Daniel Thiery

Le terroir du Ferrier. Saint-Vallier-de-Thiey

 

 

Les colons de Magagnosc

 

 

C’est au 17e siècle que l’on apprend par quelques textes que des habitants du hameau de Magagnosc s’approprient les terres du Ferrier. Ils sont qualifiés de « nouveaux colons » par les habitants de Saint-Vallier pour qui « la limite du produit (des récoltes)  a tellement dégouté les habitants qu’ils ont vendu leurs biens du côté du nord (de la commune) à ceux de Magagnosc ».

 

La colonisation des terres du Ferrier va s’effectuer par le défrichement, la construction de terrasses pour retenir la terre, le creusement de puits-citerne et la construction d’abris temporaires, d’abord avec des bories au toit de pierre, puis avec des cabanes quand on pourra acheter enfin des tuiles. De simples travailleurs, ils vont parvenir au statut de ménager, enfin de propriétaires.

 

Ils viennent dans leurs propriétés lors des labours, des semailles et des moissons. Ils y passent quelques semaines durant la belle saison, puis descendent les récoltes à dos de mulets à Grasse. Le parcours est long de 8 km et on passe de 400 à 1100 mètres d’altitude par des sentiers muletiers.

 

 

Plateau Ferrier

 

Vue du plateau du Ferrier prise du nord, au pied de la falaise

 

 

Evolution des terres du Ferrier

180 hectares. 1100 m d’altitude

 

 

 Schma Ferrier

 

 

 

1540. Le quartier, qualifié de terres gastes, sert seulement de pâtures aux habitants de Saint-Vallier. Traversé par le chemin d’Andon à Grasse.

 

1655. Un labour de 19,17 hectares avec un seul bâti comprenant un jas, une vanade, une cabane et une aire à battre le blé.

Propriétaire : notable de Grasse qui fait fructifier son domaine par des travailleurs de Magagnosc.

Le reste du territoire sert toujours de pâture. Chemin de la Fontaine du N au S, avec la source du Ferrier.

 

1742. Résultat de l’achat et de l’usurpation des terres par les travailleurs de Magagnosc.

54 hectares de terres à céréales , de légumes secs et d’arbres fruitiers.

Le reste du terrain leur sert de pâtures pour leurs moutons.

De travailleurs, ils sont devenus ménagers, c’est-à-dire propriétaires cultivant leurs propres terres, suffisant à nourrir le ménage

 

1817. Il n’existe plus que 39 hectares de terres labourées, appartenant à des propriétaires de Magagnosc.

Il subsiste 24 cabanons, 12 aires à battre le blé, 7 courtils et  1 jas

 

1913. Plus que 13 hectares de labours,  au même endroit qu’en 1655.

Aires et cabanons sont abandonnés. Reste 4 vanades (enclos à moutons et chèvres).

Un propriétaire de Grasse a acquis la moitié des terres pour y récolter la lavande.

Il utilise (de nouveau !) des travailleurs de Magagnosc.

 

1913. Le terroir est vide, seuls quelques pasteurs hantent encore les landes.

 

 Le quartier du Ferrier. Photo aérienne 1970 

Le quartier du Castellaras
Ph. Aér 1 Ph. aérie 2

                                             

 (Rouge : Borie - Vert : Cabane - Bleu : Autre)