Daniel Thiery

La Montagne du Doublier

 

Borie. Cabane. Vanade. Colle 1

 

SITUATION

L’ensemble est situé dans la combe (doline allongée) comprise entre les deux crêtes du Doublier. A 395 m au NO (312°) du Centre Radio.

Coordonnées géographiques. Longitude : 6 53 41.1 E. Latitude : 43 41 41.1 N. Altitude : 1208 m.

 

LES CONSTRUCTIONS

La Borie/Cabane. La construction la plus spectaculaire est l’ensemble borie/cabane, en état de parfaite conservation, sauf que le toit en appentis en tuiles de la cabane a disparu. L’entrée de la borie présente des pieds droits légèrement arqués en début d’arc, ce qui lui confère une esthétique certaine. L’intérieur, d’un diamètre régulier de 3 m, offre deux logettes.

La vanade. A 30 m à l’est de ce premier ensemble, la doline est barrée par un bâtiment qui la traverse sur presque toute sa largeur. Cet enclos pour moutons mesure 25 m sur 6 m et est divisé en trois compartiments, dont le dernier au sud est occupé par une borie en ruine.

La doline. Elle s’étire sur 400 m de longueur et sur 30 à 40 m de largeur. Elle est ceinturée par un long mur de soutènement.

 

TRAVAUX ANTÉRIEURS

L’ensemble est décrit par R. Cheneveau, p. 5-7, planche p. 38-39. Il en fait un ensemble uniquement pastoral, n’ayant pas remarqué l’aire à battre le blé, ayant décidé dès le début de son enquête que les bories et annexes étaient à usage pastoral.

 

DONNEES

Les Cartes : seulement indiqué sur les anciennes cartes au 1/20 000°.

Le cadastre de 1817 : bastidon 303C de 40 m², aire 304C de 180 m², vanade 305C de 120 m², labour 302C de 4540 m² appartenant à Autran Marie, veuve Hugues Louis, de Magagnosc. Le reste du terrain est soit essart, soit pâture.

 

FONCTION : les constructions et l’utilisation du terrain attestent les deux activités, agricole et pastorale.

Photos : Mars 1989 (DT Colle 219.220.221).

Plan Colle 1

 

Plan  de l’ensemble borie/cabane

et de la vanade/enclos

Extrait de R. Cheneveau, p. 39

Colle 1-1 Colle1-2 Colle 1-3

 

Cabane/Bastidon. Colle 2

 

SITUATION

De l’ensemble précédent, cette cabane est située à 300 m au NO (320°). Pour y parvenir, partir de Colle 1 en passant dans les sapins et en suivant, par le flanc nord, la doline aménagée en terrasses. On descend lentement jusqu’au moment où, sur la droite, on aperçoit une petite éminence bien dégagée sur laquelle est construite la cabane.

Coordonnées géographiques. Longitude : 6 53 33.0 E. Latitude : 43 41 48.1 N. Altitude : 1197 m.

 

LES CONSTRUCTIONS

En fait, il s’agit d’un groupe de trois constructions. Le cadastre de 1817 signale un bastidon accompagné d'une aire de battage. Le bastidon correspond à la cabane A du plan. Le propriétaire s'appelle Antoine Isnard, dit Mayet, de Châteauneuf. Il cultive une partie de la dépression et les dolines voisines, au total 1 ha 80 ca. En 1913, le cadastre signale le bastidon sous le terme de "sol", c'est-à-dire abandonné, sans toiture et n'étant plus imposé, de même que l'aire de battage. Le propriétaire est Xavier Goby, époux Tombarel, parfumeur à Grasse, qui acquiert par pans entiers la plus grande partie de la montagne alors abandonnée pour l'agriculture. En 1742, il n'est signalé ici qu'une aire de battage, le cadastre ne tenant pas compte des bastidons, non imposés à cette époque.

 

DONNEES

Les Cartes : seulement indiqué sur les anciennes cartes au 1/20 000° sous l’appellation de « Bergerie Girard ».

Le cadastre de 1817

Bastidon 297C de 40 m²; aire de battage 298C de 450 m²; propriétaire Isnard Antoine de Châteauneuf.

