Daniel Thiery

Le terroir du Ferrier. Saint-Vallier-de-Thiey

 

 

BORIE - BERGERIE - PUITS N° 1

 

SITUATION

Cet ensemble est situé à l'Est du chemin qui monte à la source du Ferrier et juste au Nord de celui qui mène à la Malle. A 1106 m d'altitude, il est à 670 m à vol d'oiseau et au NE (115°) du Col du Ferrier. C'est le premier ensemble rencontré lorsqu'on monte du Col et que l'on se dirige vers la Malle. Il est actuellement (1989) occupé par une famille qui y a construit une maison.

Coordonnées géographiques. Longitude : 6° 52° 22.6° E. Latitude : 43° 42° 32.8° N. Altitude :  1106 m.

 

LES CONSTRUCTIONS (planche n° 1)

   La Borie : elle est signalée bastidon en 1817, avec son aire de battage devant la façade constituée de grandes dalles de calcaire. La borie est encore intacte, construite en bel appareil polygonal avec porte en arc plein cintre, fermée actuellement par une porte en fer posée par les propriétaires afin d'éviter les dégradations de visiteurs indélicats. Les propriétaires nous ont signalé que le sommet de la borie montait 30 cm plus haut, les pierres ayant été enlevées par des curieux inconscients.

   Intérieurement, d'un diamètre de 3,20 m pour une hauteur de 3,30 m, elle possède une logette dans le mur Ouest à 1,20 m du sol. Extérieurement, elle occupe une surface au sol de 5,80 m de diamètre et offre un gradin à 2,80 m du sol. Le dôme termine la borie sur 0,70 m de hauteur. L’entrée, de 1,55 m de haut et large de 0,70, sur une profondeur de 1,35 m. L'ensemble de l'appareillage est très soigné.

   La Bergerie : située à 20 m à l'Est de la borie et légèrement en contrebas, il n'en reste plus maintenant qu'un seul mur d'une dizaine de mètres de longueur sur 2 m de hauteur, en bel appareil lité. A l'origine, d'après les indications des propriétaires que je remercie pour leur excellent accueil, elle devait mesurer une vingtaine de mètres sur 8. Une pierre de cette bergerie, indiquant la date de 1804, est maintenant réemployée dans la maison construite sur son emplacement. 

   Le Puits citerne : entre la borie et la bergerie, au Sud, se trouve un puits citerne, maintenant restauré. A l'origine, il était recouvert par une voûte en encorbellement.

 

TRAVAUX ANTÉRIEURS

   La borie est signalée par D. ALLEMAND en 1981 (1) et par CHENEVEAU en 1980 (2). Ce dernier la cite comme borie agricole, avec son aire de battage et les terrasses aménagées. Pourtant, ajoute-t-il, "ces bories agricoles sont relativement rares" (page 20), car dans son interprétation sur la fonction des bories, il affirme que « 9/10° des bories sont pastorales et on sera sans doute encore en-dessous de la vérité » (page 21).

   Aussi, quand il remarque au Ferrier "la présence d'innombrables murettes de séparation et de terrasses dont beaucoup sans grande utilité apparente" (page 20), on s'aperçoit qu'il n'a pas compris que ces terrasses avaient été construites pour la culture des céréales et que les bories et cabanes de ce quartier du Ferrier étaient des constructions à usage agricole.

 

DONNEES

Les Cartes : la 25000° indique les deux constructions à l'altitude de 1100 m. La 20000° indique les deux constructions avec l'appellation "Bastide Léon", du nom d'un certain Léon propriétaire de l'ensemble à partir de 1859.

Le cadastre de 1817 : bastidon 141C de 12 m² avec aire 140C de 240 m² sur parcelle 142C, moitié labour, moitié essart. Propriétaire : CRESP Jean-Joseph, dit "Bourascle", travailleur, à Magagnosc, qui possédait en outre les labours 148C, 156C, 181C, la pâture 182C et l'essart 136C. La bergerie n'est pas mentionnée.

Les mutations de 1817 à 1930 : cet ensemble sera muté en 1859 à LEON Jean Joseph, propriétaire à Magagnosc, puis en 1888 à LEON Raphaël Pierre, époux HUGUES, à Magagnosc, enfin en 1930, à HUGUES François Marc, typographe à Magagnosc. En 1913, le bastidon 141C est devenu sol et n'est plus imposé, les labours sont devenus pâtures.

 

Datation: La bergerie date de 1804. Pour la borie, il est possible que ce soit le courtil cité en 1742 sous le nom de CRESP Louis, à feu Honoré, travailleur à Magagnosc, ce dernier ayant acquis la moitié des terres de MES (ou MAIS) Jacques, habitant Grasse, le 21 mars 1737 pour 300 florins, Jacques MES serait lui-même, indirectement, héritier de messire GUILHEAUME, menuisier, cité dans le cadastre de 1657.

 

Fonction: au début du XIXe siècle s'amorce le changement d'utilisation des terres du Ferrier, qui d'agricoles, deviennent pastorales, témoin la construction de la bergerie en 1804, En revanche, aux XVIIIe et XVIIe siècles, l'exploitation des terres étant agricole, la borie, l'aire de battage et les terrasses furent construites et aménagées par un agriculteur originaire de Grasse ou de Magagnosc, la borie lui servant d'habitat saisonnier.

 

Photos : janvier 1989 (DT 1/64.66.117.119) 

 

Plan borie 1 Borie 1

 


 

CABANE N° 2

SITUATION

Elle est à 120 m au Sud (206°) de l'ensemble n° 1, à l'altitude de 1089 m et établie sur la pente qui descend vers le vallon de la Combe, au milieu de terrasses aménagées.

Coordonnées géographiques. Longitude : 6° 52° 20.2° E. Latitude 43° 42° 29.3° N . Altitude : 1089 m.

 

LA CONSTRUCTION (planche N° 2)

Petite cabane en très bon état puisque possédant encore son toit de tuiles à une seule pente, seul exemple au Ferrier. La surface intérieure est de 3,50 sur 2,30 m, avec une logette à 1 m du sol dans le mur Est. Quelques traces de mortier laissent deviner une restauration récente. La porte, au Sud, offre un fin linteau de 0,11 m d'épaisseur pour une longueur de presque 1 mètre. La porte a 1,66 m de hauteur, 0,76 de large et 0,77 de profondeur. L'appareillage est très soigné, en lité horizontal.

L'aire de battage devait se situer immédiatement à l'Est, selon les indications du cadastre, mais ici pas de dallage comme pour l'aire de la borie n° 1.

 Derrière la cabane, au Nord-Est, reste d'une petite citerne ou abreuvoir en pierre sèche. A 2 mètres à l'Est de la cabane petit bloc rocheux dont le sommet est percé naturellement en forme d'anneau pour y attacher le mulet.

 

DONNEES

Les cartes : elle est signalée sur la 20000° comme construction couverte et a disparu sur la 25000°.

Cadastre 1817 : bastidon 225C de 12 m², avec aire 226C de 95 m² sur essart 224C. Propriétaire AUNE hoir d'Honoré, de Magagnosc, dit "le Cadet", qui possédait également sur la même parcelle un autre bastidon n° 223C (voir n° 4).

Mutations de 1817 à 1913 : En 1859 : à FLORY Jean Joseph, à la Font des Gavots à Grasse ; en 1862 : à AUNE Jean-Paul, cultivateur à Grasse ; en 1869 : à AUNE Joseph, cultivateur à Grasse ; en 1891 : à AUNE Jean et AUNE Paul, frères (en indivis) à Grasse. En 1913, le bastidon 225C est devenu buisson et l'aire 226C pâture.

 

Datation : sans doute courant XVIIIe, le cadastre de 1742 n'indiquant qu'un seul courtil  "au midy du chemin de Canaux à la Malle" et n'ayant pu le localiser précisément parmi les trois constructions existant en 1817.

 

Fonction : construction à usage agricole avec aire de battage et ayant servi d'habitat saisonnier. La parcelle étant dite essart laisse envisager cependant l'abandon de la culture  en 1817.

 

Photo : Décembre 1988 (DT 2/3).

 

Plan Cabane 2 Cabane 2

 


 

BORIE N° 3

 

SITUATION

  A 110 m à l'Est (105°) de la cabane n° 2 et à 146 m au SSE (160°) de la borie n° 1, juste en-dessous de l'ancien chemin de Canaux à la Malle, en pleine pente sur le vallon de la Combe, avec terrain aménagé de petites terrasses et dominant une dépression de forme ovale.

Coordonnées géographiques. Longitude : 6° 52° 25.1° E. Latitude 43° 42° 28.5° N . Altitude : 1102 m.

 

LA CONSTRUCTION (planche n° 3)

  Encore intacte, très belle borie de forme massive et à dôme presque plat, construite en très gros blocs non équarris. Trapue, elle s'appuie à la pente.

  L'intérieur est de forme légèrement ovale et offre deux logettes dans le mur Est. La porte, au Sud, donne une ouverture de 1,20 m de haut, pour une largeur de 0,55 et une profondeur de 0, 90 m. Elle est légèrement trapézoïdale (0,55 au sol, 0,45 sous le linteau).

 

DONNEES

   Cadastre 1817 : bastidon 233C de 12 m² sur essart 232C, propriétaire PELLEGRIN Étienne, dit "Chabert", rentier à Mougins.

  

Datation et fonction : il est difficile de déterminer s'il s'agit d'une borie à vocation agricole ou pastorale. Le terrain en pente, parsemé de rochers, est cependant aménagé en terrasses inutiles pour l'activité pastorale. La dépression, au Sud, offre une surface relativement apte à la culture, mais n'est pas mentionnée comme labour en 1817. Nous serions donc en présence ici d'un terrain voué à l'agriculture, mais abandonné à cette date. Le fait que cet ensemble appartenait à un rentier habitant Mougins confirme cet abandon avant 1817. Cette borie et les terrasses ont été édifiées courant XVIIe siècle quand les gens de Magagnosc ont usurpé les terres gastes du Ferrier non occupées par les notables de Grasse parce que non rentables.

