Daniel Thiery

Réalisations remarquables en pierre sèche

 

 

Titre

 

Borie de la Gardette à Saint-Vallier

 

Gardette 1 


Situation.
 

Commune de Saint-Vallier-de-Thiey. Au pied de la montagne dite « La Gardette » où la carte IGN indique une enceinte ligure, altitude 1126 m. La carte signale au sud par un point, la construction, à 1066 m. En fait, avec la photo aérienne, où la borie apparaît parfaitement, elle se trouve à l’altitude de 1078 m.

Coordonnées géographique : Longitude : 6 51 56.9. Latitude : 43 42 09.1. Altitude : 1078 m.

 

Cadastre 1817

Quartier de Paracou, où la montagne est ainsi dénommée. Parcelle 582C, de 16 m² sur essart 383C de 3 ha 74 a 90 ca. Propriétaire : Mireur François Joseph, rentier au Puyloubet (Grasse). En 1817, un essart est une terre qui n’est exploitée comme labour que tous les 5, 10 ou 15 ans. Elle recouvre un ancien labour cultivé tous les 2 ans. Le propriétaire, rentier, avait déjà abandonné la culture de cette parcelle à cette date. Le constructeur de cette magnifique réalisation est inconnu et aucun tesson de poterie ne traîne aux abords. Les habitants de Saint-Vallier, les chasseurs principalement, l’appellent « la borie romaine », sans doute à cause de son appareil particulièrement soigné.

 

Surface intérieure de la borie :

Diamètre 3.,00 x 3,10

2 niches de chaque côté de l’entrée

 

 

Commentaires

La borie est d’une facture exceptionnelle, très rare, parmi les autres réalisations des environs. Orientée plein Sud, elle est constituée de pierres taillées de moyen module, disposées en lits horizontaux. La porte d’entrée présente des piédroits plus volumineux, se rétrécissant jusqu’au linteau la couronnant. Deux ouvertures trapézoïdales à l’Est et à l’ouest permettent la surveillance.

 

 

Photos Décembre 1988. (DT Gardette/28. 29. 30. 33. 34. 35. 36. 37. 38)

 

Cavagne Cavagne 2

 

Deux vues prises de l’entrée de la borie vers le Sud. On y reconnaît, au premier plan, le cirque de Faissolade et la colline de Cavagne où l’on recense une enceinte protohistorique, un habitat gallo-romain et une tour du Moyen-Age.

 

Gardette 2 Gardette 3

Le dôme était couvert de lauses dont il subsiste

quelques témoins

Fenestron Est

Gardette 4 Gardette 5

Fenestron Ouest

Entrée vers le Sud

Pierre trouée pour attacher le mulet 

Gardette 7 Gardette 8 Gardette 9

Niche réservoir d’eau à l’intérieur, face à l’entrée

Entrée vue de l’intérieur. 1,60 m hauteur

L’encorbellement intérieur avec l’opercule de fermeture.

Hauteur depuis le sol : 3,60 m

Gardette 10

L'environnement immédiat


 

Borie des Croutils à Saint-Vallier

 

Croutls 1

 

Situation

Commune de Saint-Vallier-de-Thiey. Quartier des « Croutils », aux abords du chemin qui, du Col de la Lèque, mène à Camp Long. Il faudrait la placer dans le O de « Croutils » de la carte IGN, à 615 m au Sud du Baou de Douort.

Coordonnées géographique : Longitude : 6 47 42.9. Latitude : 43 42 08.9. Altitude : 691 m.

 

Du départ du Col de la Lèque, à l’endroit où commence le chemin, parcourir 1 000 mètres. S’offre une bifurcation à gauche que l’on évite, continuer sur 50 m et prendre une petite sente parallèle au chemin. On aperçoit la borie au milieu des arbres.

 

Cadastre 1817. Section F. Quartier des Croutils.