 

DATATION ET FONCTION : il semble que le premier usage du bâti corresponde à un usage agricole avec l’aire de battage signalée au 18e siècle et sans doute la cabane A servant de logement saisonnier. C’est cette activité qui est encore confirmée en 1817. Au cours du 19e siècle, le bâtiment est prolongé par une plus grande pièce servant de bergerie (B du plan). L’ensemble devient alors pastoral sous le nom de « Bergerie Girard ».

 

Photos : Mars 1989 et 1991 (DT Colle2/226.229.454.458.459.484.543.544.546).

Colle 2-1

 L'ensemble de la construction dans son environnement

Plan Colle 2 Pierre anneau 

Cabane A : en  bel appareil de moyen module, mur de 1 m d’épaisseur. Cabane B : appareil en tout venant, petit module, sans ordonnance.  De 0.60 m d’épaisseur.

Pierre anneau pour attacher le mulet
Colle 2-2 Colle 2-3
Colle 2-4 Colle2-4

 Entrée, vue de l'intérieur

Entrée, vue de l'extérieur
Colle 2. Aire battage Colle 2. Pierrier Colle 2. Cloaque

 L'aire de battage ceinturée par un muret

 

Grand pierrier, constitué des pierres   extraites lors des labours

Reste de neige  dans une ancienne fosse ou cloaque, servant de compost

 

La base de four de campagne

 

Extrait de l’article « La base de four de campagne du Doublier ».

 

C’est au cours d’une de nos visites sur le site en janvier 1993 que, sur les pierriers, nous avons recueilli quatre tessons de poterie qui nous ont longtemps intrigué. Jean Petrucci a résolu notre interrogation en révélant qu’il s’agissait de fragments de la base d’un four de campagne. Il reconnaissait que « l’intérêt premier de la découverte de cet objet est qu’il est à ce jour inconnu, soit parce qu’il est unique, soit parce qu’on n’a pas su le reconnaître lors de fouilles. Il est vrai que des tessons similaires retrouvés en fouille peuvent faire penser à des éléments provenant de chaufferettes. L’avantage est que, dans le cas présent, suffisamment d’éléments permettent de dessiner et de visualiser le profil complet de l’objet ». Cet objet servait de support à un four de campagne et permettait la cuisson des aliments, le fond de la base étant garni de braises. Une prospection sérieuse a permis de récolter bon nombre de débris de poteries aux abords du cabanon. Ils proviennent de la vallée de l’Huveaune, de Draguignan et de Vallauris. Ils ont été datés de la fin du XVIIe siècle à la fin du XIXe siècle.

Base de four Four de campagne
Base de four Four de campagne
Tessons
Les tessons (DT Janvier 1993

 


 

Bories de doline et de terrasse. Colle 3 et 5

 

SITUATION

 

Colle 3

De l’ensemble Colle 1, emprunter sur 270 m vers l’est (112°) la combe, labour en 1817. On arrive à une succession de terrasses s’étageant vers l’est. On tombe d’abord sur une profonde doline de 40 m de diamètre moyen où 8 m plus haut que le fond on remarque une borie en ruine d’un diamètre intérieur de 2,40 m, avec 2 logettes.

En 1817, c’était un bastidon, parcelle 312C de 12 m² et la doline un labour de 12 ares 40 centiares. Propriétaire : Creps, hoir de Laurent, de Magagnosc.

Coordonnées géographiques. Longitude : 6 53 52.3 E. Latitude : 43 41 37.7 N. Altitude : 1211 m.

 

Colle 5

De Colle 3 continuer à descendre par les terrasses vers l’est sur 250 m pour reconnaître une borie encastrée dans un mur de terrasse, intacte lors de notre visite. Porte très étroite de 0.35 m avec linteau monolithe, avec une logette cloisonnée dans le mur nord, une autre dans le mur SO. Surface intérieure : 1.50 x 1.30 m.

En 1817, le cadastre la reconnaît comme un bastidon appartenant à Hugues, hoir de Jean, de Magagnosc. Parcelle 317C de 12 m².

Coordonnées géographiques. Longitude : 6 54 035 E. Latitude : 43 41 374 N. Altitude : 1183 m.