 

Photo : Décembre 1988 (DT 3/6)

 

Plan Borie 3 Borie 3

 


 

BORIE ET ABRI N° 4

 

SITUATION

Cet ensemble se trouve à 160 m au Nord-Ouest (310°) de la cabane n° 2, adossé à une petite barrière rocheuse et à quelques mètres au Sud du chemin qui mène à la Malle.

Coordonnées géographiques. Longitude : 6° 52° 14.7° E. Latitude 43° 42° 32.8° N. Altitude : 1093 m

 

LES CONSTRUCTIONS (planche n° 4)

II s'agit d'une borie et d'un abri accolés l'un à l'autre, dont il ne reste plus maintenant que des ruines. L'intérieur de la borie s'inscrit dans un cercle de 1,80 m de diamètre et l'abri de forme ovale, mesure 2 m sur 1,60 m. La porte de ce dernier s'ouvre latéralement vers l’entrée de la borie, les deux ouvertures laissant un passage de 0,40 m. L'appareillage de l’ensemble est très fruste.

 

DONNEES

Cadastre de 1817 : bastidon 223C de 12 m² sur la même parcelle essart 224C que la cabane n° 2 et donc au même propriétaire. Aire 226C de 95 m². N'est signalé sur aucune carte.

 

Datation : il est probable que cet ensemble fut remplacé par la cabane n° 2 située sur la même parcelle. Il serait donc plus ancien que la cabane, donc antérieur au XVIIe.

 

Fonction : en 1817, est considéré comme bastidon avec la même contenance et la même imposition que la cabane n° 2. Le fait qu’il est accompagné d’une aire à battre le blé permet la fonction agricole.

 

Photo : Janvier 1989 (DT 4/68).

 

 Plan Borie 4 Borie 4 

 


 

CABANE n° 5

SITUATION

Cette cabane est située à 134 m au Nord (10°) de la borie n° 1. Le chemin qui monte à la source du Ferrier la côtoie à l'Est.

Coordonnées géographiques. Longitude : 6° 52° 23.5° E. Latitude 43° 42° 37.1° N . Altitude : 1118 m

 

LA CONSTRUCTION

Cabane rectangulaire en assez mauvais état qui devait être déjà ruinée en 1817. II est peu probable qu'elle ait été construite après cette date.

Le mur Nord, adossé à une terrasse, ne la dépasse que de 0,50 m, celui du Sud monte à 1 m de hauteur ; l'épaisseur des murs est en moyenne de 0,70 m. dans le sens E. 0. et 3,80 dans le sens N.S. L'intérieur offre une surface de 5,60 sur 2,40, avec porte au SE de 0,90 m de large en mauvais état. Aucune niche à l'intérieur. Comme à l'accoutumée les angles et les montants de la porte sont bâtis en gros blocs, le reste étant en tout venant et sans ordonnance. Quelques rares fragments de tuiles traînent aux abords.

 

DATATION ET FONCTION

N'est pas signalée en 1817 et ne figure sur aucune carte. Devait être déjà détruite à cette date. Vu sa faible hauteur, cette cabane n'a pu servir d'habitat ni même d'abri mais plutôt pensons-nous, de resserre à outils agricoles.


 

ENCLOS ET CABANE DOUBLE N° 6

 

SITUATION

A 360 m au NO (327°) de la borie n° 1 et à 172 m de la borie n° 7 dans la même direction.

Coordonnées géographiques. Longitude : 6° 52° 14.0° E. Latitude 43° 42° 42.7° N . Altitude : 1110 m.

 

LES CONSTRUCTIONS (planche n° 5)

Elles sont situées au Sud d'une large ravine aménagée en terrasses et cultivée en 1817 (parcelle 156C) ; elles offrent un ensemble remarquable d'un enclos et de deux cabanes

 

L’enclos au NE occupe une surface intérieure de 8,40 sur 6,10 m. Les murs en appareil fruste, mesurent 0,70 d'épaisseur pour une hauteur de 1,70 m au S0. Les deux cabanes lui font suite avec un passage pour y accéder.

 

La 1e Cabane, très bien construite en beaux moellons équarris, présente encore une très belle porte avec son linteau. D'une surface intérieure de 1,90 sur 1,70 m, elle possède quatre logettes groupées deux par deux, 2 disposées verticalement dans le mur Nord les deux autres horizontalement dans le mur Sud. Cette première cabane, harmonieusement agencée, devait être couverte d'un toit en tuiles, il en reste quelques débris épars.

 

La 2e Cabane lui fait suite au Sud et est à peu près aussi grande, mais l'appareillage est moins soigné. Une seule niche dans l'angle Nord. La porte n'a pas de linteau, s'il y en eut un, elle est prolongée par une grande dalle dressée. Elle devait servir d’abri au mulet.

 

DONNEES

Cadastre 1817 : bastidon 154C de 12 m², vanade 155C de 96 m², aire 152C de 196 m² sur essart 153C. Propriétaire : RlCORD Etienne, dit "Bugle", travailleur, à Magagnosc. En 1913, la parcelle et les constructions sont à GOBY Xavier, parfumeur à Grasse.

 

Datation : la famille RICORD, de Magagnosc, est déjà citée dans les cadastres du XVIIIe siècle. En 1742, à cet emplacement, figurent un courtil et une aire de battage appartenant aux hoirs d'Honoré RICORD, dit "Bailli". Il est donc possible qu'une partie de ces constructions existait déjà à cette date.

 

Fonction : nous constatons ici la double activité : agricole avec l'aire de battage, pastorale avec l'enclos-vanade. Le terrain alentour offre d'ailleurs ces deux possibilités : au Nord, la ravine aménagée en terrasses de culture ainsi que les terrasses situées à l'Est ; à l'Ouest : terres gastes selon le cadastre de 1742. La 2e cabane a pu servir d’abri pour le mulet.

 

Photos : Avril 1989 (DT 6/278.286)

 

Plan Cabane 6 Vanade 6

 

 

Entrée Cabane A Logette double
Entrée Cabane A Logette double

 


 

BORIE ET CABANE N° 7

SITUATION

A 170 m au NO (330°) de la borie n° 1, au milieu de belles terrasses. Altitude : 1106 m.

Coordonnées géographiques. Longitude : 6° 52° 19.1° E. Latitude 43° 42° 37.8° N . Altitude : 1106 m .

 

LES CONSTRUCTIONS (planche n° 6)

II s'agit d'une borie à moitié écroulée, associée à une cabane complètement arasée.

La Borie : adossée à une terrasse qui la contourne, fait assez rare, elle conserve encore toute sa partie arrière. Le côté Sud laisse encore voir la porte et la grande pierre linteau git dans les décombres. Cette porte d'ailleurs semble avoir été curieusement disposée : en effet, au lieu de se trouver en un point parallèle au mur de terrasse et dans l'axe de la chambre, elle se trouve décentrée pour donner sur l'entrée de la cabane. C'est sans doute ce déséquilibre dans le plan de construction qui a provoqué sa ruine. Il s'agit d'une grande borie, puisque son diamètre intérieur avoisine les 2 mètres.

La Cabane, rectangulaire, à l'Est, est accolée à la borie ; elle offre une surface de 2,30 sur 2 m, avec des murs de 0,70 m d'épaisseur, et une porte donnant vers l'ouverture de la borie. Le peu de pierres restant sur le site permet deux hypothèses : ou la cabane n'a jamais été terminée, ou les pierres ont été utilisées ailleurs.

L'Aire de Battage, située à quelques mètres au Nord de l'ensemble, dessine un demi-cercle de 10 m de diamètre pour un rayon de 5 à 6 mètres.

Il faut noter dans cette partie du Ferrier, située à l'Ouest du chemin qui monte à la source, les belles terrasses de culture et le grand nombre de pierres levées, sans doute restes des délimitations de propriétés.

Il faut noter également quelques traces de calades, petits passages pavés pour passer de terrasses en terrasses, sans avoir à les traverser pendant les cultures.

 

DONNEES

Cadastre 1817 : bastidon 151C de 12 m² avec aire 150C de 176 m² sur parcelle labour 149C. Propriétaire : PELLEGRIN François, dit "Chabert", ménager à Magagnosc, qui possédait également les pâtures 236C, 239C et 240C ainsi que les essarts 237C et 238C. La borie est signalée ruine sur les cartes au 25000°. En 1913, les parcelles 149C à 151C sont à PAUL Joseph, fils d'Antoine, à Saint-Jacques à Grasse ; en 1914 l'ensemble est acquis par GOBY Xavier. Le bastidon 151C est devenu buisson, l'aire 150C et le labour 149C pâture.

 

Datation : la famille PELLEGRIN est installée au Ferrier depuis le cadastre de 1657, mais il nous est impossible de donner ici une date de construction.

 

Fonction : la fonction agricole ne fait ici aucun doute et on peut également avancer que cette borie servit d'habitat saisonnier. C'est la première fois que nous rencontrons un mur de terrasse contournant une borie, signe que ce mur fut construit soit en même temps que la borie, soit après. Ce fait est à noter ici, sans que nous puissions en tirer d'autres conclusions.

 

Photos : Février 1989 (DT 7/121.122.123.124)

 

Borie 7 Terrasses borie 7
Plan borie et cabane n° 7 L'aménagement en terrasses

 

Borie 7 ruinée Logette Borie 7
Linteau et ruine Logette

 


  

CABANE DOUBLE N° 9

SITUATION

A 140 m au Nord (10°) de la borie n° 7 dans le même contexte de terrain.

Coordonnées géographiques. Longitude : 6° 52° 20.0° E. Latitude 43° 42° 42.2° N . Altitude : 1127 m .

 

LA CONSTRUCTION (planche n° 7)

II s'agit d'une cabane double dont la deuxième partie au Nord a été ajoutée à la première. La première cabane, au Sud, a dû être construite en deux ou trois fois, car l'intérieur présente des appareillages différents. La porte, comme toujours au Sud, offre un beau linteau encore en place ; à l'intérieur plusieurs logettes de belle facture, ainsi qu'une grosse pierre contre le mur Sud qui semble avoir servi de table.