Ne figure pas nommément. Mais le plan cadastral, dans la parcelle 81F, dessine un petit rond qui correspond à la borie. Elle n’a pas été recensée. Cette parcelle est alors un essart de 2870 m² qui appartient à Joseph Autran dit Chiflaire, travailleur, de la commune de Saint-Cézaire (Matrice n° 31). Cette famille est recensée à Saint-Cézaire depuis le 17e siècle, avec le même surnom. En 1876, la parcelle passe à Antonin Demichelis, époux d’Anne Autran, fille de Joseph. En 1899, elle échoit à Joséphine Demichelis, petite-fille d’Anne.

Le quartier des Croutils, en 1817, est composé de quelques terres labours, de nombreux essarts et de quelques bois. A l’heure actuelle, ce n’est plus qu’un vaste bois de pins. La dénomination Croutil désigne dans ce secteur des enclos non couverts en pierre sèche, déformation du mot courtil.

Cadastre de 1657 : Las Croteles. Les Croutelles

Cadastre de 1742 : les Cortils

Cadastre de 1817 : Les Croutils

 

Description

Cette borie présente deux originalités remarquables. C’est d’abord la porte d’entrée qui, afin d’éviter la fracture d’un linteau ou l’affaissement d’un arc plein cintre, a été construite en forme de triangle isocèle, ce qui lui confère en outre une certaine esthétique. Une porte en fer avait été installée quelques années avant notre visite. Des gonds sont encore en place. L’intérieur offre une surface de 3 m de diamètre et une hauteur de 3,20 m. Une niche placard est située à 0,80 m du sol sur le côté l’Ouest. Extérieurement, la borie occupe une surface d’un diamètre de 6 m, ce qui dénote des murs au sol de 1,50 m d’épaisseur. Ce sont ensuite les deux gradins et le dôme du monument qui, dans son élévation, lui confèrent une grande élégance. L’intérêt des gradins est qu’il diminue le volume des pierres à mettre en œuvre. A l’arrière, deux pierres en saillie servent de marches pour monter sur la borie afin de réparer la toiture. La première marche offre un trou-anneau naturel pour attacher le mulet.

 

Fonction et Datation

Il est difficile d’attribuer une date fiable à cet édifice. Ce quartier était au 17e siècle considéré comme inculte, ne servant que pour herbage, mais qui commençait à être défriché et présentait quelques routtes desquelles de présent y a partie de sepmées de bled (Rapport sur les clots de 1655). C’est la période où les villages de l’arrière-pays de Grasse voient leur population s’agrandir et les besoins en terres agricoles augmenter. C’est ce qui pousse des travailleurs étrangers, dits forains, à venir mettre en culture des terres inexploitées par les habitants de Saint-Vallier. Un recensement du cadastre de 1742 dénombre, dans cette commune, autant de propriétaires résidents que de forains. Cette commune étant très vaste a permis à des habitants de villages voisins moins étendus de venir coloniser les terres non occupées. La plus grande partie du quartier des Croutils a été ainsi colonisée par les habitants de Saint-Cézaire, commune limitrophe. Pour éviter des trajets longs et fatigants, ils ont édifié des abris temporaires, à la fois réserve pour les récoltes, resserre à outils et lieu de repos et de couchage.

 

Encore actuellement, au milieu du bois, dans tout le secteur, on remarque des pierriers, témoins des défrichements et de la mise en culture. On y observe également des murs en pierre sèche qui, si on les suit, dessinent et ferment des grandes parcelles. C’est ainsi que la borie est incluse dans un grand clot qui constituait à l’origine une vaste propriété d’un seul tenant.

 

En 1817, le quartier 54F à 88F était composé de 55 ha 94, dont

30 ha 24 d’essarts,

14 ha 54 de pâtures,

5 ha 70 de bois

5 ha 46 de labours.

Revenu : 31,00 Frs. Bâti : 3 croutils et 1 bastidon.

 

Photos : Mars 1989 (DT Croutils/243 à 249)

Croutils 2 Croutils 3

Il est probable que l’aire à battre le blé

était établi devant la borie.