 

FONCTION

La fonction agricole est manifestement attestée en 1817 avec des propriétaires de Magagnosc et habitat saisonnier. Toutes les terrasses étaient alors des labours.

 

Photos Colle 5 : Juin 1990 (DT Colle 5/505.506.507).

Plan Colle 3 Plan Colle 5
Plan Cheneveau Colle 3 Plan Cheneveau Colle 5
Colle 5-1
La borie encastrée dans la terrasse
Colle 5-2 Colle 5-3

 


 

Borie ruinée. Blacasset 1

 

Cette borie est située à l’Ouest du chemin qui mène au Centre Radio. Du croisement de ce chemin avec celui des Espérets, elle se trouve au NNO (348°) à 186 m. N’a pas été recensée par R. Cheneveau.

 

Coordonnées géographiques. Longitude : 6 54 24.5 E. Latitude : 43 41 18.7°N. Altitude : 1074 m.

 

Le cadastre de 1817 cite dans cet endroit 3 bastidons, 1 aire de battage sur essart.

Bastidon 363C de 9 m²

Bastidon 364C de 9 m²

Aire 365C de 168 m²

Bastidon 366C de 12 m²

Essart 367C de 6 hectares 74.

Le propriétaire est André Pellegrin de Magagnosc.

 

Sur le terrain ne subsistent que les ruines d’une borie (Bastidon 366C) L’intérieur présente une forme ovale de 2.70 sur 1.88, avec porte ouvrant plein sud de 0.50 de large. Une seule logette à l’Ouest. Seul, le mur monte encore à 1.70 m.

 

L’essart indique une activité agricole déjà abandonnée à cette date. On peut remarquer les anciennes terrasses de culture, maintenant très dégradées, mais montrant, dans un environnement rocailleux et désolé, la ténacité des agriculteurs d’un autre âge.

 

Photos: DT Décembre 1989.

Blac 1-1 Blac 1-2

 


 

Borie ruinée/Terrasse. Blacasset 2

 

Cette construction est située au Sud de la route du Centre Radio et à l’Est du Gazoduc. Du croisement de la route du Centre et du Gazoduc, elle est plein Sud à 82 mètres, dans un environnement de terrasses encore bien visibles. De la route, elle est cachée par un bosquet d’arbres.

Coordonnées géographiques. Longitude : 6 53 54.6 E. Latitude : 43 41 22.6 N. Altitude : 1148 m.

 

Ce n’est pas une borie classique, en ce sens qu’elle est toute en longueur, un des côtés s’appuyant à un mur de terrasse, ce qui signale qu’elle a été construite après ce mur. L’encorbellement subsistant en partie sur 2 m, montre qu’elle en était équipée. L’intérieur mesure 2.15 sur 1.70 m, avec une entrée de 1 m de large.

 

Jean Antoine Hugues de Magagnosc en était propriétaire en 1817. Bastidon 353C de 12 m² sur essart 352C de 5 hectares 17. L’essart indique une activité agricole active précédemment, au XVIIIe siècle, les 5 terrasses de culture en faisant foi.

 

Photos : Décembre 1989 (DT Blac2/419.420.422.423).

Blac 2-1

Vue générale de la construction et les anciennes terrasses de culture

Blac 2-2 Blac 2-3

 

Bories Blacasset 3 et 4

 

Nous mentionnons ces deux constructions pour montrer combien l’architecture en pierre sèche est fragile. C’est souvent le sommet de l’encorbellement qui commence à s’effondrer, entraînant ensuite le reste de la structure.

 

Borie B 3

De B 1, rejoindre le chemin du Centre Radio, le suivre sur 150 m à l’Ouest, puis monter 50 m au Nord et traverser une petite ravine orientée EO, aménagée en terrasses de culture.

Coordonnées géographiques. Longitude : 6 54 19.6 E. Latitude : 43 41 22.9 N. Altitude : 1113 m.

Photo : Décembre 1989 (DT B3/424)

 

Borie B 4

De B 3, remonter la ravine vers l’O sur 90 m, juste avant de parvenir au mur énigmatique: construction bizarre, mi borie, mi abri rudimentaire.