De nombreux fragments de tuiles gisent encore sur les murs et aux abords immédiats, tuiles de deux qualités : l'une récente à pâte rouge, l'autre à pâte presque blanche et de facture plus rustique.

L'aire de battage, située sur une terrasse au Sud, dessine une surface carrée de 10 sur 10 m, formée de grandes dalles de calcaire et limitée par un mur au Nord et à l'Est.

 

DATATION ET FONCTION

N'est pas signalée sur le cadastre de 1817, bien qu'il s'agisse d'une construction de même nature que les autres de ce secteur et que l'aire de battage soit la plus grande et la mieux aménagée du Ferrier. Sur ce cadastre, il faudrait la situer à la limite des parcelles 157C et 158C. Il est possible alors qu'elle ait été ruinée à cette date, avec peut-être une restauration postérieure à cette date, les deux qualités de tuiles permettent cette hypothèse.

Bien que ne figurant pas sur le cadastre, cette cabane double fut au moins au cours du XVIIIe siècle une construction à usage agricole, l'aire de battage et les terrasses de culture le démontrent amplement. Elle fut également, pendant un temps, un habitat saisonnier avec abri pour le mulet.

 

Photos : Février 1989 (DT 9/128.129.130.131.134)

 

Plan Cabane double 9 Linteau entrée sud
Plan Cabane double Entrée Sud

 

Cabane Nord 9 Cabane Sud 9
Cabane Nord Cabane Sud

 

 

Aire battage 9
Aire de battage

 


 

BORIE NAINE n° 10

SITUATION

A 160 m au NE (50°) de l'enclos n° 6 et à 150 m au NNO (340°) de la cabane n° 9 ; cette borie est installée au milieu de la ravine aménagée en terrasses dont nous avons parlé à propos de l'enclos n° 6.

Coordonnées géographiques. Longitude : 6° 52° 19.8° E. Latitude 43° 42° 44.3° N. Altitude : 1130 m.

 

LA CONSTRUCTION

De très petite dimension, mais construite en très gros blocs, la borie est presque invisible, car elle s'intègre parfaitement aux pierriers et aux murs de terrasses.

Sa hauteur intérieure est de 1,48 m pour un diamètre EO de 1,65 et N.S. de 1,54 m. La porte, haute de 0,90 et large de 0,45 m, conserve un énorme linteau de 0,75 m de longueur pour 0,40 d'épaisseur. Cette porte est prolongée à l'Est par un mur de 0,70 m de longueur. La surface totale de la borie est de 4 sur 2,50 m. Tout l'appareillage est en très gros blocs et, à quelques mètres de distance, elle ressemble à un simple tas de pierres.

 

DATATION ET FONCTION

Elle n'est signalée nulle part. Aucune datation ni fonction ne peuvent être avancées.

 

Photos : Avril 1989 (DT 10/300.301

Borie 10 Borie 10 Arrière
Vue avant (petite entrée) Vue arrière (un tas de pierres !)

 


 

BORIE N° 11

 

SITUATION

A 135 m à l'Est (95°) de la cabane n° 9 et à 185 m au SO (220°) de la maison n° 13, dans le même contexte de terrain que les constructions précédentes.

Coordonnées géographiques. Longitude : 6° 52° 26.0° E. Latitude 43° 42° 41.8° N. Altitude : 1137 m.

 

LA CONSTRUCTION

II s'agit d'une grande borie, très semblable à la n° 7 et dans le même état, c'est-à-dire que seule la partie arrière et une partie de l'encorbellement sont encore en place. La façade, à l'Ouest, là où se trouve la porte, est écroulée.

La borie est adossée à une terrasse et sa surface intérieure donne un diamètre de 2,40 m. Elle présente encore 2 logettes bien visibles.

Extérieurement, elle occupe une surface de 4 m sur 3,70 et n'est circulaire que du côté Est, les autres côtés étant rectilignes. Il est difficile de mesurer la porte car il n'en subsiste qu'une faible trace.

 

DONNEES

Cadastre 1817 : bastidon 144C de 12 m² sur labour 145C, propriétaire REY Honoré, propriétaire à Grasse dont ce sont les seules possessions au Ferrier. En 1913, l'ensemble est à LEON Raphaël Pierre de Magagnosc. Le bastidon est alors sol et le labour pâture.

 

DATATION ET FONCTION

Aucun renseignement dans les cadastres précédents. La fonction semble être agricole, du moins en 1817.

 

Photo : Janvier 1989 (DT 11/79

Borie 11

 


 

CABANE DOUBLE N° 12

 

SITUATION

A 122 m au SO (248°) de la maison n° 13, au milieu de belles terrasses aménagées.

Coordonnées géographiques. Longitude : 6° 52° 25.7° E. Latitude 43° 42° 45.0° N. Altitude : 1149 m.

 

LA CONSTRUCTION (planche n° 8)

Magnifique cabane à 2 pièces, en très bel appareil, avec porte en arc plein cintre, un des deux seuls exemples dans ce secteur pour une cabane.

La première pièce à l'Est, la plus grande, donne une surface intérieure de 7,60 sur 3,20 m. Le mur arrière monte à 3,40 m, celui de la façade à 1,60 m. Un petit pilier, au centre de la salle, haut de 1,14 et large de 0,33 sur 0,44, devait soutenir un demi-étage ; ce pilier est partiellement jointoyé à la chaux.

La deuxième pièce, à l'Ouest, beaucoup plus petite (2,50 sur 3,20 m), possède par contre un pilier-contrefort adossé au mur intérieur sur lequel devait aboutir la poutre centrale.

Outre la qualité de la construction, il faut noter l'esthétique de la porte, en arc plein cintre. Haute de 1,50 et large de 0,83, elle est profonde de 1,10 m. A droite de l'entrée, on remarque une pierre trouée, encastrée dans le mur extérieur, pour attacher l'animal de bât, sans doute le mulet.

De nombreuses tuiles traînent encore à l'intérieur et aux abords. L'aire de battage s'étend juste à côté, au Sud-Est de la cabane : il s'agit d'un terre-plein en demi-cercle adossé à une terrasse.

 

DONNEES

Cette cabane est indiquée sur les cartes au 20 et 25000° comme ruinée. Altitude : 1141 m.

Cadastre 1817 : bastidon 159C de 66 m² (double de la surface au sol, l’étage a donc été compris dans la contenance), aire 160C de 260 m² sur essart 158C ; propriétaire SILVY, hoir d'Honoré de Magagnosc qui possédait également le labour 161C situé à proximité. En 1913, elle est signalée à AUBANEL Thomas, époux Brémond, à Saint-Joseph à Grasse. En 1919, elle est acquise par GOBY Xavier. Le bastidon est alors devenu sol et le labour pâture.

 

DATATION ET FONCTION

Cabane à fonction agricole ayant servi d'habitat saisonnier. La 2e pièce, plus petite, a pu servir comme abri pour le mulet.

 

Photos : Janvier 1989 (DT 12/83.85.88.

Plan Cabane 12 Cabane 12 Vue 1
Plan cabane double Vue des 2 cabanes

 

Cabane 12 Vue 2 Cabane 12 Entrée
Cabane Ouest Entrée et pilier

 

 


 

MAISON NEUVE N° 13

 

A 465 m au Nord (22°) de la borie n° 1, il s'agit d'une construction récente en forme de bergerie. Nous la signalons ici car visible de partout elle constitue un repère pour l'orientation et la localisation des autres constructions. A son emplacement, il n'existait rien auparavant.

Coordonnées géographiques. Longitude : 6° 52° 31.0° E. Latitude 43° 42° 46.7° N. Altitude : 1172 m.


 

CABANE N° 14

SITUATION

A 190 m au Nord de la maison n° 13. A quelques mètres à l'Est se trouve la source du Ferrier, long tunnel en pierre.

Coordonnées géographiques. Longitude : 6° 52° 313° E. Latitude 43° 42° 527° N . Altitude : 1217 m .

 

LA CONSTRUCTION

Petite cabane carrée de 2,80 m de côté intérieurement, très délabrée, avec logette de forme trapézoïdale dans le mur Est. Large porte de 1,25 et profonde de 0,78 m, sans linteau. Le mur Ouest, très effondré, ne monte plus qu'à 0,90, celui de l'Est montant encore jusqu'à près de 2 m. Beaucoup de tuiles et traces de réfection au mortier.

 

DONNEES

Cadastre 1817 : bastidon 186C de 16 m² sur labour 187C, propriétaire : HUGUES Honoré André, dit "Barquin", ménager à Magagnosc ; il possédait également l'essart 189C et la pâture 188C, situés au Nord. La construction est signalée sur la carte au 20000°.

Ce HUGUES, dit "Barquin", possédait également des terres au Castellaras, à la Colle et au Doublier. Il faut remarquer ici le surnom "barquin" surnom que l'on reconnaît déjà dans les cadastres du XVIIe siècle. Cette famille, originaire de Magagnosc est avec la famille AUNE, la plus importante rencontrée dans les quartiers du Ferrier, de !a Colle et du Doublier, Tous ses représentants possédaient un surnom ; barquin, bravon, capon, goustavon, guérin, etc...

 

DATATION ET FONCTION

Il est probable qu'en 1817, ce bastidon était destiné à l'agriculture. En 1913, l'ensemble est à RICORD Jean à Grasse.


 

CABANE N° 16

SITUATION

Au NO (302°) et à 205 m de la maison n° 13.

Coordonnées géographiques. Longitude : 6° 52° 23.0° E. Latitude 43° 42° 50.3° N. Altitude : 1160 m .

 

LA CONSTRUCTION

II s'agit d'une cabane ruinée dont les murs ne dépassent pas actuellement 1,50 m de hauteur. C'est une construction relativement récente, car elle diffère des autres constructions du secteur. En effet, les murs, ne dépassant pas 0,40 d'épaisseur, sont constitués de petits moellons liés à l'argile, avec quelques réfections au mortier.