L'harmonieuse entrée de la borie

Croutils 4 Croutils 5 copie

Arrière de la borie exposée au Nord 

Sommet de l'encorbellement

 


 

Un curieux cabanon à Saint-Vallier

 

Il est situé à Saint-Vallier au quartier des Puits dans le Deffens. Il présente l’originalité d’avoir deux regards en forme de meurtrières disposés côte à côte, à ras du sol. Le cabanon côtoie une belle aire de battage entourée d’un petit mur. 

 

Photos Juin 1997 (DT 1123. 1125. 1126. 1128)

 

C'était une propriété en 1817 de Victor Boniface DAVER, ménager à Cabris, dit Annibalou. L'aire de battage mesurait 280 m² et le bâtiment 144 m². Un labour de 2 hectares 69 s'étendait à proximité.

Cabanon 1 Cabanon 2
Cabanon 3 Cabanon 4

Les deux meurtrières, vues de l’extérieur

Les deux meurtrières, vues de l’intérieur

 

 

Un domaine agricole au Haut Montet

 

Commune de Gourdon

 

Nous présentons cet ensemble afin d’illustrer la détermination et la volonté des colons de Magagnosc pour coloniser des territoires perdus, loin de tout. La montagne du Montet culmine à 1335 m. Elle est distribuée entre les communes de Saint-Vallier, de Caussols et de Gourdon. Aride et désertique, elle présente néanmoins quelques dépressions ou dolines, favorables à l’agriculture. Les colons de Magagnosc s’en sont emparé et les ont aménagées. Cabanons et bories en pierre sèche leur servent d’abris saisonniers et temporaires. Les aires à battre le blé sont aplanies et les abords des dolines épierrés. De Magagnosc, à vol d’oiseau, on est à plus de 5 000 m et à pied, par des sentiers rocailleux et tortueux à près de 10 000 m.

Cadastre Montet Aérien Montet

Plan cadastral de 1834

Photo aérienne (Géoportail)

 

Coordonnées géographiques : Longitude : 6 55 38.5. Latitude : 43 42 47.5. Altitude : 1280 m.

A 360 m au SO (226°) du Camp du Haut Montet. Au sud du gazoduc.

 

Cadastre de Gourdon 1834, section D 2.

Parcelle 234 : aire de 180 m²

Parelle 235 : bastidon de 32 m²

Parcelle 236 : aire de 230 m²

Parcelle 237 : parc de 160 m²

Parcelles 240, 242 et 243 : labours totalisant 5930 m²

Propriétaire : Antoine Cresp, dit Valentin, ménager, de Magagnosc.

Il possédait également des terres sur Causssols, au quartier de Pierre Haute, dans le même type de terrain et avec les mêmes aménagements. Il faut remarquer que le cadastre ne recense pas les bories comme bastidons, seulement les cabanes rectangulaires. La vanade est appelée « parc ».

 

Photos : Février 1992 (DT Montet 666 à 677)

Montet 1 Montet 2
 La doline avec les 2 bories, une au 1e plan,

l’autre au fond, non recensées par le cadastre


Aménagement de la doline, murets, épierrements.

Montet 3 Montet 4

La 1e borie et le cabanon, ce dernier recensé

comme bastidon

La cabane/Bastidon accolée à la borie

Montet 5 Montet 6 Montet 7

Borie et son entrée. Gros piédroits et épais linteau

couronné de pierres posées de chant afin d’alléger la poussée de la voûte.

Vantail en bois encore en place.

A droite : pierre anneau pour le mulet

Montet 8 Montet 9 Montet 10

La 2e borie dont la toiture commence à se dégrader

Encorbellement de la 2e borie

Entrée prête à l’effondrement


 

Bientôt un habitat réduit à un tas de pierres

 

A proximité de la précédente, un autre habitat en cours de destruction.

Le Haut Montet. Gourdon. Février 1992

Montet 11 Montet 12 Montet 13

 

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