Coordonnées géographiques. Longitude : 6 54 13.7 E. Latitude : 43 41 22.2 N. Altitude : 1118 m.

Photo : Décembre 1989 (DT B4/426).

 

Elles sont toutes deux reconnues comme bastidons en 1817 sur essart. La ravine aménagée en terrasses témoigne d’une activité agricole déjà abandonnée à cette date.

 

Borie Blac 3 Borie Blac 4
Borie B 3 Borie B 4

 

Le grand puits couvert du Blacasset

 

Il est posé au milieu du petit plateau du Blacasset au bord d’un chemin qui se détache de la route du Centre Radio en direction du NNE pour parvenir à l’ensemble du Blacasset.

Coordonnées géographiques. Longitude : 6 54 15.5 E. Latitude : 43 41 26.6 N. Altitude : 1126 m.

 

C’est un puits citerne couvert d’une voûte clavée. De forme circulaire, il mesure extérieurement 5 m de diamètre sur 2.80 de hauteur. Une ouverture donne accès à l’eau, protégée par une margelle, grande pierre monolithe de 0.50 de hauteur. Les piédroits supportent un linteau monolithe. Le diamètre intérieur est de 3 m et le fond de la citerne dépasse les 3 mètres. Un abreuvoir en pierre, à droite du puits, subsistait encore en 1989. R. Cheneveau, en 1980, cite « des abreuvoirs » et « un bassin taillé dans la pierre ».

 

Ce puits citerne est cité par le cadastre de 1742 qui le nomme « la Fontaine », avec « le Passage de la Fontaine ».

 

Photos : Décembre 1989 (DT Puits/441.442.443).

Puits 2 Puits 1 Puits 3

 


 

Ensemble de 2 bories et 2 cabanes. Blacasset  10

 

C’est un ensemble, unique dans la région, de 2 cabanes et de 2 bories intercalées, formant une unité d’exploitation d’une rare qualité. Devant les bâtiments, s’étend une grande surface plane qui servait à battre le blé. Il est situé au NNE à 70 m du puits.

Coordonnées géographiques. Longitude : 6 54 17.7 E. Latitude : 43 41 28.2 N. Altitude :  1118 m.

 

DONNEES  

Le cadastre de 1817 cite ici 2 bastidons et une aire de battage cernée par un muret (343C), propriétaire Guillaume Cresp, de Magagnosc. Il possédait 4 labours à proximité, totalisant 1 hectare 32. Les 2 bastidons cités par le cadastre (341C, 342C) sont représentés par les 2 bories, d’une contenance chacune de 12 m², mesure conventionnelle pour la mesure de ce genre de bâti par les géomètres du cadastre napoléonien. Il faudrait admettre que les deux cabanes ont été construites après 1817. On remarque également deux fosses à l’arrière des bâtiments.

En 1742, le cadastre cite une aire de battage traversée par le « Chemin de la Fontaine ». Cette aire est divisée en 2 lots appartenant à deux Hugues de Magagnosc. Chaque lot contient 82 cannes², soit 328 m². Les deux propriétaires avaient chacun également un des bastidons.

 

 

DISCUSSION

Quant R. Cheneveau a visité le site, il décrit les 4 bâtiments en soulignant que les toitures des cabanes sont couvertes avec des « tuiles modernes » et  que des réfections au mortier ont été faites en plusieurs endroits. Il fournit les mesures intérieures de chaque bâtiment, signe qu’ils n’étaient pas fermés comme au moment où nous les avons vus en 1989.

 

Voici la conclusion qu’il donne sur cet ensemble (p. 13) :

« Cet ensemble paraît constituer une exploitation agricole et pastorale conditionnée, d’abord par la présence d’un bon puits, puis par l’existence d’un plateau ayant permis dans un premier temps d’y installer une borie pour le berger et une fosse pour les moutons, dans un deuxième temps, une autre borie près de la deuxième fosse et ultérieurement de compléter cet apport pastoral par deux cabanes quadrilatères fermant la cour au Nord et d’un mur l’entourant des 3 autres côtés  pour le transformer en complexe agricole. Mais étant donné la facture des bories et des cabanes, il est vraisemblable, que cette évolution n’a pas été continue et qu’entre cabanes et bories un certain nombre de siècles se sont écoulés ».