L'intérieur de 3,10 sur 2,25 m, possède deux niches, l'une au Nord, l'autre à l'Ouest. La porte, au Sud, possède encore son linteau de pierre et laisse deviner des traces de gonds. Les tuiles qui gisent à l'intérieur et à proximité paraissent de facture récente.

A l'Ouest et jouxtant la cabane, on remarque les restes d'une construction de 4 sur 5,60 m, dont les murs effondrés ne dépassent pas 0,30 m de hauteur, tandis que leur épaisseur avoisine 0,70 m. II s'agit manifestement d'une construction plus ancienne sur laquelle a été accolé par la suite la cabane.

 

DATATION ET FONCTION

Aucune indication sur les cartes ainsi que sur les cadastres. On pourrait peut-être affirmer que la construction la plus ancienne devait être déjà ruinée en 1817 et que la construction la plus récente fut édifiée après cette date. Il faudrait la situer dans la parcelle 169C du cadastre de 1817. Quant à sa fonction, elle est également douteuse, faute de renseignements suffisants.

 

Photos : Mars 1989 (DT 16/207.208.210)

Cabane 16 Vue 1 Cabane 16 Vue 2 Cabane 16 Vue 3
Au premier plan, 1ère cabane Linteau encore en place Logette

 


 

BORIE N° 17

 

SITUATION

A l'Est (112°) et à 180 m de la borie n° 1 ; à 125 m au Nord-Est (60°) de la borie n° 3. Altitude : 1110 m. Bâtie sur un plateau dominant le vallon de la Combe, à 50 mètres au Nord de l'ancien chemin de Canaux à la Malle, à l'Ouest d'une vaste doline.

Coordonnées géographiques. Longitude : 6° 52° 30.1° E. Latitude 43° 42° 30.6° N. Altitude : 1114 m.

 

LA CONSTRUCTION

Petite borie en ruine, de facture fruste, qui ne dépasse plus actuellement 1,60 m de hauteur. Son diamètre intérieur de 1,60 m suppose un petit édifice.

La porte, située au Sud, dont il ne reste plus qu'une moitié de linteau, n'a que 0,36 de largeur pour une profondeur de 1 m. Il n'y a pas de niche à l'intérieur.

 

DONNEES

Cadastre 1817 : bastidon 139C de 12 m², aire 140C de 240 m² sur essart 138C à AUNE Etienne, dit "la Ronde", ménager à Magagnosc et dont c'étaient les seules possessions au Ferrier.

Mutations : en 1899 à GUIZOL Louis, époux Aune, travailleur à Magagnosc et la même année à HUGUES Clair Scipion, époux Guizol, à Magagnosc. En 1925 à ROUSTAN Jean, jardinier au Plan de Grasse.

 

DATATION ET FONCTION

Note de 2014 : il semblerait, vu d’autres exemples, qu’il s’agit d’un local de dépôt temporaire de la récolte des céréales. Ce genre de constructions est toujours situé à proximité immédiate d’une aire de battage, comme c’est le cas ici.

 

Photo : Janvier 1989 (DT 17/76)

Cabane 17

 


 

SEMI-BORIE N° 18

 

SITUATION

A 180 mètres au Nord-Est (67°) de la borie n° 1 et à 95 mètres au SSO (210°) de la maison sur cabane n° 19, elle est très difficile à localiser car le terrain n'est pas à découvert.

Coordonnées géographiques. Longitude : 6° 52° 30.1° E. Latitude 43° 42° 35.1° N. Altitude : 1123 m.

 

LA CONSTRUCTION

Très effondrée, cette construction de petite dimension (2 m sur 1,60 m intérieurement) tient à la fois de l'abri primitif et de la borie. Au Nord, de gros blocs sont entassés sur deux rochers ; à l'Est et à l'Ouest, on devine encore l'encorbellement ; au Sud, la porte a 0,50 m de large. La hauteur des murs est encore de 1,60 m à l'Est et de 1,20 m à l'Ouest.

 

DATATION ET FONCTION

Ne figurant sur aucun cadastre, cette semi-borie est bien sûr indatable et fait partie des abris à fonction inconnue.

 

Photos : Mai 1989 (DT 18/332.333).

Borie 18

 

MAISON SUR CABANE N° 19

 

SITUATION

Elle est située sur le nouveau chemin qui mène à la Malle, à 265 mètres au Nord-Est (55°) de la borie n° 1. A l'Est de cette maison part un chemin qui monte au Nord vers la maison n° 13 et qui rejoint à cet endroit le vieux chemin qui va de la source à la Malle.

Coordonnées géographiques. Longitude : 6° 52° 32.4° E. Latitude : 43° 42° 37.8° N. Altitude : 1137 m.

 

LA CONSTRUCTION

II s'agit d'une maison récente (début XXe s.), mais dont l'originalité consiste en ce qu'elle fut édifiée sur une ancienne cabane dont on peut encore remarquer les murs au Sud, à l'Ouest et au Nord. Les pierres y sont en effet plus grosses et mieux agencées. Cette cabane devait présenter une façade de 6,15 m pour une profondeur de 4,90 m (mesures extérieures). Le mur Nord montait à 1,90 m et celui de la façade à 1,40 m. La porte actuelle qui doit en principe être la même que l'ancienne cabane offre une ouverture de 0,90 m.

 

DATATION ET FONCTION

Ne figure pas en 1817, est signalée comme construction avec toit sur la carte au 20000°, altitude 1130 m.

 

Photos : Mai 1989 (DT 19/335.338)

Cabane 19 Cabane 19 arrière
Façade Arrière

 


 

CABANE N° 20

 

SITUATION

A 142 m au N.N.E. (15°) de la maison sur cabane n° 19, au bord du chemin qui mène à la maison n° 13 et à la source du Ferrier.

Coordonnées géographiques. Longitude : 6° 52° 33.8° E. Latitude 43° 42° 42.3° N. Altitude : 1159 m.

 

LA CONSTRUCTION

Grande cabane, puisque les mesures intérieures donnent une surface de 8,70 sur 2,60 m, elle est adossée à une terrasse au Nord. Les murs, très rudimentaires, sont bombés dans tous les sens et font 0,90 m d'épaisseur. Le mur Nord s'élève à 1,60 et celui du Sud à 1,80 m côté Ouest. Deux niches sont creusées dans le mur Nord en face de la porte qui, bien sûr, ouvre au Sud, sans linteau.

 

DONNEES

Elle est portée sur la carte au 25000°, altitude 1150 mètres.

Cadastre 1817 : bastidon 134C de 40 m² sur labour 135C, propriétaire : LAUGIER, hoir de Jean-Baptiste, de Magagnosc, qui possédait en outre la vanade 191C, le labour 193C, les pâtures 192C et 194C et les essarts 164C et 190C.

Mutations : en 1913, l'ensemble est à BERANGER Auguste Léopold à Magagnosc ; le bastidon est devenu sol et le labour 193C pâture. En 1923, il est acquis par GOBY Xavier.

 

DATATION ET FONCTION

En 1817, ce propriétaire pratiquait les deux activités, agricole et pastorale, puisque outre cette cabane-bastidon sur labour, il possédait également la vanade 191C (voir n° 50), enclos pour troupeau avec borie incorporée. On peut dire également que cette cabane lui servait d'habitat saisonnier.


 

MAISON EN RUINE SUR CABANE. CABANE - ENCLOS - N° 21

 

SITUATION

A 250 m. au Sud-Est (135°) de la maison n° 13 et à 178 m au NE (57°) de la maison sur cabane n° 19 sur le vieux chemin de la source du Ferrier à la Malle.

Coordonnées géographiques. Longitude : 6° 52° 39.3° E. Latitude 43° 42° 41.0° N. Altitude : 1183 m .

 

LES CONSTRUCTIONS

Maison en ruine sur Cabane : maison dont le toit à double pente ne conserve plus que la poutre maîtresse. Cette maison a été élevée sur une ancienne cabane au toit à une pente comme toutes celles du Ferrier. Mesures intérieures : 3,90 sur 3,20, avec banquette contre le mur Est, large de 0,45 et haute de 0,50 m. Dans ce mur, au-dessus de la banquette, un anneau en fer est scellé avec du mortier. La porte, sans linteau, s'ouvre au Sud, légèrement décalée vers l'Ouest ; elle est large de 1,05 et profonde de 0,96 m.

Cette première cabane montait au Nord à 2,20 m et au Sud à 1,60 m. Elle est surtout reconnaissable de l'extérieur. L'intérieur a été aménagé pour l'établissement d'un étage et d'un toit à double pente ; mais les éboulis assez abondants ainsi que les nombreuses tuiles ne laissent rien voir d'autre. L'appareillage de la cabane est en gros blocs, le reste, ajouté par la suite, est en pierres plus petites liées au mortier.

Trois mètres derrière cette cabane s'élève un grand mur servant de soutien à une terrasse. Ce mur se prolonge vers l'Ouest et nous mène à la deuxième construction.

Cabane : aménagée dans le talus, elle est adossée à une dernière terrasse. Les mesures intérieures donnent une surface de 2,84 sur 3,20 m, avec logette dans le mur Ouest. Le côté Est est très éboulé. Une porte, au Sud, en arc plein cintre, haute de 1,30, large de 0,64 et profonde de 0,95 m ; elle est en partie obstruée par des éboulis.

Cette cabane, elle aussi, a été réaménagée : les murs ont été surélevés pour établir un étage dont on décèle encore la trace par une poutre en place. Cette cabane est invisible de la première tant les broussailles sont abondantes dans l'enclos où les deux cabanes sont implantées.

 

DONNEES

Cadastre 1817 : bastidon 130C de 30 m² avec aire 131C de 260 m², vanade 129C de 270 m² sur labour 133C et essart 132C ; propriétaire : HUGUES François, à feu Jean, ménager à Magagnosc. Pour ce cadastre, c'est la première cabane qui est dite bastidon et la vanade se trouve au Sud et à l'Ouest de celle-ci ; l'aire de battage s'étendrait à l'Ouest de la deuxième qui n'est pas signalée,

Mutations : en 1913, l'ensemble est à LEON Raphaël Pierre de Magagnosc et seul le labour 133C est resté terre de la classe 3, c'est-à-dire la moins productive. C'est l'une des 3 terres du Ferrier cultivées encore en 1913 sur les 23 dénombrées en 1817.

