ils ne soient complètement ruinés.

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[1] AD AHP C 26.

[2] AD AHP 6 M 299.

[3] AD AHP C 19.

[4] Carte archéologique de la Gaule, Alpes-de-Haute-Provence, CNRS, 1997, n° 231, p. 493-494.

[5] MARION Charles, Cartulaire de l’église cathédrale de Grenoble, Paris, 1869, p. 33-48. Valernes est cité à la page 40 : similiter, corte mea Valerignaca, una cum libertum meum Savino, cum filius suos, et filiis liberti mei, Siseberga ; Magnibertum, cum germanos suos et filius suos vel alius libertus nostros qui ad ipsa curte aspiciunt, habere volo ac jubeo.

[6] CSV n° 727, texte que nous reprendrons en détail dans la monographie de Châteaufort.

[7] CSV n° 717. L’église est sous le titre de sancti Erigii. Le nom, Erigius ou Arigius, va se transformer ensuite en Arey, puis Heiriès et Heyriès. Cet Heyriès fut évêque de Gap à la fin du VIe siècle. Mort le 1er mai 604, il fut élevé par saint Didier évêque de Châlon-sur-Saône.

[8] CSV n° 843, p. 218.

[9] CSV n° 848, p. 237-238 : in episcopatu Vapincensi cellam sancti Erigii de Valerna cum ecclesie parrochiali sancte Marie.

[10] CSV n° 844, p. 227 : in Vapencensi, ecclesia sancti Erigii de Valerna, cum ecclesia parrochiali sancte Marie.

[11] PROU M. et CLOUZOT E. Pouillés des provinces d’Aix, d’Arles et d’Embrun, Paris, Imprimerie nationale, 1923. 1274 : dans le diocèse de Gap, capellanus de Valerna et prior Sancti Erigii de Valerna.

[12] Michel d’Annoville Nicole. Etude documentaire de la commune de Valernes, OIT du Pays de La Motte-Turriers, avril 2000.

[13] Pouillés., op. cité.

[14] AD HA G 980. Erection d’une succursasle, 1786-1787.

[15] FERAUD JJM, Souvenirs religieux des églises de la Haute Provence, Digne 1879 (Laffite, 2005), p. 78.

[16] Sur ce sujet, DURUPT Anne-Marie, Châteaux et enceintes à bossages en Provence occidentale, Revue Châteaux-Forts d’Europe, n° 6, 1998.

[17] AD HA, G 786, f° 99 : au château de saint Disdier, chapelle Notre Dame rebastie à neuf.

[18] Carte IGN 1 : 25 000 TOP 25 3339 ET. Coordonnées géographiques : x : 887.020, y : 3221.790, z : 495.

[19] AD HA G 845, collation du 24 février 1571.

[20] AD HA G 843, collation du 4 février 1569.

[21] AD HA G 845-846, collations de 1572 et 1574.

[22] AD HA G 784.

[23] AD HA G 786.

[24] AD AHP 1 Q 40.

[25] AD HA G 786.

[26] AD HA G 1103, état des paroisses.

[27] AD HA G 787 f° 172.

[28] AD HA G 789 f° 40.

[29] AD HA G 980.

[30] AD AHP 1 Q 40. Les biens de l’abbaye sont les plus importants. Voici la liste des biens d’église vendus à la Révolution :

 

Janvier-Février 1791

Première enchère

Deuxième enchère

Acquéreur

Prieuré de Sainte-Claire

10 000

20400

Jarjaye G.M.

Prieuré de Valernes (St-Heyriès)

2900

4400

4 acquéreurs

Chapellenie Ste-Catherine

680

1000

8 acquéreurs

Chapellenie ND de Razis

700

1225

16 acquéreurs

Chapellenie St-Honorat

1240

3100

Ravel Jean-Pierre

Total

15520

30125

 

 

[31] AD AHP, E dépôt Valernes 231 / 4.

[32] AD HA G 786, f° 96-98.

[33] FERAUD JJM, op. cité, p. 78.

[34]AD HA G 962.

[35] AD HA G 779.

[36] AD HA G 784, 786 et 1103.

[37] AD AHP S 220. Route départementale n° 17 entre Sisteron, Valernes et La Motte.

[38] AD AHP S 220, 221, 222.

 

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