 

Voici nos conclusions :

Depuis la fin du XVIIe siècle jusqu’au milieu du XIXe siècle, l’activité agricole marque le paysage de cette montagne. Elle est le fait de colons venant de Magagnosc. L’ensemble, en 1742 et 1817, est clairement qualifié d’agricole avec aire de battage et parcelles labours.  Les tessons de poterie examinés sur place confirment cette fourchette de dates. Quant au 2 « fosses pour les moutons » (!), ce sont des cloaques où l’on faisait pourrir durant la mauvaise saison feuilles et arbustes divers pour former un compost fertile lors des labours. Pour « la cour » devant les constructions, il s’agit de l’aire de battage de 600 m², bien dessinée et notée sur le plan cadastral napoléonien. Cependant, à cette activité agricole, Guillaume Cresp joignait l’activité pastorale avec un enclos à moutons, vanade 345C de 96 m², située 50 m à l’Est du puits (B 7 sur notre carte). 

 

Photos Décembre 1989 (DT B10/445.446.447)

 

Plan Blac 10 Photo Cheneveau

Extrait du plan de R. Cheneveau, p. 42

Photo R. Cheneveau (hors texte)

Blac 10-2 Blac 10-1 Blac 10-3

Entrée de la borie gauche

Au premier plan,  l’aire de battage.

Les toitures ont été refaites. Les cabanes sont munies d’une cheminée.

Borie droite


 

Bories jumelles. Blacasset 12

 

C’est une construction très rare, constituée de deux bories collées l’une à l’autre. Il semblerait que celle de gauche ait été d’abord seule, puis que l’on se soit appuyé sur elle pour en bâtir une autre, perpendiculairement. Elles sont installées près d’une très petite ravine qui présente des aménagements de minuscules terrasses ayant servi à la culture.

 

En pleine nature, on y parvient de la route du Centre quand celle-ci bifurque de plein Nord à plein Ouest, en allant 110 m au NNE (Voir Plan).

Coordonnées géographiques. Longitude : 6 54 30.1 E. Latitude : 43 41 23.7 N. Altitude : 1126 m.

 

Photos : Janvier 1990 (DT Blac 12/694.695.696.697).

Borie 12-1 Borie 12-2
Borie 12-3 Borie 12-4

 

Borie Blacasset 23

 

Il s’agit d’une borie située sur une petite crête allongée Est-Ouest dominant la route du Centre et la ferme du Blacasset. On ne la découvre que par hasard, quand la curiosité vous guide vers l’inconnu.

Coordonnées géographiques. Longitude : 6 54 37.5 E. Latitude : 43 41 22.6 N. Altitude : 1032 m.

 

La crête étant très étroite, la construction présente un intérieur en longueur bien que l’extérieur s’inscrive dans un cercle. Le faîte du dôme commençait, quand nous l’avons découvert en Juin 1990, à s’effondrer.

Borie 23-2 Borie 23-1 Borie 23-3

 

La ferme du Blacasset ou le Clot de l’Hospital

 

Ce n’est qu’après de minutieuses recherches dans les cadastre des XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles que nous avons pu localiser le quartier de l’Hospital cité en 1653, 1655 et 1742. N’apparaissant plus dans le cadastre napoléonien de 1817, il fallait replacer les confronts fournis par les anciens cadastres sur le plan cadastral de 1817 pour le localiser précisément. Il s’agit d’un quartier occupant un replat de la montagne faisant partie du quartier du Blacasset de 1817. La carte IGN signale un bâtiment à l’endroit de la ferme :

Coordonnées géographiques. Longitude : 6 54 38.6 E. Latitude : 43 41 19.1 N. Altitude : 1026 m.

 

Pour y parvenir, du croisement de la Route de la Malle et du chemin du Centre Radio ou Chemin des Antennes, emprunter ce dernier sur 620 m. A ce point, un chemin de terre mène 100 m au Nord aux bâtiments. Cheneveau en 1980 et moi-même en 1990 y avions trouvé un habitat permanent.