 

DATATION ET FONCTION

Fonction : ce site nous permet de constater une fois de plus le changement d'activité en ce début du XIXe siècle : l'enclos-vanade, cité par le cadastre et dénotant une activité pastorale, a été installé au milieu de grandes terrasses aménagées pour la culture, terrasses construites au cours des XVIIe et XVIIIe siècles, ainsi que les deux bastidons et l'aire de battage.

Datation : la famille LAUGIER de Magagnosc est peu citée dans les cadastres du début XVIIIe siècle, elle apparaît avec force le 20 août 1772 et le 3 juin 1778 quand Jean LAUGIER achète la moitié des terres du juge CALVY François, de Grasse, les plus belles terres du Ferrier. Il est probable que c'est peu de temps après ces dates que la famille LAUGIER a élevé un étage sur les deux cabanes, l'étage supérieur servant à l'habitation, le rez-de-chaussée servant au mulet, témoin l'anneau scellé dans le mur de la première cabane.

 

Photos : trop de végétation.


 

GRANDE BERGERIE N° 22

 

SITUATION

A 275 m à l'Est (98°) de la maison sur cabane n° 19 et à quelques mètres au Nord de l'ancien chemin qui va de la source du Ferrier à la Malle, au pied de la falaise. Le nouveau chemin passe 90 mètres plus au Sud. Le terrain jusqu'à ce chemin est aménagé en grandes terrasses. Altitude 1150 mètres.

Coordonnées géographiques. Longitude : 6° 52° 44.4° E. Latitude 43° 42° 36.5° N. Altitude : 1181 m. 

 

LA CONSTRUCTION (planche N° 9)

II s'agit d'une grande bergerie de 35 mètres de longueur sur 7 mètres de large (mesures extérieures). Elle est divisée en deux parties :

- une première salle à l'Ouest de 14 sur 4,70 m intérieurement, avec grande porte sur le côté Ouest de 3 m de large.

- une deuxième salle, à l'Est, de 18,40 sur 4,70 m qui devait être recouverte par un toit en tuiles, car outre les nombreux fragments de tuiles rondes, il subsiste également à l'intérieur 6 piliers groupés deux par deux qui devaient soutenir une charpente. Construits en pierre sèche mêlée de mortier et de fragments de tuiles, trois de ces piliers s'élèvent encore sur 1,60 m de hauteur. Dans le mur Sud, presqu'en face des piliers, on remarque 3 niches rectangulaires de 0,45 sur 0,20 m. Une porte de 1,10 m de large, située au milieu du mur de séparation, donne dans la partie Ouest ; elle est très détériorée.

Cette bergerie a belle allure, car outre sa grandeur, l'appareillage est très soigné. Du chemin on la confond à un mur de terrasse.

 

DATATION ET FONCTION

Ne figure pas en 1817 et signalée sur aucune carte, sa fonction est évidemment pastorale mais sa datation est difficile à déterminer.

 

Plan Bergerie 21 Bergerie 21.1

 

Bergerie 21 Bergerie 21 Mur

 


 

BORIE OVALE N° 23

 

SITUATION

A 390 m au S.E. (136°) de la borie n° 1, sur l'ancien chemin de Canaux à la Malle.

Coordonnées géographiques. Longitude : 6° 52° 34.2 E. Latitude 43° 42° 23.4° N. Altitude : 1082 m.

 

LA CONSTRUCTION (planche n° 10)

L'architecture de cette borie est très spéciale puisqu'elle présente une forme intérieure et extérieure ovale. L'intérieur mesure 2,60 sur 1,25, avec porte décentrée côté Nord et ouvrant plein Ouest. De belle facture, celle-ci est large de 0,70 pour une hauteur de 1,55, avec seuil empierré. L'intérieur, haut de 2,40 et ne possédant qu'une seule niche située en face de la porte, a été consolidé au mortier.

Extérieurement, les côtés Nord et Est, adossés aux rochers, sont encore en bon état ; le côté Sud, plus exposé, se dégrade sérieusement, malgré le renfort qui y a été fait.

 

DATATION ET FONCTION

Ne figure ni sur les cadastres, ni sur aucune carte. La position de cette borie est assez remarquable, puisque située sur un très vieux chemin (du Col du Ferrier au Camp de la Malle), elle se trouve également à l'intersection de deux autres vieux chemins : celui qui monte du vieux pont du vallon de la Combe et celui qui descend de la Gardette où se trouve une enceinte. De ce point donc, en venant du Camp de la Malle, on pouvait se diriger soit vers Canaux par le Col du Ferrier, soit vers Saint-Vallier par le vallon de la Combe, soit au Col du Pilon par la Gardette, Feissolade et Cavagne.

D'autre part, sa forme ovale et la porte décentrée offrent un plan identique au vieil abri ligure situé une centaine de mètres plus haut (voir T. XXXII des Mémoires de l'IPAAM, p. 109). Enfin, le terrain pentu est impropre aussi bien à la culture qu'à l'élevage.

Ceci nous amène à conclure que sa vocation de cet édifice est la surveillance.

 

Photos : Décembre 1988 (DT 23/10.11.12

 

Borie 23 Borie 23-2

 

Borie 23-3 Borie 23-4

 


 

ENSEMBLE BORIE-CABANE-DOLINE N° 25-26

 

SITUATION

A 50 m au Sud du Col de la Malle et à 300 m au Nord (345°) du Camp de la Malle, altitude : 1160 m. Le sentier qui du Col monte au Camp passe à côté de la cabane et traverse la doline. La borie est située au SO de la doline.

Cabane. Coordonnées géographiques. Longitude : 6° 52° 56.1 E. Latitude 43° 42° 19.6° N. Altitude : 1157 m.

Borie. Coordonnées géographiques. Longitude : 6° 52° 54.9 E. Latitude 43° 42° 17.7° N. Altitude : 1056 m.

 

LES CONSTRUCTIONS (planche n° 11)

Cabane n° 25 : très belle construction, en appareil lité, aux murs trapézoïdaux et très épais (1,30 m). L'intérieur offre une surface de 5,15 sur 3,40 m, avec 2 niches superposées en face de la porte et une troisième dans le mur Ouest. A l'extérieur, deux pierres trouées, en forme d'anneau, l'une dans le mur Sud, l'autre dans le mur Nord, servaient à attacher l'animal selon les saisons.

A quelques mètres à l'Est, une pierre levée semble indiquer un bornage ; quelques tuiles gisent encore aux alentours, laissant supposer une couverture de ce type.

Devant la cabane, au Sud, s'étale la doline, peu profonde, de forme triangulaire. Les alentours n'offrent que masses de rochers et lapiaz particulièrement denses.

Borie n° 26 : il semble que nous soyons en présence d'une borie à un gradin. En octobre 1987, le dôme était grand ouvert. Un an plus tard, nous l'avons trouvé réparé et étayé par quelques madriers. En Janvier 1989, nous l'avons retrouvé comme la première fois, la technique de l'encorbellement s'avérant bien un art difficile.

L'intérieur offre une surface de 2,30 m de diamètre pour une hauteur de 2,40 m. La porte, rectangulaire, profonde de 1,70 m, pour une largeur de 0,38 seulement, est nettement décentrée vers l'Ouest. Une seule niche à l'intérieur, face à la porte.

 

DONNEES

Cadastre 1817 : bastidon 265C de 16 m² qui correspond à la borie sur essart 266C ; propriétaire : HUGUES Honoré André, dit "Barquin", ménager à Magagnosc que nous avons déjà rencontré au Ferrier (n° 14). Au Castellaras, il possédait également le labour 264C et la pâture 241C. La doline correspond à la pâture 267C et appartenait à CHAUVE Claude de Magagnosc qui usait également du labour 270C et des essarts 268C, 269C et 257, la cabane n'est pas mentionnée.

 

DATATION ET FONCTION

Un problème se pose ici : seule la borie est reconnue bastidon en 1817 et la cabane n'est pas mentionnée. Il est peu probable que cette dernière ait été construite après cette date, les registres de Mutations et le Cadastre de 1913 n'en parlant toujours pas. Pourquoi n'est-elle même pas signalée masure en 1817 ? On ne peut suggérer également un oubli des enquêteurs, car elle est bien visible. Des recherches ultérieures nous apporteront peut-être la solution.

Photos : Décembre 1988 (DT 25/18.19.20. 26/23).

 

Plan Cabane 25 Cabane 25-1
Plan Cabane 25 Au 1er plan, borne de limitation. Arrière : cabane 25

 

Cabane 25-2 Cabane 25-3
Cabane n° 25 Intérieur avec logettes

 

Borie 26
Borie n° 26

 


 

ENSEMBLE DE CABANES N° 28

SITUATION

A mi-parcours sur le nouveau chemin de la Malle entre le Col de la Malle et la maison sur cabane n° 19. Le chemin passe au milieu de cet ensemble.

Coordonnées géographiques. Longitude : 6° 52° 41.5 E. Latitude 43° 42° 341.° N. Altitude : 1142 m.

 

LES CONSTRUCTIONS

La partie qui semble être la plus ancienne est celle qui se trouve au Sud du chemin. Elle présente un grand mur fait de gros blocs, d'une longueur de 15,80 m et large de 0,90 m pour une hauteur de 2,30 m.

L'autre partie, au Nord du chemin, offre des murs moins larges (0,60 m) avec fenêtres en briques et l'ensemble lié au mortier. Il est difficile d'avoir une idée précise des constructions, vu l'embroussaillement important.

 

DONNEES

Signalé sur carte au 20000°, altitude : 1142 m.

