Daniel Thiery

Recherche historique et partage

 

Recherche historique et partage

  

 

Daniel Thiery 2010La passion de la recherche historique s’est révélée progressivement. D’abord orientée vers l’archéologie, le tournant s’est effectué vers l’âge de 40 ans, dans les années 1965-1980. Six années comme secrétaire de l’abbé Joseph Giry, curé de Nissan et conservateur du Musée national d’Ensérune dans l’Hérault, m’avaient initié à diverses disciplines : fouilles de villae romaines, reconnaissance et étiquetage de poteries antiques, prospection sur le terrain, analyse du paysage, étude avec Marcel Durliat des chapelles wisigothiques, recensement des objets d’art des églises et chapelles du département.

 Ces nouvelles connaissances s’ajoutaient à celles reçues lors de ma formation au sacerdoce (1963) avec la pratique de la philosophie, du latin, de l’histoire de l’Eglise et des religions, de l’écriture sainte, de la liturgie et de l’iconographie religieuse.

 Lors de mon retour à Nice, je devenais en 1986 membre de l’Institut de Préhistoire et d’Archéologie des Alpes-Maritimes, puis commissaire aux comptes, enfin secrétaire général sous les présidences de Pierre Bodard, Georges Bretaudeau et Claude Salicis. Dans le même temps, des parents de mon épouse s’installaient à Saint-Cézaire-sur-Siagne. C’était l’occasion de découvrir tumulus et dolmens dont l’arrière-pays de Grasse est bien pourvu. Mais les constructions en pierre sèche que je rencontrais lors de mes prospections dans les montagnes de Saint-Vallier-de-Thiey attiraient mon regard et mon attention. Je consultais alors tout ce qui avait été publié sur ce sujet et mon étonnement fut grand quand les conclusions des historiens en faisaient des cabanes de pasteurs. Or, ce que je voyais sur le terrain contredisait ce jugement. Je voyais des bories et des cabanes en pierre sèche au milieu de terrasses de culture, avec des aires à battre le blé et des puits. Je me jetais alors sur le vieux cadastre napoléonien et ceux des XVIIe et XVIIIe siècles. La lumière apparut, claire et limpide : les bories étaient des cabanes d’agriculteurs forains (Voir Bories et pierre sèche).

 Pour mieux appréhender la vie rurale, il fallait dépasser cet unique regard sur la pierre sèche, pour embrasser tout ce qui constituait la vie d’une communauté, depuis sa fondation, son organisation, sa gestion, ses rapports avec le seigneur du lieu et la religion. D’où des études sur les moulins, les fours à pain, les ruchers, la toponymie, la constitution sociale d’un village, les croix et oratoires, l’architecture des monuments religieux et leur iconographie.

 Connaissant maintenant bien le pays et son histoire, j’organisais, en collaboration avec les syndicats d’Initiative des deux communes, des visites commentées des sites archéologiques et historiques. Car je ne pouvais concevoir de ne pas faire partager cette passion de la découverte et de l’histoire. Je publiais, à compte d’auteur, les deux fascicules des Promenades Archéologiques et Pastorales en 1988 et  1990. A partir de cette date, je n’ai pas cessé d’étudier, de consulter les archives, d’écrire et de publier (Cf. bibliographie). En 1994, je fondais avec Jean Petrucci le Groupe de Recherches Historiques en Provence (GRHP) dont le but était de rassembler chercheurs et amateurs en organisant sorties commentées et publications d’études originales (Voir le site archeoprovence.com). Je participais à des colloques, en particulier aux Journées d’Histoire Régionale de Mouans-Sartoux, donnais des conférences à Nice, Cannes et bien sûr dans la région de Grasse. En 1997, je fus à l’origine du premier Forum des Associations Historiques et Scientifiques des Alpes-Maritimes, qui continue encore, tous les ans, à réunir les associations en vue d’échanges, conférences et visites. J’ai accueilli en 1999, à Saint-Vallier, les Journées d’Etudes du CERAV (Centre d’Etudes et de Recherches sur l’Architecture Vernaculaire). 

 En 2003, en retraite, nous déménageons de Nice à La Motte-du-Caire dans les Alpes-de-Haute-Provence. Un nouveau champ d’investigations s’offrait alors : deux cantons, avec 21 villages comptant seulement 3200 habitants et une histoire mal connue. Ce fut d’abord l’Histoire du peuplement et des lieux de culte dans les cantons de La Motte-du-Caire et de Turriers en 2005-2006. En même temps, la visite des églises et des chapelles permettait d’effectuer leur recensement et d’en établir l’historique. Une étude sur la Haute Bléone en 2006 a été publiée en partie en 2013 dans les Chroniques de Haute-Provence. Puis, l’horizon s’est élargi avec une étude sur les Origines des Eglises et Chapelles rurales des Alpes de Haute-Provence réalisée de 2008 à 2010.

 En 2011, je passais 11 mois à l’hôpital, 8 mois à Gap, 3 mois à Briançon. Maintenant bien affaibli, mais toujours en alerte, j’ai poursuivi les recherches et dans le désir de les faire partager, j’ai ouvert ce site que je dédie à mon épouse, au personnel hospitalier de Gap et à toux ceux que j’ai côtoyé, avec qui j’ai échangé et partagé chaque moment de ma vie.

 

Août 2014

 

 

Giry Fasc 1  Fasc 2

 

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