 

Actuellement, des aménagements ont transformés les bâtiments d’origine. En 1817, il existait une vanade (379C) de 192 m², un jas (380C) de 240 m², un bastidon (382C) de 40 m² et une aire à battre le blé (383C) de 180 m². Le propriétaire est Thomas Cresp, dit Vinaigre, ménager à Magagnosc. Ce sont la vanade et le jas qui servent maintenant d’habitation. L’aire de battage, comme l’indique le plan cadastral était au Nord à 70 m, accompagnée du bastidon. On voit également, non cité en 1817, à l’arrière de la maison, à l’Ouest, une grande surface rectangulaire, de forme carrée de 20 m sur 20 m. Il s’agit d’une aire à battre le blé construite après 1817, remplaçant la première. A partir de la fin du XIXe siècle, le rouleau tronconique a remplacé les fléaux et exigeait des aires plus vastes et mieux aménagées. Devant l’habitat, à l’Est, se trouve un puits couvert en très bon état. Il en remplace un autre, maintenant presque comblé, qui se trouve sur l’une des terrasses qui descendent vers l’Est à quelques 80 mètres. Les débris de poteries recueillis au fond du puits ont été datés par J. Petrucci des 18e et 19e siècles. Provenance : Draguignan et Vallauris.

 

A 70 m au Nord, un enclos rectangulaire de 9 x 8 m pouvait abriter un troupeau de moutons. Il n’est pas mentionné en 1817. Par contre, une vanade (372C) de 250 m² est signalée à l’Ouest de la ferme accompagnée d’un bastidon (373C) de 12 m². La grande doline qui s’étage vers l’est jusqu’à la ferme était un labour (375C) de 99 are 30. Les trois éléments étaient la propriété de Louis Bérenger Aîné de Magagnosc. L’enclos dessine un ovale, le bastidon, une borie écroulée.

Coordonnées géographiques. Longitude : 6 54 29.5 E. Latitude : 43 41 17.4 N. Altitude : 1046 m.

 

Le cadastre de 1742 cite seulement au quartier de l’Hospital une aire de battage et recense 6 hectares de labour. Ce quartier est également dit « le clot de Magagnosc ».

 

En résumé, le qualificatif « Clot de l’Hospital » permet de penser qu’il s’agissait à l’origine d’une propriété appartenant à l’hôpital Saint-Jacques de Grasse. Une croix est encore dressée à l’entrée du domaine. Il en possédait une autre au quartier de Clarette, en contrebas de la montagne. Il est probable qu’il faisait fructifier les terres par des travailleurs de Magagnosc, qui, comme au Ferrier, ont acquis de l’hôpital des terres jugées trop peu productives. C’est ce qui s’est passé au quartier du Ferrier, où un notable de Grasse a fait le même transfert. Le quartier a pris alors de non de « Clos de Magagnosc ».

 

L’aménagement agro-pastoral s’est surtout modifié au XIXe siècle, avec un nouveau puits citerne, une aire de battage plus confortable et la vanade (enclos non couvert) transformée en bergerie couverte qui, elle-même, s’est muée en habitation. La famille Cresp a tenu le domaine tout le long du XIXe siècle, avec d’abord Thomas, dit Vinaigre, puis Honoré, dit Vinaigre, puis Thomas Joseph et enfin Joseph, époux Funel en 1899, tous d’abord ménagers, puis propriétaires, de Magagnosc. Thomas Joseph est cité en 1862 comme propriétaire d’un troupeau de moutons.

Croix 1 Croix 2

 

Ferme Blacasset

Extrait de la photo aérienne. Géoportail


 

Borie. Doublier 1

 

De la route du Centre Radio, après avoir quitté la ferme du Blacasset, suivre la route sur 260 m, puis emprunter le chemin qui continue vers l’Ouest, dit Chemin des Espérets.  Parcourir 130 m, et plein sud, dans la pente, à 55 m : la construction. Elle est établie dans la pente de la montagne, au milieu de terrasses de culture qui s’étagent en demi-cercle sur près de 150 mètres.