Cadastre 1817 :

- bastidon 118C de 52 m², aire 117C de 480 m², vanade n° 115 de 300 m², avec labour 119C et essart 120C ; propriétaire : LAUGIER Marc-Antoine de Magagnosc.

- jas 125C de 180 m² et vanade 124C de 144 m², avec labours 121C, 122C et 123C ; propriétaire : LAUGIER François de Magagnosc qui possédait également à l'Ouest la masure 126C de 340 m², l'aire 128 de 240 m² et l'essart127 C.

Mutations : en 1894, les parcelles et constructions 121C à 128C passeront à CRESP Joseph, époux LAUGIER, dit "Poil rouge", de Magagnosc ; puis en 1896 à HUGUES Siméon, époux CRESP, de Magagnosc ; enfin, en 1925, à GOBY Xavier.

 

DATATION ET FONCTION

Cette famille LAUGIER possédait les meilleures terres du Ferrier, les parcelles labourables 119C, 122C et 123C étant les plus grandes. Sur le terrain, il s'agit d'un grand triangle de terres, en pente douce, orienté à l'Ouest, entièrement épierré, étagé en larges planches, terrain situé à l'Ouest du Col de la Malle et compris entre le vieux chemin de Canaux à la Malle et le vieux chemin de la source à la Malle. Une partie de ces terres avait été acquise en 1776 par cette famille LAUGIER, terres appartenant à la famille CALVY de Grasse, mentionnée dans le cadastre de 1657 avec courtil, et en 1742, avec bastidon.

Ces constructions, en 1817, correspondent à un bastidon, une aire de battage, un jas et une vanade. Il faut noter ici la seule et unique dénomination jas (bergerie couverte) dans cette section du Ferrier. L'état actuel des ruines et leur remaniement probable au cours du XIXe siècle, ne permettent pas d'établir une exacte corrélation entre ce qui reste sur le terrain et les dénominations du cadastre. On peut cependant avancer qu'un bastidon existait là en 1742 et qu'en 1657 s'y trouvait un courtil.

On peut également dire qu'en 1817, la famille LAUGIER pratiquait à la fois l'élevage (jas et vanade) et l'agriculture (aire de battage et parcelles labourées).

Avant 1817, les autres terres des LAUGIER sont à un certain LAUGIER Jacques cité en 1720. En 1657, elles appartenaient à RAIMONDY Louis qui lui-même les tenaient de son père Estienne.

 

Photos : Mai 1989 (DT 28/349.350.351).

Cabane 28
Restant du mur de la vanade

 

GRANDE BERGERIE N° 30

 

SITUATION

A 80 m au NNO (348°) de la maison n° 29, au pied de la falaise. L'ancien chemin de la source à la Malle passait à ses pieds.

Coordonnées géographiques. Longitude : 6° 52° 51.7 E. Latitude 43° 42° 29.8° N. Altitude : 1179 m.

 

LA CONSTRUCTION (planche n° 12)

Magnifique bergerie par son agencement et l'état des murs. On dirait presque une forteresse, car, adossée à la falaise, elle domine le vieux chemin et le plateau du Ferrier. Elle occupe une surface de 20 sur 15 m et se divise en deux parties.

La première, au Sud, contient deux salles à peu près d'égale grandeur, actuellement envahies par les broussailles. Un mur de 0,50 m d'épaisseur sépare les deux salles, avec porte de communication au centre.

Le mur de façade a belle allure et possède 4 ouvertures : il s'agit de petits fenestrons en forme de meurtrières (dimensions intérieures : 0,30 sur 0,30 ; dimensions extérieures : 0,30 sur 0,08). Ce mur a été construit en deux fois. La base, de 1,60 m de hauteur moyenne, est en gros blocs. Sur cette base a été élevé un autre mur légèrement en retrait (de 0,15 m) et mieux agencé, d'une hauteur de 1,40 m et où ont été percées les fenestrons. Ce mur a été prolongé à l'Ouest de 2 m supplémentaires par rapport au premier.

L'accès se faisait par une rampe, qui, d'Est en Ouest, monte en longeant la façade. De 4 m de large au départ, elle se rétrécit jusqu'à 2 m à l'arrivée.

La deuxième partie, au Nord, est adossée à la falaise. Le sol se trouve à 1,50 m plus haut que celui de la première salle. Elle est large de 6 à 7 m. Une porte de 1,10 m de large et légèrement en retrait s'ouvre à l'Est, tandis qu'une autre à l'Ouest donne sur la rampe d'accès. Contre la falaise on remarque 2 fosses dont il est difficile de déterminer la destination étant donné leur embroussaillement. Il est possible que se soient des cloaques pour stocker le migon.

De nombreuses tuiles gisent encore sur les murs et aux abords ; beaucoup sont de facture récente, mais on en décèle quelques unes plus anciennes, à pâte presque blanche et de facture artisanale.

 

DONNEES

Cette bergerie est indiquée sur la carte au 20000° ; altitude : 1158 m.

Cadastre 1817 : vanade 115C de 300 m² sur pâture 116C ; propriétaire : LAUGIER Marc-Antoine de Magagnosc (voir n° 28).

 

DATATION ET FONCTION

Cette bergerie est difficile à dater car le cadastre parle seulement d'une vanade ; celle-ci pourrait être la première construction dont on retrouve la trace dans la base du mur de façade. En ce cas, tout le restant aurait pu être construit après 1817. Ceci demanderait une confirmation par l'étude des documents familiaux ou communaux, s'ils existent.

En tout cas, cette construction et la parcelle étaient en 1817 destinées à l'élevage.

 

Photos : Avril 1989 (DT 30/251.255.257.259.261).

 

Plan Bergerie 30 Bergerie 30-1
Plan bergerie n° 30 Adossée à la falaise
Bergerie 30-2 Bergerie 30-3
La rampe d'accès à la bergerie Vue de loin. Remarquer les terrasses de culture

 

 

Bergerie 30 intérieur Bergerie 30-4 extérieur
Fenestron de l'extérieur Fenestron de l'intérieur

 


 

BORIE ET CABANE N° 31

 

SITUATION

A 300 m au SO (230°) de la borie n° 35 et à 450 m à l'Ouest (260°) de la limite Nord du Camp de la Malle. Altitude : 1160 m.

Coordonnées géographiques. Longitude : 6° 52° 39.7 E. Latitude 43° 42° 13.5° N. Altitude : 1144 m. A quelques mètres près.

 

LES CONSTRUCTIONS (planche n° 13)

II s'agit d'une borie à deux gradins, intacte, accolée à une cabane en mauvais état. Au Sud, s'étale une grande surface aménagée, de 20 sur 10 m, épierrée et bordée de murets.

La Borie : elle occupe une surface au sol de 20 m de circonférence et se présente extérieurement avec 2 gradins ; hauteur totale : 3,15 m. Le diamètre intérieur donne 2,70 m. Trois niches sont aménagées dans les murs opposés à la porte. Celle-ci offre une ouverture rectangulaire avec grand linteau ; elle est prolongée à l'Ouest par un petit muret.

La Cabane : elle est bâtie à l'Est contre la borie. Ses mesures intérieures sont de 2,30 sur 1,90 m. Le mur Nord est très éboulé et le mur Est est large de 2 m. La porte, au Sud, comme celle de la borie, sans linteau, est large de 0,70. Les murs montent encore entre 1,30 et 1,70m.

 

DONNEES

Cadastre 1817 : bastidon 248C de 12 m² qui correspond à la borie ; propriétaire PELLEGRIN Etiennet, dit "Chabert", rentier à Mougins, qui possédait également au Castellaras le labour 250C, les essarts 247C, 249C, 251C et 278C, ainsi que les pâtures 242C, 243C et 246C.

 

DATATION ET FONCTION

Nous trouvant au quartier du Castellaras, il nous est, ici encore, difficile de déterminer la fonction exacte de cet ensemble, mais elle semble plus pastorale qu'agricole, vu l'état du terrain et la qualité du propriétaire. La borie, qui est ici antérieure à la cabane, a pu cependant au XVIIIe s. servir d'habitat saisonnier. Les essarts étaient à cette période des labours.

En 1913, une partie est à ACHARD Louis Amédée, jardinier au Plan de Grasse et l'autre à FLORY Justin, boulanger à Grasse.

 

Photos : Juillet 1989 (DT 31/382.383.384.385).

Plan borie 31
Borie 31-1 Borie 31-2

 

 

Borie 31-3 Borie 31-4

 

Date et initiales gravées sur le linteau

 

Lors de notre première visite en 1989, nous n’avions pas remarqué un détail important. En août 1999, en compagnie de Christian Lassure et de Jean Laffitte, ce dernier remarqua une inscription gravée sur le linteau de la borie. Malhabilement creusées dans le calcaire, apparaissent la date de 1779 et en-dessous deux lettres  E P, pouvant être des initiales.

 

Il ne pouvait s’agir d’Etiennet PELLEGRIN, propriétaire signalé en 1817, mais le cadastre de 1742 et le registre des mutations cite un Etienne PELLEGRIN qui hérite de son père Antoine le 24 avril 1776 de terres au quartier du Ferrier. On peut supposer qu’il est le constructeur du bastidon en 1779, sinon il aurait indiqué la date de 1776, année où il hérite des propriétés de son père.

 

Photo : octobre 1999 (DT 31/1286)

 

Cette découverte est relatée et commentée dans un de nos articles , paru dans la Bulletin n° 17 du GRHP, d’avril 2000, « Un linteau de bastidon daté avec initiales à Saint-Vallier-de-Thiey (A.-M.).

Initiales EP

 


 

CABANE DANS DOLINE N° 32

 

SITUATION

A 236 m au Sud de la borie n° 35, au fond d'une doline profonde de 8 m et d'une surface de 20 sur 35 m.

Coordonnées géographiques. Longitude : 6° 52° 48.4 E. Latitude 43° 42° 12.2° N. Altitude : 1182 m.