Coordonnées géographiques. Longitude : 6 54 21.9 E. Latitude : 43 41 09.5 N. Altitude : 1040 m.

 

Belle borie intacte en 1989, à dôme aplati. On y pénètre par une porte trapézoïdale couronnée par un fort linteau. L’intérieur est très spacieux, 3.10 x 2.90 pour une hauteur de 2.60 m. On y remarque 3 niches placard ainsi qu’un emplacement à l’Est réservé pour le couchage, délimité par un petit muret. Sur le côté Ouest de la borie s’étend une aire à battre le blé de 15 x 10 m laissant apparaître un dallage de petites pierres plates. La pente du terrain a nécessité de la soutenir par un mur au sud à l’appareillage particulièrement soigné. Entre les deux, restes d’une construction, de forme ovale, avec un départ d’encorbellement en forme de cul-de-four. A l’arrière, ruine d’une construction envahie par la végétation où il est difficile de discerner quelque chose. Aux abords immédiats, on observe des fragments de tuiles ainsi que des tessons de poteries vernissées rouge à l’intérieur.

 

Cadastre 1817 : Bastidon 412C de 16 m² sur essart de 2 ha 13. L’aire de battage n’est pas signalée et a du être construite après cette datte. Le propriétaire est Honoré Aussel, de Magagnosc.

 

Photos : Décembre 1989 (DT D1/388.389.391.392.393.394).

Borie Doublier 1-1 Borie Doublier 1-2

La pente de la montagne aménagée en terrasses

Tout en haut : borie et mur de l’aire de battage

 
Borie Doublier 1-3 Borie Doublier 1-4
Borie Doublier 1-5 Borie Doublier 1-6

 

Enclos-Vanade D 2

 

Après la visite de la borie D 1, remonter sur le chemin et le poursuivre vers l’Ouest sur 380 m jusqu’à la bergerie Cresp. 60 m au Nord se trouve la vanade citée en 1817. Elle était divisée en 2 lots, mais appartenait à un même propriétaire, Honoré Aune, dit Bermasque, de Magagnosc. Dans le même quartier, il possédait une autre vanade, 2 jas, 5 labours totalisant 5 hectares 50, 2 aires, 2 essarts et 1 pâture. Il combinait alors les deux activités, agricole et pastorale.

 

La vanade-enclos est située à 60 m au Nord, adossée à la petite falaise qui court d’Est en Ouest. Le cadastre fournit une contenance de 50 m². Ce qui la caractérise, ce sont les gros blocs dont elle est formée, surtout aux angles. Les murs, en blocs cyclopéens, présentent une épaisseur de 1.60 à 1.80 m, avec une porte ouvrant vers l'est de 1.10 de largeur. L’intérieur se comble des rocs tombant de la falaise et d’arbustes divers.

Coordonnées géographiques. Longitude : 6 54 10.5 E. Latitude : 43 41 14.5 N. Altitude : 1088 m.

 

Cadastre 1817 : Bastidon 416C et 418C de 25 m² chacun. Propriétaire : Honoré Aune, dit Bermasque, de Magagnosc.

 

Photos : Décembre 1989 (DT D2/403.404.405.406.408.409).

 

A 20 mètres de l’enclos, on peut tomber dans un puits qui devait être couvert à l’origine, il reste un départ de la voûte au nord. D’un diamètre de 1.30 m, il est profond de 3.40 m. L’accès à l’eau devait se situer à l’Ouest, marquée encore par une dalle posée de champ.

Vanade D 2-1 Vanade D 2-2
Le mur sud de la vanade Gros blocs de pierre

Photo aérienne Doublier

Agrandissement Photo aérienne . Mission 1970

Les terrasses de culture apparaissent très clairement. Au centre du cliché, on aperçoit la trace d’un chemin, bordé de murs, qui, de la vanade, descend au sud dans les pâtures (terres gastes). Il permettait aux troupeaux de moutons, sans entrer dans les labours, de venir se désaltérer au puits situé près de l’enclos.

Plan cadastre doublier

Extrait du plan cadastral de 1817. Section C

 

Les constructions de ce quartier sont en très mauvais état et nous ne représenterons pas les ruines subsistantes. On peut cependant remarquer qu’en 1817, il était encore bien exploité par les agriculteurs de Magagnosc. Sur 37 hectares, 20 hectares étaient des terres à céréales et occupaient 65% du quartier. Il y en avait 23 hectares en 1742 et il en subsistait encore 13 en 1913. Il comptait 8 bastidons,6 aires de battage, 6 vanades et 3 jas.

 

D 1 : Borie présentée précédemment

 

D 2 : Enclos et puits, voir ci-dessus

 

D 3 : borie ruinée de la bergerie Cresp.

Elle est située 20 mètres au sud du chemin, à l’Est de la bergerie Cresp. Quand nous l’avons vu en 1989, il n’en restait qu’un tas de pierres creusé en forme d’entonnoir. Heureusement, en 1970, R. Cheneveau en a dressé le plan et donné une description. Déjà très détériorée à cette date, il a mesuré un diamètre intérieur de 3.30 et reconnu la porte au Sud de 1.70 de largeur à l’intérieur et de 2 m à l’extérieur. La hauteur des murs n’excédait pas alors 1.40 m. C’était donc une grande borie possédant une large ouverture, ce qui est inhabituel et est peut-être le témoin d’un remaniement. La contenance donnée par le cadastre de 25 m² est, elle aussi, inhabituelle. Ce ne serait alors non pas une borie, mais une cabane ou alors une ancienne borie transformée en abri non couvert. La porte, qui aurait été agrandie, ouvrait sur une aire de battage.

Coordonnées géographiques. Longitude : 6 54 11.8 E. Latitude : 43 41 12.2 N.

Altitude : 1060 m.

Cadastre 1817 : Bastidon 419C de 25 m², aire 420C de 280 m². Propriétaire, Honoré Aune, dit Bermasque, de Magagnosc.

 

D 4 : Bergerie Cresp

Ainsi nommée par la carte au 20 000° de 1930. Elle est à 40 m à l’Ouest de D 3. En 1989, elle était en cours de restauration. Le cadastre de 1817 cite ici un jas et un bastidon sur parcelle labour. Le jas correspond à la construction rectangulaire située à l’ouest mesurant 18 m x 9 m. Elle devait être couverte de tuiles. Le mur Sud présente plusieurs ouvertures et la porte se trouvait dans l’angle SE. A l’est du jas, une construction à un étage : c’est là que se trouvait le bastidon, mais très transformé.

Coordonnées géographiques. Longitude : 6 54 08.3 E. Latitude : 43 41 12.0 N.

Altitude : 1067 m.

Cadastre 1817 : Jas 422C de 136 m², Bastidon 421C de 20 m², labour 423C de 3ha 15a 80ca. Toujours Honoré Aune.

 

D 5 : Vanade. Parcelle 427C de 298 m² sur le cadastre de 1827. Propriétaire : Louis Bérenger Aîné, de Magagnosc. Totalement envahie par la végétation et très dégradée.

Coordonnées géographiques. Longitude : 6 54 00.4 E. Latitude : 43 41 16.2 N.

Altitude : 1094 m.

 

D 6 : Ensemble d’aménagements. De D 5, continuer vers le NO sur 300 mètres. Insensiblement, la falaise s’écarte vers le Nord. Arrivé à un terre-plein, avant de traverser le gazoduc, nous nous trouvons à l’endroit où le quartier est le plus spacieux. De grandes et belles terrasses s’étagent et montent jusqu’au pied de la falaise avec rampes d’accès pour passer de l’une à l’autre.Mais tout n’était que ruine en 1989.

Cadastre 1817 : 433C Bastidon de 30 m². 424C Aire de 198 m². 435C jas de 105 m². 436C vanade de 105 m². Propriétaire : Honoré Aune, dit Bermasque, de Magagnosc.

439C Vanade de 288 m². 441C Aire de 220 m². 442C Bastidon de 26 m². 4456C Bastidon de 16 m². 446C Aire de 126 m². Propriétaire : Honoré Hugues, de Magagnosc.

Il faut mentionner que le cadastre indique une Source près de l’aire 434C, et qui semble perdue, sans doute un puits-citerne comblé ?