 

LA CONSTRUCTION

Elle est en très mauvais état. L'appareillage est très grossier et n'offre aucune pierre taillée. L'intérieur donne une surface de 4 sur 3 m, avec porte à l'Est, large de 0,65 m. Extérieurement, elle occupe une surface de 5,40 sur 5,10 m. Assez curieusement, le mur Ouest n'est pas très large (0,55 m) alors que les autres font plus d'un mètre. Le côté Est est partiellement effondré et la hauteur des murs n'excède pas 1,30 m.

Beaucoup de tuiles rondes traînent aux abords immédiats où l'on remarque encore ici les deux qualités.

 

DATATION ET FONCTION

Curieusement cette doline n'est pas indiquée sur le cadastre de 1817, alors que toutes les autres sont bien dessinées. Y aurait-il eu ici un oubli des enquêteurs ? Cela semble vraisemblable, d'autant plus que cette cabane, vu son état, a dû être construite bien avant cette date. N'ayant pas vu la doline, ils n'ont pas remarqué non plus la construction.

 

Photos : Juillet 1889 (DT 32/377.378).

Cabane 32-1 Cabane 32-2

 

ENCLOS ET CABANE N° 34

 

SITUATION

A 200 m au N (17°) de la maison n° 13, la source du Ferrier se trouvant à quelques mètres à l'Est (6° 52° 324° E . 43° 42° 520° E. 1222 m).

Coordonnées géographiques. Longitude : 6° 52° 33.3 E. Latitude 43° 42° 52.8° N. Altitude : 1226 m.

 

L'ENSEMBLE

II est très détérioré, envahi par les ronces et les broussailles. Adossé côté Nord à une terrasse, s'étend un grand enclos de 16,30 sur 12 m et suivant la pente Nord-Sud. La largeur des murs avoisine en moyenne 1,30 et la hauteur du mur Est atteint encore par endroits 1,30 m.

Dans l'angle Nord-Ouest se dresse la cabane de 5,50 sur 3,60 m (mesures intérieures), dont les murs sont larges de 0,70 m. La porte, très détériorée, est située contre le mur Ouest et ouvre au Sud. De vieilles tuiles traînent aux abords.

 

DONNEES

Cadastre 1817 : masure 171C de 290 m², aire 172C de 340 m² sur labour 170C de 1 ha 56 ; propriétaire : AUNE hoir d'Elisabeth, épouse HUGUES Cyprien, de Magagnosc, qui possédait également les labours 137C et 147C et l'essart 139C.

 

DATATION ET FONCTION

Le cadastre mentionne une masure : il s'agit de la cabane, déjà ruinée à cette époque. L'aire de battage indique une activité agricole ainsi que le labour 170C. L'enclos n'étant pas signalé (pour quelle raison, nous l'ignorons) laisse envisager une activité pastorale.

 

Photo : impossible vu l’état du site.

SOURCE DU FERRIER

Photos : Mars 1989 (DT 322. 323)

 

Source Ferrier 1 Source Ferrier 2

 

BORIE, CABANE, PUITS SUR DOLINE N° 35

 

SITUATION

A 130 m à l'Ouest de la cabane n° 25.

Coordonnées géographiques. Longitude : 6° 52° 50.7 E. Latitude 43° 42° 20.4° N. Altitude : 1149 m (milieu de la doline).

 

LES CONSTRUCTIONS

Actuellement, nous trouvons une grande doline de 60 sur 40 m environ. Sur le côté Ouest, en-dessous d'un amas rocheux, nous voyons successivement du Nord au Sud : un puits couvert attenant à une petite cabane avec toit, porte et fenêtre, puis une banquette en pierre derrière laquelle on décèle les restes d'un édifice, enfin, à quelques mètres plus au Sud, une borie dont la façade est partiellement écroulée.

La Borie : son diamètre intérieur est de 2,30 et la hauteur de 2,20 m, avec 3 logettes à 0,30 du sol, réparties régulièrement par rapport à la porte. Cette dernière offre une ouverture de 1,30 m de longueur pour une largeur de 0,40. Le linteau, encore en place malgré l'effondrement partiel de la façade, est à 0,80 m du sol. L'entrée est encombrée de pierres et il est impossible de pénétrer dans la borie, ce qui est préférable, car l'encorbellement au-dessus du linteau offre une large ouverture et d'autres pierres peuvent encore s'en détacher.

La Masure : il n'en reste plus qu'un vague plan qui permet de constater cependant qu'elle s'appuyait au Nord au rocher où l'on peut remarquer un petit abri sous-roche. Du Nord au Sud, nous rencontrons une première salle de 5 sur 3 m, puis une deuxième de 3 sur 2,50 m. Dans les décombres, on peut examiner quelques fragments de tuiles blanches ainsi que les restes d'une petite marmite et quelques fragments de poterie vernissée verte.

 

DONNEES

Cadastre 1817 : bastidon 260C, masure 259C, aire 261C sur labour 263C, avec essarts 258C et 262C ; propriétaire : GUIZOL Louis, de Magagnosc, dont c'étaient les seules possessions.

 

DATATION ET FONCTION

Si nous voulons établir la correspondance avec les éléments que nous fournit le cadastre, nous pouvons attribuer le labour 263C à la doline, le bastidon 260C à la borie, la masure 259C aux restes de la cabane, la maison et le puits n'étant pas signalés. Nous remarquons ici l'antériorité de la cabane sur la borie. L'ensemble est consacré à l'agriculture puisqu'une aire de battage, portée sur le cadastre, s'étend devant l'entrée de la borie.

 

Photos : Janvier 1989 (DT 35/25)

Borie 35

 


 

BORIE DOUBLE N° 36

 

SITUATION

A 190 m à l'Ouest du Camp de la Malle, altitude 1180 mètres, la cabane dans doline n° 32 se trouvant au NNO (330°) et à 190 mètres.

Coordonnées géographiques. Longitude : 6° 52° 50.1 E. Latitude 43° 42° 08.2° N. Altitude : 1180 m.

 

LA CONSTRUCTION

C'est le seul exemple rencontré au Ferrier et au Castellaras d'une borie double, c'est-à-dire de deux bories accolées l'une à l'autre avec porte d'entrée commune. Cette porte ouvrant au Sud est large de 3 mètres. A l'Est, un petit couloir permet d'entrer dans la borie la plus vaste, puisque sa forme trapézoïdale offre une surface de 3 sur 1,80 m. On remarque 3 niches, ainsi qu'une ouverture, à ras du sol, traversant le mur côté Nord pour surveiller l'extérieur. La hauteur actuelle est de 2,20 m ; l'encorbellement est encore en partie en bon état et ne devait guère monter plus haut. La base intérieure, à l'Est, est établie sur des gros blocs de rochers.

La seconde borie est à l'Ouest et de forme ovale pour une surface de 1,80 sur 2,60 m. Beaucoup moins haute (1,80 m), elle est plus détériorée que la première.

 

DONNEES

Cadastre 1817 : bastidon 279C sur essart 281C, avec labours 280C, 282C et 283C ; propriétaire : AUNE Honorade, fille à feu Jean Antoine "la Ronde", à Magagnosc.

Mutations : en 1889 à GUIZOL Louis, époux Aune, travailleur à Magagnosc et la même année à HUGUES Clair Scipion, époux Guizol. En 1924 à ROUSTAN Jean, jardinier au Plan de Grasse.

 

DATATION ET FONCTION

Sur le terrain, les parcelles labourées correspondent à 2 dolines situées au Sud et signalées sur la carte au 25000°, le labour 280C étant une bande de terre aménagée en terrasses dans la pente Est-Ouest. La fonction paraît être agricole.

.

Photo : Décembre 1988 (DT 36/27).

Borie 36

 


 

BORIE DES SAPINS N° 37

 

SITUATION

Du Col de la Malle, elle est plein Nord, à 320 m. De la bergerie n° 30, elle se situe à l'Est, sur un replat de la colline, au milieu d'un bois de sapins.

Coordonnées géographiques. Longitude : 6° 52° 56.5 E. Latitude 43° 42° 30.3° N. Altitude : 1187 m.

 

LA CONSTRUCTION

Très belle borie à deux gradins presqu'entière puisque seul le parement extérieur côté Sud commence à se détériorer.

L'intérieur offre une grande surface ronde de 3,10 m de diamètre et la voûte, en forme d'obus, monte jusqu'à 3,50 m. On remarque 4 niches, ainsi qu'un fenestron qui traverse longitudinalement le mur Est sur une longueur de 1,50 m. A l'extérieur, il mesure 0,30 sur 0,30, tandis qu'à l'intérieur il n'est que de 0,08 sur 0,08, Une pierre de section carrée et longue de 0,20 obture l'ouverture de façon parfaite et il n'est pas facile de la découvrir. Plusieurs trous carrés, au-dessus des niches, laissent deviner l'emplacement de poutres pour l'établissement d'un demi-étage, situé à 1,60 m du sol.

L'extérieur a belle allure, surtout côté Nord où l'on remarque très bien les 2 gradins. Attenant à la borie, à l'Ouest, on reconnaît un petit abri non couvert de 3 m de long sur 1,50 de large, dont le mur en ovale est construit en petit appareil bien dressé.

La porte, en arc plein cintre avec clef, est magnifique ; elle est large de 0,70 pour une profondeur de 1,50 m. Elle a été renforcée avec du ciment, et des gonds subsistent encore, dernières traces d'une porte qui a disparu.

A l'Est, du côté du fenestron, s'étale une grande terrasse très plane avec, dans l'angle NE, un aménagement particulier qui pourrait être l'aire de battage.

Une vingtaine de mètres au Nord de la borie, on peut encore voir deux excavations, vestiges de puits.

 

DONNEES

Elle est signalée sur la carte au 20000° par un petit point ; altitude : 1187 mètres.

Cadastre 1817 : bastidon 113C de 12 m² avec aire 112C de 260 m² sur essart 111C ; propriétaire : CHAUVE Claude de Magagnosc qui possédait également au Castellaras la pâture 244C, les labours 267C et 270C, ainsi que les essarts 257C, 268C et 269C.

Mutations : en 1827 à CHAUVE Jean François, fils de Claude. En 1856, à AUNE Honoré Pierre, fils de Nicolas, à St Christophe à Grasse ; en 1880, à ISSAURAT Joseph Jean, époux Laugier, à Magagnosc ; en 1906, à GOBY Xavier.

En 1913, les parcelles 111C, 112C et 113C sont situées alors dans le quartier de la Malle et sont toutes dénommées bois.

 

DATATION ET FONCTION

Nous pouvons conclure ici à un habitat saisonnier à fonction agricole.

 

Photos : Janvier 1989 (DT 37/94.95.96.98.101.107.108.110)

 

Note : En 2014, Jean Laffitte nous a signalé l’écroulement de l’édifice.

Borie 37-1 Borie 37-2
Vue arrière de la borie Les gradins
Borie 37-3 Borie 37-4
Côté Est Entrée, de l'intérieur

 

Borie 37-5 Borie 37-6
Les deux logettes et le trou pour la poutre L'encorbellement intérieur

 

BORIE DU CASTELLARAS N° 38

 

SITUATION ET CONSTRUCTION

Au Sud du Camp de la Malle, dominant une grande doline dont les flancs sont aménagés en terrasses. La borie, très détériorée, se noie dans un tas d'épierrement.

Coordonnées géographiques. Longitude : 6° 5° 01.9 E. Latitude 43° 42° 05.5° N. Altitude : 1193 m.

 

DONNEES

Cadastre 1817 : bastidon 272C de 12 m² sur essart 275C avec labours 273C et 274C ; propriétaire : BERNARD Jean, dit "Barre", rentier à Grasse, dont ce sont les seules possessions dans ce quartier.

Mutation : en 1874 à COMBES Jean François, quartier des Ribes à Grasse. Le bastidon est alors sol et les labours sont dénommés pâtures.

 

DATATION ET CONSTRUCTION

Les labours correspondent à la grande doline aménagée au pied de la borie ainsi qu'à celle qui lui fait suite à l'Ouest. L'utilisation de la construction, du moins au XVIIIe siècle, était agricole et a pu servir d'habitat saisonnier.


 

BORIE N° 46

 

SITUATION ET CONSTRUCTION

 

A 170 m au NO (310°) de la maison n° 16. Il s'agit d'une borie très rudimentaire d'un diamètre moyen hors tout de 7 m. Forme curieuse intérieurement où le mur Ouest est pratiquement dans le prolongement de l'ouverture. Diamètre intérieur : 2 m ; largeur de la porte : 0,70 qui n'a plus son linteau. Actuellement, il ne s'agit plus que d'un tas de pierres de 1,50 m de haut où l'on peut cependant reconnaître l'intérieur et l'ouverture. Quelques tessons de poteries vernissées jaunes et vertes gisent encore aux abords.

 

Coordonnées géographiques. Longitude : 6° 52° 34.2 E. Latitude 43° 42° 23.4° N. Altitude : 1082 m.

 

 

DONNEES

 

Cadastre 1817 : bastidon 166C de 12 m² sur essart 165C, propriétaire LABARELLE hoir d'Honoré Paul, de Magagnosc.

Mutations : en 1913 à MUS Jean Louis, cultivateur à St Jean à Grasse ; en 1914 à SACCHERO François Pierre Henri, employé de banque à Grasse ; en 1924, à GOBY Xavier.

 

DATATION ET FONCTION

Cette borie, très détériorée a pu servir d’habitat saisonnier quand l’essart était utilisé comme parcelle cultivable, sans doute au XVIIIe siècle.

 

 

 

Photos : Mars 1989 (DT 46/192.193).

Borie 46-1 Borie 46-2

BORIE N° 47

 

SITUATION

A 175 m au Nord-Est de la borie n° 46.

Coordonnées géographiques. Longitude : 6° 52° 37.2 E. Latitude 43° 42° 55.4° N. Altitude : 1275 m.

 

LA CONSTRUCTION

Elle est de forme carrée extérieurement ; seuls les angles Nord sont légèrement arrondis. Surface totale: 4,40 sur 3,40 m. Bâtie en gros blocs et en tout-venant, sa hauteur actuelle s'élève à 1,85 m, et malgré son délabrement, on devine encore très bien l'encorbellement. L'intérieur, sans niches, offre une surface circulaire de 1,50 m de diamètre. La porte, à l'Ouest, est large de 0,50, pour une profondeur de 1,30 m. Une partie du linteau subsiste encore.

Ici encore, quelques tessons de poteries analogues à ceux repérés aux abords de la borie n° 46.

 

DATATION ET FONCTION

Elle n'est pas signalée par le cadastre de 1817 et est du même type que la borie précédente, c'est-à-dire que l'on peut la classer dans le type des abris. Les fragments de poteries nous indiquent une occupation aux XVIIe et XVIIIe siècles, ainsi qu'un abandon définitif vers la fin du XVIIIe siècle.

 

Photos : Mars 1989 (DT 47/197.200.201).

Borie 47-1 Borie 47-2

 

 


 

CABANE DOUBLE, ENCLOS et 2 PUITS N° 48

 

SITUATION

A 195 m à l'Est de la maison sur cabane n° 19, ou en venant de la bergerie n° 22, à 125 m au N.O. de celle-ci.

Coordonnées géographiques. Longitude : 6° 52° 41.3 E. Latitude 43° 42° 37.9° N. Altitude : 1161 m.

 

LES CONSTRUCTIONS

Actuellement, nous ne trouvons qu'un tas de ruines où l'on peut cependant reconnaître 2 constructions contiguës de 3 sur 3 mètres, prolongées à l'Est par ce qui semble être un ancien enclos.

Le seul intérêt du site se trouve dans les deux puits. Le premier est à 30 m à l'Est de l'ensemble et à ras du sol. Construit en pierre, il mesure 1,20 m de diamètre pour une profondeur de 2 m. Actuellement couvert d'une tôle ondulée maintenue par une grosse pierre, il était rempli à ras bord après trois mois sans pluie. Il doit s'agir d'un puits-citerne qui recueille l'eau de ruissellement des terrasses supérieures.

Le deuxième puits se trouve au S.O. de la masure, sur la terrasse inférieure. A l'origine, il devait être à ras du sol, mais un aménagement ultérieur lui a procuré une couverture de 1,60 m de hauteur ; les pierres sont jointoyées au ciment et l'ouverture est constituée de madriers et fermée par une plaque en fer. Le puits lui-même est très étroit (0,50 de diamètre) et profond, depuis la margelle, de 2,10 m. Sur un des côtés a été aménagée une pierre creuse pour y mettre l'eau.

 

DONNEES

Le premier puits est signalé sur la carte au 20000°, altitude : 1160 m.

Cadastre 1817 : jas 125C de 180 m², vanade 124C de 144 m², masure 126C de 340 m² avec aire 128C de 140 m² sur labour 123C et essart 127 ; propriétaire : LAUGIER François de Magagnosc (voir n° 28). Vu l'état actuel des lieux, il n'est pas étonnant que l'ensemble soit qualifié de masure en 1817.

Mutations : en 1913, l'ensemble appartient à HUGUES Siméon, époux Cresp, à Magagnosc. La masure est alors dite buisson, le labour 123 est resté terre donc encore cultivé, l'essart est maintenant bois.

 

DATATION ET FONCTION

Nous pensons que l’ensemble a été abandonné en 1776 lors de l'achat, par la famille LAUGIER, des terres du sieur CALVY. Possédant alors l'ensemble n° 28, elle aurait abandonné le site. Quant à l'aire de battage citée par le cadastre, elle semble être sur la dernière terrasse au Nord, située juste sous la falaise.

 

Photo : Mai 1989 (DT 48/355).

Puits 48

 


 

 

BORIE ET ENCLOS N° 50

 

SITUATION

A 410 m au NO (345°) de la maison n° 13. C'est la construction la plus haute perchée du Ferrier et la falaise de la Colle des Maçons est toute proche. Altitude : 1258 mètres.

Coordonnées géographiques. Longitude : 6° 52° 25.9 E. Latitude 43° 42° 59.6° N. Altitude : 1258 m.

 

 LES CONSTRUCTIONS

II s'agit d'un grand enclos ovale de 20 sur 10 m. Au Nord, il s'appuie à une terrasse. Le mur, large au sommet de 0,70 m, monte sur sa plus grande partie jusqu'à 2 m de hauteur. Seul, le côté Sud, avec son passage pour les troupeaux, est nettement dégradé.

La Borie est incluse dans l'enclos dans l'angle NO et s'appuie elle aussi à la terrasse. Son dôme est au niveau de cette dernière, car ici la pente est sévère. L'intérieur de la borie n'est pas classique, car le mur Est offre très peu d'encorbellement, contrairement à celui situé à l'Ouest. Le diamètre intérieur est de 2,20 (N.S.) pour 1,95 m. (EO), avec logette dans le mur Nord face à la porte. Celle-ci, légèrement trapézoïdale, aussi bien en hauteur qu'en profondeur, est haute de 1,04 m pour une profondeur de 0,70 m. Le dôme, ouvert sur 1 mètre, est aplati, sans gradins.

 

DONNEES

Indiquée sur la carte au 25000°.

Cadastre 1817 : vanade 191C de 270 m² ; propriétaire : LAUGIER, hoir de Jean-Baptiste, qui possédait les terres voisines : pâtures 192C et 194C, essart 190C et labour 193 (voir également n° 20).

 

DATATION ET FONCTION

Le cadastre indique ici seulement l'enclos et ne cite pas la borie qui existait pourtant bien à cette date, car construite en même temps que l'enclos. Ce propriétaire, comme nous l'avons déjà vu précédemment, pratiquait à la fois la culture et l'élevage.

 

Photos : Avril 1989 (DT 50/308.310.314.315.321).

Enclos 50-1 Enclos 50-2

Mur de la vanade avec vue au sud sur la colline du Mortier et le plateau de Saint-Vallier

La borie dans l'enclos
Enclos 50-3 Enclos 50-4
Entrée de la borie

Effondrement  partiel de la voûte sommitale